DE L'INVASION DES FRANCS A THIBAULT-LE-TRICHEUH
Potentien , Altin et Santin , disciples de saint Savinien , apôtre des Senonais, vinrent au IIIe siècle, suivant ropiuion commune, prêcher la foi dans le pays chartrain \ Il paraît que le zèle des nouveaux chrétiens s'attiédit "bientôt par la crainte des persécuteurs ou par l'absence d'ouvriers évangéliques , car, du temps de saint Martin de Tours, vers la fin du IVe siècle,
1 Cet ouvrage n'ayant pas pour objet spécial l'histoire ecclésiastique de Chartres , j'ai cru devoir donner aux prédications de nos apôtres la date généralement adoptée et m'abstenir de discuter l'authenticité des traditions que Houillard, Pintard, Sablon et autres écrivains locaux ont puisées dans la vieille chronique et les anciens bréviaires de l'église. Suivant ces documents, dont plusieurs leçons existent à la bibliothèque de la ville, les premiers missionnaires arrivés à Chartres peu de temps après la mort du Sauveur , y trouvèrent un autel dressé par les druides à une vierge qui devait enfanter, virgini pariturœ; Prisons, chef chartrain, envova une ambassade à la Sainte Vierge pour la prier d'accepter le titre de dame de Chartres; un certain Quirinus, gouverneur romain, fit jeter dans un puits un grand nombre de chrétiens parmi lesquels se trouvait sa propre fille nommée Modeste (ce puits qui était creusé dans la crypte de Notre-Dame et dont on a vainement cherché la trace en 1819 , portait le nom de Puits des Saints forts); saint Cheron vint prêcher à Chartres vers la fin du Ier siècle; seize évoques précédèrent saint Solemnis, contemporain de Clovis; on remarque parmi eux saint Avenlin, P'r du nom, disciple de saint Potentien, saint Martin-le-Blanc , mort en 215, son successeur, saint Aignan , qui eut trois so'iirs appelées Dondc, Monde et Ermcnondc; Villicus, pontife en *39, qui donna à sainte Geneviève le voile des vierges.
Tout en livrant sans commentaires ces traditions au lecteur , je forai remarquer que l'opinion de l'introduction du christianisme dans les Gaules des le Ier siècle de Père, chrétienne , prend de nos jours une certaine consistance historique motivée sur plusieurs faits et sur de judicieuses observations {voir l'ouvrage de l'abbé Faillnn sur (apostolat de sainte Marie-Madeleine en Provence, 2 vol. in-i°, 1818); que la persécution de Quirinus n'a rien de contraire aux probabilités; et que si l'on peut rejeter comme apocryphe la série suivie desévèques depuis Potentien jusqu'à Solemnis, on doit du moins admettre que , malgré la surveillance des Romains , les catéchumènes chartrains furent de loin en loin gouvernés par des prêtres missionnaires; d'ailleurs après Constant in , ils purent avoir tics évèqnes sans redouter les dominateurs. (Voirie
les environs de Chartres étaient encore peuplés île gentils que les miracles du saint homme convertirent à la nouvelle croyance \ Au V° siècle, à l'arrivée de saint Cheron 1 , il ne restait dans notre cité qu'un petit nombre de fidèles descendus de ceux qu'avaient catéchisés les premiers missionnaires. Véritable apôtre de Chartres, Cheron porta dans tous les cœurs la connaissance du vrai Dieu. Sa mission achevée, il se dirigeait vers Lutèce pour y continuer son pieux ministère , lorsqu'il fut assassiné par des brigands à l'endroit nommé depuis Saint-Cheron-du-Chcmin. C'est à partir de cette époque que l'église de Chartres présente une succession nou interrompue de pontifes. Saint Solemnis, qui vivait sous Clovis (483), peut être regardé , historiquement parlant , comme notre premier évèque.
Enfin l'empire romain va s'écrouler sous le bras des barbares. Des multitudes de peuplades germaines s'élancent sur la Gaule et finissent par s'y maintenir malgré les généraux du Peuple-Roi. Les Francs-Saliens conduits par Clodion s'avancent jusque sur les bords de la Somme; Aètius les refoule d'abord dans les marais du Nord , mais il est forcé lui-même de solliciter leur secours contre les hordes asiatiques d'Attila. Les Lètes des provinces de l'Ouest (Chartres était la résidence du préfet des Lètes Teutons) se réunissent aux légions romaines, et les plaines de la Champagne vengent le monde des insultes du roi des Huns (451). Dès lors la victoire a acclimaté les Germains, qui , sous les ordres de Clovis , enlèvent à Syagrius les villes encore soumises à l'aigle romaine (484-485 ).
» Sulpice Sévère, Dial. 3, ch. 2 ; Lyon 1651.
* Les écrivains ecclésiastiques ne sont pas d'accord sur l'époque de la prédication de saint Cheron. La Gallia christ, (vol. 8, p. 1091 ) et Longueval (Hist. de l'Ef/l. gall., p. 151 ) pensent que ce saint prêcha sous Dioclélien. Les Dollandistes ( t. *6, mai, p. 802) et Maillet (vol. 2, p. 448) ne le placent qu'au V» siècle. Les interpolations remarquées dans les actes de saint Cheron ne permettent pas d'asseoir un jugement hien décisif sur ce point. Henschcn s'exprime ainsi dans le prologue de la vie de notre apôtre : Ma aulem uuœ damus vitat et martyrii sancti Larauni acla , *olo forlassis initio, ad fidem majoris anliqnitutis faciendam . licentius interyofota , liabcmos ex pluribus codietbus mss"hactenus non creusa.
D'après la chronique de saint Dié ' , Clovis fut instruit dans la religion chrétienne par saint Uemy, saint Vaast, et saint Soiemnis, évèquc de Chartres. Aventin, successeur de ce dernier pontife, assista au premier Concile d'Orléans, convoqué par le monarque franc en 511 \
Le partage de l'empire de Clovis entre ses quatre fils assigna pour lot à Clodomir le pays chartrain , le Maine, l'Orléanais, la Touraine, l'Anjou et une partie de la Bourgogne. Après sa mort et le meurtre de ses deux enfants , Hildebert qui s'empara d'Orléans, prit, selon toute apparence, possession de Chartres. Ce prince mourut en 558, laissant à son frère Clother l'héritage des royaumes de Clovis.
Cette époque d'organisation monastique ne nous a transmis sur Chartres que des faits relatifs à la religion. Notre cité recueillit alors la parole de l'hermite Eman , zélé continuateur de l'œuvre de saint Cheron *, et son évôque Ethère fut un des pères du second Concile tenu à Orléans en 533. Saint Lubin, successeur d'Ethèrc, assista en 550 au cinquième Concile de la même ville, et en 555 au second Concile de Paris. Après lui , Calétric, l'ami de Fortunat, vint illustrer la chaire épiscopale. Ce pontife, doué d'une figure noble et belle, unissant aux plus grandes vertus des connaissances variées et des talents agréa-
I Ex vita sancti Deodati. D. Bouquet, vol. 3, p. 381.
» Plusieurs historiens attribuent à Clovis la fondation du monastère de Saint-Père. Cette opinion gratuite , accueillie par Souchct , Doyen , Chevard et D. Bernard Auhi'rt, a été1 combattue par M. Gucrard, au n° 235 des prolégomènes de son édition du Cartulaire de Saint-Père.
3 Widbert , abbé de Saint-Père vers la fin du Xe siècle , a écrit la vie de saint Eman. (Voir Cart. Saint-Père, vol. 1er, f°5i, et Mabillon, Acta sanct. Eman ) On attribue à ce saint la fondation do l'église qui fut depuis dédiée à saint Maurice. Un ancien hymne île son oflicc , propre à Saint-Maurice , contient ce verset :
Emane , conipos œtheris , Majores dare gracias Potes nunc templi famulis Tuo labore conaiti.
II y avait un ermitage à l'endroit où se trouve la chapelle qui porte son nom. Des brigands l'assassinèrent près d'Uliers. ( Notes de /ViW>e* llrillon sur une hist. mss. de l'église Saint-Maurice , par Claude Samrd . ancien juge consul , 17(K>. )
bles, lut , selon son panégyriste , la personnification de cette urbanité romaine qui , malgré la rudesse des mœurs barbares , conservait encore à l'ombre des cloîtres quelques derniers représentants. 11 mourut en 570, après avoir souscrit au Concile de Paris en 577 et à celui de Tours en 568 \
Le roi Clothcr, personnification de la barbarie sauvage, venait aussi d'achever sa carrière (562). Ses quatre fils, Gontran , Chilpéric , Haribert et Sigebert , se partagèrent ses domaines. Chartres, possédé un instant par Haribert, appartint après sa mort au belliqueux Sigel>ert , époux de Brunchault (567). Un seul épisode des guerres de ce vaillant prince a quelque trait à notre histoire.
(574) La concorde entre les monarques Francs n'était pas de longue durée. Des serments violés, des trahisons ourdies armaient sans cesse les frères les uns contre les autres et amenaient ces complications politiques presque toujours tranchées par le fer des assassins. Chilpéric , époux de Frédégondc , le Néron de la Gaule suivant l'expression de Grégoire de Tours, avait, au mépris de la foi jurée, porté le ravage dans le Poitou et la Touraine , possessions de Sigebert. Ce prince irrité alla recruter sur les bords du Rhin des peuplades barbares, franchit la Seine à Melun et atteignit Chilpéric aux confins du pays chartrain , près d'Alluyes. Les armées étaient en présence et les stipendiés de Sigebert demandaient le combat à grands cris , lorsque Chilpéric , saisi de frayeur , offrit à sou frère de lui restituer ses villes eu échange de la paix. Le prince accepta, mais non les Germains de sa suite , qui , furieux de manquer cette occasion de pillage , se jetèrent dans les campagnes voi-
1 Fortunat, évéque de Poitiers, nous a laisse" l'épitaphe de Calétric. (I). Bouquet, vol. 2, p. 492.) Le sarcophage de ce prélat découvert en 1703, lors de la démolition de la chapelle Saint-Serge et Saint-Bacche ou Saint-Nicolas , dont l'emplacement fut réuni à l'évéché.cst conservé dans la salle liasse de la chapelle Saint-Piat. On lit sur la pierre tomhale : Hic requiseil Chalelncus eps . cujus dulris memoria ( pri ) die hohiis oelobris vihtiu transportant in < al (is). M. Doublet de Boit,lhibault a fait , eu 18U, sur ce monument du vi« ^ède , un mémoire honorablement mentionné par l' Académie de- inscriptions et belles-lettres.
sines, brûlèrent les villages du Parisis et emmenèrent les habitants en esclavage malgré les prières et les menaces du Roi.
(575) Le danger passé , la bonne foi do Chilpéric disparut. Les bandes germaines quittaient à peine la terre des Francs , qu'il avait déjà promené la désolation dans le pays de Reims et sur les rives de la Loire. Cette fois la juste colère de Sigebert ne connut plus de bornes; deux de ses leudes, à la tète d'une armée de Dunois et de Tourangeaux, écrasèrent Théodebert , fils de Chilpéric , et lui-môme allait s'emparer de ce lâche ennemi dans les murs de Tournay, lorsqu'il tomba sous le couteau d'un meurtrier soldé par Frédégonde. Quelque temps après , Chilpéric laissait tuer ses deux fils , Clovis et Mérovée , et périssait enfin par la main de l'amant de sa femme (584).
Il semble que les crimes de ce siècle si prodigieusement iKirbarc forcèrent la nature à des démonstrations d'horreur. Le vieux chroniqueur Grégoire de Tours racoutc, avec l'effroi d'une imagination exaltée, les désastres que chaque année ramenait sur la France. A Chartres le sang coula du pain consacré (580) 1 ; des grêles et des inondations terribles détruisirent les récoltes, et l'on vit , à la stupéfaction do tous, les vases des maisons empreints de stigmates étranges que l'on ne pouvait faire disparaître. Le prodige , commencé dans un village du territoire de Chartres , traversa toute la France jusqu'à Bordeaux (587) *.
La mort de Sigebert et de Chilpéric avait donné l'éveil à l'humeur envahissante du roi Contran , le dernier des quatre frères. Le royaume d' Austrasie remis aux maius du jeune Hildebert tentait surtout sa cupidité. Aussi, dès la première nouvelle du trépas de ces princes, les gens d'Orléans et de Blois, peuples de Gontran , tombèrent à l'improviste sur les Dunois, s'emparèrent de leurs troupeaux et brûlèrent ce qu'ils
1 Gréij. Tnr.. liv. 3, ch. 3i, D. Bouquet, vol. 2, j». 252 — Aimonn de yesl Frnnc, il)., vol. 3, p. 83. — VJtron. Saint-lkuis, il» . , vol 3. p. ±27
1 Cré'j. Tnr., liv. «J, cli. 5, L>. liouquet , vol. 2. |>. 335.
ne purent emporter. Les Dunois, a leur tour, unis aux Chartrains leurs voisins et alliés, ne laissèrent pas un brin d'herbe sur les terres d'Orléans. Les Orléanais revenaient à la charge, et ces ravages mutuels allaient se terminer par une bataille rangée, lorsque , cédant à l'intervention de leurs comtes 1 , les adversaires consentirent à garder le repos jusqu'à ce qu'une information solennelle eût prononcé sur les griefs de chacun et stipulé une juste composition (584). Cette paix ne profita guère à Hildebert, car il fut forcé par la convention d'Andlaw (587) d'abondonner à son oncle ses possessions du Vendômois , du Dunois et des pays de Chartres et d'Étampes.
Si ces disputes de villes et de princes agitaient notre pays , les querelles religieuses venaient également troubler son repos. Le roi Sigebert avait , de son autorité privée , créé évèque de Châteaudun un certain prêtre nommé Promotus. A la mort du monarque , Pappolus, évèque de Chartres, se hâta de dénoncer cette usurpation au synode de Paris , qui déposa l'intrus (573). Promotus en appela à Contran dont il se croyait le protégé ; mais Pappolus ayant allégué la décision des évèques et la suprématie constante de Chartres sur Châteaudun, le ttoi , grand défenseur des décrets canoniques , donna gain de cause au pontife chartrain L'évêque Pappolus seconda dès-
1 Grég. Tur., liv. 7, ch. 2, D. Bouquet, vol. 2, p. 29i. — Aimonii de cfest. Franc, ib., vol. 3, p. 93. - Citron. Saint-Denis, il»., vol. 3, p. 239. C'est ici que l'histoire (tarie pour la première fois d'un comte des chartrains. La question de savoir si les évoques de Chartres furent comtes propriétaires de cette vflle avant l'introduction des comtes héréditaires, a occupé presque tous les historiens. Les chroniqueurs de Notre-Dame , l'huissier Duparc , Rouillard et quelques autres prétendent que le comté fut possédé par les évéques jusqu'à l'épiscopat a'Ardouhi (955), qui , comprenant l'incompatibilité des deux offices , se serait démis , en faveur d'un seigneur laïc , du gouvernement de la cité et de la moitié de tous ses droits utiles , hormis de quelques petits châteaux forts. C'est encore une question insoluble. Souchel a soutenu 1 opinion contraire au chapitre 6 de son histoire manuscrite. Certains faits que le lecteur appréciera bientôt , comme les guerres d'Hélie , l'ex|>édition de Burckard contre les Nordmans , et la défense de Chartres par Gancelmc , prouvent la réunion , peut-être passagère , des pouvoirs civils et religieux sur la téte de certains évéques , hommes du roi et comtes dans le sens des capitula ires de Charlemajmc.
' Epi st. sgiutdi parisien, lad Sigib. regem, \). Bouquet, vol. i, 79. — Préface de D. Th. Huinarl , sur l' érection' de Châteaudun eu évéclié , B. Bouquet, vol. 2. p. 85. — Grég. Turon.. liv 7. rh 17, ib., vol. 2. p. 299 II paraît que homotus ne
lors les pieux desseins du Roi , et lorsque Gontran se prit à pleurer ses neveux Mérovée et Clovis, ce fut l'évèque de Chartres qui alla recueillir les restes mutilés de Mérovée et les réunit à ceux de son frère dans la basilique de Saint-Vincent de Paris (591).
Après la mort de Gontran , arrivée le 28 mars 593 , Hildebert se mit en devoir de recueillir son héritage qui comprenait le pays chartrain ; l'invasion de Frédégonde dans le royaume de Neustrie ne lui en laissa pas le temps. La rivalité de cette princesse altière avec Brunehault ne prit pas d'abord notre contrée pour arène , mais les guerres des princes leurs fils y portèrent la désolation. Théoderic , Pun des enfants de Hildebert, reçut en 595, pour sa part du patrimoine royal, Chartres , Orléans, la Bourgogne et PÀlsace. En 598, Frédégonde laissa au jeune Clothcr la mission de soutenir seul la fortune du royaume de Neustrie.
Les débuts de ce prince ne furent pas heureux. Attaqué par Théoderic dans les plaines de Sens (600), il éprouva une défaite complète et ne parvint à se soustraire au glaive de ses ennemis que par une fuite précipitée. Paris ne lui paraissant pas un asile assez sûr , il se dirigea à marches forcées vers les forêts du Perche , poursuivi par Théoderic qui s'arrêta sous les murs de Chartres. Quoique notre cité appartînt aux princes d'Austrasie , on disait que Clother y avait confié ses trésors à la garde du comte; Théoderic, en prenant Chartres, trouvait donc à satisfaire tout à la fois sa vengeance et sa cupidité. L'évéque Bethaire , pour éviter à son troupeau les désastres d'un siège, crut de son devoir d'entamer au nom des Chartrains des négociations avec le Roi. Théoderic promit aux habitants la vie sauve et le respect des propriétés. Mais à peine le trop confiant pontife avait-il fait ouvrir les portes, que les
renonça |vis ;ï son litre d'évèque , rar il souscrivit ci) 5X5 au 2'' concile de Maçon , parmi les pr/'lats sins sii'jie. P.ippolus se trouvait aussi à relie assemblée. (I). Bouquet . vol i, p. 108.)
soldats austrasiens se précipitèrent dans la ville et la mirent au pillage. Bethairc lui-même, arraché du sanctuaire, fut traîné jusqu'au bourg de Villemeux , les bras liés avec la corde d'une fronde et présenté en prisonnier à Théodericet àBrunehault. Le maintien calme et digne du prélat lui sauva la vie : le monarque , admirant sa vertu , le combla de présents et lui rendit la liberté ainsi qu'à ses malheureux compatriotes
Chartres paraît avoir échappé aux tourmentes qui précédèrent la réunion de l'empire entre les mains de Clother II. Pendant le règne de ce prince et de son fils Dagobert , un seul fait historique vient nous révéler son existence (625). Quoique le roi Clother eût , dès l'année 622 , donné la couronne d'Àustrasie à son fils Dagobert , une bonne intelligence était loin de régner entre eux. Réconciliés en apparence par Arnoul , évéque de Metz , leur paix n'était pas si sincère que les mécontents d'un royaume ne fussent assurés de trouver dans l'autre aide et protection. En 625, un certain Godin , fils de Warnachaire, maire du palais de Neustrie, s'était avisé d'épouser, contre les canons , Berthe , veuve de son père. Le courroux de Clother éclata en menaces terribles et Godin jugea prudent de prendre avec son épouse le chemin de l'Austrasie. Les fugitifs furent bien accueillis par Dagobert, qui leur rendit môme le mauvais service de s'entremettre près de Clother en faveur du coupable. Le monarque se fit longtemps prier ; a la fin il accorda le pardon qu'on lui demandait , non sans quelques restrictions mentales. A peine rentré en Neustrie , Godin fut accusé de complot contre la vie du Roi. Il offrit de se purger par serment, à la mode des Francs, dans les principaux lieux saints de l'empire; on accepta, mais à la condition que Chramnuli et Waldebert, fidèles de Clother, veilleraient à sa garde. Godin avait déjà visité les basiliques de Saint-Denis et de
1 Ex vita sancli Uetkani. Llolhnt}., vol. I", uoiïl , p. 108. Duchesin: . t. I*r, p. 5<>1 D. IV)U(]uel , vol 3, p. 1X8
Saint-Médard de Soissons ; ses compagnons de route lui conseillèrent, pour donner plus de force à son serment, de se rendre à Saint-Aignan d'Orléans et à Saint-Martin do Tours, en passant par Chartres. C'était là que la rancune du Roi l'attendait. Arrivé dans une petite métairie du faubourg, Godin allait prendre son repas, lorsque Chramnulf et Waldebert, à la tête d'une troupe de gens apostés , se jetèrent sur lui à l' improviste et l'assassinèrent malgré la résistance de ses serviteurs. Ainsi fut consommé à Chartres le parjure de Clother \
A partir de cette époque , les annales de notre ville se taisent encore pendant un siècle. La visite du prêtre Jossc , frère de Judicaèl , roi des Bretons (636) *, les donations de la reine Balthide, femme de Clovis II , à l'abbaye de Saint-Père (vers 655 ) s , et les démêlés peu connus d'Ebroïn , maire du palais de Clother III , avec l'évêque Gauzbert , défenseur des droits de son église (660) * , sont les seuls faits qui nous restent de ce temps obscur. On sait cependant que les écoles épiscopales de Chartres étaient déjà en honneur ; vers 680, saint Leufroy, abbé de Madrie, vint y puiser la science dont il dota son monastère \ Mais quels écolàtres professaient et quels auteurs étaient étudiés , nous l'ignorons complètement. Il faut , pour retrouver notre histoire endormie avec les rois fainéants, transporter le lecteur à ces jours de renaissance où , plus puissant que son maître , Charles-Martel ouvrit les abords du trône à une nouvelle dynastie.
L'invasion sarrazine qui vint ébranler la France en 732 étendit ses ravages jusqu'aux portes d'Orléans. Les provinces du midi possédées par le comte Eudes d'Aquitaine , arrière-
1 Citron. Fredt'ijarit *cM., D. Itouqnct, vol. 2, p. 434. — Aimami de ijesùs Franc, il»., vol. 3, p. 124. — Chron. Saint-Denis, ib., vol. 3, p. 283.
1 Ex vita sa net t Judoci , inier acta ss. ord. sandi Bened. , sur. 2 , \\ 5Gf», 1). Uouqiu't, vol. 3, p. 520.
3 Cart. Saint-Père , lib. Agant, vol. i-r, ch. 7, p. 30.
• ClK'vai-d. Hist. de Chartres, vol. 1" , p. 27«.
* Baillel. Vie des Saints. 21 juin. — Souche! , ch. f» , \< 1.">7
petit-fils île Clother, durent leur salut à l'épée de Charles Martel ; mais eet illustre guerrier fit payer sa protection en imposant sa suzeraineté aux princes Àtton et Hunald, fils du comte d'Aquitaine. Lorsqu'il eut terminé sa carrière à Kersisur-Oise le 22 octobre 741 , Hunald , fatigué d'obéir au maire du palais de Thierry IV, se mit en révolte ouverte contre Pépin et Carloman , héritiers de Charles (742). Après quelques revers , il profita des embarras suscités à ses deux ennemis par Odilon, duc de Bavière, pour se jeter sur Chartres qu'il brûla, sans épargner, disent les annales de Metz, l'église épiscopale consacrée à la Mère de Dieu !. Deux ans après (745), attaqué dans ses propres Etats par Pépin et Carloman , il fut forcé de consentir à la vassalité qui répugnait tant à son orgueil.
En 752 , le maire du palais de Childéric III , Pépin , pour en finir avec la race Mérovingienne , réunit , du consentement du pape Zacharie, la couronne de Clovis à la mairie de Charles- Martel. Le nouveau monarque n'oublia pas ce qu'il devait à l'église ; des fondations pieuses firent éclater sa reconnaissance dans toutes les parties de l'empire et commencèrent cette série de donations immenses qui , pendant cinq siècles , firent surgir du sol français tant de basiliques et de monastères. Les libéralités des princes avaient déjà doté l'église de Sainte-Marie de Chartres d'une partie de la forêt Equalina * : au mois de septembre 768, Pépin confirme les chartes de cette donation et dispose du reste du domaine en faveur de Saint-Denis. En 771 , Cajrloman ajoute à ce don les métairies de Faverolles dans le Pagus de Madrie et de Néron dans le Pagus chartrain ; par son diplôme du mois de décembre 794 , Charlemagne consacre d'une manière plus authentique les donations de son frère. Mais ce ne sont pas là les seuls actes
1 Annales met., D. Rouquet, vol. 2, p. (>87.
* Diplom. Pippini reyis, D.BoiiqucI, vol. 5, p. 707. — Douillet, Hist. de Suint- Denis , p 6M. La forint rte Rambouillet est un fragment (le la lorét Equaline ou Yveline.
du grand Empereur : ouvrons ses capitulai res et suivons la informe dans les murs de Chartres.
Fardulphe, abbé de Saint-Denis, et Etienne, comte de Paris , furent envoyés en 802 dans le Pagus chartrain en qualité de tnissi dominici \ On sait que ces commissaires royaux îivaient mission de régler les affaires tant civiles qu'ecclésiastiques, de prêter aide et secours aux Comtes et aux Evêques lorsque leur autorité rencontrait des obstacles et de les admonester sévèrement quand ils remplissaient mal leurs fonctions. Les visites des missi dominici devaient être fréquentes dans une cité forte et populeuse , illustre par sa basilique de Notre- Dame , sanctuaire révéré de toute la France , riche de monastères puissants, et célèbre par ses écoles \ Aussi retrouvonsnous encore , en 853 , ces officiers représentés en Beauce , in Belsiso, par l'évêque Burckard.
Les événements funestes qui survinrent à Chartres pendant la première moitié du IXe siècle ne démontrèrent que trop la sagesse des institutions de Charlemagne. Après la mort de ce monarque (814) et les longs débats de Louis-le-Débonnaire avec ses enfants ( 840 ) ' , notre ville avait vu le roi Lother se disposer dans son enceinte à attaquer Charles-le-Chauve. A peine échappée à la turbulence des camps , elle était tombée sous la tyrannie de son évoque Hélie, esprit violent, plus fait pour le glaive que pour la crosse (840-846). Les monastères étaieut surtout le point de mire des rapines de ce fougueux prélat. Ecoutons à ce sujet les lamentations du moine Paul , de Saint-Père, écho ûdèle des anciens du couvent : « Cet Hélie, fort de la protection royale qu'il avait achetée à beaux deniers comptants, ne craignit pas de se jeter en loup ravisseur sur
1 Capitul. CanAi magni , anno 802 , D. Bouquet , vol. 5 , p. GG1 .
' Urbs , . . . populosa admodum alque opulenlissitna inter Neustriœ urbes, murorum magnitudinc, edificiorum quuque pulcritudine , velartium tiberalium sludiis, habebatur famonissimn. (Cari. Saint-Père, tit. Agan., vol. ch. 2, p. i.)
* L'Empereur, se rendant à Mois , en 83 i, traversa Chartres avec toute son arnieV. (Annales Dertin. de geslis Ludnr. pii imp. , D. bouquet , vol. ('• , p. 11)0.)
l'abbaye de Saint-Père dont il s'empara les armes à la main , non sans avoir rougi de sang innocent le seuil de l'église. Les moines dispersés se réfugièrent pour la plupart dans le monastère de Saint-Germain d'Auxerre , tandis que le pontife , pillant les ornements et les vases sacrés et s'emparant des domaines aumônés par de pieux personnages , enrichissait ses créatures et nourrissait mesquinement le peu de religieux restés dans le cloître. Bientôt ce lieu célèbre , jadis décoré de titres royaux , maintenant destitué de sa splendeur antique et de ses offices accoutumés, fut méprisé par le peuple. Hélie ne s'en tint pas là : un moutier de saintes nonnes s'élevait sur la montagne de Lèves, l'évêque, enflammé de la rage du diable, le détruisit jusqu'au sol.... \ »
Vers la môme époque , un de ces coups de fortune si fréquents alors se jouait à Chartres. Les trois fils survivants de Louis-le-Débonnaire , Lother, Louis et Charles-le-Chauvc , avaient disposé de l'empire (840) sans s'inquiéter des droits de leurs neveux, Pépin et Charles, enfants de leur frère Pépin , mort en 838. Pépin , l'aîné de ces priuces , parvint à se maintenir quelques années dans l'Aquitaine; mais, chassé par ses sujets en 848 et attaqué par son oncle Charles-le-Chauve , il fut contraint de solliciter le secours des Sarrazins d'Espagne. Charles , son frère , auquel Lother avait donné asile , ne pouvait rester indifférent à cette lutte; il rassembla en secret quelques gens dévoués et essaya avec eux de rejoindre Pépin (jui errait dans l'Aquitaine. La fortune ne favorisa pas son entreprise. Rencontré et fait prisonnier en mars 849 , par le comte Vivien, l'un des Lcudes de Charles-le-Chauve, il fut amené à Chartres en la présence de ce monarque *. Son
1 Cart. Saint-Père , titul. Agan., vol. 1er, ch. 7, |>. 0. On pense qu'Hélic, chargé «le protéger la Beaucc contre les Nordmans qui commençaient à se montrer , employait l'argent des églises à solder ses hommes d'armes.
* Le roi Charles-le-Chauve se trouvait déjà à Chartres dans le mois de février de la ntfmc année; on a de lui deux actes de confirmation daté* de celte ville le 17 des Kal. de février, indic. 10 , Pan 2 de son rèpne. (D. Houqnet , vol. 8 , p. if 7 )
crime , disent les annales de saint Bertin , ne méritait rien moins que la mort, car il avait levé les armes contre son oncle et son père par le baptême; ce n'était pas le châtiment que lui réservait la clémence royale. Au mois de juin , le Roi convoque à Chartres un plaids général, le coupable y comparaît, et, après les solennités de la messe , il déclare aux assistants , du haut du Jubé de Notre-Dame, que, de sa propre et libre volonté , et pour l'amour de Dieu , il veut être clerc. On prend acte de sa réquisition , les évêques présents le bénissent , le tondent, et Charles-le-Chauve l'envoie revêtir l'habit religieux dans le monastère de Corbie. C'était ainsi qu'on se débarrassait dans ce siècle d'un compétiteur dangereux \
Des ennemis bien autrement terribles menaçaient en ce moment le roi Charles et le pays chartrain : c'étaient les Danois ou Nordmans. Depuis dix ans, ces aventuriers essayaient leur audace en ravageant les villes de la Seine et de la Loire : Nantes, Angers, Tours, Orléans, Paris, avaient reçu tourà-tour la visite de leurs barques; en 854, la Beauce n'avait échappé à leurs déprédations que grâce aux mesures de prévoyance de l'évêque Burckard, missus dominions*, et d'Aguis, évêque d'Orléans. Mais, en 855, les pirates Sidroc et Biern remontèrent la Seine avec une flotte puissante, envahirent les hautes terres et portèrent la terreur jusque dans la forêt du Perche, où le monastère de Corbion tomba sous leurs coups Ce fut là que Charles-le-Chauve les atteignit et en fit
» Exchron. Foutancll., D. Bouquet, vol. 7, p. 42. — Annales Fultl., ib., vol. 7, p 166. — Annales Berlin., ib., vol. 7, p. 66.
' Le roi Charles nomma ce Burckard évêque de Chartres contre l'assentiment général; il fut obligé de se démettre de l'épiscopat en 855, pour cause d'incapacité. (Ex lib. révélât. Andradi modici , D. Bouquet, vol. 7, p. zlM. Capitul. Curait calvi ,
ri. suession. , D. Bouquet, vol. 7, p. 607.) La manière dont il remplit sou àemitsus dominicus semble démentir cette accusation. {\o\r Annales de saint Berlin . recueil Guizot , t. 3 , p. 156.)
5 L'abbaye de Corbion ( Moutiers-au-Perche , Orne ) fondée par saint Lomer , vu 563 , dit un diplôme de Rotrou 4 , cité par l'abbé Fret dans ses Chroniques percheronnes, vol. 1er, p. 160, fut plusieurs fois dévastée par les Nordmans avant latrans- Ution du corps de son fondateur , on 87 i. Une ch.irle de Charles-le-Chauve , de 861 .
un grand carnage ; mais ce revers ne les découragea pas. En 858, les barbares payens, conduits par Hasting, parviennent jusque Chartres après avoir tout dévasté sur leur passage; cette cité , fortifiée par des murailles si épaisses qu'on la nommait la ville des pierres, pourvue d'aqueducs et de voies souterraines favorables à la défense épuisée par de longues souffrances et veuve de l'élite de ses citoyens, est surprise une certaine nuit et emportée par les Nordmans. Le peuple, le clergé , l'évêque Frotbold , se réfugient en vain dans l'église de la Vierge; ils sont égorgés comme de vils troupeaux, et la ville , déserte et sanglante , est renversée jusqu'au sol par le fer et l'incendie *.
accorde à l'abbé Frodoin et à ses moines lu confirmation de leurs biens , pour tenir lieu des litres que les dévastations leur avaient fait perdre. (Dipl. Caroli calvi, D. Bouquet, vol. 8, p. 564.)
1 Voir sur les aqueducs qui conduisaient à Chartres les eaux de Ver et de Morancez et sur les souterrains dont on reconnaît des traces près d'Amilly , de Fontaine-la- Guyon et de Saint-Aubin-des-Bois , une notice de M. Bouvet-Joufdan insérée dans le vol. 5 des Mémoires de la Société des antiquaires de France et l'histoire de Chevard, vol. i*f , f» 289.
« Le moine Paul raconte avec une énergie qui touche .presque à l'éloquence les affreux ravages des Nordmans .... De transmarinis partibus , cum rostratis navibtts , gens pagatia ebulliens .... loca sanctorum depopulans , voracibus tradebat (lammis .... Cujus rabies in tantum efferbuit ut per sequanam fluvium remigio ascenderet , omnia circumguaque loca depopulans , ad urbem carnolensem tandem perveniens, anelanti pectore cupiebat evertere , et omnia quœ in circuilu urbis altingere potuit . vastendo inltabilobilem reddidit. Cum yero urbs .... per mitlta annorum curricuta , tantis afRceretur angustiis , occisis tandem civibus, opibus sublatis atquc tota viribus fractis , ex tmproviso etiam quddam nocte capitur. Christiani omnes diversis mortibus velut pecudes laniantur. Urbs qiwque . . . . ( erat ex quadratis et immanissimis lapidibus constructa altis que turribvs munita, ac iccirco urbs lapidum vocitata , aquœductibus jucunda , viis subterraneis lœtabunda , . . . ) Deo permitlente , solo tenus evertitnr et ignibus conercmatur. ( Cart. Saint-Père, titul. Agan., vol. 1er, ch. 3 et 4 , p. 5.) Et ailleurs : noctu denique, arcumduta urbe et civibus ex improvisa obsessis , barbari per mœnia ab hostibus persepe diruta ac per portas irruentes , obviantes sibi , sine differentia , ferro necaverunt , atque , tntra matrem ivcclesiam . non modicam plebem , cum suo episcopo nomine Froaboldo, canonicis que œcclesiœ et monachis qui ad eandem œcclesiam confugerant , cruentis gladiis , velut oves mactaverunt , urbeque depopulata atque sucetnsa .... etc. (th., lib. Agan., vol. tcr, ch. 8, p. 45.) Les nécrologes de Notre-Dame placent le massacre des Chartrains au 2 des ides de Juin 858 , indiction 6, et donnent les noms des clercs qui périrent avec Frotbold. (Nécr. % 37, J 39 et de saint Etienne. Mss. de la Bibl.) Les annales de saint Bertin disent que Frotbold périt dans l'Eure, qu'il voulut passer à la nage jiour fuir les Nordmans, en 857. f Ann. Sert., D. Bouquet , vol. 7. p. 73.) Le moine Paul ajoute que les Francs tombèrent sur les pintes avant qu'ils eussent regagné leurs barques et en
Le roi Charles, assailli par les pirates jusque dans le cœur de ses états, affaibli par la guerre incessante que lui faisait Salomon , duc des Bretons, remit alors (861) à Robert-le-Fort, comte d'Anjou , la garde du duché d'entre Loire et Seine, dans lequel le pays chartrain se trouvait compris. La vigilance de ce guerrier sauva Chartres d'un nouveau péril. En 865 , les Nordmans de la Seine, revenant à la charge, atteignaient presque les remparts de notre cité renaissante, lorsque, attaqués par les gardiens du fleuve , ils furent obligés de regagner précipitamment leurs navires en laissant sur la place des morts et des blessés \ L'année suivante (866) , Robert fut tué et remplacé dans le gouvernement des affaires de la Ncustrie , par Hugues, abbé de Saint-Martin de Tours.
Comme la guerre de Bretagne durait toujours, le roi Charles convoqua son plaids général à Chartres pour les kalendes d'août 867 \ Cette démonstration émut le duc Salomon, qui dépêcha au Roi des députés et parvint à faire ajourner au 8 des kalendes de septembre la convocation des troupes de Charles, déjà prêtes à marcher vers Chartres \ Après de nombreuses entrevues, la diplomatie du duc des Bretons triompha dans la conférence de Compiègne : le Roi , désireux de repos, reconnut à Salomon la souveraineté du Cotentin et le titre de roi de PArmorique.
Pendant les années suivantes, les démêlés de Charles-le- Chauve avec son frère Lother , son fils Carloman et le pape Adrien , laissèrent à la merci des pirates les provinces de la Neustrie. Ils vinrent encore dans le Perche, en 874, et effrayèrent tellement cette fois les moines de Corbion , qu'ils
firent un grand carnage. Puis , pour donner , dit-il , une idée du caractère fourbe d'Hasting , il rappelle la ruse à l'aide de laquelle ce chef s'empara de la ville de Lima en Italie. Chevaru a cru que celte histoire renouvelée du cheval deTroyes s'appliquait au siège de Chartres. (Histoire de Chartres , vol. 1er, p. 301.)
1 Annal. Bertin., D. Bouquet, vol. 7 , p. 91.
» Ib., vol. 7, p. 96.
5 lb., loco cit.