HOTEL- DE AILLE
On a peu de renseignements sur le premier Parloir aux bourgeois de Chartres. Il était situé dans le cloître Saint-Martinle-Viandier, en face de l'église, et allait regagner par ses jardins les grands oustels du Cygne et de Feuillet \ Au mois de février 1411 , Charles VI voulant témoigner son contentement aux habitants, leur fit donation de l'hôtel du Cygne, qui venait d'être confisqué sur un bourgeois de Chàteaudun nommé Denis Estrivarl ; cette maison , réunie à l' hôtel-de-ville , fut transformée en arsenal ; on pratiqua dans l'intérieur une vaste salle voûtée et l'on y déposa la poudre à canon et les autres munitions de guerre \ Les distributions intérieures et l'ameublement de cet hôtel -de-ville ne sont pas connus; on sait seulement qu'en 1506 la grande chambre du conseil avait une belle cheminée garnie d'une toilette de toile noire, calandrée et semée de fleurs de lis ; les registres des délibérations étaient renfermés dans un coffre fermant à deux clefs \
Avec le temps, le Parloir aux bourgeois se délabra de telle
• L'holel-de-ville , place Saint-Martin-le-Viandier, se trouvait dans la censive du chapitre de Notre-Dame. (Censier du Chapitre, 1105, 1 53 i ; Arch. dép.)
» La voiUe aux poudres fut réparée en 150G et 1539. (Heg. des Echevins; Délibérations des 30 septembre 1500 et 19 novembre 1539.)
3 Rcg. des Echevins; Délibérations des 30 septembre et 6 février 1506. On se plaignait déjà en 1525 du désordre des archives de la Mairie, dont on avait soustrait diverses pièces; en 1595, ce désordre n'ayant pas cessé, on fit un inventaire nouveau et quatre serrures furent posées sur les armoires. (lb.; Délibérations du 17 octobre 1525 et du 21 novembre 1595.1
sorte que les éehevins durent songer à l'abandonner \ Ils achetèrent au mois de mai 1571 le grand hôtel dit le Perron des Trois-Rois, rue des Changes, que l'évoque Bcschehien avait construit en 1414 *, et en tirent la maison-commune. La porte ogivale du Perron des Trois-Rois, qui existe encore aujourd'hui, donnait vis-à-vis l'entrée du château des comtes; les bâtiments intérieurs, ménagés sur les côtés d'une grande cour, touchaient l'abside de l'église Saint-Marlin-le-Viandier. Au XVIe siècle , les greffes et la chambre de ville occupaient les ailes de la cour; on louait au proflt de la commune la maison de la rue qui , depuis sa construction , servait d'hôtellerie sous l'enseigne des Trok-Rois, et dans laquelle descendaient tous les grands personnages de passage à Chartres \
L'administration municiptile demeura au Perron des Trois- Rois jusqu'en 1 792 ; à cette époque elle s'installa à loyer dans l'hôtel de Montescot , rue de la Fromagerie , propriété des hospices, qu'elle ûnit par acquérir en 1824 *.