‹ Histoire de ChartresChapitre 20 sur 79 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

ciel son donjon crénelé et plonge jusqu'au fond du vallon par un triple étage de contreforts et de terrasses.

Un cloître à physionomie austère, renferme la cathédrale et ses serviteurs. « Autrefois, dit un écrivain du XVIe siècle, il » n'y avoit au cloître que quatre maisons appelées Prévôtés, » esquclles demouroient en commun tous les chanoines , ain- »» si que l'antiquité desilites maisons le dénote. Mais après la m séparation des chanoines, ils acheptèrent des maisons et » même des rues, de sorte qu'en clôturant c'étoit mettre une » ville dans une autre.... Le cloitre tel qu'il est aujourd'huy »> (15G8)a huit grandes portes fermant «à clefs et guichets, » clos de grosses murailles; à l'intérieur du cloitre trois gran- » des places en forme de carrefour, l'une devant la porte » royale , l'autre à droite d'icelle où se tient un marché , qui » est l'ancien cloitre du temps que les chanoines vivoient en » commun, l'autre ès côté gauche où sont les maisons de » l'œuvre et des enfants de cœur. Plus quatre grandes rues, » six ruelles, trente-trois grandes maisons nommées perrons, » bâties dès l'antiquité ; la moindre se pourroit facilement sé- » parer en trois grands corps de logis tels que sont les beaux » de la ville, de sorte que ces 33 maisons font bien 100 ou » 1 20 maisons pareilles à celles de la ville ; quatre églises : » la Cathédrale, l'Hostel-Dieu , Saint-Estiennc près la place de » la maison du Vidame, où sont actuellement les religieux de » Saint-Jean , Saint-Nicolas juxte l'hostel épiscopal. . . . En tout » le cloitre y auroit place à bâtir 300 maisons semblables à » celles de la ville \ » Cette description, faite à une époque où le cloître conservait encore son caractère primitif, peint fidèlement la petite ville sainte du Moyen-Age. Là demeurent les principaux dignitaires de l'Église, l'armée des officiers de Notre-Dame , les familiers des chanoines et les gens de leur police intérieure.

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Quoique compris dans l'enceinte commune , le palais épiscopal , assis au chevet de la basilique , semble se dérober au contact immédiat îles maisons canoniales. Ses vastes bâtiments sont habités par les ministres de la cour du Prélat, qui, à Pexemple de leur maître , ne vivent pas toujours en bonne intelligence avec les chanoines.

L'hôtel fortifié du Vidame touche le palais du pontife son seigneur; mais, au XIV siècle, les devoirs do cet officier ont déjà changé de nature. Il n'est plus, comme au X* siècle, un simple chef des hommes d'armes de l'Évôque; le vidame, patrimoine de la puissante maison de Meslay, oblige à peine à quelques actes d'hommage en retour de quelques droits utiles et honorifiques.

Aux quatre fôtesde la Vierge, des visiteurs, venus de tous les pays du monde, encombrent Notre-Dame ; les marchands s'empareut des trois places voisines de l'église ; l'agitation du commerce, la turbulence du camp des pèlerins s'unissent pour quelques jours à la pompe des solennités religieuses. Puis le calme se rétablit et la terre ecclésiastique s'endort, comme à l'ordinaire, au bruit de l'Àngelus et 4e la psalmodie des chanoines.

Les murailles du cloître sont longées , en guise de fossés , par des chemins de ronde dont la propriété féodale a donné lieu à de violentes contestations !. Du côté méridional , la rue Évière (rue au Lait) part de l'ancienne porte Évière, aquaria, et suit la clôture canoniale jusqu'à la hauteur des Changes; c'est là que se tient le marché aux herbes. La continuation de cette rue prend le nom de rue au Ligncau (rue Serpente). Près de la porte Percheronne, le mur occidental du cloître est côtoyé par la rue aux Carneaux (rue Sainte-Même), qui aboutit à la porte du Chàtelet. La rue Porte-Neuve (rue du Cheval- Blanc) limite au septentrion l'enceinte privilégiée, mais non les possessions du clergé, car les bourgs du Chàtelet , de Beau-

« Voir ci-dessus, p. 138 «M 39.

voir et des Vasseleurs (quartier des Lices) M appartiennent presque tout entiers. C'est là que le trop plein de la population ecclésiastique trouve une demeure; voici la Cour-Richeux (impasse du Cheval-Blanc) avec ses maisons canoniales , la maison de Sandarville avec ses hôtes justiciables de l'Église, les étaux de la boucherie de Porte-Neuve, Loëns, chef-lieu de la juridiction temporelle du Chapitre. Dans les rues adjacentes du grand et du petit Beauvoir et dans celle des Vasseleurs, on ne rencontre guère que des logis de chanoines et des maisons de la censive de Notre-Dame ou de rÊveque. Les fourches patibulaires et le four du Prélat occupent une partie de remplacement actuel du Grand-Séminaire. Toutefois deux établissements commerciaux, le marché aux chevaux et la halle aux merciers , ont trouvé place à l'extrémité de la rue Porte-Neuve et attirent les marchands vers ce coin écarté de la ville industrielle. Pour protéger les gens d'église contre les inconvénients du voisinage des maquignons, de grands poteaux en bois , ou lices, avec galeries couvertes , traversent la rue en face de la poterne de l'Évèque et permettent aux chanoines de gagner en sûreté leurs hôtels de la rue des Vasseleurs. Une continuation delà rue du Muret, connue sous le nom de rue Moutonnière ou de Chies-Chinche , longe, du coté de l'orient, la clôture du cloitre qui est naturellement formée parles hôtels de l'Évèque et du Vidame, par l'église Saint- Étiennc et par les parties encore subsistantes de l'enceinte de la ville au IX' siècle. Cette voie qui va déboucher dans le Bourg, près de la porte Évière , permet aux habitants des hautes campagnes du nord de la Beauce de conduire leurs laines vers les rues commerçantes du bord de la rivière , sans franchir les portes de la cité de Notre-Dame.

L'aspect de la ville est tout différent de celui du cloître ; là, pas un endroit , pour ainsi dire , qui ne soit envahi par une fourmilière d'ouvriers. Voici, à l'ombre du château, la rue du commerce de l'argent, avec ses tables de changeurs;

groupés aux environs île cette voie fortunée; d'un côté, se tiennent les boulangers de la halle au pain, les poissonniers, les cordonniers en cordouan ; de l'autre , les selliers-lormicrs de la Sellerie (rue des Trois-Maillets) et les pelletiers de la rue de laQueue-de-Regnard (rue du Soleil-d' Or) . Au bout de la rue des Changes on entendit longtemps le bruit des marteaux de la Monnaie; les monnayeurs habitaient un quartier à part, soumis à la justice du Vidame et situé entre la porte Cendreuse et le four Boèl. Àu XIVe siècle, la suppression de l'atelier monétaire chartrain anéantit ce foyer industriel, mais elle laissa subsister quelques noms qui rappellent l'ancienne fabrique (rue de la Vieille- Monnaie, maisons des Quatre- Coins). A gauche de la Monnaie, en tirant vers la basseville, on arrive à l'église Saint-Vincent, membre de l'abbaye de Saint-Florentin de Bonneval; son abside touche à la porte Cendreuse, construction déjà vieille de cinq siècles en 1300, sur laquelle le château des comtes vient s'appuyer, et qui domine le quartier de la vallée. En revenant du côté de la ville haute, on trouve l'église Saint-Martin-le-Viandier avec son cloître, le premier parloir aux bourgeois, la maison d'Angennes qui fera bientôt place à l'église Saint- Saturnin, la chapelle Saint-Sébastien , propriété de PÉvôque, l'hôtel et les jardins du Cygne, le grand four Boèl, berceau féodal de Tantique famille chartraine illustrée par la première croisade. Les prisons de PÉvôque avoisinent cet endroit , et les étaux de la boucherie du four Boèl , ou , par corruption , de For-Boyau , se dressent au centre de la rue qui va rejoindre le carrefour de la Pelleterie. De ce carrefour, dont l'hôtel de Feuillet occupe un des angles , la Grande-Rue (rue du Grand-Cerf) se dirige vers la porte des Épars, en laissant, à droite, le quartier paisible du prieuré de Sainte-Foy.

Si, de la porte des Épars, on s'enfonce vers les Halles, la population ouvrière ne tardera pas à reparaître. Ce sont , «l'abord, les marchands de bois merrain, dont le commerce est

alimenté par le vignoble île Chartres ; puis les tonneliers, leurs voisins naturels, qui travaillent dans la rue do la Croix-aux- Moines de Thiron, près du marché des Pierres et de la place des Halles. Le terrain des Halles, au milieu duquel s'élèvent de grands marchés couverts dont le Comte et l'Évêque se partagent la propriété féodale, voit incessamment tourbillonner la foule des acheteurs et des marchands au détail. Des petits centres commerciaux occupent les abords du marché proprement dit ; ici est le Petit-Change, là se trouve la Poterie de terre et d'étain; la Hucherie, qui contient les magasins des marchands et confectionneurs de bahuts, paraît se rapprocher de l'église Saint-Michel ; un peu plus loin , près de la poterne Foucher-Nivelon et du four du Vidame, se dresse la Buffeterie ou Êtape-au-Vin, marché du vin au détail et bureau des droits qui frappent cette denrée ; la Hantcrie, lieu de rendez-vous des marchands de bois en gros, touche le cimetière de Saint-Aignan ; les enclumes des forgerons retentissent dans le quartier compris entre les Halles , l'église Saint- Aignan et la Monnaie.

A l'exception de la rue de la Croix-aux-Écuycrs , où les hôtels des serviteurs du chàteau^ont encore debout , de la rue Saint -Père habitée par les bourgeois soumis au pouvoir temporel de l'abbaye , et de la boucherie de Bourg , vieille annexe de la tour des comtes , la basse-ville est entièrement envahie par les ouvriers du métier de la rivière. L'Eure, qui réunit ces nombreux artisans, se transforme, depuis Saint-Père jusqu'à Saint -André, en un vaste laboratoire. Sur la rive gauche , les feutriers ou arçonneurs occupent la rue de la Fcutreric (rue des Béguines) ; dans les rues nommées aujourd'hui aux Juifs, Planche-aux-Carj>es et de la Corroieric, se trouvent les ateliers des teinturiers, des laveurs de laine et des corroyeurs. Sur la rive droite , les cordonniers en gros cuir fabriquent leurs marchandises dans la rue des Sueurs , Sutores fine Coupe-Barbe foulons, les texiers. drapiers et sergers

oui leurs ateliers dans la longue rue de la Foulerie ; les tanneurs et les mégissiers qui leur succèdent travaillent à la mégisserie de la Petite-Rivière (rue de la Tannerie) et s'étendent jusqu'à la porto Gillard ou des Corneurs , Corroyeurs. Indépendamment des ateliers, on voit sur les bords de l'Eure certains établissements qui servent tout à la fois de marchés couverts et de bureaux de recette des droits fiscaux : telles sont les maisons de la Corroierie , de la Mégisserie et de la Foulerie ou Pcrrcc. Plusieurs moulins appartenant à Saint-Père , à l'Évèque et au Chapitre , tournent dans la ville même et fournissent aux besoins du peuple travailleur. Les Juifs, quoique pourchassés par l'autorité ecclésiastique, qui regarde leur présence comme une souillure dans la cité par excellence de la Mère du Christ , ne peuvent se tenir éloignés du grand commerce chartrain; ils parviennent à se maintenir dans une rue qui porte encore leur nom et à ouvrir une synagogue près de l'église Saint-Hilaire.

La basse-ville n'est \ms dénuée de monuments : on remarque l'abbaye de Saint-Père avec ses cloîtres , ses jardins en terrasses el sa merveilleuse chapelle accompagnée de l'église plus modeste de Saint-Hilaire; Saint-André, vieille collégiale au portique roman, à l'arche absidale hardiment jetée sur la rivière ; la forteresse du vidame Guillaume de Ferrières, avec ses tours formidables et sa couronne de créneaux. Les couvents (le la banlieue possèdent dans l'enceinte de la basse-ville des maisons de refuge auxquelles on donne le nom de salles. La salle Saint-Cheron est située dans la rue de la Foulerie ; celle des Dames-de-l'Eau a sa façade sur la rue de la Corroierie , et , en retour, sur la rue d'Escoussoupe qui monte à Chinche ; les religieux de Josaphat en ont une au bout de la rue Saint- André, à peu de distance de la porte Drouaise. Il ne faut pas oublier un établissement du même quartier, très-fréquenté au Moyen-Age : la maison des Étuves . rue de la Corroierie. près de l'hôtel Saint-Christophe

Au nord , la basse-ville se relie à la ville haute par le Muret 1 rampe garnie d'habitations dont les moines de Saint-Jean sont seigneurs haut-justiciers. A l'extrémité droite de cette rue , en arrivant sur le plateau , on voit un groupe de maisons qui fut la propriété des religieux de Citeaux , les anciennes granges du Comte , la Brelèche , tète des fortifications du IX0 siècle dominant le Muret , le couvent des Frères-Prêcheurs ou Jacobius et l'hôtel des chevaliers de l'Hôpital.

Les cimetières et charniers intérieurs avec leurs recluses, les hôpitaux des paroisses, les fours banaux, les croix des carrefours, les larges pierres sur lesquelles se paient les cens féodaux , les fourches patibulaires dressées sur les places publiques, ajoutent, si l'on peut s' exprimer ainsi, à la couleur locale de cette ville Moyen-Age , dont la physionomie est complétée par une ceinture de hautes murailles percée de neuf portes.

Les alentours de Chartres ont un aspect plutôt monacal que guerrier. En sortant par la porte des fcpars, on aperçoit, à gauche , près du fossé, l'église Saint-Saturnin , le cimetière et la chapelle Saint-Thomas; à droite, près du marché aux Pourceaux, les grands clos de Feuillet et de la Chancellerie, domaines de Notre-Dame; en face, le faubourg des Frères- Mineurs ou Cordeliers, qui renferme, avec le couvent de ces religieux, la maison de l' Hôtel-Dieu appelée Nicochet, et qui conduit à l'église Saint-Pantaléon de Lucé. Un autre faubourg dont le point de départ est à peu de distance de l'église Saint- Saturnin , se dirige , le long du clos Notre-Dame , vers l'église Saint-Loincr de Luisant et l'abbaye des Dames de l'Eau, en pissant devant Mautrou, lieu du supplice des faux monnayeurs. A gauche, dans les vignes, s'élève l'ancien couvent de Saint- Lubin , possédé à titre de prieuré par Saint-Père ; il confine les dépendances de Saint-Martin-au-Val , autre couvent devenu l'un des prieurés de Marmoutiers. Le faubourg Saint-Martin , ou Saint-Brice, du nom d'une petite église voisine du prieuré, ramène, par une longue rue, vers la porte Saint-Michel de

Chartres , et , par le Bas-Bourg , ou Barbou , vers la porte du Paradis de l'abbaye de Sai ut-Père. De l'autre côté de la rivière et à l'extrémité de la grande prairie de Saint-Martiu-au-Val , on trouve , à mi-côte , l'église de la Madeleine du Petit-Beaulieu , prieuré de l'ordre de Cluny , et , sur le plateau qui traverse le chemin d'Orléans , la léproserie célèbre de la Madeleine du Grand-Beaulieu. Cette maison , enrichie par la libéralité des Chartrains , se rattache à la ville par le faubourg du Puits-de-la-Chaine (la Grappe). En face de la porte Morard, le cimetière et le prieuré de Saint-Barthélemy occupent le versant de la colline dont la crête est dominée par le couvent de Saint-Cheron ; à gauche , la maladrerie de Saint-Georges de la Banlieue se montre dans la plaine ; en revenant vers la porte Guillaume , on longe les murs du clos de l'Evêque , vaste et fertile domaine , étendu sur le revers du côteau qui fait face à Chartres du côté de l'Orient. Les Filles-Dieu ont leur moutier eu dehors de l'ancienne porte Imbout, sur le chemin de Reculet qui mène à l'église de Champhol.

Sur la rive gauche de l'Eure , à l'endroit nommé déjà la Barre ou la Bouche-des-Prés, l' Hôtel-Dieu, le Chapitre et les couvents possèdent des jardins de plaisance connus plus tard sous les noms de Beaurepaire , de l'Enfer et du Paradis. C'est de là que partent les vastes prairies de l'Évèque, qui bordent la rivière et se dirigent vers l'abbaye de Josaphat , extrême frontière de la banlieue chartrainc. Ce grand monastère, monument de la piété des seigneurs de Lèves , est situé au pied de leur manoir féodal. Le souvenir de la croisade qui a présidé à la dédicace de Josaphat n'est peut-être pas étranger au choix du vocable de l'église de Lèves, dédiée à saint Ladre ou Lazare, patron des lépreux. Cette petite chapelle est une annexe de l'église collégiale de Saint-Maurice , dont les bâtiments dominent les maisons du faubourg de la porte Drouaise. Sur le penchant de la colline de Saint-Maurice, on voit l'hôpital des aveugles de Saint-Julien et Saiul-Gatien, qui touche par ses jar-

dins au grand clos de l'abbaye de Saint-Jean. Presque tout le côté septentrional des murs de la ville est bordé par les i>ossessions de ce dernier couvent , Pun des plus beaux et des plus riches du pays chartrain. Dans son enceinte même, une église dédiée à la Madeleine sert de paroisse au faubourg Saint-Jean qui s'étend , par les Vauxroux, jusqu'à Saint-Hilaire de Mainvilliers, et , par le bourg Mahé, jusqu'à la porte Châtelet.

Les figures caractéristiques du Moyen-Age animent Chartres et sa banlieue. Au XIVe siècle, la robe a déjà pris le pas sur l'épée ; le château des Thibault est devenu le sanctuaire de la justice du Bailli et du Prévôt ; tandis que les hommes d'armes se confinent dans leurs châteaux ou battent le plat pays, les sergents ès-lois exploitent dans le cloître et dans la ville. Mais il reste encore le Juif au costume oriental , qui partage avec ses confrères de Cahors et de Lombard ie le commerce lucratif de l'or, de l'argent et des riches étoffes ; voici le lépreux de Beaulieu avec sa crécelle , le pèlerin cosmopolite avec son bourdon , les corporations ouvrières avec leurs bannières armoriées, les clercs et les moines avec leurs processions. Dès le XIP siècle, on rencontre à Chartres une colonie de Bretons :

Ce sont Bretons , nés de Bretcumc , De seint Mallon portent renseigne ».

Bretons , qui Chartres aiment par costume , sont , au dire du poète, des travailleurs de grant proesce; ils possèdent une forteresse clause des fosez Sainte-Foi ; la rue qu'ils habitent et dont ils ont la baillic se nomme la Bretonnerie. 11 y en a de tout état : Prestre, clerc et lei; mais ils conservent intacte la nationalité bretonne , ils tiennent entre eux pallement et concilie, et lorsqu'il s'agit de travaillera la Cathédrale, ils

» Poème des Mirai 1rs , mir. 17: Doit miracle qui avint au* bons Bretons d< Chartres, p. 102.

se réunissent tous, bretons et hreites, et s'attèlent au môme chariot (1145-1200) '.

Du sein de cette population, d'origine, île mœurs et de métiers si divers , surgirent, à la fin du XIIIe siècle , les familles notables de la cité, qui , par une possession continue des honneurs municipaux et des emplois de robe , prirent promptenieut la place de la noblesse rejetée au dehors et formèrent le noyau de cette bourgeoisie chartraine , si fertile en hommes d'élite , depuis le temps des Barbou jusqu'à celui des Haligre , des Félibien et des Nicole.

1 La première venue de ces Bretons remonte peut-être à l'époque où la comtesse Berthc, fille du comte Eudes 11 et veuve d'Alain, duc de Bretagne, quitta la Bretagne pour habiter, à Chartres, le château de ses pères (vers 1050).

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