TOME
(Bulteau, ouvrage cité, p. 31 3^
corniche qui sert de support à ce triplet est soutenue elle-même par des corbeaux à figures grotesques. Au-dessus du triplet , une rose brillante, du style flamboyant, «inscrite dans un » triangle semi curviligne et formée de trois cercles » , remplit d'une manière fort heureuse le centre du gable aigu qui termine la façade.
Une tour carrée, massive et peu élevée, flanque le côté méridional du transsept \
A une époque qui n'est pas bien déterminée, mais qui remonte au plus tard au commencement du XIII* siècle , on jeta sur l'Eure une arche destinée à porter le chœur et le sanctuaire \ Cette anuexe fut reconstruite au commencement du XVI* siècle , en style ogival tertiaire , par Jehan de Beauce, et, en 16i2, une seconde arche, en prolongement de la première , relia l'église au quai de la rive droite et supporta la chapelle absidale dédiée à la Sainte Vierge. Ces constructions, dout Vauban vanta le mérite à Louis XIV, n'existent plus aujourd'hui ; l'arche absidale s'écroula le 22 février i 805 , et pour éviter un éboulement probable , l'arche du chœur fut démolie quelques années plus tard. Le
1 La tour était surmontée d'un clocher qui fut détruit pendant la Révolution. On y avait placé, en 1556, quatre cloches, fondues par Jean Roycr, dit Cadet, au prix de six-vingt livres et une mire de chausses à son homme; cinq autres cloches neutres les remplacèrent en lo30. (Arch. dép., Livre de bois, folk) 226.)
* L'arche de Saint-André est mentionnée : 1° dans l'obit du chanoine Robert d'Ouarville , lequel laissa au chapitre de Notre-Dame 60 livres chartraines qui furent employées à acheter de Gaufrid de Gallardon un cens sur des maisons situées intra parlant Gillardi (aux Conteurs) et arcum sancti Andreœ; Gaufrid de Gallardon, frère d'Adam de Gallardon, vivait en 1232 (Nécrol., £ 39; Mss. de la Bibl., 4 des ides de juillet); 2° dans un censicr de Notre-Dame, tenu par le chantre Renouant, f.n 1 i65 (Arch. départ., Papiers du Chapitre) , où se trouve un article concernant un cens du Chapitre sur des maisons situées entre la porte Gaillardi , alias des Corneulx, et l'arche Saint-André.
En 1457, on renduisit le dessous de l'arche, aux joints du pavé recouvert par l'eau. (Ib., Litre de bois, folio 203, verso.) D'autres travaux de consolidation furent faits à l'arche, en 1606. (Ib.)
Los travaux exécutés au commencement du XVIe siècle furent payés au moyen d une retenue sur la première année des revenus des prébendes vacantes. On excipa à celle occasion de certaines lettres adressées , vers 1 1 70 , par Pierre , cardinal du titre de Saint-Chrysogon , à l'archevêque de Sens , Guillaume aux Blanches-Mains . dont un vidimns du 7 décembre 1 179 se trouvait dans le trésor de l'église. (Ib )
déchirement des pierres fait encore reconnaître le point de départ de la voûte qui traversait la rivière.
L'intérieur de Saint-André présente trois nefs; seize piliers cylindriques très-simples soutiennent la nef centrale et le transsept ; les arcades cintrées des travées sont dominées par une claire-voie sans triforium percée de lancettes sévères. Les fenêtres des nefs latérales n'ont rien conservé de remarquable ; celles du chœur étaient garnies de belles verrières peintes en
I 582 par Marin le Vavasseur , maître peintre et vitrier de Paris \ Les voûtes en bois qui existent aujourd'hui datent de 1480 et sont l'œuvre de P. Courtier; les peintures et dorures dont il subsiste des traces ont été refaites en 1624 par Nicolas Pannier, peintre chartrain. Le jubé en bois fermant le chœur avait été édifié en 1501 par P. Courtier; il était orné de sculptures parmi lesquelles, si l'on en croit la tradition , on remarquait un porc battant le beurre dans une baratte. I>es stalles du chœur dataient de 1 422 \
La chapelle, située dans la partie droite de l'abside, attirait à juste titre la curiosité ; elle se nommait la chapelle des Chaline , parce qu'elle servait de sépulture aux membres de cette famille, et elle possédait une petite crypte dont la terre, par une propriété particulière , conservait les cadavres intacts'.
II existe dans le bas-côté septentrional une chapelle de style ogival tertiaire , ornée d'une voûte à nervures , avec clefs élégantes et piliers prismatiques à riches chapiteaux. On pense qu'elle fut fondée vers 1507 sous l'invocation de saint Ignace, et qu'elle est due au ciseau de Jehan de Beauce \ Des restes
1 H y avait ouatante verrières représentant V Histoire de la nativité de Moyse et comment le* enfants dlsaac furent délivrés de la captivité de Pharaon ; elles coûtèrent 25 sous tournois par pied. (Arch. dép., Livre de bois.)
* Ces stalles coûtèrent 98 livres tournois. (Ib.)
5 En 1725, on y trouva, dit Piganiol de la Force, sept corps entiers, parfaitement conservés.
* Les titres de Saint-André, et en particulier le Livre de bois, font mention, aux XIV», XV' et XVI« siècles , des chapelles de Saint-lgnac* , Saint-Michel , Sainte-Catherine, Nntre-Pame-df-Piti«; , Saint-Séhasiien . Saint-Jean.
précieux île peintures murales il u XIIIe siècle, formant trois tableaux contenus dans îles arcades trilobées, se trouvent visà-vis cette chapelle, près de l'endroit où la chaire était placée.
Il y a sous l'église deux cryptes de la longueur du transsept; leur construction est très-simple; il ne paraît pas qu'elles aient jamais possédé d'autels.
Parmi les tombeaux placés dans Saint-André, on remarquait celui de Josse Clictou , chanoine de Chartres et théologal , mort en i 543 avec une grande réputation de science , et celui du fameux maçon Jehan Texier, dit de Bcauce, constructeur du clocher neuf de Notre-Dame , d'une partie du tour du chœur et de l'arche de Saint-André, décédé le 29 décembre 1529.
Une sentence du bailli de Chartres, du 21 février 1451, apprend qu'il y avait alors dans celle paroisse une grande dévotion aux reliques de saint Loup, près de la châsse duquel brûlait sans cesse une multitude de cierges. Plusieurs autres reliques très-vénérées se trouvaient dans une châsse plaquée d'argent , ornée aux quatre coins de figurines d'argent représentant saint André , saint Pierre , saint Jean-Baptiste et saint Paul, et marquée d'un écu d'argent aux armes de la ville. Le i 1 janvier 1 490, cette châsse fut volée, avec beaucoup d'objets d'art précieux, par un prêtre vagabond nommé Rabier, dont nous raconterons la juste punition \
1 Arcli. dép., Litre de bots de Saint-Andre , folio 212, recto. 1-os voleurs prirent , outr»' la chAsse , une noix d'argent don' contenant du fust de lu t raie croix , 1rs reliques et images saint André et saint Christophe, le reliquaire sainte Catherine , deux chandeliers et deux plats d'argent aux armes de Me ltegnault du Moulin , chanoine chambrier de Notre-Dame en 1111, des calicre, un sacrairc d'argent doré, un lahlc.au d'argent doré où sont peintes en azur les images Notre-Dame, saint l'ierre et saint l'aul. Ils laissèrent plusieurs reliquaires en bois couvert d'argent contenant un os de saint Jacques, des cheveux de saint Nicolas, du bras de saint IJIaisc, des os de saint l.éger, saint André, s'iiul Jcan-llaptiste et saint Denis, des ossements des onze mille vierges , un morceau de la verge dAaron , des cheveux de Notre-Dame.
Les reliquaires furent retrouvés le lendemain du vol ; mais Charles IX , pressé d'argent, fit enlever, en 1502, le reliquaire Saint-Christophe , qui pesait 5 marcs 7 onces ( 11» . Livre de bois, amio 117") et note marginale.)
Une petite église, sous le vocable de saint Nicolas, était accolée au flanc méridional de Saint-André; son abside portait au-dessus de la voûte de la fontaine Saint-André et son entrée donnait à j>eu près vis-à-vis la rue actuelle du cloître. Pour communiquer entre les deux églises , on avait percé en 1488 une galerie qui débouchait dans l'aile méridionale de Saint- André par une grande arcade encore apparente. Les renseignements que nous avons recueillis sur la construction et la décoration de Saint-Nicolas sont peu nombreux. On sait que sa couverture fut entièrement refaite en 141 8 1 et qu'elle possédait un petit clocher dans lequel on mit en 1 587 une assez grosse cloche nommée Marie* ; à l'intérieur, le tabernacle avec dais fleurdelisé du maître-autel datait de 1458 les fonds baptismaux de la paroisse , en forme de cuve byzantine pour le baptême par immersion, se trouvaient dans une chapelle décorée de quelques verrières peintes en 1465 *; une autre verrière représentant une lampe et une coupe devant pour reposer le corps Jésus-Christ , avait été donnée en 1 409 par la corporation des texiers en draps de la rivière \
Saint-Nicolas, qui paraît avoir porté d'abord le nom de Saint-Gilles et Saint-Leu , fut fondé vers la fin du XI" siècle par le chapitre de Saint -André. Toutefois on ignore si les chanoines firent bâtir l'église pour leurs paroissiens ou si l'office paroissial y fut introduit seulement à l'époque où les couciles obligèrent les communautés à confier le soin religieux
1 Cette couverture coûta 110 livres tournois. | Arch. ueu., Livre, de btmj 1 Cette cloche fut bénie le 12 mai 1587. ( lb. i 5 lb., Livre de bois , folio 20i, verso.
* Ces verrières et celles du chcwir coûteront 28 livres 17 sous tournois « qui eut {dus beaucoup que valent de présent quasi toutes les verrières de ladite église , mais faut distinguer les temps. » (lb., folio 206, verso.)
* Les texiers de la rivière célébraient leur fête à Saint-Nicolas le lir mai; ils donnaient aux gagers de la paroisse deux tiers des sommes payées par les compagnons du métier, pour l'entretien d'une lampe brûlant jour et nuit devant le Saint- Sacrement. ( Arch. départ., Livre de bois de Saint- André Ordonn. du bailli du 20 janvier 138!).) Une ordonnance du bailli du 17 juillet 1478 réduisit à GO soi* tournois, par maîtrise, la somme annuelle destinée à IViiticUen de. la lampe, llb.)
des peuples de leur dépendance à des prêtres séculiers. La paroisse proprement dite n'y fonctionnait déjà plus à la ûn du XIVe siècle, car un rescrit de Panti-pape Clément VII, donné vers 1380, appelle Saint-André église paroissiale. Les fidèles admis dans Saint-André furent d'abord cantonnés près de l'autel du Crucifix, à gauche de l'entrée du chœur; l'office paroissial se fit dans cet endroit jusqu'au dernier dimanche de décembre 1 500, jour auquel les paroissieus envahirent tumultueusement le chœur. Il y eut à cette occasion un procès qui dura quarante ans, et qui finit, en 1541, par une transaction avantageuse pour les gens de la paroisse. Saint-Nicolas conserva les fonds baptismaux , le saint viatique pour les malades et l'huile pour les infirmes, jusqu'à sa démolition arrivée dans le courant du XVIIIe siècle \
La paroisse Saint-André avait trois cimetières. Le plus grand occupait tout le centre du cloître. C'était le lieu ordinaire du marché aux pourceaux de la foire Saint-André ; mais comme on s'aperçut en 1438, année de peste, que ces animaux foulaient et déterraient les corps des trépassés, messirc Nicole, vicaire perpétuel de Saint-André et notaire du chapitre de Notre-Dame, obtint par lettres-royaux que dorénavant le marché se tiendrait près le pont Bras-de-Fer, hors la porte Imbout \ Le second cimetière embrassait le terrain situé entre les deux églises. Il était coupé en deux par un mur qui partait de la tour Saint-André et aboutissait à l'abside de Saint-Nicolas ; la partie orientale dominant la rivière était connue sous le nom de cimetière des Excommuniés; la partie occidentale s'appelait le cimetière des Innocents \ La famille Courtin , qui possédait dans Chartres une censive assez
1 Les baptêmes avaient encore lieu à Saint-Nicolas en 1716. (Mémoire à consulter pour le chapitre de Saint-André, demandeur en complainte, contre messire Michel Duhan. prêtre, vicaire perpétuel de ladite église, défendeur. Chartres, 1716.)
1 Arch. dèp., Livre de bois, folio 201, verso.
3 Ces deux cimetières, réunis on un seul , furent Mnis par IVvcque Miles dïlliers, en M80 (\b . folio 205.1
importante , était enterrée dans ce cimetière , et sa sépulture se distinguait par une croix de fer Aux XIV et XV siècles , une récluse habitait ce triste séjour. Un autre cimetière, dit cimetière llàlle, du nom d'une famille chartraine, s'étendait au-delà de la rivière , depuis l'arche de l'église jusqu'aux murailles de la ville. Il communiquait avec Saint-André par deux escaliers ménagés dans l'arche de la chapelle de la Vierge; la porte principale ouvrait sur le quai. Il s'y trouvait une sépulture que le peuple révérait sous le nom de Tombeau des trois Pucelles *.
Le cloître de Saint-André, remarquable par ses greniers et ses maisons canouiales des XIP et XIII* siècles, dont plusieurs existent encore , jouissait du droit de sauve-garde comme celui de Notre-Dame. On cite la restitution en effigie d'un prisonnier saisi en 1462 dans l'enceinte de cette terre privilégiée \
Nous avons déjà parlé de la réforme que Pévêque Yves introduisit, en 1108, parmi les religieux de Saint-André. Le clergé de la collégiale se composa dès lors de douze chanoines gouvernés par un doyen, et celui de la paroisse, de trois curés-vicaires perpétuels , à la présentation du Chapitre. En 1274, l'évéque Pierre de Miucy réunit les trois vicaries en
1 Services et anniversaires de 1511. 8 novembre, pour Barbe Courtin , messe haute et libéra sur la fosse, au droit de la croix des Courtins , entre lesdites églises Saint-André et Saint-Nicolas. (Arch. dép., Livre de bois.)
' Le tombeau des Trois-Pucelles élait placé sous une arcade pratiquée dans les neuf pieds de terrasse que la ville possédait le long des fortifications. Le cimetière Halle ou Hasle, abandonné et repris, suivant les besoins, fut diminué, en 1737, par la construction du quartier de cavalerie, qui a été démoli en 1850.
* « Le jour de la vigile Saint-Sébastien 1 162, Me Jacques Mussard , licencié ès- » lois demeurant à Dreux , réintégra par figure au cloître de céans , un prisonnier » qu'il avait fait prendre à huit ou neuf pieds du presbytère du curé , en présence • de Guillaume Petit, audiencier, Perin Lehcau, appariteur, et autres; qui est nour » montrer la grandeur delà terre sainte dudit cloitre et cimetière. » ( Arch. dép., Litre de bois, folio 206, recto.) La maison prcsbytérale , située au cloître, avait élé affectée à l'usage des curés par Jehan Foulon , chanoine de Saint-André , aux termes de son testament accepté par l'évéque Gauthier, au mois de septembre 1234. (Arch. dép., Titres de Saint- André. Vidimus par les notaires Gillet et Leblond , du 9 juin
deux, et en 1688, l'évèque de Neufville de Villeroi fondit les deux subsistantes en une seule. Il y eut pendant plusieurs siècles une série de procès entre le Chapitre et les vicaires perpétuels au sujet de la supériorité que le premier prétendait sur les seconds. Des sentences de 1504, 1532, 1535, 1537, 1685 et des transactions de 1541 et 1658 font connaître que parmi les privilèges du Chapitre , se trouvait celui d'établir des maîtres d'école et de statuer sur toutes les demandes relatives à l'érection de chapelle ou oratoire dans l'étendue de la paroisse \
Le chapitre de Saint-André, dont les prébendes n'étaient pas séparées , administrait ses revenus de diverses manières , d'après les délibérations capitulaires. Anciennement on distribuait le pain de chapitre à ceux qui avaient assisté à l'office; cet usage subsistait encore au XIVe siècle. Puis on mit les grains dans les greniers communs pour être distribués à chacun des prébendiers ; on opérait encore ainsi au commencement du XVIIIe siècle \ L'œuvre de l'Eglise percevait des droits pour les oblations faites aux chapelles de Saint-Eman , de la porte Guillaume et des aveugles de Saint-Julien , situées dans la circonscription paroissiale ; elle avait des cens et rentes sur un assez grand nombre de maisons de la ville et jouissait des biens de ceux qui trépassaient intestats en l'Hôtel- Dieu ou aumône de Saint-André \ Au temporel, les biens
1 Mémoire à consulter pour le chapitre de Saint- André , demandeur en complainte, contre messire Michel Duhan , prêtre, vicaire perjiétucl de ladite église , défendeur. Chartres, 1710. Olto pièce fait connaître qu'en 12:30 l'évèque Gauthier donna 50 livres au chapitre de Saint-André7 , en récompense de la permission qu'il avait octroyée aux Frères-lVécheurs de construire une chapelle dans leur couvent.
5 Mémoire à consulter pour le chapitre de Saint-André , demandeur , contre le sieur Lebeau , chanoine , défendeur ; J/r Olivier, avocat , Jacques Pavye . procureur. Chartres, 1723.
5 Au XV° siècle, l\i?uvrc de Saint-André recueillit les successions suivantes : en MIS, celle de la femme Kedon ; eu 1120, celle d'Anioul Uamanville . maître île l'Hôtel-Dicu ; en 1121, celles de deux Anglais; en 1422, celle de la fdlc Michaud des Ormes; en 1 170, celle de Phlipole Denisarde et de la (icrvaisole, recluses entre les deux cimetières; en 1181), celle du bon Hennit v , qui avait succédé auxdites récluses. fArch. dép , Livre de bois de Saint- André , p 88, verso )
de la paroisse étaient gérés par trois inarguilliers ou gagers choisis parmi les bourgeois considérables \ Ces administrateurs savaient au besoin prendre avec vigueur les intérêts des paroissiens et veiller au maintien de la dignité du culte. « Dimanche, 28 février 1021 , dit le Livre de bois de Saint- » André, visite pastorale de M. l'évéque Léonor d'Estampes » qui vient à la tablette et demande aux gagers, M" Robert , » conseiller au baillage et siège présidial , Petit et Quatran- » vault, marchands, s'ils avaient des plaintes à lui faire; » iceux se plaignent tout haut , en présence des curés , doyen » et chapitre de Saint-André , du peu de dévotion , révérence » et assistance que rendent les ecclésiastiques tant chanoines » que habitués de ladite église et le mauvais exemple qu'ils » donnent au peuple en plusieurs sortes , et l'auraient requis » et supplié d'en charger son procès-verbal , ce qu'il a fait » en promettant d'y apporter meilleur ordre. »
Aujourd'hui l'église Saint-André sert de magasin à fourrage pour la garnison.
3° Église paroissiale de Sainle-Foy.
Sainte-Foy était un prieuré-cure dépendant de l'abbaye de Saint-Jean-en-Vallée. On pense qu'édifiée, comme simple oratoire, du temps de Fulbert , dont un disciple écrivit la vie de la vierge d'Agen , cette église fut donnée aux religieux de Saint-Jean par l'évéque Yves et érigée en paroisse vers 1 1 50 par l'évéque Goslin de Lèves Elle desservait une partie de la ville et du Grand-Faubourg , le Chàtelet , et , depuis la destruction de l'église de la Madeleine , le faubourg SaintJean et
1 11 y avait , au XVe sirtle , «les marpuilliers clercs qui étaient obligés de donner à diner aux pagers laïcs le jour de Saint-André. Il leur était attribué 20 sous tournois pour la dépense. (Ib., lin/lement des murguilliers , 1107.) On trouve parmi les pagers laïcs, aux XV«, XVI« et XVII" siècles, des membres des familles Haiipre, Courtni , Jourdan , Loiseux , Cousin .
le bourg Mahé. Sainte-Foy fut comprise dans l'enceinte de la ville , lors des travaux de clôture exécutés par Pierre de Celles vers 1181 \
Il n'est pas facile d'étudier ce qui reste de Sainte-Foy , à cause des dégradations , changements et raccords de toute espèce qui ont dénaturé son architecture. L'église paraît avoir eu trois nefs et des latéraux au chœur \ Quelques piliers accusent le style du XVIe siècle; ils sont dépourvus de chapiteaux et présentent, au lieu de colonnettes cylindriques, des menaux prismatiques se rattachant les uns aux autres par des surfaces courbes concaves \ Le système de voûtage est trèssimple ; chaque voûte d'arêtes est appuyée sur deux arcs doubleaux , et ses nervures diagonales ont à leur point d'intersection une rosace sans ornements \ Dans la partie supérieure, on découvre une sorte de galerie du XVIIIe siècle, qui contournait le chœur.
La porte septentrionale de l'édifice existait encore il y a quelques années. C'était un assez beau spécimen de l'époque de transition , avec tores, oves, boudins et zigs-zags; sa construction pouvait remonter au commencement du XIIe siècle.
Le cimetière de Sainte-Foy, situé derrière l'église , occupait tout le terrain de la place actuelle et d'une partie des jardins adjacents. Il était ombragé, en 1240, de noyers énormes , et , en 1 296 , d'ormes dont le prieur et le prévôt du Comte se disputaient la possession 8. Une portion de ce cime-
1 Voir suprà, p. 112.
s Sainte-Foy, dit Pintard, a 24 toises de long sur 11 de large, dans œuvre. ( Hist. mss., p. 572.)
» Le mur de clôture de l'édifice, du côté de la maison du prieur, avait été" refait en 1502. (Ib.)
* Les armes de Michel de Champrond , procureur du Roi en 1502 , se voyaient à une clé de voûte et dans une verrière. Ce personnage portait d'antr, au griffon <l'orf et à la bordure de gueules. (Ib.)
5 Ce procès terminé à l'a van tape du prieur , ainsi que le constate un instrument public du notaire apostolique Jean de Flandria , en date du 15 des kalendcs de septembre 1296 , est curieux à examiner au point de vue des usages du temps et dos droits auxquels les prévôts prétendaient à raison de leur charge ; voici l'analyse
tièrc fut affectée , après Pédit de Nantes , à Pilihumation des protestants de la ville qui avaient leur temple au pont Tranchefètu \
Les biens du prieuré , distincts de ceux de la paroisse , consistaient, au XVIIe siècle, en rentes sur deux maisons avec jardin au faubourg Saint-Jean, restes de Paumône de la paroisse de la Madeleine, enclavée dans Penclos des religieux de Saint-Jean-en-Vallée et détruite après le siège de 1568. Le prieur possédait aussi quelques cens sur des maisons de la ville. Les revenus de la paroisse, administrés par des gagers laïcs , étaient assis sur des maisons du voisinage de Sainte- Foy , parmi lesquelles se trouvaient la maison du GrandrCerf, qui donna son nom à la grande rue , et la maison des Carneaux , située dans la rue connue sous ce nom au XIIIe siècle et appelée aujourd'hui Sainte-Même ".
L'église Sainte-Foy a été convertie en salle de spectacle , en vertu d'une délibération du Conseil municipal du 22 frimaire an III (12 décembre 1 794), sur la proposition du sieur Morin , architecte. L'inauguration de la salle fut faite , en 1 797 , par une société d'amateurs , dite Société des Arts.
de l'acte : Mc Mathieu , prieur de Sainte-Foy , se rend aux plaids de la Tour , tenus par homme discret et sage , M« Rohert de Yenville , prévôt de Chartres , et se plaint de ce que, par Tordre audit prévôt, un grand orme du cimetière a été abattu; il offre de prouver que de temps immémorial les arbres du cimetière ont appartenu aux prieurs, et il appelle en témoignage huit vieillards dignes de foi , parmi lesquels se trouve Henri Gaidon, ancien prévôt. Le prévôt accueille les déclarations de ces gens, qui tous déposent en faveur du prieur. Henri Gaidon déclare, entre autres, qu'étant prévôt de Chartres, il y a environ quarante ans , il fit , en cette Qualité de Prévôt, cueillir, une certaine année , toutes les noix des noyers du cimetière Sainte-Foy , et que , sur la réclamation du prieur, portée au tribunal du châtelain Isambert de Saint- Dié , il fut condamné à restituer immédiatement les noix enlevées. Convaincu par ces témoignages, le prévôt Robert fait rendre l'orme coupé au prieur Mathieu. ( Arch. dép., Titre* de Sainte-Foy.)
1 En 1685, M. Nicole de Bainville, président en l'élection, propriétaire d'une maison donnant dans la ruelle de la Hourdinière , demanda aux échevins l'autorisation de faire boucher celte ruelle , parce qu'elle était occupée chaque nuit par des gens sans aveu qui franchissaient les murs du cimetière des protestants et y commettaient mille horreurs, au grand scandale du quartier. (Reg. des Eclieirins, séances des 10 et 31 juillet 1685.)
• Arch. dép., Agenda du prieur de Sainte-Foy, p. 25.
1' Eglise paroissiale </<? Saint-Hilaire
L'église SaintrIIilaire, détruite pendant la Révolution , occupait la partie de la place de ce nom qui longe l'église Saint- Pierre. Elle dépendait au spirituel et au temporel du couvent de Saint-Père et desservait comme paroisse les habitants du bourg et de toute la partie de la ville-basse soumise à la juridiction des religieux.
On ignore l'époque précise de sa fondation ; il n'eu existait aucun titre lorsque le moine Paul fit , vers la fin du XIe siècle , le recensement des papiers de Saint-Père. La tradition apprenait alors que cette église avait été bâtie pour remplir une condition imposée dans une donation faite au couvent par un chevalier ' .
Le bâtiment de Saint-Hilaire , à l'extérieur et à l'intérieur, n'avait rien de remarquable. C'était une église refaite , sans caractère primitif, et très-basse '. Les chapelles principales étaient dédiées à saint Michel et à Notre-Dame-de-Pitié. En 1533, le chœur fut reconstruit et agrandi aux dépens d'un petit cimetière et de trois places d'étaux à bouchers donnant sur la rue du Puits-du-Crochet (rue de PAne-Rez) \ On plaça dans ce nouveau chœur des verrières dues à l'habile pinceau de Robert Pinaigrier \
1 Voir supra, a. 03. Le même chevalier avait donné au couvent de Saint-Père une terre à Mainvilliers, à la charge d'y bâtir une église dédiée à Saint-Hilaire. (lUtrt. Saint-Père, Agan,, vol. 1", p. 23 et 35.)
* PinUird donne a Saint-Hilaire 29 toises i/2 de long sur 8 toises i/2 de large. ( Ilist. manuscrite de Pin tard , p. 571 ; coll. Lejeune.)
8 En U89, le 20 septembre, messirc Philippe de la Chapelle, abbé de Saint-Père et pmtonotairc du Pape , se portant fort des religieux , abandonna aux paroissiens de Saint-Hilaire , moyennant 5 sous tournois de cens, trots places d'étaux à boucher, assises au chevet de l'église , le long du petit cimetière des enfants , sur la rue du Puits-du-Crochet. Les paroissiens, qui bâtirent le chœur sur ce terrain, en rendaient encore aveu aux religieux de Saint-Père, en 16-49 :«//., trois étaux où est main- » tenant le chœur et le muitre-autel . • (Arch. dép., Titres de Saint-Hilaire.)
4 Ces vitraux décorent aujourd'hui la courbure absidalc dutriforium de Saint-Père.
Le clocher, construit ou reconstruit au bas de l'aile droite vers 1 460 , donna lieu , en 1 492 , à un procès entre les paroissiens et les religieux, relativement à sa jouissance. Après deux ans de luttes , le couvent autorisa la paroisse à se servir de la tour Saint-Hilaire '.
En face de la porte principale de Saint-Hilaire, se trouvait le presbytère , joignant , d'un côté , l'aumônerie de Saint-Père , de l'autre, le portail du couvent, et par derrière, la garenne*. Au commencement du XIIe siècle, les religieux avaient vendu cette maison aux confrères de Saint-Hilaire, prêtres desservant la paroisse , pour y mener la vie en commun sous la direction des curés \
Il y avait derrière le chœur un petit cimetière dit de la Mort, qui subsista jusqu'en 1786, et au bout de la rue du Puits-du-Crochet , près de la rivière et des remparts , un autre cimetière à l'usage de la paroisse. On construisit dans ce dernier endroit , au XVIe siècle, un hospice pour les petits pauvres ou pauvres malades, affecté spécialement aux pestiférés , pendant les contagions qui décimèrent la ville à cette époque. Ce cimetière est enclavé aujourd'hui dans l'enceinte du quartier de cavalerie.
Comme membre de l'abbaye de Saint-Père, Saint-Hilaire était compris au nombre des églises privilégiées soustraites par une bulle de Pascal II, de 1106-1107, à l'obédience du chapitre de Notre-Dame. Cette faveur donna lieu à des réclamations de la part du Chapitre et notamment du sous-doyen , qui prétendait autorité sur les paroisses de la ville. Vers U 24 , une transaction conclue entre les religieux et le sous-doyen ,
1 Arch. dty.; Titres de Saint-Hilaire. Actes de Pidoux, substitut du tabellion du Roi, du 15 mai 1 492 , et de Pigon, tabellion, du 2 mai 1404.
* Arch. itfpart.; Titre* d- Saint-Hilaire. Atvu de 1649, par Saint-Hilaire à Saint-Père.
5 ùirt. Saint-Père, vol. 2, p. 353. On pense que les prêtres de Saint-Hilaire demeurèrent aussi dans la nie appHee des I*rétres . qui vient aboutir au carrefour du pont Saint-Hilaire.
réduisit aux seuls prêtres de Saint-Hilaire le privilège accordé par Pascal II et soumit les paroissiens au Chapitre, pour les cas d'admonestation, d'excommunication et d'absolution \
Vers 1182, l'évêque Pierre de Celles fut l'arbitre d'une contestation survenue entre les religieux de Saint-Père et les prêtres de Saint-Hilaire, au sujet des oblations faites à l'église paroissiale. Les premiers se disaient propriétaires de ces oblations, aux termes d'un privilège à eux octroyé par Jean de Salisbury; les seconds soutenaient le contraire. L'évêque décida que les curés de Saint-Hilaire donneraient chaque année aux moines 12 livres chartraines, en quatre termes, pour leur droit, et que les oblations de toute nature resteraient à la paroisse \
5° Eglise paroissiale de Saint- Marlin-le-Viamlier.
Il ne reste plus le moindre vestige de Saint-Martin-le- Viandier, vitam dantis, riche paroisse, dont la façade occidentale donnait sur la petite place qui porte encore aujourd'hui le nom de cloître Saint-Martin.
On a écrit que cette église se trouvait jadis hors des murs; peut-être fut-elle construite dans l'intérieur à l'époque des guerres avec les anglais , vers la fin du XIVe siècle. En 1 404 , l'évêque Jean de Montaigu fit une dédicace de Saint-Martin-le- Viandier et bénit le cimetière nouvellement donné à la paroisse par le bourgeois Guillaume Barbou. Le 15 septembre 141 2, la dame Jacqueline, veuve de ce bourgeois, fonda dans
« Cart. Saint-Père, vol. 2, p. 259 et 288.
* Cart. Saint-Père, vol. 2, p. 089. On voit par ce titre, mie les curés de Saint- Hilaire étaient tenus Je célébrer l'office divin , a l'autel du Crucifix de l'église du couvent, les jours de Toussaint, Noël et Pâques. Ces jours là , toutes les oblations appartenaient aux curés célébrants. Un autre titre, du 12 avril 1543, lait connaître que les bénédictins de Saint-rère devaient chaque année , le jour de Pâques , aux paroissiens de. Saint-Hilaire , 40 pintes de vin , pour administrer partout où besoin serait; c'était ce que Ion appelai! le vin rte Pâques. (Arch dép., Titres He Saint- Hihurc. I
l'église une chapelle en l'honneur de saint Sauveur \ L'édifice fut agrandi du coté du chœur, en 1540, au moyen d'une donation faite aux marguilliers , par René Mallet et Jehanne Beschebien , sa femme, de 20 pieds de terrain, à prendre sur les dépendances de leur maison dite le perron des trois Rois, rue des Changes \ En 1643 , la chapelle souterraine, qui était de la grandeur du sanctuaire, fut restaurée aux dépens de quelques particuliers et livrée au culte. On ajouta à la façade principale, en 1645, une espèce d'avant-corps ou de galerie en forme de péristyle \ A la môme époque, les chapelles portaient les noms de Saint-Sauveur, Saint-Fiacre, Saint-Biaise, Saint-Roch, Notre-Dame-de-Pitié , Saint-Claude, des Trois- Marie, Saint-Jean, de YEcce homo et Saint-Côme *.
L'église Saint-Martin était, en 1670, dans un état de délabrement tel que l'on fut obligé de la démolir pour éviter sa chute \ On s'occupa de sa reconstruction en 1672 , ainsi que l'indique la mention suivante, tirée du registre des baptêmes et mariages de la paroisse : « Ce jourd'huy, 9e jour de mars 1672, » nostre église de Saint-Martin-le-Viandier de Chartres estant » tombée en ruine de fond en comble et avant besoin d'estre » réédifiée , vénérable et circonspecte personne M* Pierre » Bertault , grand-vicaire de M*' Pévesque de Chartres , cha- » noine et sous-doyen de l'église cathédrale de Nostre-Dame » de Chartres, patron et collateur de la cure de ladite pa- » roisse de Saint-Martin-le-Viandier de Chartres, a béni et
1 Histoire manuscrite Marie Saint-Ursin; Mss. de la BiW. — Arch. dép., Papiers du Chapitre, in vent., folio 95.
» Arch. dép.; Saint-Martin4e-Viandier. Inventaire des titre*. Acte du 24 mars 1516, devant Guichard, notaire. Cette maison devint l'hôtel-de-villc , en 1571.
» In.; Invent, des titres.
* lb.; Invent., folio 200. En 1645, te 3 janvier, célébration de /' office particulier de sainte Geneviève, fondé à perpétuité par la dame Geneviève Courtin. La censive de la famille Courtin, dont j'ai déjà parle, portait sur un assez grand nombre de maisons de la paroisse de Saint-Martin-le-Viandier.
* t Ordonné que, lors de la démolition de l'église Saint- Martin , les meubles, » dorures, etc., seront transport»'1? à la maison de ville. » ( Itey. des Kehevins ; DeïilM«ralion du 20 mai lf.70 )
» mis la première pierre île la réédification de ladite église, au » fondement du premier pilier qui soutient la tour du clocher, » en présence de M* Martin Belet , prestre-curé de ladite » église, de noble homme M* Estienne Guéau, lieutenant » en l'élection de Chartres , de noble homme Me Hubert de » Vaux, advocat en parlement, et de honorable homme Jean » Lambert, marchand drapier en cette ville, gagers et pro- » viseurs de la fabrique de ladite église , et de plusieurs » autres \ »
Cette nouvelle église , qui n'avait de remarquable qu'un grand clocher élevé au côté droit du portail , fut détruite pendant la Révolution.
Saint-Martin-le-Viandicr était bâti dans la censive du chapitre de Notre-Dame, aussi la collation de la cure appartenaitelle au sous-doyen *. En 1765, les revenus de la fabrique se montaient à 1 ,700 livres environ , et les dépenses annuelles à 800 livres5. Au XVIIe siècle, c'était à Saint-Martin que les corporations des pelletiers , des orfèvres , des fourbisseurs et des imprimeurs-libraires fêtaient leurs patrons \
6° Eglise paroissiale de Saint- Michel.
L'église Saint-Michel , très-ancienne paroisse , avec le titre de prieuré-cure, longeait les murailles de la ville, à droite de
' Arch. de la mairie; Septième registre des baptêmes de Saint-Martin-le-Yiandier. La nouvelle église avait 15 toises de long sur 8 de large, dans œuvre. ( Ilisl. de Pintard; mss., p. 573; coll. Lcjeune.)
» Le titre de monastère est donné a Saint-Martin-le-Viandier par une charte de , juin 12i7. (Arch. dèp., Abltaue de l'Eau; Invent, du notaire Fraslon.) Il y avait probablement alors un collège de chanoines dans cette église ; c'est ce ou indiquerait le nom de cloître que porte encore la place Saint-Martin , au milieu de laquelle se trouvait une croix. Au XIIIe siècle, on donnait quelquefois le nom de monastère aux églises collégiales.
» Mémoire dans le procès pendant entre les marguiUiers et les paroissiens . an sujet des quêtes. M* nuchede , avocat; Chartres, 1765.
1 Arch. dép.; Saint-Martin-le-Viandier , Litre des messes et obits.
la porte de son nom. Elle fut détruite à l'époque révolutionnaire 1 .
Nous ne savons rien de sa construction extérieure , sinon qu'elle avait , au XVe siècle, un graud clocher qui servit longtemps de but aux archers du Vidame pour tirer à l'oiseau. Ce clocher menaçant ruine en 1561 , fut abattu et reconstruit immédiatement \
À l'intérieur, on remarquait cinq belles verrières des X\T et XVIIe siècles. La première , dans le bas-côté gauche , presque au-dessus de la porte septentrionale , représentait le martyre de saints personnages auxquels des bourreaux arrachaient les entrailles avec des crochets. Près de la sacristie , dans une chapelle fondée par la puissante famille de Montescot, on voyait sur un vitrail la Naissance de Jésus-Christ et au-dessous les portraits des Montescot, donateurs 3 . Dans l'aile droite , à coté du confessionnal du curé, la première verrière offrait le tableau de la Cène , avec cette inscription : Ceulx qui mont faist mérite Paradis. Diev les y mette. 1547.; la seconde était consacrée à l'épisode de la surprise de Chartres par le comte de Dunois, en 1432; on y voyait la porte Saint-Michel embarrassée par la charrette d'aloses que conduisaient les soldats du Roi déguisés en paysans. L'arbre généalogique de Notre-Seigneur étendait ses rameaux dans une troisième verrière rapprochée du rond-point *.
L'église Saint-Michel avait été comprise dans l'enceinte de la citadelle construite par Henri IV après le siège de 1591 ;
1 II est fait mention de Saint-Michel dans un titre du lw octobre 940. (Cart. Saint-Père, Agan., vol. ieT, p. 2(3.)
» Reg. des Echevins; Séances de décembre 1515 et du 29 avril 1561. Souchet, qui mourut en 1651, dit qu'il vit, dans son enfance, tirer à l'oiseau contre le clocher de Saint-Michel; c'était une tour carrée, hors œuvre, assise à l'extrémité de l'aile droite. L'église avait 16 toises 1/2 de long sur 12 de large, dans œuvre. (Hist. de Pintard ; mss., p. 571 ; coll. Lejeune. )
» 11 y avait dans cette chapelle une plaque de marbre , sur laquelle était gravée l épitaphe du sieur de Montescot, mort en 1626.
* Areh. dép.; Papiers de Saint-Michel et Notes de l'nhbé hrillon.