TABLEAU DE CHARTRES AU XIV- SIÈCLE
On ne peut se faire aujourd'hui qu'une idée fort incomplète du Chartres féodal. Le vieux donjon de Thihault-le-Tricheur a disparu ; les artisans du métier de la rivière ont abandonné les bords de l'Eure ; plus de vie guerrière , plus de vie commerciale, et, il faut bien le dire, plus de vie religieuse.... Où sont les milliers de pèlerins qui venaient saluer la basilique de Marie? Où sont les monarques qui courbaient, après le combat, leurs fronts victorieux dans la poussière de la sainte crypte ? De ce passé glorieux, Chartres conserverait à peine le souvenir, si les pierres de Notre-Dame ne se chargeaient de le transmettre aux générations.
C'est en interrogeant le monument admirable que le temps et les hommes ont épargné , c'est en suivant les rares débris archéologiques jetés comme des jalons dans la ville moderne, c'est en consultant les cartulaires contemporains, que nous parviendrons à reconstruire la cité chartraine du XIVe siècle \
Voici d'abord les symboles lapidaires de la puissance spirituelle et temporelle : la cathédrale et le château. La cathédrale montre avec orgueil sa flèche hardie , ses voûtes élancées, ses nefs majestueuses, la flore étincelante de ses verrières , le monde mystique de ses sculptures. Le château , dont Timmense façade se déploie sur la crête de la colline , porte au
1 Voir, pour les détails el pour les preuves, la Topographie chartraine inséré* sous 1c u° S des Appendices, fin de te volume