‹ Histoire de ChartresChapitre 23 sur 79 · TOME · texte numérisé non relu

TOME

offert par Philippe, comte de Boulogne, iils naturel de Philippe- Auguste. Ce Prince est représenté d'abord au bas du vitrail, à genoux , avec une cotte blason née , puis , dans la rose supérieure , à cheval , avec un écu blasonné de France au lambel de bâtardise de cinq pendants de gueules. Mahaud, sa femme, est peinte au bas du vitrail voisin dédié à la sainte Vierge; cette Princesse porte une robe aux armes de son époux.

Les vitraux en grisailles , ir 1 9 et 20 , sont bordés aux armes de France et de Castille.

Les armes de la reine Blanche se trouvent encore dans la rose qui domine les vitraux 21 et 22; cette rose représente Jésus tenant la boule du monde blasonnée de Castille.

Un chevalier portant gironné d'argent et de gueules, de douze pièces, au lambel de cinq pendants d azur brochant sur le tout , et sa femme , sont donateurs des vitraux 25 et 26 , dédiés à saint Eustache et à la Vierge \

Le premier vitrail du chœur à gauche , qui représente la figure de Marie , contient un écusson , au premier : de liar, qui est d'azur à deux barbeaux d'or adossés , semé de croix recroisetées de même, ci, au second : de Chartogne ,en Champagne, qui est de gueules à cinq annelcts d'or, 2 , 1 et 2 \

Le chanoine-chancelier Robert de Bérou, d'une illustre famille du pays chartrain, a fait hommage du vitrail vingthuitième , dans lequel on voit deux groupes de pèlerins.

Les deux verrières voisines, riche présent de saint Ferdinand de Castille et de Jeanne de Dammartin , sa femme , ont été remplacées par du verre blanc en 1788. Le portrait équestre du monarque castillan se voit heureusement encore dans la rose supérieure.

C'est au comte Jean d'Oisy, mari d'Isabelle, comtesse de

1 O Masonse rapproche de relui de la faniille>itevine Hogrcs deChampigneUes. Le lambel est une brisure.

* L'explication du second blason est conjecturale , plusieurs maisons portant les annelets d'or sur champ de gueules.

Chartres, que l'on doit les vitraux 31 et 32, dédiés à saint Martin. Ce prince est représenté clans la partie inférieure de ces fenêtres, agenouillé et accompagné de son blason d'azur semé de croix pommelées d'or, à la bande d'argent eolicée d'or. La rose supérieure donne encore son image ; il est à cheval avec un guidon à ses armes \

Les deux vitraux suivants ont été remplis en verre blanc ; mais on remarque dans la rose qui les couronne la figure de saint Louis, à cheval, tenant à la main un guidon d'azur aux fleurs de lis de France.

L'abside, dont nous touchons les verrières, contient sept grandes fenêtres , en lancettes , consacrées à la Vierge et à divers saints personnages.

La corporation des changeurs et monnayeurs a fait cadeau du premier vitrail de gauche relatif à la vie de saint Pierre , et l'artiste n'a pas manqué de peindre les donateurs étalant de l'argent sur une table.

La seconde verrière , qui renferme les images d'Ezéchiel et de David , est une offrande des bouchers ; on y voit un boucher qui assomme un bœuf.

La troisième , remarquable par la figure d'Aaron , a pour donateurs Gaufrid , seigneur d'Uliers , sa femme Adeline et ses enfants, Guillaume et Gaufrid , qui sont représentés dans diverses attitudes. Guillaume tient en main une bannière d'argent chargée d'une chausse de gueules.

Le vitrail central , consacré à la vierge Marie, est un hommage de la corporation des laveurs, peigneurs et fîleurs de laine, ou de celle des teinturiers. Des artisans du métier portent des pelottes de laine dans un grand panier \

1 Les Chatillon, comtes de Blois. portaient : de gueules , à trois pals de vair. au chef d'or. Les armes de nos verrière? ne sont donc uns celles de Jean de Chatillon, comte de Blois, qui, d'ailleurs, ne devint comte de Chartres qu'en 1250, par la mort de sa cousine Mahaud. M. l'abbé Itiilteau me parait avoir confondu Jean de Châtillon avec Jean d'Oisy. (Ouvrage cité , p. 207.)

1 M. Bulteau (p. 195-196) pense que le? donateurs sont les boulangers, et il

Celte corporation a encore donné le vitrail suivant, qui contient les figures d'Isaïe et de Moyse.

Les pelletiers-fourreurs ont fait exécuter la verrière voisine. if 0 , dans laquelle on voit Jérémie et Daniel.

Eniin la septième lancette, consacrée à la vie de saint Jean- Baptiste, provient des aumônes de la riche corporation des changeurs et monnayeurs.

Reprenons les grandes verrières clu sanctuaire , du transsept et de la nef du midi , en revenant vers le clocher Vieux :

On voit dans la rose qui domine les trente-cinquième et trente-sixième vitraux , la ligure équestre d' Amaury, comte de Montfort, portant un écu de gueules, au lion d'argent grimpant et à lu queue fourchue. Ce seigneur est encore représenté de la même manière dans la rose placée au-dessus des vitraux 37 et 38.

Le portrait équestre de Raoul de Courtenay, avec un écu d'or, à trois tourteaux de gueules, 2 et 1, et au lambel de cinq pendants d'azur brochant sur le tout , se trouve dans la rose qui couronne les vitraux 39 et 40.

Le vitrail quarante-unième , dédié à saint Jean , à saint Jacques-le-Majeur et aux Mages, paraît provenir d'un seigneur de Montmorency que Von voit , au bas du tableau , à genoux , et derrière lequel sont peintes les anciennes armes de cette maison , d'or, croisé de gueules avec quatre colombes d'azur.

On lit dans le quarante-deuxième vitrail Y inscription suivante : Vitrca Colini de caméra régis ; h panneau inférieur représente le donateur et sa femme jouant aux dés. Dans la rose, Jean de Beaumont , à cheval, tient un écu d'or à deux

prend pour des pins tes marchandises contenues dans le panier; ic ne puis partager cette opinion. L inspection de la verrière dont il s'agit me porte à l'attribuer a la corporation des laveurs, peigneurs et filcurs de laine, ou à celle des teinturiers, appartenant l'une et l'autre au métier de la rivière. Les boulangers travaillèrent très-longtemps dans les fours banaux, à la solde des soigneurs; ils ne formèrent au plus toi communauté à Chartres que vers la tin du XIIIe siècle , lors de l'établissement de la halle au pain ; on ne peut pas croire que leur corporation naissante ait été assez riche pour donner une verrière a Notre-Dame.

lions passants de gueules et un guidon blasonné de même.

Heuri Clément, dit le Petit-Maréchal, porte-oriflamme , a fait hommage du quarante-quatrième vitrail (dans le transsept), consacré à saint Denis. Ses armes, d'azur, à la croix ancrée d'argent et à la bande de gueules brochant sur le tout , resplendissent au bas de la verrière et dans un pétale de la rose supérieure.

Les verrières n°* 47, 48 , 49 et 50, à droite et à gauche de la grande rose méridionale, dédiées aux petits prophètes, sont des présents de Pierre de Dreux, dit Mauclerc, duc de Bretagne, de Jean Y% son fils, et d'Yolande, sa fille. Ces magnifiques tableaux sont blasonnés aux armes de Dreux-Bretagne èchiquetéesd'oret d'azur, à la bordure de gueules et au franc quartier d'hermine

l^s tourneurs en bois sont les donateurs du vitrail 59, qui offre les images de Moyse et de saiut Barthélémy, et du vitrail 00, sur lequel se trouve la figure de Pévêquc Calétric.

A la bannière chargée d'une chausse de gueules, on reconnaît que le seigneur Gaufrid d'IUicrs, et ses enfants, ont aumôné le soixante-deuxième vitrail consacré à saint Jacqucs-le-Mineur.

Enflu , on doit à la corporation des talemeliers-oublieurs et pâtissiers les verrières 05 et 00, qui représentent saint Pierre et saint Jacques-le-Mincur.

Il ne nous reste plus qu'à parler des trois grandes roses et des fenêtres qui les accompagnent.

La grande rose occidentale, dont on ne connaît pas le donateur , a été peinte au XI1P siècle ; elle représente la scène du

1 Le cinquante-sixième vitrail , représentant sainte Justine et sainte Colombe , e>t caché en partie par le buffet des orgues, bel ouvrage de menuiserie du XVIIe siècle. Je n'ai trouvé aucune mention dos orgues de Notre-Dame avant le milieu du XIVe siot le. Au chapitre général de la Saint-Jean I3tt>, il fut ordonné (pie des orgues seraient faites avec l'argent du legs d'Etienne Belot, augmenté de 100 livres parisis des fonds de la fabrique et de 30 livres données pur les chanoines Louis de la \ ieuville et Erard de Dicy. En 1353, Jeun de Chàteaurfun , enfant d'aube, fut envoyé à Paris pour y apprendre à jouer de l'orgue, et en 1357, on prescrivit aux proviseurs de la fabrique Ae veiller au placement de ces petites orgues et au paiement du salaire de l'organiste it\eg capit.. chapitres généraux de la Saint-Jean 1353 cl 1357. i

Jugement dernier. Jésus assis sur un nuage occupe le centre d'une auréole quadrifoliée ; autour de lui sont les chérubins , les anges, les apôtres et les animaux évangélistiques. Dans le haut du tableau , les anges sonnent la trompette du jugement, et , dans le bas , saint Michel pèse les âmes. Cette composition est rendue avec la magnificence de couleur habituelle aux artistes verriers du siècle de saint Louis.

Les trois grandes verrières inférieures appartiennent, comme nous l'avons dit plus haut, à l'art du XII0 siècle, reconnaissais par la raideur du dessin , la transparence des tons et le peu d'empâtement des couleurs. Le thème adopté par le peintre est la Glorification du Christ , vaste sujet déjà traité dans les sculptures du portail 1 . On voit dans la fenêtre de droite un Arbre de Jessé , Marie et Jésus, les sept dons du Saint- Esprit et les Prophètes. Les faits principaux de la vie du Sauveur sont racontés dans le vitrail central; la fenêtre de gauche est consacrée à la Passion et à la Résurrection.

C'est saint Louis qui a fait hommage à la Reine des Cieux de la splendide rose septentrionale, dite Rose de France. Marie, placée au centre du tableau , tient son fils dans ses bras et reçoit les hommages des Thrones , des Anges , des Rois de Juda et des Prophètes, figurés dans les médaillons des trois cercles de la rose. Les armes de France d'azur aux fleurs de lis d'or sans nombre brillent dans douze quatre-feuilles entre les Rois et les Prophètes.

Cinq fenêtres, d'une hauteur calculée d'après la courbe de la rose, remplissent la partie inférieure du mur. Les vitraux dont elles sont garnies complètent la décoration par l'image

1 M. l'abbé Bulteau fait observer très-judicieusement que si l'artiste du XIIe siècle

ri a exécuté ces fenêtres , avait eu à peindre la rose occidentale , il y aurait , selon loi de son époque , reproduit la scène du Triomphe du Christ , qui se trouve dans la sculpture du portail. Le peintre-verrier du XIIIe siècle , en retraçant dans cette rose la scène du Jugement dernier, a rompu cette uniformité mystique; mais il s'est conformé, à un usatte de son temps , d'après lequel le tableau du Jugement dernier devait être placé à l'Occident. (Ouvrage cité, p. 191 —Cahier, Mélanges d'archéo- [o<jie. Symbolique chrétienne, t. 1", p. 78-81.)

de sainte Anne portant la jeune Marie , et entourée des personnages de l'Ancien-Testament. On voit, au bas de la verrière centrale , les armes de France, et, dans huit ouvertures particulières, les lis d'or de saint Louis et les châteaux de Blanche de Castille.

La grande rose méridionale , donnée par Pierre Mauclerc , comte de Dreux et duc de Bretagne , est consacrée à la Glorification de Jésus-Christ. Jésus , au milieu des animaux évangélistiques, des anges et des vieillards de l'Apocalypse, donne sa bénédiction au monde. L'écusson de Dreux-Bretagne charge les vitraux de douze quatre-feuilles de la rose.

Les cinq fenêtres placées sous cette rose représentent Marie et son fils, accompagnés des quatre grands prophètes et des quatre évangélistes. Les armes de Dreux-Bretagne sont reproduites au bas de la verrière centrale et les figures des donateurs : Pierre Mauclerc, Alexis de Thouars, sa femme, Yolande de Bretagne , sa fille , et Jean de Bretagne , son fils , occupent la partie inférieure des quatre verrières latérales.

Une crypte immense , œuvre de Fulbert , se développe sous les latéraux et sous les chapelles de la Cathédrale. Sa voûte « est formée de voûtes partielles à plein cintre, divisées par » carrés de cinq à six mètres de côté ; les arceaux se croisent » et vont retomber , avec les arcs-doubleaux , sur des pilastres » fort larges et fort simples *. » Treize chapelles, détruites en 1793, décoraient autrefois cette église souterraine. La plus remarquable était celle de Xotre-Damc-Soubs-Terrc, consacrée à la Vierge des Druides, Virgini par'Uurœ; elle se trouvait sous le latéral gauche du chœur , à la hauteur de la chapelle actuelle de la Vierge-Noire. Les rois et les seigneurs, hôtes assidus de la sainte Grotte, se plurent à l'embellir par des présents magnifiques ; « toutes ses murailles , dit un historien , » sont revêtues de marbre, et son balustre est de la même

1 Rultfau, ouvrage rit»;, p. 270

» matière; ce n'est qu'or, que jaspe et peinture à l'entour de » l'autel ; et le lieu où le peuple se met pour prier la sainte » Vierge est orné de l)elles peintures, qui couvrent haut et » bas toutes les murailles et môme toute la voûte !. » De ces richesses, il ne reste plus que des peintures murales faites vers le milieu du XVIIe siècle , qui représentent , entre autres sujets, l'Annonciation , la Naissance du Christ, l'Adoration des Bergers et des Mages , l'Assomption et le Vœu de Louis XIII. La statue de la Vierge-aux-Miracles était en bois de poirier d'une couleur très-foncée; elle fut brûlée, pendant la Terreur (20 décembre 1 793), devant la porte royale de la basilique, devenu le Temple de la liaison

Plusieurs autres chapelles conservent les traces de fresques du XIIIe siècle. Sous le sanctuaire et le maître-autel s'étend un grand caveau qui servait dans les temps reculés à cacher la Sainte-Chasse , les reliques et les richesses du trésor5; sa voûte

I Sablon, Histoire de l'Église de Chartres. t(i'J8, p. 17.

» Tout a été dit sur le pèlerinage de Notre-Dame de Chartres; mais pour donner une idée de l'afilnence des visiteurs , même dans les plus mauvais temps , j'ajouterai qu'en 1338, année de la reprise des hostilités entre la France et l'Angleterre, la recette du tronc de la sainte Image, aux jours de Saint-Martin-dïliver , Saint-André et Sainte-Luce, produisit OS livres tournois, représentant 2,352 fr. de notre monnaie. (Heg. capit.. Séance du jeudi dans l'octave de Saint-Martin-d'Hiver 1338.) Pendant plusieurs siècles , la ville de Chartres tit brûler chaque année devant l'autel de la Vierge de la crypte un gros cierge appelé le Tour de cire de ta ville, et pesant 250 livres environ, (lier/, des Kt:herins, passim.)

3 Au XVII0 siècle, les petites chambres pratiquées dans le mur de clôture du chœur, à droite et a gauche du maître-autel , renfermaient le Trésor; il y avait aussi des châsses au-dessus d'un autel placé derrière le maître-autel . Les plus précieuses reliques de Notre-Dame étaient, outre la Sainte-Chemise , le chef de sainte Anne (voir suprà. p. 12i), sur lequel les chanoines juraient , à leur réception , qu'ils étaient nés de légitimes mariages, les chefs de saint Mathieu (voir supra , p. 12 II et de saint Théodore, des ossements de saint Piat, saint Taurin, .saint Lubin, saint Calais, saint Solemnis et saint Ilélhaire, un morceau de la vraie croix.

II n'appartenait qu'au seigneur du fief de Tacbainville, vassal de l'Évèquc, de nettoyer la chasse de la Sainte-Chemise. On lit dans un aveu rendu à l'évéque Robert de Joigny {1316) : Fiel de Tacbainville, au seigneur Jehan le Drouais.... « Item , la » vuoille de grans Pasqucs laver la Sainte-Châsse et ni doit nul home metre la main » se de par ledit monseigneur Jehan n'est , et vi seliers de vin moitié blan et moitié » vermoil , 12 pains hlanz de chapitre et une touaille de quoy ladite châsse est essuié. » trois provendes d'avoine à cheval et trois mez de poisson.' « (Grand litre rouge , p. 87; Mss. de la Hibl.)

Dans les temps de calamité, la Sainte-ChAsse était portée en procession solennelle

est soutenue par cinq piliers qui supportent en même temps le groupe de l'Assomption.

On voit dans la crypte , de vastes caves autrefois destinées au vin des messes, un chenil , une piscine, et des fonds baptismaux du XII0 siècle. Sous le bas-côté septentrional de la nef, dans la partie du souterrain la plus rapprochée du clocher Neuf, se trouvaient des chambres en bois où demeurèrent d'abord des prêtres préposés à la garde des saints lieux , puis des sœurs ou filles dévotes chargées des mêmes soins et de la direction d'une infirmerie pour les pèlerins malades du feu des ardents. Cette infirmerie, dont on fait remonter la fondation à l'évêque Geoffroy de Lèves, portait le nom d' Hôpital des Saintç-Licux-Forts et était dotée d'un revenu assez considérable. « Les malades étaient retenus durant neuf jours pour » faire leurs dévotions, puis ils s'en retournaient guéris'. »

au couvent de Josaphat. (Voir, pour ces processions, le u° 12 des Appendices, (in de ce volume.)

I.es richesses artistiques de cette Sainte-Chasse et des autres objets de prix qui composaient le Trésor ont été plusieurs fois décrites { voir Sablon , p. 121, et le Recueil manuscrit de M. Janvier de Flainville , Bibl. communale); il serait trop long de les énumérer dans cette note. La première tentative de spoliation dont on ait connaissance date de I5G2; dans un pressant besoin d'argent, le Roi envoya un commissaire à Chartres pour enlever les joyaux du Trésor, mais le clergé et le peuple résistèrent , et Paient royal ne put emporter que quelques pierres précieuses et des plaques «l'or. Depuis cette* époque , divers enlèvements eurent lieu au profit île l'Etat. Cependant la générosité des fidèles comblait promptement le déficit et le Trésor avait une valeur immense lorsqu'il fut transporté à Pans le 17 septembre 1703.

11 ne reste plus aujourd'hui , des anciens joyaux de Notre-Dame , qu'un calice en vermeil donne par Henri IV, un calice et îles burettes du XVII0 siècle, une nave avec ses après, montée sur un pied ouvragé, et donnée en 1510 par .Miles d'Illiers, évèque de Luron et doyen de Chartres. La chasse nouvelle de la Sainte-Chemise, en cuivre doré et ciselé, a été donnée en 1822. Elle contient un coffret dans le style Moyen- Age , donné en 1 S 10 , dans lequel se trouve la sainte Relique. Elle est renfermée dans une armoire de la clôture absidale du clueur. Trois autres chasses , qui contiennent les reliques de Saint-Piat, exhumées en 1 X J (i du jardin de févèché où elles avaient été enfouies pendant la Révolution , quelques ossements de saint Taurin et le chef de saint Castrin, reposent dans une armoire de la chapelle de Vendôme.

1 llist. de Souchet, p. 208; Mss. de la Ribl. — L'auteur du l'oème des Miracles dit qu'après l'incendie, le bruit des merveilles de Notre-Dame amena dans son temple force malades de tous pays :

Auoit de malades grant presse

Qui en liglisc demoraieiit

A Chartres et qui se pesaient

Parmi liglise les aies

Et en litières et en les

Voilà un aperçu rapide des merveilles de Noire-Dame de Chartres \ Mais pour compléter cet admirable monument, il faut lui restituer en pensée son Chapitre composé de i7 dignitaires et do 72 chanoines , pépinière de prélats illustres, ses serviteurs de tous rangs: chapelains, matiniers, heuriers, marguilliers clercs et laïcs , la splendeur des cérémonies du Moyen-Age , le prestige de la Vierge-aux-Miracles et la foi de nos aïeux *.

Chacun garison et aie Atendoit do sa maladie.

L'un d'eux , guéri de ses maux , se voua par reconnaissance au service de lïiilirmerie :

Des malades qui en liglise Dcmorcroicnt reçut la cure , Et leur vie et leur norreluiv Leur porcliaca diligiaument.

(Mir., Il, p. <Jt et Di.)

Au XVII* siècle, il n'y avait plus d'hôpital , le mal des Ardents ayant cessé de régner. La garde de la crypte fut dévolue alors ù une dame , fille ou veuve , que l'on appelait Dame des Grottes, et qui avait des servantes sous ses ordres.

1 Je ne saurais trop recommander à ceux de mes lecteurs qui désirent faire une connaissance plus intime avec la Cathédrale, l'excellent ouvrage de M. l'abbé Dulteau et les magnifiques plane lies de la Monographie publiée , par ordre du Gouvernement . sous la direction de MM. La&siis, Amaury Duval et Didron.

» Les dix-sept dignitaires du Chapitre étaient : le Doyen , le Chantre , le Grand- Archidiacre , i'archidiaenude Dunois , le sous-Doyen , le sous-Chantre , l'archidiacre de l'insérais , l'archidiacre de Mois , l'archidiacre de Dreux , l'archidiacre de Vendôme , le Chambrier, h; Chancelier, le prévôt d'Ingré , le prévôt de Normandie , le prévôt de Mesangey, le prévôt d'Anvers et le Chcvecier. Lu 1300, le partage des prébendes de Notre-Dame (au nombre de quatre-vingt-neuf prétaudes entières et de six demi-prébetules ) s'opérait ainsi : à Saint-Père , six prébendes ; à Saint- Martinau-Val, une prébende; a Saint-Jean-en-Vallée , une prébende; à Dcaulieu, une prébende et demi; au maître de l'aumône de Notre-Dame, une demi-prébende ; au maître de l'ouvre de Notre-Dame, une prébende; à tout le Chapitre, la prébende de Sandarville, spécialement affectée à l'usage des matiniers; à chacun des Doyen, sous- Doyen, Chantre. sous-Chantre, et Chambrier, deux prébendes; enfin à soixante-douze personnes du Chapitre , soixante-huit prébendes et quatre demi-prébendes. ( Litre bluuc, et des Privilèges, p. 153; Mss. de la Dibl.) Du temps de Sablon (fin du XVIIe siècle), on comptait aux offices de Notre-Dame cent-vingt personnes portant surplis.

Peu de chapitres fournirent autant de personnages célèbres que le chapitre de Chartres ; il en sortit des papes , des cardinaux , un grand nombre d'évéques et de prédicateurs distingués. Cette compagnie , quoique bien réduite , n'a pas dégénéré de nos jours , et elle peut s'énorgucillir à juste titre d'avoir vu choisir un de ses membres pour occuper le trône de Saint-Hilaire de Poitiers.

Je donne, sous le n» 12 des Appendices, fin de ce volume, une notice sur les privilèges des chanoines et sur quelques usages et cérémonies bizarres de Notre-Daiw de Chartres

§ 2. — PALAIS ÉPLSCOPAL.

Si l'on en croit certaines traditions qu'aucuns documents contemporains ne viennent d'ailleurs corroborer, les premiers évêques de Chartres établirent leur demeure dans le bourg du Chàtelet On ignore à quelle époque la résidence épiscopale fut transférée au chevet de Notre-Dame. D'abord simple construction en bois, le palais fut édifié en pierre par l'évéque Yves qui, pour l'augmenter, acheta, vers H 00, une partie du terrain du Vidame; restauré avec magnificence par l'évéque Goslin de Lèves, vers M 50, il périt avec la cathédrale dans l'incendie de 1194. L'évêque Renaud de Mouçon, sous l'épiscopat duquel cet événement arriva, reconstruisit un autre palais que Pierre de Mincy , dans sa sollicitude pour le temporel de son siège, répara confortablement vers 1260.

Les bâtiments se développaient alors, d'un côté, sur le marché aux chevaux (marché à la filasse), et de l'autre, sur la rue Moutonnière, prolongement de la rue Muret remplacé aujourd'hui par l'aile du jardin , la terrasse et les bas-vergers. La partie de la ville , voisine de l'enclos épiscopal , h l'angle de la rue Moutonnière et du marché aux chevaux , portait le nom de coin du mur de VÈvêque 4. Les communs continuaient l'aile du marché aux chevaux jusqu'à la poterne des Lices ou de l'Évèque , et l'emplacement actuel d'une partie de la cour et de la grille d'entrée était occupé par la chapelle Saint- Serge et Saint-Bacche, appelée plus tard Saint-Nicolas. En 1414,1a chambre des Comptes ou librairie du Chapitre fut construite , avec la permission du prélat chartrain , sur le ter-

1 On dit aussi que la justice épiscopalc se tenait , dans ces temps reculés , au lieu nommé la Couronne, à l'entrée du faubourg Saint-Jean. (Supplément aux affiches chartraiMS, 1785, p. <15.)

* Une famille importante à Chartres , aux XIIIe et X1V> siècles . était connue sous le nom du Coin du Mur.

rain situé entre la chapelle Saint-Nicolas et la porte de l'hôtel donnant sur le cloître \ On voyait encore au XVII' siècle, dans la cour intérieure de l'édifice, une large pierre sur laquelle les poissonniers venaient soumettre leurs marchandises au havage du cuisinier de l'évèché.

Autrefois l'Évèquc n'avait pour sortir de son palais que l'issue du cloître. Mais, en 1410, Martin Gouges , fatigué d'être, pour ainsi dire, le prisonnier du Chapitre, fit ouvrir une seconde porte sur le Coin du mur. Cette entreprise faillit donner lieu à un procès fort grave , les chanoines contestant au prélat le droit de violer ainsi la clôture du cloître ; il fallut, pour apaiser le différent , que PÉvêque consentit à l'érection d'un portier, en titre d'office, chargé spécialement de la sûreté du cloître du côté de cette nouvelle sortie *. Cette porte fut murée, au XVIIe siècle, par ordre de M. l'évèque Léonor d'Estampes de Valançay, qui fit percer une grande porte au milieu du bâtiment longeant le marché aux chevaux.

En 15G8, l'huissier Duparc écrivait ce qui suit : « L'évèché » est fort grand, bâti en forme de palais royal, avec grande » salle commune à se promener, parvis, escaliers, galeries » magnifiques, dignes d'un Roi. Cependant maintenant, » quand le Roi vient ici , il n'y peut que loger avec ses princi- » paux officiers, parce Ve, depuis cinq ou six ans, le grand » corps de maison est tombé en ruine et inhabitable \ » Le bâtiment fut relevé , et , à l'exception de Henri III qui , pour ne pas déranger l'Evèque par ses fréquentes visites , loua deux maisons devant la porte royale , tous les Rois venant en dévotion à Chartres, firent leur Louvre du palais épiscopal.

1 Cette librairie fut faite avec l'argent que l'on put retirer des exécuteurs testamentaires du feu sire de Coucy, mort en Turquie. Elle devait d'abord être construite à I/Oëns, au-dessus du prétoire où se tenaient les plaids de l'official du Chapitre. ( Iieg. cap.; Séance du 7 août Mil.)

* Cet office tomba en des mains fort distinguées. Le prix en fut remboursé, vers 1680, par M. l'évèque de Xenfville de Villeroi, au sieur de Soiflaires, dernier possesseur. (Voir, pour les fiefs de l'évèché, le n° G des Appendices, tin de ce volume i

3 Histoire manuscrite de l'huissier Duparc, p. 201 et suivantes: mil Lcjeunc.

Le pillais actuel est dû presque tout entier ù la munificence de M. l'évèque de Fleury, qui le lit construire vers 1700. Ses vastes proportions et son dessin grandiose en ont fait un des plus beaux évèchés de France. De la grille qui donne sur le cloître, près du portique septentrional de Notre-Dame, on pénètre dans une vaste cour plantée, au fond de laquelle s'élève un avant-corps ou portique à l'italienne. C'est de ce portique qu'un magnifique escalier simple et double donne tout à la fois accès dans les jardins et dans les appartements. Le bâtiment de droite, adossé à la cathédrale dont il va rejoindre la sacristie hors-ceuvre, est connu sous le nom d'ai/c de la Duchesse, parce que madame la duchesse de Fleur}', mère de l'Evèque , en avait fait son habitation. A gauche, les anciens communs existent toujours, mais ils sont dissimulés par l'exhaussement du terrain et par les arbres de la cour d'honneur. Derrière le bâtiment de façade et eu retour sur le jardin intérieur appelé la Terrasse, se déploie une grande aile bâtie en 1702 par M. Pévèque Godet des Marais, qui contient les appartements de réception La terrasse, longue pelouse ombragée, s'étend, ainsi que nous l'avons déjà dit , sur les emplacements de la maison du Yidamc et de la rue Moutonnière ; elle contourne entièrement l'abside de Notre-Dame et domine toute la vallée de l'Eure. Un second jardin, également eu terrasse, longe le grand mur de soutènement de la terrasse supérieure ; il fut formé, vers 1780, au moyen de la suppression de la rue qui conduisait au collège de Pocquet, autrefois le Tripot de Chie-Chinche.

1 Une pierre commémorative qui se trouve au bas du cabinet de Mb*, rappelle en ces termes la construction de cette aile : Hanc episcopalem domum . penè labenlem, instaurandam curavit Paulus, episcopus, anno iJomini il 02.

Les immenses salons de réception ne sont plus en rapport avec la vie modeste des prélats chartrains du XIXe siècle; car on peut dire que si nos évoques ont toute la dignité que comporte leur état, ils ne peuvent plus avoir l'état que comporterait leur dignité.

La chapelle , qui donne sur une vaste salle d'attente , est dédiée à saint Serge et saint Bacehc. Au XIIe siècle, l'oratoire de l'évèque avait saint Martin pour patron; plus tard et jusqu'à la reconstruction du palais , la chapelle fut placée sous l'invocation de saint Nicolas.

De 1793 à 1821, l'administration départementale occupa le palais épiscopal. Le rétablissement de l'évèché de Chartres, en vertu du concordat du 1 1 juin 1817, Couvrit les portes de • la maison des prélats chartrains «à M»r de Latil , qui prit possession de son siège le 8 novembre 1821 .

Cette demeure presque royale répondait, comme on le voit, à la puissance temporelle et spirituelle d'un prélat qui comptait les plus hauts barons parmi ses vassaux et dont le diocèse était connu en cour de Rome sous le nom du Grand Évâché \

§ 3. — ÉGLISES PAROISSIALES DANS LA VILLE. \° Église paroissiale et collégiale de Saint-Aignan.

L'église Saint-Aignan , rendue au culte en 1822, était autrefois la paroisse du château des Comtes.

Il ne reste plus rien des constructions qui suivirent les incendies de 1134 et de 1271; l'édifice actuel, commencé au XVIe siècle, ne fut terminé que vers 1630. À l'extérieur, Saint-Aignan présente une masse assez écrasée , malgré le rehaussement fait aux voûtes et à la toiture en 1025. La tour hors-œuvre qui flanque le côté septentrional de l'église , manque de grâce, quoique bâtie à l'époque de la Renaissance. La façade n'a de remarquable que le petit portail de gauche, orné d'arabesques d'assez bon goût et exécuté en 1541 .

A l'intérieur, Saint-Aignan comprend une nef centrale et deux nefs latérales soutenues par dix-huit piliers et vingt pilastres \ Au-dessus des arcades ogivales de ces nefs règne un

1 Voir sous le n° 13 des Appendices , fin de ce volume , une notice sur les privilèges de l'évéque de Chartres et sur la cérémonie de son entrée.

» Voici les principales dimensions de Saint-Aignan :

Longueur totale dans oeuvre M met. 65 cent.

Info ri uni composé d'arcades cintrées qui reposent sur des colonncttes corinthiennes à peine ébauchées. L'étage supérieur est percé de trente-trois fenêtres fort simples et les voûtes sont en bois. La chapelle absidale dédiée à la sainte Vierge et une autre chapelle sans autel située vers le milieu du bas-côté méridional , offrent des voûtes à nervures et à clefs du style flamboyant. La sacristie, qui est grande et bien disposée , occupe l'étage inférieur de la tour.

Malgré les mutilations qu'elles ont subies, les verrières de Saint-Aignan, qui datent du XVIe siècle, méritent d'attirer l'attention. On les attribue à Nicolas Pinaigrier, neveu de Robert Pinaigrier, l'auteur des vitraux de Saint-Hilaire transférés à Saint-Pierre. On remarque dans l'aile septentrionale la fenêtre consacrée à saint Denis , second patron de l'église , celle qui représente l'histoire de la vierge Marie, deux panneaux du vitrail le plus rapproché de l'autel absidal dans lesquels sont peints un personnage donateur, sa femme, ses cinq fils et ses sept filles. Les fragments des vitraux de l'aile méridionale sont précieux par leur exquise délicatesse; on y voit l'histoire de saint Pierre, de la Vierge et de saint Michel. Quelques panneaux représentant des armoiries subsistent encore dans l'étage supérieur; l'un d'eux contient ces mots: Messieurs les Drapiers et C hosties (chaussetiers) ont donné ces présantes vitres. 1507.

Sous le chœur et le rond-point s'étend une crypte fort ancienne restaurée au XVI* siècle ; elle servait jadis de lieu de sépulture aux curés de Saint-Aignan et à quelques autres per-

Ixmgucur de la nef 22 mét. 75 cent.

Longueur du chœur I l 40

Largeur totale 29 90

Largeur de la nef centrale 10 •

Hauteur de la voûte 20 »

Longueur de la crypte 19 80

Largeur de la crypte 18 80

Hauteur de la crvptc i 30

(Bulleau, ouvrage ciu-, p. 303 et 310.)

sonnages do distinction \ A droite et à gauche de l'autel , le long du mur, se trouvaient de grands sépulcres en pierre, sans couvercles, fermés avec de la maçonnerie; un de ces tombeaux, ouvert le 12 mai 1642 renfermait des ossements qui y furent laissés. La tradition populaire en faisait les sarcophages de Dondc , Monde et Ermenonde , sœurs de saint Aignan ; ils furent détruits en 1793. La crypte sert à présent de chapelle pour les catéchismes.

Un cimetière en forme de terrasse, soutenu par un mur très épais, enveloppait l'abside de l'église 2.

L'office particulier de saint Aignan n'avait rien de remarquable, et les leçons en usage, tirées des anciens antiphonaires et bréviaires , ne contenaient que des louanges vagues sur le saint. Sa chasse ne renfermait, dit-on, que des cendres; les recherches opérées vers 1 730 dans le trésor des titres de la fabrique , n'ont fait découvrir aucun procès-verbal d'enchâssement; on sait toutefois que l'évèque Pierre de Mincy remit les reliquesen chasse après l'incendie de 1 27 1 . 11 existait dans cette église une dévotion particulière pour saint Spire ou Exupère, dont la fête, qui tombait le cinquième dimanche après Pâques, donnait lieu à une procession solennelle autour de la pa misse.

Saint-Aignan avait un curé et un chapitre de sept chanoines , à la collation de l'Evéque \

1 L'évêquc Jacques Lescot, mort le 22 août if>5G; Pierre Suyreau, fameux professeur de rhétorique au XY'II* siècle ; Pierre Martin , curé et premier supérieur du séminaire, mort le 23 septembre 1061; Mes de Bricourt et Fromont, chanoines morts à la (in du XVIIe siècle; Jean Cadou, seigneur de Coûtes, maire du Chapitre, mort en 1507.

* En 1702, un procès s'éleva entre MM. Juteau , propriétaires des jardins inférieurs , et les marguilliers de Saint-Aignan , au sujet des réparations à faire au grand mur de soutènement du cimetière. Ces derniers demandèrent l'intervention de la ville , attendu , disaient-ils , que le mur était un reste de l'ancienne enceinte du IXe siècle ; mais cette allégation ne put être prouvée et ils perdirent leur procès par arrtt du Parlement du 20 mai 1702. (Mèmoitt pour Mn Juteau. MT ae Laitaignan, conseiller rapporteur. Semen , procureur. Paris, 1702.)

s Rouillard dit que de son temps le revenu des chanoines de Saint-Aignan était assis « ez villages de Dondainville , Mondainvillc et Ermenonville , à une petite lieue » de Chartres , qui estoient les seigneuries de Donde , Monde et Ermenonde , sœurs » dïcelui S. Aignan, dont les tombeaux se voient encore ès-cryptes de l'église. »

2" Église paroissiale et collégiale de Saint- André. — Petite église

de Saint- Nicolas.

L'église Saint- André peut encore passer pour un monument digne d'intérêt, malgré les mutilations et les appropriations profanes qu'elle a subies depuis soixante ans. Sa fondation première se perd dans la nuit des temps; on pense qu'elle fut brûlée en H 34 et rebâtie dans la dernière moitié du XIIe siècle. Elle avait un Chapitre et desservait, comme paroisse , la plus grande partie de la basse-ville , ainsi que les quartiers Moutonnière ou Chinche, Muret, Mur-en-Muret , des Prêcheurs, des Vasseleurs et de Beauvoir, dans la ville haute !.

La façade principale offre trois divisions archéologiques curieuses à étudier. La partie inférieure est percée de trois baies à plein cintre dont les archivoltes décorées d'ornements empruntés à l'art roman, tores, o\es et zigs-zags, reposent sur des colonnettes du même style , à chapiteaux très-fouillés. Le perron qui précédait l'arcade centrale n'existant plus, on entre dans l'édifice par une petite porte latérale sans caractère. L'étage supérieur se distingue par un triplet ogival dont la forme élégante , mais encore pure et sobre d'ornements , rappelle l'architecture des premières années du XIIIe siècle. La

(Parthénie, deuxième partie, p. 149.) En 1730, les chanoines avaient , pour tout revenu, une dîme, à Mondonvillc, de 9 setiers de blc" et autant d'avoine, et 2i livres en petites rentes. Leurs obligations , pour gagner ces fruits, consistaient à dire trois messes hautes par an , à Saint- Aignan , le jour du Sabat m albis . et les jours de Saint- Yves-le-Breton et de Saint-Aignan. Les chanoines étaient ordinairement des curés de petites paroisses de la Bcauce , ou des clercs de l'œuvre et marguilliers de Notre-Dame.

• Voici les dimensions principales de Saint- André .

Longueur totale dans œuvre 39 mèt. 50 cent.

Longueur du transsept 31 »

Largeur de la nef 10 90

Hauteur de la nef

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