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HALLES

11 y avait, au Moyen-Age, au milieu du marché des Pierres, actuellement la place des Halles , plusieurs corps de bâtiments dans lesquels les marchands au détail étalaient leurs marchan-

1 Cet hiMel fut vendu au mois d'octobre 1571 à la dame Madeleine Lebeau, veuve Richard. (Arch. de la Mairie; Maison du Cygne.)

* Be-tf. des Eehevins; Délibération du 29 mai 1571. Celle maison coûta à la ville 4,602 livres tournois.

s Baux emphytéotiques- de 1574, 1577 et 1595. (Comptes des Receveurs des deniers communs;" Arch. de la Mairie.) Le Perron des Trois-Rois était situé dans la censive des Courtins, qui appartenait, au XVIIe siècle, à M. Simon , lieutenant-général au bailliage et siège présidial. ( Heg. de* Eehevins; Délibérations des 28 septembre 1609 et 13 mars 1631.)

4 Bail du 6 novembre 1792; Acte de vente du 19 janvier 1824; Archives de b Mairie.

dises sur des dalles de pierre ou des tables de bois. L'un de ces bâtiments était exclusivement consacré à la vente des draps, un autre à la vente des cuirs et un troisième au débit des menues denrées.

Le Comte et l'Evèque étaient seigneurs féodaux , par moitié, des grandes halles, et ils percevaient à ce titre des menues coutumes sur les objets vendus et sur les acheteurs et vendeurs 1 ; mais ils aliénèrent successivement les étaux , à charge d'un cens , au profit de particuliers ou d'établissements religieux qui exploitaient par eux-mêmes, ou faisaient exploiter par d'autres moyennant un surcens. Aux XIVe et XV" siècles , un grand nombre d'étaux des halles appartenaient à l'Hôtel- Dieu et au chapitre de Notre-Dame.

Les bâtiments des halles n'avaient rien de monumental , à en juger par les plans et dessins qui nous restent de la ville au XVIe siècle; la plus grande partie tombant de vétusté, fut démolie en 1584 *. Un siècle plus tard, en 1684, le sieur Jacques Àubert, fermier du domaine du duché de Chartres, proposa au conseil du Duc de faire construire sur la place des halles une boucherie publique, pour concentrer dans cet unique endroit la vente de toutes les denrées et marchandises; il se disait, dans cette requête, le restaurateur du marché et de l'ancienne halle. Les échevins, auxquels la demande fut communiquée , la repoussèrent par des motifs de convenance pour les habitants , et contestèrent au sieur Aubert le titre qu'il se don-

1 On lit dans l'histoire manuscrite de l'huissier Duparr , p. 101 : Soûlait avoir, n'a pas longtemps . en la place dudit marché , trois halles closes et fermées , l'une a ïEvéqut. ', l'autre au duc. de Chartres et l'autre à la ville, esijuelles chacun deux prenait son tribut, comme ils prennent encore de ce qui se rend ès- dites places. Otle phrase, copiée textuellement par Uouillard (l'arlhénie, deuxième partie, p. INti, v,J), a été reproduite., à la forme près, par Doyen (Histoire, de la ville de Chartres, vol. l,r, p. néanmoins, je donle que jamais la commune ait possédé une des halles , car on ne trouve , dans les comptes des Heceveurs des deniers communs et patrimoniaux , aucune mention de cens et rentes ou menues coutumes qui puisse se rapporter à une propriété de cette nature.

s lieg. des Echevins; Délibération de mai 1581. L'Evéque et le duc de Ferrare et de Chartres ayant voulu vendre les matériaux des halles, la ville y mit opposition.

nait, attendu qu'il n'avait fondé aucun bâtiment sur la place des halles , laquelle était vague et à découvert 1 .

Il n'existait pas à Chartres de halle , proprement dite, pour les bouchers ; le commerce de la boucherie se faisait , de temps immémorial , sur des étaux de pierre ou de bois et dans des échoppes hideuses, édifiés en trois endroits de la ville : près du Four-Boël , à la Porte-Neuve du cloître, et dans le Bourg, sous les murs du château. La boucherie du Four-Boël ou Forboyau occupait, depuis le porche du Grand-Four jusqu'au carrefour de la Pelleterie, le centre d'une vaste rue appelée successivement ou même simultanément rue du Cygne , du Forboyau , du Cul-Sallé, de la Boucherie. Elle était située , pour une partie, dans la censive de l'Evêque, et, pour le surplus, dans celle du Chapitre; les étaux de Forboyau, comme ceux des grandes halles, devinrent, à titre de donation ou de vente, et à charge d'un cens envers les seigneurs féodaux, la propriété de particuliers et d'établissements publics. C'était la plus grande boucherie de la ville. Les étaux et les échoppes de la boucherie dite Porte-Neuve, placés au milieu de la rue Porte- Neuve Cheval-Blanc), encombraient tout l'espace compris entre la rue de Beauvoir et les Lices , dans la censive du Chapitre. Ces constructions grossières étaient si incommodément disposées que, vers 1102, les chanoines supplièrent la comtesse Adèle de faire démolir un grand étal de son domaine, qui déversait les eaux pluviales dans leurs greniers et dont le toit saillant fermait l'entrée du cloître aux chariots chargés de matériaux pour la réparation des combles de l'église *. Ce ne fut toutefois qu'au milieu du XVI* siècle (pie des démolitions et alignements bien entendus dégagèrent la porte neuve du cloître et les abords de Loëns \ Des échoppes disposées de

1 Iky. des Echevinn; Déliln'ratioi» ilu novembre 1081.

* ïW-eroloye de Xolre-hame; Mss. do Saint-Ktienne , 1) des kalendes do janvier.

3 l* maison dite des Klaux , qui éïait hatie au milieu de la rue, entre l;i porte Neuve et Lorns, fut di'inolic en 1550, à l'occasion de la venue du Roi à Chartres. >Iie3. des Eehevins; IVlib. ration du 21 octobre 1550. )

chaque côté de la ruelle qui porte encore le nom de rue de la Petite-Boucherie, près l'escalier de la reine Berthe, constituaient la boucherie royale de Bourg. Cette boucherie établie originairement dans la terre du Comte , pour le service du château, devint, par le fait, le lieu d'approvisionnement des habitants de la basse ville ; la plupart des étaux étaient possédés par l'Hôtel-Dieu, Beaulieu et l'Abbaye-de-l'Eau. Les trois boucheries de Chartres subsistèrent jusque vers la fin du siècle dernier \

Au XIVe siècle , le vin des vignobles chartrains se débitait à la petite Buffeterie dou Chastelet et cà la grande Buffeterie ou Etape-au-Yin. On ne sait trop où était située la petite Buffeterie dont le roi accorda amortissement aux aveugles de Saint-Julien en 1336; quant à PEtape-au-Vin , elle conserve encore aujourd'hui son nom, sa place et sa galerie couverte. Des piliers qui soutiennent cette galerie surplombée de maisons informes, un seul rappelle, par l'ornementation de ses plats et de son chapiteau , l'art de la Renaissance. Les étaux de l'Etape-au-Vin devaient un cens au Vidamc , propriétaire de la censive , à cause de son four et de l'ancienne poterne de Foucher, fils de Nivelon.

La Poissonnerie, dont les étaux, les échoppes et la galerie se dressaient dès le XIIe siècle sous les murs du château, n'a pas dû changer de forme depuis cette époque jusqu'à nos jours. On peut admirer sur cette place deux maisons de bois élégamment sculptées , dont l'une portait au XVIe siècle le nom d'hôtel des Barbeaux ou du Saumon , et l'autre , celui d'hôtel du Cœur-Joyeux ou de la Truic-qui-File . L'hôtel-Dieu , le Chapitre et les couvents étaient les principaux propriétaires des étaux de la Poissonnerie, dont ils payaient cens au Comte.

La rue de la Petite-Cordonnerie, voisine de la Poissonnerie,

1 II y eut aussi , au Moyen-Age , près de l'Etape-au-Vin cl dans le cloître Saint- Hilaire, quelques étaux de boucher, accensés par le Vidame et par le couvent de Saint-Pere , propriétaires féodaux de ces détroits.

qui hébergeait les savetiers et les marchands de souliers en cordouan, était décorée du nom de Halle aux Souliers; elle contenait des échoppes et des étaux accensés par le Comte.

Vers la fin du XIIIe siècle , on édifia dans la terre du Comte une halle au pain, donnant, par un pignon, sur la rue des Changes, et faisant saillie, par l'autre pignon, sur la place de la Poissonnerie. Les boulangers vendaient, à couvert, leurs marchandises sur des étaux rangés parallèlement à ceux des poissonniers d'eau douce et d'eau de mer. Au XVe siècle , presque tous les étaux de la halle au pain appartenaient aux lépreux de Beaulieu *; cette halle, fort délabrée en 1523, fut sans doute supprimée vers le milieu du XVIe siècle.

La halle aux merciers , autre établissement d'institution princière, était construite près des lices de rivvèque, en face de la rue des Vasseleurs (aux Lices]. Vers 1 208, le bailli Isambert de Saint-Dié fixa à cinquante livres la somme annuelle que les merciers devaient au Comte pour droit de halle *; Louis XI, dans un de ses accès de ferveur pour Notre-Dame de Chartres, donna au Chapitre, par lettres-patentes du mois de décembre 1480, une rente de trente livres à prendre sur la redevance des merciers \ On ne sait rien de la disposition de la halle, qui n'existait plus depuis longues années en 1786 \

1 D'après un compte des cens et rentes de Beaulieu, de 1 187-1 188, on voit qu'à cette époque , les étaux de ta halle au pain étaient baillés par la Léproserie , à la charge d'un cens , aux sieurs Jehan Metivier, Michel de Champrond , avocat du Boi . Phlippot Gervaise, Jehan le Vasseur, au lieu des Filles-Dieu, Ceraudin Perraux , Benoist Ernault, Jehan du Moulin, Noël Mauvoisin et (lilot Mahon, au lieu de Gilot Savart, de l'abbé de Saint-Vincent-dcs-Bois, de l'abbé de S.ùnt-Cheron et des Dames des Snints-1 Jeux-Forts. (Titres (h-, Ikaitlieu ; Arch. de l'Hôtel-Dicu.) Le prieur de

Beaulieu rendit, en U'd'.), fui et hoi atre du fief de la halle au pain à M, le duc

de Nemours et de Chartres. ( Pièces recueillies par Pintard ; collection Lejeune.)

* Transaction rappelée dans une charte du comte Charles de Valois, datée de Paris, le samedi après la Sainle-Luoc i'M 9. (Titres de SiitU-Jeati , n° 1,107 de l'inventaire; Arch. dép.)

3 Papiers du Cltapitrc; Fondations du XVP siècle, cote D, n° 53; Arch. dép.

* Etat sommaire des cens et rente dûs au Domaine, extrait des anciens cueillerets, par M. Marchand, avocat et garde des archives du duc d'Orléans en son duché de Chartres, 178(5. (Arch. impér., section Domaniale, série Q, carton 205. )

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