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PRIVILÈGES DE L'ÉVÈQUE ; CÉRÉMONIE DE SON ENTRÉE

§ i«. - TEMPOREL DE L'ÉVÉQlï.

Nous avons souvent mis en relief, dans le cours de cet ouvrage, la puissance temporelle de révoque de Chartres; un de nos appendices a donné la nomenclature des coutumes qu'il percevait dans la ville: un autre a fait connaître les lieux soumis à sa justice; notre chapitre de la Monnaie chartraine a traité de son droit de monnayage; si nous ajoutons qu'un grand nombre de fiefs du pays, et, entre autres, les cinq baronnies du Petit- Perche, Alluyes, Brou, Montmirail, Authon et La Bazoche, formaient la mouvance de l'évêché, le lecteur comprendra que, sauf la suzeraineté, la seigneurie épiscopale n'avait rien à envier à la seigneurie du Comte. Pour compléter autant que possible ce que nous avons déjà dit à ce sujet, nous allons entrer dans quelques détails sur certains revenus de l'évêché, sur la justice épiscopale et sur diverses coutumes pratiquées dans le palais du prélat.

Revenus. — On Ht le passage suivant dans le Livre noir, cartulaire manuscrit de l'évêché de Chartres, appartenant à la Bibliothèque impériale (commencement du XIVe siècle) 1 :

Clauxum rinearum ( le clos l'Evéque), XXVI arpenta, valenlia XL lib.

Magna prata (les Grands-Prés ou prés l'Evéque), inter rillam et Josaphat A7, lib.

Prata Reculeti (le* Petits-Prés ou prés de Reculcl), ad siccandum lelas . VIII lib.

Piscatorie, a Magno ponte (le pont Bouju), usque ad molendinum de Brètigny, cnm sabulo tôt i us riparie XV lib.

Piscatoria Fonteneti que precaria Capituli est L lib.

Sigillum et entende curie , dira Vlib.

Teloneum , cirra VIxtlib.

Bannagiutn, circa IIIlx%lib.

In ecclesia sancte Marie, duas partes cere et oblationum, site capsa.

Hommes de Luceio (Lucé) debent C saccos carbonii ad faciendum igntm in aula episcopi , in vigilia natalis Domini.

A ces revenus, il faut ajouter, comme nous l'avons dit ailleurs, la moitié des menues coutumes, une censive des plus étendues, la taille sur les hommes de corps et le droit de monnayage. La tour du Vidante, la tour Nivelon. les portes Guillaume et aux Cornus, la maison du Four-Boël, étaient du fief de l'Evéque; les tours Malet et Michel-le-Breton dépendaient de sa censive. Nous ne parlons pas de la censive, des fiefs et des mairies que le Prélat possédait dans la campagne et qui produisaient au XIV* siècle une somme déjà considérable». Les revenus diminuèrent, par suite de

« Cartul. 43 , fo 47, \o et suivants.

1 Les principaux fiefs ruraux de la Bcauce étaient Meslay, Fresnay-l'Evèque , Bail- Ieau-l'Evè<|ue , Bcrchèrcs-l'Evéque, Pontgouin, qui se subdivisaient en un prand nombre de mairies , de prévôtés , de sergenteries.

l'érection de l'évèché de lilois, en 1697; ce|>endant, au siècle dernier, l'évèché de Chartres était taxé en cour de Rome, pour les bulles, a 4,000 florins, sur un revenu rie 20,000

A diverses époques, les évéqucs obtinrent des papes la permission rie percevoir, sur les bénélicicrs du diocèse, certaines taxes connues sous le nom de dons caritatifs. On cite, entre autres, les rions caritatifc autorisés par CélesUn V, en mai 1293, et par Clément VI, en \m.

Justice épiscopale. — L'Evéque, rie même que le Chapitre, avait une justice indépendante de celle du Comte et dont les appels étaient portés directement devant un juge royal. Longtemps le prévôt royal de Verneuil connut des causes de la justice épiscopale. En 1335, Philippe de Valois décida que ces causes ressortiraient dorénavant à la prévoté royale de Janville, attendu que Verneuil appartenait à son frère Charles, comte d'Alençon ». Quelques années après , la connaissance des appels des sentences du juge épiscopal fut attribuée au prévôt de Paris au siège de Poissy et enfln au Parlement.

L'Evéque avait pour officiers de justice un juge ordinairement licencié ès-lois , portant le titre de Chambrter et garde de la juridiction temporelle de l'évèché, un procureur fiscal, un greffier, des sergents et des tabellions ou notaires ecclésiastiques. Des fourches patibulaires, pour l'exécution des coupables condamnés à mort parce tribunal, étaient dressées près du Four-l'Evêque (emplacement du grand séminaire); les expositions des voleurs, parjures, faux-témoins et autres, se faisaient sur des échelles placées, par la permission du Chapitre, dans l'intérieur du cloître, et adossées a la maison du portier de l'evêché et à la chapelle Saint-Nicolas 3.

Les notaires de l'Evéque formaient une communauté qui avait encore au XVI* siècle certains privilèges et usages bizarres. Chaque année, au mois de mai, le jour de Saint-Sicolas , leur patron, ces notaires faisaient dire une messe à la chapelle épiscopale, puis ils allaient dîner chez le bâtonnier qui recevait, après le repas, leurs femmes et leurs filles. Le lendemain, la compagnie entendait une seconde messe, déjeunait chez le bâtonnier, se rendait à l'abbaye de l'Eau pour y prendre de la crème ou autre réfection et revenait souper chez le bâtonnier. Le Roi, en confirmant cet usage, par lettres de février 1500. permit, de plus, aux notaires épiscopaux de jouer, le dimanche d'après leur féte, dans la grande salle de l'évéché, des moralités et autres joyeusetés , pour l'instruction du peuple, et de porter dans les cérémonies un étendard chargé du blason royal , de celui de l'Evéque et de l'image de Saint-Nicolas *.

§ 2. — SPIRITUEL DE l'ÉVÊQUB.

L'autorité spirituelle de l'évôque rie Chartres, qui s'exerçait naturellement sur les 963 paroisses et les 28 abbayes rie son diocèse, fut méconnue

' Recueil historique des archevêchés, èvêehés et abbayes de France , par D. Beaumier, bénédictin. 1726. On sait que le florin de taxe étail évalué à cinq livres cinq sous de la monnaie française.

» Ordonnances des Rois de France, vol. 12, p. 29.

» Livre noir de l'évèché, f° 29.

* Ordonnance* des Rois de France , vol. 21 , p. 271.

pendant bien des siècles par le Chapitre, auquel le pape Alexandre III avait accordé le droit d'immédiation au Saint-Siège. La lutte eut des chances diverses pour l'attaque et pour la défense, toutefois la cause de l'E\ êque Unit par triompher. Nous continuerons à donner dans notre récit les principaux épisodes de ce long débat qui, commencé en 1319, sous

l'arrêt du Conseil d Etat du 10 août 1700. On sait qu'une des plus mémorables victoires de l'Evêque sur le Chapitre, pendant cette période, fut l'arrêt du Parlement du l i août 1173, qui condamna les chanoines à ployer les genoux en recevant la bénédiction du Prélat *. Le tribunal épiscopal, au spirituel, se composait d'un oflicial, d'un vice-gérant, d'un promoteur et d'un grenier.

L'Evêque avait la collation des 72 prébendes entières et des A demi-prébendes de l'église de Chartres, de 20 ofllces subalternes dans cette église, des doyennés de Blois, de Châteaudun et de Saint-André de Chartres, des 10 prébendes entières et des 2 demi-prébendes de cette dernière église, des 5 prébendes entières, des i demi-prébendes et de la Chefcerie de Saint-Maurice, des 7 prébendes de Saint-Aignan et de 23 églises ou chapelles du diocèse; il exerçait le droit de procure sur 22 églises, prieurés, chapitres et abbayes du grand-archidiaconé, 27 de l'archidiaconé de Dunois, 27 de l'archidiaconé de Pincerais, 15 de l'archidiaconé de Dreux. 15 de l'archidiaconé de Blois, et 11 de l'archidiaconé de Vendôme; il avait le même droit sur le prieuré de Saint-Martin-des-Champs et sur le chapitre de Paris ».

Parmi les charges spirituelles qui incombaient à l'Evêque. on remarque les sermons qu'il était obligé de prononcer chaque année à Chartres. Voici la désignation qui en est donnée par le Livre noir de l'évêché :

Die Synodi.

Die Adventus.

Dominica ante Nativiiatem Domint.

Dominica Septuagesime .

Die mercurii Cinerum.

Dominica Brandonum.

Dominica medie Qnadragesime.

In ramis palmantm, ad -j-.

Die Joris, in Cena, très sermones.

In rrastino Pasche, apud Hélium Ijocum,

Episeopus débet primum ad pénitentes.

Decanus débet sermonem in rena . episcopo mm présente.

Cancellarius unitm die Parascrue ».

« Livre noir de l'evèché, f» 5.

* Au siècle, le chapitre de Paris donnait à révèque de Chartres, pour son droit de procure, cent pains, deux muids de vin, cinq pourceaux en hiver ou dix béliers en été, vingt-quatre poules et un muid d'avoine à la mesure de Paris. ffb., f» 35.)

a lb., I» 36.

Robert de Joigny, prit lin sous

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§ J. - CÉRÉMONIE DE LA PREMIÈRE ENTRÉE DE L'ÉVÊQl E , DAXS SA VILLE

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