CHŒUR
Guerre ! aux armes, prolétaires !
Levons-nous par bataillons !
Peuple franc, tu régénères Tes droits sous le feu des canons, Haine au roi ! honte aux esclaves ! frères, Gloire et liberté!... Marchons.
Dans les premiers jours de mars, la Bourse de Paris
traite peu d'affaires ; le 3 0/0, qui finissait le 23 février à 73 fr. 50, est coté 58 fr. ; le 5 0/0, de 116 fr. 15, descend à 89 fr.
Les commissaires du Gouvernement nomment conseillers de préfecture : MM. Robinet, Prévoteau aine et Sellèque.
Le 9 mars, paraît le décret pour l'élection des représentants du peuple ; le nombre est fixé à 900 ; l'élection a pour .base la population ; le suffrage sera direct et universel; le scrutin sera secret. Les électeurs voteront au chef-lieu de canton, par scrutin de liste. Chaque représentant recevra une indemnité de 25 fr. par jour, pendant la durée de la session.
Une réunion a lieu pour la formation d'un comité électoral central; M. Damars, architecte, préside le bureau provisoire. M. Yogeli, médecin-vétérinaire demande que l'on vote pour chaque nom séparément. Les membres élus du bureau sont: MM. Devaureix, avoué, Bonnet, cultivateur et maire de Soulaires, Sellèque, gérant du Glaneur, Hugues ouvrier fondeur, Damars, lieutenant-colonel de la garde nationale, Fromont père, directeur d'usine, Delacroix pharmacien, Petit d'Ormoy, ancien élève de l'Ecole Polytechnique.
Le lendemain, aura lieu un scrutin pour la nomination de vingt et un membres du comité central. Une liste est affichée, patronnée par MM. Marescal et Barthélémy.
Sont élus : MM. Delacroix pharmacien, 1,207; Devaureix avoué, 1,205; Sellèque, 1,170; Damars, 1,104; Bonnet de Soulaires, 1,030; Durand Félix, 1,014; Fromont père, 822; Isambert-Lamare ancien farinier, 799; Hugues ouvrier fondeur, 786 ; Petit d'Ormoy, 767 ; Bureau avocat, 742 ; Noël père ancien maître de poste, 733 ; Anctin chef de bataillon de la garde nationale, 725 ; Cousandier capitaine de la garde nationale, 702; Lelong médecin, 700; Remond propriétaire, 580 ; Prévoteau aîné ancien notaire, 549 ; Boulard directeur
de l'école primaire supérieure, 535; Gorteau Hippolyte négociant, 510 ; Bonnard notaire, 492.
Le Club Chartrain se forme. Son but est d'étudier l'importante question de l'organisation du travail; les séances auront lieu à la salle Point, rue du Soleil-d'or, trois fois dans la semaine et les dimanches.
Le 19 mars, a lieu l'installation du Conseil provisoire. Il est composé comme suit :
MM. Lefebvre, maire ; Devaureix et Durand Félix adjoints ; Anctin, de Boisvillette, Brault, Bonnard, Coquard, Chevallier, Damars, Delacroix, Foreau Jules, Guérinot,Legendre, Lelong, Leprince, Magne, Mauzaize, Ouellard, Noël père, Parfait, Petit d'Ormoy, Remond, Thomas.
Absents : MM. Delavoipière, Fromont père, Hugues et Jan Dhauteterre.
Une proclamation est faite par le comité central républicain. Il y a sept représentants à nommer.
« Sachons donner à notre pays des représentants qui lui seront dévoués. La génération actuelle préparera l'avenir; que celle qui suivra recueille le fruit de nos travaux.
» Un but pour tous, la patrie ! une même cause, celle de » l'humanité.
» Damars président ; Sellèque vice-président ; Devaureix, Bureau secrétaires ; Delacroix trésorier, etc. »
Le comité central fixera le jour où les candidats seront entendus, en présence des citoyens délégués de tous les comités du département.
Proclamation de la République, le 19 mars 1848.
Salve de trente coups de canon la veille ; autant le matin. A midi, service solennel funèbre pour les victimes, dans la Cathédrale ; plusieurs chants religieux ont été exécutés par les élèves de l'Ecole normale et de l'Ecole mutuelle, sous la direction de M. Chabriel ; les musiques de la garde nationale et des cuirassiers ont fait retentir les voûtes de l'édifice d'airs patriotiques.
A deux heures, revue. Il y a deux mois, le nombre des gardes nationaux était de 200; aujourd'hui, il dépasse 1,000.
Puis discours de MM. Barthélémy, Marescal, du général commandant, de M. Lefebvre maire provisoire. Cris répétés de : Vive la Liberté ! Vive la République !
Le soir, illuminations spontanées.
Les sociétaires du Cercle chartrain ont invité à une soirée les officiers de la garnison.
Dans la séance du 20 mars, du Club chartrain, le citoyen Hugues donne lecture de la correspondance. Le citoyen Vogeli met à Tordre du jour la question relative à l'alliance nécessaire de la production et de la consommation ; rassemblée se retire, avec calme, après le chant patriotique, Alerte, par le citoyen Jules Foreau.
Jules Gouache, notre concitoyen, nommé commissaire général pour le département, arrive à Chartres.
Le 23 mars, le général Subervic quitte le ministère ; il est nommé Grand chancelier de la légion d'honneur.
Dans une réunion de la Société Républicaine de Chartres, présidée par le citoyen Jules Foreau, Noël Parfait lit la déclaration des droits de l'homme et du citoyen ; son discours sur les élections du 9 avril est très applaudi ; parlent ensuite Vogeli, Guillaume, ouvrier menuisier.
Tne trentaine de candidats sont connus ; voici quelques extraits de leurs professions de foi.
M. Maunoury, avocat, termine ainsi : « Je consacrerai ma vie au salut de la patrie ; je consacrerai mes travaux à l'organisation du travail, sur des bases qui assurent au citoyen le bien-être, en échange des sueurs de sa jeunesse, une retraite honorable pour sa vieillesse ». La profession de foi était datée du 19 mars, de Nantes, où M. Maunoury était commissaire général pour le département de la Loire-Inférieure.
M. le Marquis de Pontoi : « Aux dernières élections, j'ai combattu de tous mes efforts un gouvernement qui avilissait notre belle patrie. Appuyer la République, et avec elle l'ordre et la liberté, sur des bases désormais inviolables ; assurer du travail à tous,... voilà mes premiers désirs.
» Honnêteté, franchise dans les affaires, amour du peuple, dévouement entier au pays, telle sera ma devise. »
MM. Morin, ancien notaire, sous-commissaire du gouvernement à Nogent-le-Rotrou ; Collier-Bordier ; Noël Parfait ; Petit d'Ormoy ; Victor Bonnet avocat à Paris ; Filleul-Pétigny de Paris.
M. Ferdinand Dugué : « Je n'ai rien à renier dans ma vie, ni principes, ni actions ; mon indépendance est encore en pleines fleurs ; nul passé politique ne pèse sur mes épaules ; j'ai gardé intacts et purs toute ma ferveur et tout mon patriotisme. Homme nouveau, ma bonne volonté est sans bornes et je m'offre à mon pays tout entier. Qu'on me mette à l'œuvre et, sur mon honneur, je réponds de moi. »
Le général Lebreton ; Hommey, ex-avoué, docteur en droit, président du comité démocratique de Nogent: Jules Lelong, laboureur à Levainville.
Hugues, ouvrier fondeur. « Il faut, dit-il, des hommes jeunes, nouveaux, dont le passé politique soit pur et sans tache ; je ne crois pouvoir mieux faire que de vous répéter ces belles paroles. L'ouvrage du peuple est changé, changeons les outils, et si vous croyez que je puisse être un de ces outils fortement trempés, dont parle le citoyen Carnot, disposez de moi ; mon zèle et mon dévouement vous sont acquis. »
Félix Vogeli : « Pur de tout antécédent politique, la corruption (si elle osait encore se produire) ne saurait m'atteindre ; je prends ici l'engagement solennel de n'accepter, si je suis élu, aucun emploi permanent salarié. »
Jacquet, chef d'institution à Dreux ; Gillet-Damitte.
De Foucault, délégué de la commune d'Allaines, directeur général de l'assurance sur la vie : l'Economie. Il a 31,000 souscripteurs, dont 1,700 en Eure-et-Loir; il termine ainsi: « Arrière la royauté et la corruption, arrière la terreur et les bourreaux de 93 ; Vive la République !!! »
Ch. Waddington, professeur agrégé de philosophie au lycée Monge.
Danidan Philidor.
L'assemblée, chargée d'entendre les candidats, comprenait 33 membres de l'arrondissement de Chartres, 20 de Chàteaudun, 22 de Dreux, 14 de Nogent-le-Rotrou.
A 10 heures du matin, le Président Damars, ouvre la séance. Sur 30 candidats, 28 se présentent ; le sort décide Tordre de présentation ; l'audition des candidats a duré jusqu'à 6 heures et demie du soir ; la séance est alors levée et reprise à 8 heures.
Le nombre des délégués votants est de 88, la majorité absolue 45. Au premier tour de scrutin, ont obtenu : MM. Marescal 87 voix ; Rambault 65 ; général Subervic 64 ; Isambert 49 ; ils sont proclamés candidats.
Viennent ensuite : MM. le docteur Trousseau 43 voix ; Noël Parfait 38; Morin 37; Barbé 33; Maunoury 33; Dugué 30 ; Lelong 25 ; Barthélémy 27 ; etc.
Au deuxième tour: MM. Lelong 40; Noël Parfait 38; Morin 37; Maunoury 31 ; Trousseau 27 ; Dugué 27.
Au troisième tour: MM. Lelong 49; Noël Parfait 45; Morin 44; Maunoury 29; Dugué 22; Trousseau 21.
MM. Lelong, Noël Parfait et Morin, sont les candidats.
Etaient arrivées en séance les professions de foi de
MM. Barbé, ancien avoué à Chàteaudun.
Trousseau, professeur à la faculté de médecine de Paris. « Je lutterai de toutes mes forces, dit-il, contre l'invasion du communisme, la plus hideuse des utopies, qui donne à la paresse, à l'ineptie, les mêmes droits qu'au travail et à l'intelligence. »
Raimbault aine, Desmousseaux de Givré, anciens députés, Bouvet de Paris, etc.
M. Devaureix, avoué, candidat au Conseil municipal,
s'exprime ainsi : « Que la propriété, le commerce, le patron et l'ouvrier, la magistrature et le barreau, le notariat, l'enseignement, la médecine, les fonctionnaires publics et autres spécialités que j'oublie sans doute, envoient au Conseil municipal leurs représentants.
» Il n'y a pas de drapeau dans un Conseil municipal. »
Aux élections municipales du 9 avril, sur 4,500 électeurs il se présente 3,094 votants.
Sont élus : MM. Remond 2,705; de Boisvillette 2,554 ; Lefebvre, avocat, 2,426; Louvancour 2,201; Damars 2,129;
Delacroix pharmacien 2,110; Noël père 2,039 ; Leviez-Huet 2,014; Belville 1,931; Vivien 1,774; Doublet, avocat, 1,754; Leprince, marchand devins 1,720; Sellèque 1,586; Jan d'Hauteterre 1,544; Genreau, président du tribunal civil 1,544 ; Durand Félix, imprimeur 1,532 ; Voyet médecin 1,381 ; Boy, ancien notaire 1,358; Foiret-Raimbert 1,289; Bonnard, notaire, 1,267; Anctin 1,216; Coquard 1,192 ; Brault, ouvrier mécanicien 1,175; Devaureix 1,072; Jules Foreau, ouvrier, 1,023; Cousandier 985; Fourré Jumentier 945.
Une trentaine de listes, offrant des combinaisons souvent originales, avaient été distribuées.
Président élu, M. Remond, par 18 voix; vice-présidents élus, MM. Louvancour, par 23 voix et Delacroix, par 17.
Le préfet les nomme ensuite maire et adjoints.
Plantation de l'arbre de la liberté. Banquet fraternel
des ouvriers, de la garde nationale et de la garnison.
« Les corporations d'ouvriers, bannière en tète, menuisiers, maçons, portefaix au grand étendard de Saint-Christophe; la garde nationale, le 13 e chasseurs sous les armes; hommes, enfants, vieillards, se pressaient sur l'immense esplanade, en face du débarcadère.
» A une heure, l'arbre de la liberté, donné par M. Barthélémy, arrive, conduit par des ouvriers et escorté par une compagnie de garde nationale. Le canon donne le signal, le son des cloches se fait entendre, le clergé vient bénir la cérémonie.
» Le jeune arbre, déjà grand et portant fièrement la tête, se drçsse, entouré de banderoles tricolores, surmonté d'un drapeau, maintenu par des cordages et par des bras amis et vigoureux.
» Les musiques éclatent en airs patriotiques ; les élèves de l'Ecole mutuelle chantent Les Girondins ; l'arbre de la liberté est salué par des acclamations.
» M* r l'évoque Clausel s'est fait représenter par l'abbé Pie, son vicaire général. M. Pie a un doux et facile talent d'orateur; sa parole est brillante et colorée. Il a dit en terminant « que Dieu avait pris le globe par les deux pôles et qu'il l'avait secoué vivement. »
« Le soleil éclairait la cérémonie : Le bon Dieu est républicain, s'écriaient quelques assistants. Noël Parfait prononce un discours, écouté avec la plus grande faveur. M. Vogeli lui succède.
» A cinq heures et demie, banquet dans la crypte de Loëns, sous la présidence du colonel Damars. Les deux musiques ont fait entendre la Marseillaise, le Chant du départ, les Chœurs des Girondins et de Charles VI. M. Magne, professeur au Collège, lit une pièce de vers, très applaudie.
» Toast de Vogeli à l'armée, réponse du général de Ressigny ; puis Marescal, Barthélémy ; Martin avoué boit à la fraternité ; Noël Parfait, à la nationalité polonaise. »
Résultat des élections à l'Assemblée nationale.
Electeurs inscrits 85,433; votants 70,177.
Ont obtenu: MM. Marescal 70,042; Raimbault 62,052; général Subervic 58,565; Barthélémy 57,548; général Lebreton .10,439; docteur Trousseau 25,004; Isambert 23,185; élus.
Puis viennent: MM. Jules Lelong 21,574; Noël Parfait 20,024; Maunoury 17,066; Morin 14,628; Marquis de Pontoi 11,258; Collier Bordier 6,055; Ferdinand Dugué 3,644; Hugues 260.
Lettre de M. Ferdinand Dugué.
« Mon cher Sellèque,
« Je remercie, comme je sais remercier, c'est-à-dire de tout cœur ceux de mes compatriotes qui m'ont donné leurs voix.
» Il y a certaines minorités dont on peut être fier à juste titre, et la mienne est de celles-là. »
L'assemblée nationale se réunit le 4 mai. Elle comprend cinq ou six membres du clergé, le père Lacordaire en dominicain, un béarnais avec un chapeau à larges bords. Dans la tribune publique, des hommes en blouse et quelques élèves de l'Ecole Polytechnique.
Aux élections de la garde nationale, sur 1,435 inscrits, il y a 438 votants.
Sont élus: MM. Doublet de Boisthibault, colonel, par 338
voix ; Damars, lieutenant-colonel par 322 voix, au troisième tour, contre de Berly 239; Bonnard notaire, de Berly, officier en retraite, chefs de bataillon ; Candre, porte-drapeau.
L'assemblée nationale nomme le comité des Cinq : Arago, (iarnier- Pages, Marie, Lamartine, Ledru-Rollin, anciens membres du gouvernement provisoire, pour gouverner la France, jusqu'au moment où la Constitution républicaine sera définitivement décrétée.
Des réunions de cent à cent trente mille ouvriers,
ayant lieu sur les places de la Bastille et de la Révolution, des mesures de sûreté sont prises au Palais de l'Assemblée nationale, qui est occupé par 5 à 6,000 gardes mobiles.
Le 15 mai 1848, manifestation en faveur de la Pologne. Vingt-cinq à trente mille citoyens partent de la place de la Bastille, envahissent l'Assemblée. Tumulte effroyable. Raspail, qui n'est pas représentant du peuple, lit la pétition en faveur de la Pologne, au milieu des applaudissements frénétiques de la foule.
Le président Bûchez est hésitant, manque d'énergie.
Blanqui arrive à la tribune, lève sa main gantée de noir et obtient le silence ; il demande le rétablissement de la Pologne, dans les limites de 1772. Mais bientôt le bruit couvre sa voix. Louis Blanc est ensuite porté en triomphe. L'assemblée est dissoute par le peuple; un nouveau gouvernement est proclamé ; il comprend : Louis Blanc, Barbes, Blanqui, Raspail, Cabat, Proudhon, Pierre Leroux, Albert et Caussidière.
Puis les envahisseurs sortent.
Cinq minutes après, la garde mobile entre, la bayonnette en avant ; reviennent alors la majeure partie des représentants.
Lamartine, Ledru Hollin marchent sur l'Hôtel de Ville que l'on dit envahi, avec de l'artillerie, des dragons, des lanciers, de la ligne et de la garde nationale. Us reviennent ensuite à la Chambre annoncer la défaite des factieux.
Le 19 niai, le Conseil municipal envoie une adresse à l'Assemblée :
« Citoyens,
« L'attentat qu'une poignée de factieux vient de commettre, contre la représentation nationale, a soulevé l'indignation générale dans les départements.
» Nous voulons tous, loyalement et sans restriction, la République ; nous la comprenons pure, noble, calme, féconde en améliorations incessantes et progressives, mais praticables, forte, prospère et durable par les garanties d'ordre et de sécurité publique. »
La salle de Locns ne sera plus à la disposition du club.
Une visite domiciliaire a été faite chez la sœur de Blanqui, à Auneau, sans résultat.
On aprend que la guerre civile est à Paris, le 23 juin. Les gardes nationaux sont réunis sur la butte des Charbonniers. Le préfet fait appel à leur dévouement, à leur patriotisme, pour aller au secours de leurs frères d'armes de Paris.
Cet appel est entendu ; plus de trois cents gardes nationaux y répondent ; l'école normale et des ouvriers se joignent à eux. Le sort indique que Damars et de Berly partiront. Un grand nombre de voitures et de chevaux sont réquisitionnés. Le départ a lieu à trois heures de l'aprèsmidi.
Le 24 juin, à huit heures et demie du soir, arrivent 150 gardes nationaux de Châteaudun ; 130 de Bonneval. A onze heures, ceux de Nogent-le-Rotrou et de Brou. Ils partent le 25 au matin pour Paris.
Le préfet Sébire est allé au devant d'eux.
Dans quelques communes, au milieu de juillet, on a voulu forcer les curés et les desservants à faire le service de la garde nationale, à s'armer d'un fusil pour l'exercice. Le préfet blâme ces actes, disant qu'un ministre de paix et de charité ne doit pas prendre une arme de guerre et faire le service d'un soldat.
« Quand la France entière, ajoute-t-il, pleure sur la mort si saintement héroïque de l'illustre archevêque de Paris, estil bien honorable de molester les prêtres d'une religion qui inspire de si généreux dévouements. »
I '* HKPUBLIQUE
Aux élections municipales du 24 août, quatre anciens
conseillers, MM. Fouré-Jumentier, Jules Foreau, Devaureix, Sellèque, ne sont pas réélus.
Sur 4,324 électeurs, il y a seulement 1,505 votants. Au deuxième tour 1,206.
Insouciance des électeurs, aux élections départementales du 31 août; ils ne veulent pas se déranger pour voter au canton. M. Barthélémy est réélu, sans concurrent, dans le canton de Chartres-Nord.
Dans le canton de Chartres-Sud, M. Grandet, conseiller à la Cour d'appel de Paris, est élu, contre M. Maunoury.
M. Raimbert-Sévin est nommé président du Conseil général ; le général Lebreton, vice-président; secrétaire, M. Labiche.
Au Conseil d'arrondissement, M. Isambert, de Sours, est nommé président; M. Peluche secrétaire.
Le premier septembre, MM. Sellèque, Robinet et Leduc, sont nommés conseillers de préfecture. M. Robinet est, en outre, chargé des fonctions de secrétaire général.
Le 5 octobre, par arrêté du président du Conseil des ministres, chargé du pouvoir exécutif, sont nommés : Maire, le citoyen Remond, adjoints, les citoyens Delacroix et Leviez- Huet.
Fête de la Constitution en novembre; les chasseurs, les deux bataillons de la légion Chartraine, la compagnie d'artillerie, celle des pompiers, les élèves de l'École normale, tambours et musique en tète, groupés sur la place des halles dès le matin, se sont rendus sur la place des Epars.
Les autorités civiles et militaires se sont réunies sur une estrade. La lecture de la Constitution a été faite par MM. Remond, maire, et Delacroix, adjoint. Les musiques ont joué la Marseillaise-, des chants patriotiques ont suivi; puis le Te deum à la cathédrale, en présence de TÉvèque ; ensuite la Revue.
Le 10 décembre 1848, élection du Président de la
République.
Dans le canton de Chartres-Nord, électeurs inscrits 2,318,
votants 2,262. Louis Napoléon Bonaparte obtient 1,489 suffrages ; Cavaignac 664 ; Ledru-Rollin 59 ; Raspail 21 ; Lamartine 10.
Dans le canton de Chartres-Sud, électeurs inscrits 3,687, votants 2,488. Louis Napoléon Bonaparte a 1,495 voix, Cavaignac 879; Ledru-Rollin 61, Raspail 26, Lamartine 17. Sur 7,326,345 suffrages exprimés, dans toute la France. Louis Napoléon Bonaparte en a. 5,434,226
Général Cavaignac 1,448,107
Ledru-Rollin 370,119
Raspail 36,920
Lamartine 17,910
Général Changarnier .... 4,990
Voix perdues 12,600
En janvier 1849, le préfet Sébire est nommé à Albi. Remise, en mars, des drapeaux aux gardes nationales qui sont allées à Paris ; il en est distribué cinq ; deux pour la légion chartraine, les autres pour Auneau, Illiers, Janville.
La distribution a lieu sur la place des Épars; puis le préfet passe une revue.
En avril 1849, paraissent les circulaires des candidats, pour les prochaines élections à l'Assemblée nationale. Elles émanent de MM. Lefebvre juge ; de Tarragon ; Alfred Isambert, avocat à la Cour d'appel de Paris ; Noël Parfait ; Degeorge, ouvrier menuisier; H. Bosselet publiciste ; H. Rabourdin, ancien cultivateur à Écrosnes ; Barbé, avocat, ancien avoué, commandant la garde nationale de ChAteaudun; Maunoury, avocat; vicomte de Beuret; Raimbault aîné, député; général Subervic, député; Ropton, médecin à Courtalain ; de Jessaint, ancien préfet ; docteur Trousseau, député ; G. Binoist, professeur à Paris ; duc de Noailles, ancien pair de France ; Lange, propriétaire à Saint-Maur ; Paillart, ancien procureur général à Nancy ; Collier-Bordier; Saucié, membre du comité central bonapartiste.
Le 5 mai, le Comité républicain démocratique se réunit en la salle de la Cour d'assises : MM. Sellèque, président du
bureau ; Vogeli, vice-président du comité ; membres, Foreau, de Chartres; Hache, d'Anet, Salmon, de Brou; Desvaux- Rose, de Courville ; Joseph, d'Auneau ; Poulain, de Saint- Luperce ; Castel, de Bû.
Les candidats sont entendus : MM. Binoist, Barbé, Maunoury, Ropton, Ad. Chasles, Isambert fils, Noël Parfait, Bosselet. La candidature de Vogeli est improvisée.
78 votants. Obtiennent: MM. Noël Parfait, 74 voix; Maunaury, 72 ; général Subervic, 70 ; Barthélémy, 44 ; puis MM. Trousseau, 39; Barbé, 35; Vogeli 27; Rambault, 22; Binoist, 20; Ropton, 17; général Lebreton, 15 ; Lefebvre, 8.
Le général Ney de la Moskowa est candidat de la dernière heure ; il se présente aussi à Avignon.
Le 13 mai, les résultats des élections sont proclamés.
Électeurs inscrits : 86,502 ; votants, 63,395.
Sont élus : MM. le général Lebreton, 45,354 voix ; le général Ney de la Moskowa, 26,807; Noël Parfait, 22,755; Barthélémy, 21,953 ; le général Subervic, 21,769 ; Desmousseaux de Givré, 21,117.
Viennent ensuite : MM. le prince Jérôme Bonaparte, 18,669 ; Rambault, 18,508; de Chambrun, 17,076 ; Maunoury, 16,636; Ad. Chasles, 15,702: duc de Noailles, 14,286.
Le nombre des candidats était de quarante.
Le premier juillet, le prince Ney de la Moskowa opte pour un autre département : le comité républicain démocratique porte Lamartine, non réélu. M. Briffaut (droite) est élu.
Ferdinand Dugué soutient Lamartine.
Le journal, Le Modéré, disparait ensuite, après avoir vécu quelques mois.
Au commencement d'octobre, M. de Suleau, préfet, est nommé à Marseille ; M. Morin, sous-préfet de Nogent-le- Rotrou est désigné pour Toul, qu'il refuse; M. de Grouchy vient comme préfet à Chartres.
Au milieu de janvier 1850, paraît Le Démocrate d'Eureet-Loir ; ce journal ne doit pas être rival du Glaneur.
Le quatrain suivant est d'un chartrain :
Est-il département plus maudit que le nôtre ! Un second journal rouge, et point d'équivalent !
Puisse l'un d'eux avaler l'autre.
Et s'étrangler en l'avalant.
A la fin du mois, le Démocrate est saisi à la poste et dans ses bureaux, pour un article intitulé « Ce que veulent les blancs. » C'était une réponse au Correspondant de Paris.
Beaucoup d'almanachs sont saisis : Le Beauceron, Le Bon Messager, L'Aima nach du paysan. Le Bon Messager, légitimiste, a été bientôt autorisé à reparaître.
Louis-Philippe meurt, au mois d'août 1850, au château de Claremont, en Angleterre, à l'âge de 77 ans.
Le prince Jérôme Napoléon, loue le château de Gourdez, à M. Chasles.
Le prince vient passer à Chartres la revue des dragons.
Le préfet de Grouchy révoque deux conseillers de préfecture : MM. Robinet et de Châtillon. On prétend que la cause de ces révocations est que l'élection de M. Morin, comme conseiller général à Thiron, n'a pas été cassée.
Barbes et Blanqui, condamnés politiques, arrivent en novembre, à Chartres, par le chemin de fer ; ils repartent immédiatement pour Belle-Isle, dans une voiture de poste.
Des pétitions sont déposées, en juin et juillet 1851,
à l'Assemblée, pour la révision de la Constitution.
Le nombre total des communes du département qui ont pétitionné est de 432, avec plus de 40,000 signatures.
L'Assemblée totalise les pétitions, pour la revision de la Constitution et la prorogation des pouvoirs du Président ; il y a 1,123,625 signatures.
Le Conseil d'arrondissement de Chartres émet un vœu pour la revision, par 6 voix contre 2; M. Clichy absent.
Le Conseil général élit comme président le général Lebreton.
En octobre, démission du cabinet, le Président voulant proposer à la Chambre l'abrogation de la loi du 31 mai, sur Télectorat.
Dans le nouveau ministère, entre le général de Saint- Arnaud,
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comme ministre de la guerre; M. de Maupas est nommé préfet de police.
Le 4 novembre, message du Président, à l'Assemblée législative qui se réunit.
Le 2 décembre 1851, décret du Président Louis-Napoléon Bonaparte :
« 1° L'Assemblée nationale est dissoute ;
» 2° Le suffrage universel est rétabli ; la loi du 31 mai est abrogée ;
» 3° Le peuple français est convoqué dans ses comices, du 14 au 21 décembre ;
» 4° L'état de siège est décrété dans l'étendue de la première division militaire ;
» 5° Le Conseil d'Etat est dissous ;
» 6° Le ministre de l'Intérieur est chargé de l'exécution du présent décret.
» De Morny, ministre de l'Intérieur.
» Fould, Rouher, Magne, Lacrosse de Casablanca, de Saint-Arnaud, Fortoul, Turgot, ministres. »
Par une lettre aux maires, le préfet de Grouchy, notifie le ministère définitif du 4 décembre 1851.
Le ministère est composé de MM. de Morny, Fould, Rouher, Magne, de Saint-Arnaud, Ch. Ducos, Turgot, Lefebvre-Duruflé, Fortoul.
Le journal, Le Glaneur, est suspendu par le préfet.
A Chartres, ont lieu quelques rassemblements inoffensifs, aux nouvelles, à l'arrivée du convoi à 7 heures.
Trois mandats d'arrêt sont lancés contre MM. Vogeli, Foreau et Thomas ; il n'y a aucune résistance ; pas la moindre émotion dans la cité.
En voulant arrêter Brédif, les gendarmes l'ont trouvé dans un état d'exaltation extrême ; ils en réfèrent à leurs chefs; on le laisse partir.
Le 15 décembre, Girault, tailleur, rue des Côtes, est arrêté. La police ferme les cabarets de Cosseron à Saint- Prest, de Feuillet et Hoyau à Jouy.
Foucault, ancien percepteur de Luplanté, révoqué, agent
d'assurances, est arrêté, ainsi que Menon, dit nul ne s'y frotte et Périneau de Ver-lès-Chartres.
Le vote sur le plébiscite, soumis à la sanction du peuple, a lieu les 20 et 21 décembre.
Un placard du ministère de l'intérieur est alliché dans les communes.
« Avis au peuple français,
« Il est bien entendu que ceux qui veulent maintenir Louis Napoléon Bonaparte, et lui donner les pouvoirs pour établir une Constitution, sur les bases indiquées dans sa proclamation du 2 décembre, doivent voter avec un bulletin portant le mot : oui. »
Il y aura un chef responsable, nommé pour dix ans.
Le 23, MM. Vogeli, Foreau et Thomas, Bigot de Pontgouin, Darien, d'Aunay-sous-Auneau, sont mis en liberté.
Le résultat du vote dans le département d'Eure-et-Loir, est:
Inscrits, 85,649; votants, 73,737.
Oui, 66,782; non, 6,515; bulletins blancs, annulés, 440.
Dans toute la France, le résultat est le suivant :
Oui, 7,439,216; non, 640,737; nuls, 36,820.
Un Te Deum est chanté, le 1 er janvier 1852, dans la Cathédrale pour les résultats du scrutin.
L'aigle français est rétabli sur les drapeaux, avec la croix de la Légion d'honneur.
La Constitution est proclamée, le 14 janvier 1852.
Le 17, Vogeli, Foreau, Thomas, sont de nouveau arrêtés ; les deux derniers sont relâchés le soir même. Le 4 février, désarmement de la garde nationale ; 700 fusils sont déposés à la mairie.
A la fin de février, cinq jours avant les élections législatives, le préfet Grouchy envoie une proclamation aux électeurs, qui se termine ainsi :
« Vous voterez pour des candidats qui prêtent à Louis Napoléon un concours énergique et loyal.
» Vous voterez pour M. d'Argent et le colonel Normand. »
Au premier tour, M. d'Argent est élu par 18,244 voix
contre 6,476 à M. le marquis de Gouvion Saint-Cyr ; le colonel Normand est nommé, par 21,318 suffrages, contre 4,012 à M. Desmousseaux de Givré.
Le 10 février 1852, M. Remond maire, avait donné sa démission de maire et de conseiller municipal.
A la séance du 12 mai, M. Leviez-Huet, adjoint, préside. Les conseillers Brault, Damars, Jan d'Hauteterre donnent leur démission ; M. Lefebvre ne se croit pas astreint au serment, et écrit qu'il ne viendra pas à cette séance. La formule du serment est: « Je jure obéissance à la Constitution et fidélité au Président. » Les conseillers prêtent le serment.
Aux élections départementales du 1 er août, citons une circulaire de candidat :
» A Messieurs les électeurs du canton de Janville. « Messieurs,
» Je me présente à votre suffrage, pour remplacer au Conseil général, M. Violette, membre sortant.
» Je suis autorisé à vous dire que je suis le candidat proposé à l'Administration préfectorale, après convocation à Janville d'une réunion électorale préparatoire, qui m'a fait l'honneur du choix.
« J'ai l'honneur d'être, etc.
« Magloire Rivet. »
Sont élus : à Auneau, M. Brunet, maire, par 1.237 voix, contre 361 à M. Labiche, sortant.
A Janville : M. Rivet, par 907 voix contre 555 à M. Viollette, sortant.
Au deuxième tour, le 7 août, dans le Canton de Chartres- Sud, M. Grandet, conseiller à la Cour de cassation, sortant, est élu par 1,041 voix; M. Genreau, dans le canton de Chartres-Nord, par 1284 voix, contre 618 à M. Durand.
Sont nommés conseillers d'arrondissement, à Chartres, MM. Durand par 950 voix, Isambert, de Sours, par 919.
Les élections municipales ont lieu les 21 et 22 août 1852 : 4,760 inscrits, 1,435 votants.
Sont élus : MM. Leviez-Huet 1,292 voix; de Boisvillette 1,282 ; Genêt 1,229 ; Louvancour, ancien notaire, 1,227 ; Dou-
blet de Boisthibault, 1223 ; Foiret-Raimbert 1218 ; Voyet 1217 ; Durand Auguste, médecin, 1,190.
Au deuxième tour des 28 et 29 août : votants 1,252. Sont élus : MM. Leprince 1,109 ; Anctin 1,045 ; Goquard 1,000 ; Cordeau 992, Boy 967 ; Bonnard 933 ; Leroy 901 ; Isambert- Lefebvre 894 ; Trubert 871 ; Doullay-Guérin 849 ; Peluche 835 ; Guillaume de Bassoncourt 828 ; Billard de Saint-Laumer 824 ; Sédiliot 813 ; Charles 821 ; Bellier de la Chavignerie 820 ; Ainy, pharmacien, 765 ; Vassard, ancien notaire 754 ; Labiche avoué 646.
Viennent ensuite : MM. Félix Durand 375 ; Damars 312 ; Belville 271 ; Delacroix 244, etc.
L'installation du maire a lieu le 21 octobre; M. le préfet, de Grouchy, accompagné des membres du conseil de préfecture, est introduit. Il prononce un discours; à la fin, il annonce le prochain changement dans la Constitution.
« Tout permet d'espérer, dit-il, que bientôt nous verrons s'accomplir les nobles paroles de Louis Napoléon : « L'Empire sera la paix », et une ère de calme et de prospérité s'ouvrira devant nous. »
Le secrétaire donne lecture du décret du 10 de ce mois, par lequel, le Présidentde la République nomme: MM. Sédiliot, maire de Chartres, Bonnard, premier adjoint, Doullay-Guérin, deuxième adjoint. Ils prêtent alors le serment; puis le maire prononce aussi un discours.
Le préfet se retire, reconduit par les conseillers.
Le 23 octobre, le conseil vote l'adresse suivante : « Prince,
« Les acclamations qui vous ont accueilli dans le cours d'un long voyage, disent assez quelle est la portée des services que vous avez rendus au pays et à la société, en les arrachant aux dangers qui les menaçaient ; aussi le Conseil municipal de la ville de Chartres se fait-il un devoir d'unir sa voix, aux voix qui s'élèvent de toutes parts, pour vous adresser le respectueux hommage de sa reconnaissance.
« Depuis le jour où la France vous a confié ses destinées, vous avez su vous placer à la hauteur de la mission que vous
tenez du vœu national, et le pays espère que, par des institutions appropriées à ses besoins, vous achèverez de consolider les bases de la société, en leur assurant un avenir de calme, de paix et de prospérité.
Le Conseil municipal offre à votre Altesse l'hommage de son profond respect. »
Le vote du plébiscite pour l'Empire, le 21 novembre 1852, donne en Eure-et-Loir: Oui, 64,324; Non, 3,914, sur 85,781 électeurs inscrits. A Chartres, sur 4,579 inscrits ; oui 2,632 ; non 546.
Le 2 décembre 1852, proclamation de l'Empire. Sur les 86 départements ; oui, 7,776,975 ; non, 248,589.
L'Empereur vient de Saint-Cloud faire son entrée à Paris.
Le 5 décembre, a lieu la proclamation à Chartres.
Dans une séance, un conseiller formule une plainte.
« Quand on veut prendre des notes, dit-il, il faut écrire sur ses genoux ; la position est incommode et fatigante. Si Ton a des dossiers à consulter, ou des documents à soumettre au Conseil, on est obligé, pour éviter la confusion des pièces, de les poser à terre.
» De plus, la formation d'un scrutin exige le déplacement de tous les membres, pour écrire leurs votes sur le bureau ; il en résulte une confusion générale qui nuit à la régularité de l'opération. »
Le conseiller propose de faire poser une table devant les membres du Conseil. Accepté.
Travaux, ateliers. — Dès la fin de mars 1848, il fallut aviser aux moyens de fournir de l'ouvrage aux ouvriers inoccupés. MM. Millon et Genêt, membres de la commission des travailleurs, assistent à la séance du Conseil. Un crédit de 3,000 fr. est voté pour l'ouverture d'ateliers communaux; le bureau de bienfaisance donnera des secours, sans se renfermer dans les limites de son règlement.
Le 1 er mai, les travailleurs demandent une augmentation de salaire. Cette demande est rejetée.
« La ville ne prend que des ouvriers inoccupés ; elle ne
veut pas faire concurrence à l'Etat ni aux particuliers. Les ouvriers ont des salaires, variables suivant leurs forces, de 1 fr. 10 à 1 fr. 50. Les ouvriers jardiniers gagnent aujourd'hui de 1 fr. 50 à i fr. 75 ; les prix alloués sont en rapport avec les ateliers de la commune de Paris, qui sont de 2 fr. au maximum.
» On paye moitié prix les journées de pluie, qui- sont des non valeurs ; le prix du pain est de fr. 83 aujourd'hui. »
Le Conseil vote 3,000 fr. pour ces ateliers.
« Le travail des ateliers communaux, dit le maire, dans la séance du 12 mai, a eu jusqu'à présent une faible utilité; il faut se procurer la somme de 60,000 fr. pour les continuer, cependant. »
Le Conseil vote un impôt qui sera perçu dans l'année.
Au mois de novembre, il restait disponible, sur le crédit de 60,000 fr., une somme de 13,900 fr. ; on ouvre les ateliers; les enfants gagneront par jour, Ofr. 50; les adultes, Ofr. 80; les hommes, Ofr. 90; les ouvriers d'état, 1 fr., avec un maximum de 1 fr. 25.
Dans la séance du Conseil, du 2 novembre 1848, il
est donné lecture d'un rapport sur les salaires des ouvriers.
« Le nombre des ouvriers est de 1,876 ; celui des ouvrières, de 1,071, les enfants au-dessous de seize ans, 340; en totalité, 3,287 personnes. Sur ce nombre, 2,303 sont de la commune, 984 y sont étrangers.
» Les salaires à la journée, les plus élevés, sont de 2 fr. 50; les plus bas de 1 fr. 50 ; les ouvriers à l'année gagnent, outre la nourriture et le logement, 360 fr. ; les moins payés, 264 fr. ; les ouvriers à la journée gagnent 1 fr. ; les moins rétribués, fr. 60.
» Les enfants au-dessous de seize ans, en apprentissage, n'ont pas de salaire, excepté les manœuvres des fonderies, des maçons, des tuiliers, des couvreurs, qui ont Ofr. 80 par jour. Les filles vont en apprentissage à 12 ou 13 ans, sans rien gagner; en finissant à seize ans, elles touchent fr. 20 à fr. 30 par jour; à la campagne, les enfants des
deux sexes gagnent leur nourriture, de 12 à 16 ans, souvent même 50, 75 et 100 fr. de gages.
» Un ouvrier, pour vivre à Chartres, dépense 540 fr. par an ; avec ses parents, logé et blanchi, 300 à 350 fr. Un ménage, mari et femme, avec deux enfants en bas âge, 615 fr.; dans les communes rurales, ces dépenses doivent être réduites d'un tiers. »
« Les indigents secourus, en 1846, étaient au nombre de 1,511, dont 305 hommes, 513 femmes, 693 enfants; en totalité, 490 familles ; 765 indigents valides.
» En 1847, le nombre des indigents secourus était de 1,170 : 209 hommes, 418 femmes, 543 enfants; 482 familles; 669 indigents valides.
» Pour 1848, il y a un tiers en plus d'indigents valides.
» Les enfants entrent en apprentissage à douze ans; on voudrait les faire commencer seulement à 13 où 14 ans; il y a 191 apprentis à Chartres et 39 dans la banlieue. Les serruriers, menuisiers, tailleurs d'habits, bottiers, cordonniers, armuriers, charrons, etc., donnent deux à trois années de temps, sans rien gagner, pas même leur nourriture, mais sans rien payer; les chapeliers, horlogers, bijoutiers, bouchers, charcutiers, etc., paient de 100à300fr., mais sont nourris.
» 673 patrons, exerçant 67 industries diverses, emploient annuellement 3,307 ouvriers ou ouvrières, recevant pour salaires la somme de 1,553,863 fr. ; 1,761 industriels agricoles, composés de 677 cultivateurs, 872 vignerons, 212 jardiniers maraîchers, occupent 3,004 travailleurs ouvriers, dont le salaire est de 1,423,200 fr.
» Los salaires, pour toutes les industries réunies, s'élèvent à 2,977,063 fr. »
Le 20 octobre 1850, la Société fraternelle de prévoyance et de secours mutuels — les Travailleurs, comprenant 56 sociétaires, élit son bureau :
Président, Léon Beaugendre, menuisier; vice-président, Morin, ajusteur-mécanicien ; secrétaire, Pierre Doublet, menuisier; trésorier, Brault, mécanicien; commissaires, Amé-
dée Degouy, Jules Foreau, Moreau, Buisson, Lange, Leballeur, Boulanger, Chevallier, Boudot, Mouland.
Les boues des rues étaient abandonnées gratuitement aux habitants des faubourgs et des hameaux ; l'enlèvement de ces boues va être affermé, pour une somme de 1,500 fr. environ.
Le Conseil avait décidé, le 9 mai 1848, que tout le monde pourrait prendre de l'eau, sans payer, aux fontaines.
Le 4 novembre 1849, inauguration de l'éclairage au gaz, sur une place; nouvel essai en 1850.
Il est décidé, le 11 février 1851, sur la demande d'habitants de La Grappe et du Bourgneuf, que Ton établira pour ces quartiers, le type du trottoir, avec bordure en grès et la forme en sable ; la dépense sera peu considérable pour les riverains.
M. Doullay Gillot, marchand de nouveautés, conteste l'utilité des trottoirs, d'une manière générale ; il demande que la Ville reprenne l'ancien système de pavage neuf. Ses objections paraissent peu sérieuses, et le Conseil maintient son règlement.
A la session de mai 1852, M. Hubert, amodiataire
du service des eaux, demande qu'il soit établi une seconde machine ; la machine actuelle étant en mauvais état.
« L'établissement du service des eaux, dit le rapporteur de la Commission, date de 1845 ; l'exploitation a commencé le 1 er septembre de cette même année ; le bail est consenti pour 9 ou 18 ans.
» Comment, après six années seulement, la machine que le constructeur devait livrer et que le fermier devait tenir en bon état, se trouve-t-elle hors de service ?
» A qui incombe la responsabilité ? Y a-t-il nécessité ou seulement utilité à annexer une machine de rechange. »
MM. Brault et Turk, experts, ont donné comme suit leur opinion :
« La machine existante a été construite, sous la condition d'élever 25 mètres cubes d'eau par heure, soit 260 m. 3 en 10 h. 20 minutes, 400 en 10 heures et 60o par 24 heures;
elle a coûté 30,000 fr., sans les chaudières, et avec les fondations, 33,000 fr.
» Cette machine ne présente pas le degré de perfectionnement, aujourd'hui acquis à ces sortes d'appareils. Prévue pour une force nominale de 8 chevaux, elle ne donne guère qu'une force utile de 4 à 5 chevaux, soit qu'on en mesure l'effet, à raison de 25 m 3 d'eau élevés par heure à 40 mètres, soit qu'on mesure directement au piston la tension de la vapeur.
» Le fermier, ajoute le rapporteur, qui est en même temps, le constructeur, n'a pas rempli les conditions de son bail; la remise en état est à sa charge. »
Le Conseil approuve le rapport; il admet en outre, la construction d'un réservoir nouveau de 500 m 3 .
Le 17 octobre 1852, le service du télégraphe électrique est ouvert, entre Chartres et Paris.
Budget, caisse d'épargne. — A la session de mai 1848, le total des emprunts antérieurs était de 524,412 fr. 50; l'excédent sur le budget de l'année 1847, de 16,709 fr. 28. Le projet du budget ordinaire, pour 1849, comportait :
En dépenses 272,745 fr. 65
En recettes 251,000 80
D'où un déficit de. . . . 21,744 fr. 85
Pour combler ce déficit, le maire propose de frapper de seize centimes les contributions, foncière, personnelle et mobilière, des portes et fenêtres, et de huit centimes, celle des patentes.
Cet impôt fournira la somme de 23,378 fr.
Déjà, en mars, un impôt temporaire de quarante-cinq centimes, sur les quatre contributions, avait été mis, pour Tannée 1848, seulement.
En janvier I8'i9, l'abonnement pour Tannée, de la brasserie Moutiers et François, est évalué à 4,100 fr.
Les budgets de 1848, de la commune, des hospices et du bureau de bienfaisance, donnèrent des excédents ; des em-
prunts avaient servi à payer la plus grande partie des travaux communaux.
Les prévisions de Tannée 1850, ressortent en déficit pour les trois budgets ; les recettes de l'octroi sont prévues à 125,000 fr., et les frais d'escorte à 4,000 fr.; la rétribution collégiale, de 8,160 fr. Tannée précédente, descend à 6,000 fr.
Cinq centimes additionnels, aux contributions directes, produisent 6,206 fr., pour les classes indigentes et laborieuses.
Une dépense de 9,500 fr. est affectée pour les frais de bureau et les traitements ; l'exploitation de la machine hydraulique revient à 11,000 fr., grâce à la concession pour Tembarcadère de 2,400 fr., Tannée 1849 n'ayant produit que 6,500 fr. La solde et Thabillement des tambours sont évalués à 1,300 fr., au lieu de 2,100 fr. ; les ateliers communaux coûteront 15,000 fr., au lieu de 20,000 fr.
Le Conseil général réclame la taxe des chiens, qui, en Angleterre, produit quatre millions de francs.
En 1851, l'octroi produira 130,000 fr. ; mais les frais de perception monteront, de 17,500 fr. à 19,500 fr. ; les droits de placage, aux foires et marchés, dépasseront 45,000 fr.
La caisse d'épargne avait reçu, de 100 déposants,
12,664 fr. le 17 février 1848; le même jour, 27 ont retiré 9.079 fr.
Le 2 mars suivant, 62 dépôts, 1,371 fr.; 28 retraits, ll,407fr. ; le 5 mars, 18 dépots, 1,325 fr. ; 223 retraits, 128,927 fr.
Le 8 mars, le maire fait afficher le placard suivant : « Caisse d'épargne.
» La dette de la caisse d'épargne est sacrée; le gouvernement y pourvoira ; mais les demandes nombreuses et inatendues pourraient en faire ajourner l'acquittement : le crédit à venir de la Caisse d'épargne serait menacé : cette belle institution en serait ébranlée.
» Le maire engage les déposants à la confiance, et à ne retirer que dans le cas de besoins urgents.
» Cent sept honorables citoyens se portent généreusement caution du remboursement de toutes les sommes déposées
jusqu'à ce jour. Ce cautionnement aura une valeur pour six mois seulement. »
Le 9 mars, un décret du gouvernement provisoire fixe à 5 °/ , l'intérêt des fonds versés dans les caisses.
23 mars, 6 dépôts, 750 fr.
6 avril, 3—700 8 juin, 1—18 3 août, —
168 retraits, 15,920 fr.
Au 6 juillet 1848, la rente 3 % vaut 49 fr., le 5° / , 76fr. » Le 3 août — 43 75 — 70 50
16 décembre — 47 30 — 77 75
La Caisse d'épargne reçoit 600 fr. et rembourse 598 fr. Le 24 février 1850, le 3 °/ vaut 58 fr. 05, le 5 °/ , 96 fr. 20, et 102 fr. le 20 décembre.
Le compte de Tannée 1851, de la caisse d'épargne, indique 3,830 livrets, au premier janvier, et 3,995 au 31 décembre ; le solde créditeur des déposants passe, de 520,714 fr. 48 à 637,427 fr. 59.
5 janvier 1851 : 109 dépôts 18,096 fr. ; 15 retraits 3,861 fr. 4 janvier 1852 : 86 — 9,866 — 4,615
Religion, hospices. — Le Conseil donne, le 3 mai 1849, un avis favorable, pour que les sœurs de Saint-Rémy d'Auneau transfèrent leur domicile à Chartres et y exercent, sous le nom de Sœurs du Bon-Secours, du Sacré-Cœur, les fonctions de gardes-malades.
« Elles se sont concilié la confiance des familles, dit l'exposé du maire ; le zèle, le dévouement, l'abnégation dont elles ont fait preuve, ne permettent pas de douter que cet établissement ne doive produire d'excellents résultats.
» Ces religieuses donnent des soins gratuits aux pauvres... »
Sanctionné par une ordonnance du 3 décembre 1844, le projet de translation de l'Hôtel-Dieu, au faubourg de Bonneval, revient au Conseil. La superficie nécessaire pour les différents services est de 5 h. 2284; il ne reste à exproprier que 1 h. 0648. L'autorisation est accordée.
Au mois de février 1849, on parle de la réapparition du choléra. Des mesures à prendre sont prescrites, des instructions, données par le comité consultatif d'hygiène.
Une instruction populaire, en bouts rimes, court la ville; elle est de M. Moreau:
Tiens tes pattes au chaud ; Tiens vides tes boyaux; Ne vois pas Marguerite; Du choléra, tu seras quitte.
En avril, six cas sont signalés, dont quatre morts, à Chartres et à Champfol ; procession de la sainte châsse.
A la fin de mai, le choléra s'étend partout ; à Courtalain, Bonneval, La Loupe, Courville, Gallardon.
A la mi-juin, diminution à Paris; le 11, il y a eu 570 décès, le 12, 416. Recrudescence en juillet.
Le 7 août, 17 enterrements cholériques à Chartres; la chaleur est lourde. La consternation règne partout ; plusieurs des cas ont été foudroyants ; les malades étaient enlevés en quelques heures. Dans la dernièrehuitaine d'août, sur 37 décès à Chartres, il y en a 31 attribués au choléra ; il y en a eu 9 en un seul jour.
Sur 33 décès, dans la première semaine de septembre, il y a 27 cholériques, dont 9 prisonniers. La première semaine d'octobre n'indique aucun décès; vers le milieu du mois, l'épidémie parait finie.
Le 25 novembre 1849, sacre à la Cathédrale, de M* r Pie, évèque de Poitiers ; le même jour, sacre du nouvel évéque d'Orléans, M« r Dupanloup, par l'archevêque de Bourges. Etaient présents, les évèques de Langres et de Versailles; un escadron du 6 P dragons assistait à la cérémonie.
Dans sa lettre pastorale, l'évêque Pie s'écrie :
« Je vous appartiens : O sainte dame de Chartres ! tuus sum ego; c'est pourquoi je vous emporte, comme un sceau qui sera toujours placé sur mon cœur et sur toutes mes œuvres. »
En mars 1850, l'Evèque de Chartres, dans une pastorale
publiée par V Univers religieux, apprécie l'Université et la nouvelle loi d'enseignement.
« Cet homme fameux, indigné, — dit-il, en parlant de Napoléon, — quitterait donc avec joie cette terre, autrefois le théâtre de ses faits illustres et de ses triomphes, et se hâterait de redescendre dans le tombeau, pour n'être pas témoin des ravages causés par un corps, qu'il avait formé pour embellir la France par l'éclat des lettres, et qui la perdra sans ressources par son irreligion orgueilleuse, ou par son froid scepticisme.
» Qu'on ne dise pas que la loi nouvelle est faite pour prévenir ces malheurs. Non, elle n'en arrêtera pas le cours. L'erreur y est comblée de privilèges, tandis que la vérité y est tremblante, garrotée au milieu des restrictions qui l'entourent.
» L'Université conservera sa prépondérance ; elle entraînera la nation dans l'abîme et hâtera sa ruine. »
La Cathédrale d'Amiens va être dégagée des bâtiments qui l'entourent ; des Chartrains demandent que Ton fasse de même pour la Cathédrale de Chartres.
Au mois de mai 1852, M« r Regnault, coadjuteur de l'Evoque de Chartres, Evêque in partibus d'Emmeria, est sacré à Reims, et fait son entrée dans son diocèse.
En novembre, après la rentrée des classes, le maire présente au Conseil la statistique du Collège municipal.
Nombre d'élèves 18*9 1850 1851 1SSS
Pensionnaires 39 53 54 63
Demi-pensionnaires .... 5 5 6 6
Externes surveillés 36 29 35 46
» de pensions .... 27 24 25 30
libres JÎ2 26 23 27
Totaux .... 129 137 143 172
Agriculture, marchés, chemins de fer. — A la date du 8janvier 1848, les prix à l'hectolitre étaient: de 20 fr. pour le blé; 10 fr. pour l'avoine; le pain était vendu 1 fr. 25 les4kilog. ; le quintal de farine, 40 fr.
Le 18 mai 1848, à la foire des barricades, sur 650 chevaux amenés, 300 furent vendus, de 300 à 800 fr.
250 vaches : 104 vendues, de 4 à 500 fr.
128 veaux : 124 vendus, de fr. 90 à 1 fr. 10 le kilog.
38 porcs gras: 18 vendus, de 1 fr. 20 à 1 fr. 30 le kilog.
44 porcs maigres : 22 vendus, de 24 à 72 fr.
Au marché du 9 juillet, il est présenté 3,400 sacs de blé, 350 de méteil, 50 d'orge et 700 d'avoine.
A la foire de la Saint-Barthélémy: 30,000 moutons: antenais, 20 à 25 fr. ; bêtes de 5 ans, 24 à 28 fr. ;
300 porcs gras, 1 fr. 10 à 1 fr. 20 le kilog.
385 vaches: grasses, Ofr. 70à0fr. 80; laitières, 100 à 250 fr.., génisses, 150 à 350.
18,000 meules de cercles.
380 chevaux: poste, 5 à 6 ans, 6 à 700 fr. ; trait, 6 à 700 fr.
210 voitures de laines, 186,000 kilog. : 1 fr. 40 à 1 60 le kilog.
La même année, à la foire de la Saint-André, il est amené 1,050 chevaux: poste et diligence, 400 à 600 fr. ; gros trait, 500 à 800 fr. ; 550 vaches ; grasses, fr. 80 ; laitières, 120 à 300 fr. ; maigres, 60 à 120 fr.
20,000 moutons : antenais, 23 à 28 fr. ; botes de cinq ans, 26 à 31 fr.
450 porcs : gras, fr. 90 à 1 fr. le kilog ; maigres, fr. 30 à fr. 85 ; de lait, 18 à 30 fr.
En août 1849, l'arrêté de novembre 1843, sur les couvertures en chaume, est rapporté par M. de Suleau, préfet.
En décembre 1849, l'hectolitre de blé vaut 14 fr. ; l'avoine, 5 fr. 50 ; le pain de 4 livres, fr. 90.
Les variations du blé ont été très sensibles, à partir du XVI e siècle; la valeur de l'hectolitre de blé en France était vers: 1514, 3 liv. 89; 1536, 8 liv. 56; 1610, 13 liv. 32; 1640, 14 liv. 52; 1790,15 liv. 70; 1820, 18 fr. 88; 1840, 21 fr. 50; 1850, 15 fr. 50.
Au comice agricole de 1850, le prix de 300 fr. de la Ville est décerné à M. Lhomme, de Fresnaye, pour ses moutons. Sont aussi primés, MM. Guérin de Challet, Lelongde Poisvilliers, Jumeau de Bouglainval.
M. Maunoury, de Saint-Germain-la-Gâtine, obtient un prix pour un taureau ; des primes pour génisses sont accordées à MM. Isambert de Senneville et Lelong de Senneville.
Au premier landi de juillet 1850: 37,000 moutons; baisse de 2 à 3 fr. ; 200 béliers, prix maximum 300 fr.
Au troisième landi : 150 guimbardes et 350 carrioles de laines; en tout 390,000 kilog. ; prix de la laine mère, Ofr. 85 à 1 fr. 10 le demi-kilog; agneau 1 fr. 10 à 1 fr. 40; 21,000 moutons.
A la Saint-Barthélémy, 23,000 moutons; hausse, 1 fr.
9,600 meules de cercles : 1 fr. 40 à 1 fr. 50 la meule.
L'ne commission d'agriculture est créée le 2 janvier 1851 ; elle comprend 24 membres: un par canton.
MM. Bonnet, cultivateur à Archevilliers, pour Chartres- Nord.
Isambert père, de Sours pour Chartres-Sud.
Bailleau d'Illiers, pour Illiers.
Lelong, à la Folie, pour Maintenon.
Roussille aîné, de Villeau, pour Voves.
En plus, les présidents des comices agricoles, les membres du Conseil général et de la Société centrale d'agriculture.
Le 3 janvier 1852, l'hectolitre de blé est coté 17 fr.
Le 10 avril 1849, le premier convoi du chemin de fer
de Paris, arrive à Chartres, avec les entrepreneurs ; le premier train d'organisation du 29 avril, parti de Paris, éprouve le déraillement de deux wagons à Viroflay, au passage sur une aiguille.
Le 24 juin 1849, un train arrive avec deux locomotives; le convoi portait plus de 300 personnes. Boulay de la Meurthe, vice-président de la République, s'y trouvait avec le général Lebreton.
Enfin le 5 juillet, inauguration oilicielle.
Le matin, ban de tambours. S'avancent les maires»
les curés des villages ; les habitants les suivent ; aussi la garde nationale.
Le Président de la République arrive vers midi et quart; salve d'artillerie.
Sur des wagons découverts, une estrade et un autel ont été dressés. La bénédiction religieuse du chemin de fer est faite par M* r Pie, évéque de Poitiers. Puis discours du Préfet, du maire, de M* r Pie.
Le Président monte à cheval, passe la revue des troupes et de la garde nationale; il est accompagné de MM. Boulay de la Meurthe, vice-président, Odilon-Barrot, président du Conseil, Dupin aîné, président de l'Assemblée législative, Rulhière, ministre de la guerre, le Ministre des travaux publics, Horace Vernet, peintre, les représentants Noël Parfait et Lebreton.
A 3 heures et demie, banquet ofliciel ; à 5 h., le Président repart pour Paris ; à 7 heures, banquet de garde nationale, où se trouvèrent réunis plus de 1,400 convives.
Le banquet eut lieu sur la butte des Charbonniers ; il a été délivré 1,316 billets à 1 fr. 50 : 1,974 fr. Le pain a coûté 177 fr. 35 ; le vin 308 fr. ; les viandes 698 fr. 75 ; le saucisson, le fromage 164 fr. 80 ; l'eau, le sel et menues dépenses 10 fr. 60, etc., — en totalité 1,910 fr. 80. Il est resté une somme de 63 fr. 20, pour le bureau de bienfaisance. Le soir, illuminations et bal.
Le 25 août 1850, un train de plaisir pour la mer (le Havre) est organisé, à 500 places ; en seconde, 12 fr., en troisième, 8fr., aller et retour. « Les amateurs pourront prendre un bain de mer et aller en bateau à vapeur. »
Le 1 er septembre, un train de plaisir pour Paris, 200 places, coûte, aller et retour, 5 fr. en seconde, 3 fr. en troisième, avec entrée à l'Hippodrome et au Château-Rouge.
Le 14 septembre, train de 500 personnes pour Boulognesur-Mer, aux prix de 14 et 10 fr., aller et retour; il y aura excursion facultative pour Folkstone. Succès énorme.
La Compagnie ne peut plus faire de trains de plaisir pour le Havre, toutes les demandes ayant absorbé les places pour Paris, jusqu'à la fin de la saison.
Le service régulier comportait cinq trains de voyageurs, par jour, dans chaque direction, Chartres étant terminus de la ligne.
Enfin le voyage à Londres, en septembre, comprenant 100 billets, fut très réussi; la durée était de quatre jours, le prix de 34 fr. en seconde, le séjour à Londres, repas et logement, de 32 fr.
En juillet 1852, a lieu l'ouverture de la nouvelle gare de Montparnasse, à Paris.
Armée, statue de Marceau. — Au mois de février 1848, les travaux de la caserne de Saint-Père sont terminés ; l'effectif au complet, de la garnison, va y être logé. L'administration de la Guerre fait remise du petit quartier de Saint-André à la Ville, suivant convention du 23 septembre 1837.
Le 18 mai 1848, élections de la garde nationale.
Sont nommés : à la compagnie d'artillerie, capitaine Haye; sergents-fourriers des bataillons : MM. Garnier-Séguin, imprimeur, Lancelin avoué, Sellèque journaliste.
La garde nationale, aux émeutes de juin, est appelée à Paris ; le général Cavaignac la place, pour la défense de l'Hôtel de Ville, à la Bastille, au plus fort de l'action ; M. Marescal l'accompagne.
Les gardes nationales de l'arrondissement de Châteaudun passent par Chartres ; arrivées à Paris, elles ont été envoyées à l'Assemblée Nationale.
Lemaire, du Bourgneuf meurt, le 5 juillet, des suites de la blessure qu'il a reçue, près de la place de la Bastille; une balle lui avait traversé le poumon. Il a reçu au Louvre les soins du docteur Rousseau, représentant d'Eure-et-Loir, qui a ensuite embaumé le corps, pour l'envoyer à Chartres; le service a eu lieu dans la cathédrale, remplie de monde.
Dans la Corrèze, le curé de Chabrignac a été nommé lieutenant de la garde nationale.
A la suite de la revue des pompiers, le 5 décembre 1850, un banquet a lieu à l'auberge de l'Ecritoire. Pendant le repas, le maire et les adjoints viennent visiter les pompiers à leurs tables.
En 1851, répartition d'une somme de 10,532 fr., pour les incendiés du Coudray.
L'incendie du Coudray, survenu le 6 juin 1851, avait détruit 45 maisons, 500 creux ; 47 ménages étaient sans asile ; les pertes dépassaient 85,000 fr. Il n'y avait guère d'assurés à cette époque.
Une représentation est donnée en juillet, en faveur des incendiés, par des amateurs ; on joue Ruy Blas, drame en cinq actes, en vers, de Victor Hugo.
Dans la nuit du 18 novembre 1852, léger incendie dans la forge de la fonderie (M. Fromont directeur).
En novembre 1847, le marquis de Chateaugiron, consul de France à Nice, envoie au maire de Chartres, au nom de Sergent-Marceau, décédé, et de Antoine Bertin d'Haussy- Sergent, son fils adoptif, le sabre porté par Marceau à Altenkirchen. Des remerciements sont votés par le Conseil, à Bertin d'Haussy.
En 1849, le ministère de l'Intérieur souscrit la somme de 6,000 fr., pour l'érection de la statue de Marceau; le Conseil municipal vote 2,000 fr., le Conseil général, 500 fr., etc., en totalité 18,075 fr. 10; le maire est autorisé à traiter, pour le modèle de la statue, avec M. Préault, artiste sculpteur à Paris, moyennant 5,000 fr.
Le 7 août 1850, une commission est nommée, pour donner son avis sur le modèle de la statue de Marceau, par Préault; cette commission se compose de MM. Horace Vernet, David d'Angers, membres de l'Institut, Foyatier et Etex statuaires, Guizard, chef de la division des Beaux-Arts au ministère de l'Intérieur. Le modèle accepté, le fondeur choisi est M. Eck.
« La hauteur de la statue est de 3 m 248.
» Marceau est représenté debout, la tète découverte, les cheveux longs, comme on les portait alors, le col presque nu, une cravate nouée sur le devant, le serre à peine. Il porte une veste de hussard, ouverte sur la poitrine, un pantalon collant, de petites bottes avec éperons.
» Le costume du général a été pris dans la gravure coloriée, due à Sergent. C'est l'uniforme de hussard qu'il portait le jour de sa mort.
» L'attitude du général est noble ; il est bien posé ; la
statue est faite de manière à pouvoir être vue sous toutes les faces ; l'ensemble est en tous points satisfaisant.
» La figure de Marceau est grande et belle à la fois ; son regard, qu'il porte haut, n'a rien de farouche ; sa physionomie, toute sévère qu'elle soit, n'a rien de dur; ses narines un peu ouvertes donnent à sa figure une animation heureuse; sa moustache est bien dessinée. On trouve dans le visage de la fierté, de l'énergie et de la bonté.
» Il y a quelque chose de mâle et de fortement accentué dans toute la contenance du personnage ; le soldat, le guerrier apparaît tel qu'il est; c'est la nature prise sur le fait. »
Le modèle est acheté 5,000 fr. par la Ville. Eck et Durand, fondeurs à Paris, traitent pour la somme de 9,500 fr. ; on leur donne, en compte, la pièce de 4, en cuivre, appartenant à la Ville et impropre au service ; le piédestal coûtera 8,500 fr.
A la majorité d'une voix, le 1 er septembre, le Conseil désigne la place Marceau pour y ériger la statue.
— « Cela pourra changer, s'écrie un conseiller. »
Le 9 mai 1851, le Conseil choisit la place des Epars, par un nouveau vote.
Gaullier, sculpteur, de la famille Marceau, offre d'exécuter gratuitement la sculpture du piédestal. Le Conseil accepte, et lui vote des remerciements.
L'inauguration aura lieu le 21 septembre 1851.
Un crédit de 7,000 fr. est voté pour la fête ; Godillot, chargé des aménagements ; Ruggieri, du feu d'artifice.
Le Président de la République ne pouvant venir, le banquet est supprimé ; les ministres de la Guerre et de l'Intérieur assisteront à l'inauguration.
Il est ajouté une ascension de ballon par Godard.
Sciences, arts, fêtes. — Aux élections du tribunal de commerce de juillet 1849, 3,151 commerçants patentés sont inscrits. 118 votants, M. Leviez-Huet est élu président par 99 voix. 107 votants, élus juges, MM. Damars architecte, 67 voix, Doullay marchand, 55. 71 votants au 2 e tour, juges MM. Isambert-Lefebvre, 36 voix, Perrier, 35.
41 votants pour les suppléants : élus, MM. Levassort- Gaudichau, 28 voix; Coquard, 28; Facié-Beaufre, 25; au 2 e tour 15 votants, M. Vangeon carrossier, par 15 suffrages.
L'élection est terminée à 10 h. 1/2 du soir.
M. Chasles est élu président en 1851.
A l'exposition de Londres, en 1851, M. Fromont,
constructeur-mécanicien, chef de la fonderie, obtient une médaille d'or; M. Mauzaize, une de bronze; plusieurs chartrains, d'autres. Le Conseil vote une somme de 300 fr. pour offrir des médailles en souvenir, aux chartrains récompensés à Londres.
Le 15 juin 1848, la Société hippique percheronne,
qui vient de se constituer, donne ses premières courses à Courtalain. Les trois tours d'hippodrome, formant 2,700 mètres, sur un terrain de labour, ont généralement été franchis en 7 minutes.
En janvier 1848, concert de la Philharmonique pour
les pauvres, au théâtre de M. Stokleit. Salle comble.
Le 7 février, bal très nombreux, pour les pauvres, à la mairie; orchestre Depas.
En 1849, le bal produit 2,126 fr.
Au mardi gras, Rodolphe, le bœuf gras, appartient à M. Gibon, boucher; il pèse plus de 1,100 kilog.. Une partie de la musique des cuirassiers accompagne le cortège.
Pour la fête de la Concorde à Paris, en mai, les illuminations ont paru extraordinaires :
30,000 maisons à 10 lampions . . . 300,000
Verres de couleur 300,000
Lanternes chinoises 10,000
Becsdegaz 30,000
Lampions pour ifs et monuments publics . 200,000
Total 1,040,000 à fr. 20 = 208,000 fr.
11 a été tiré 8,402 coups de canon.
En août 1850, 250 portefaix fêtent la Saint-Christophe, fête très brillante ; les menuisiers, la Sainte-Anne.
Bal au profit des pauvres, en février 1851, dans la salle Rigault, rue du Cheval-Blanc : 12 fr. pour une famille, 8 fr.
pour une personne seule. Commissaires, MM. Barrier, Belville, Boy, Brochant-Laboulaye, Devaureix, Doublet de Boisthibault, Durand Félix, Noël Parfait, Peluche.
Grand bal paré et masqué au théâtre, le mardi-gras.
En prenant une entrée au bal, il sera délivré un billet de la grande tombola de 25 billets, de la loterie des lingots d'or, où Ion peut gagner des lots de 400,000 fr., 200,000 fr., 100,000 fr., etc.
En mars, bal des commerçants à la salle Rigault.
Au bal des pauvres de 1852, recette nette de 1,657 fr. 10.
Par arrêté du Ministre de l'intérieur, le sieur Thuillier
a été autorisé à exercer les fonctions de directeur des théâtres d'Eure-et-Loir, à partir du 1 er avril 1848, en remplacement du sieur Stokleit.
Voici l'itinéraire qu'il sera obligé de suivre:
Chartres, du 10 au 30 mai ;
Nogent-le-Rotrou, du 24 au 30 juin;
Châteaudun, du 1 er au 16 juillet;
Dreux, du 1 er au 15 septembre ;
Chartres, du 1 er novembre au 18 avril.
En mai, Don Pasquale, succès ; puis le Barbier de Séville.
Le Conseil alloue à Thuillier cent francs par mois, à partir du 1 er décembre 1849 ; il devra améliorer la composition de sa troupe.
Le 12 novembre, pour l'ouverture de la saison d'hiver, première représentation, reprise, de la Dame blanche, épisode en trois actes et les Lampions, scène comique.
Thuillier fait de bonnes recettes avec la Dame Blanche et la Fille du Régiment ; le 18 janvier 1849, il donna : La Propriété, c'est le vol, par Clairville et Cordier ; foule énorme.
D'un critique : « Adam et Eve chantent, dans le Paradis terrestre, des couplets aussi décolletés que leurs costumes. Survient le serpent; le serpent, c'est M. Proudhon, avec ses favoris et ses lunettes vertes ; le reptile socialiste s'en va chanter des cavatines sur le balcon d'Eve et, à force de lui dorer la pilule, finit par lui faire avaler le fruit défendu.
» Du Paradis, on passe dans la Réforme.
» Sont passés en revue, le t droit au travail en 1852, la bourse d'échange en 1853, la fin du monde en 1854 et la Résurrection.
» C'est fade, incolore, vide d'esprit et de gaieté.
» Adam subit toutes les infortunes ; on meublera sa maison malgré lui, on lui arrache de force des dents saines, on lui vole un pâté qu'il échange contre une marmite ; on le condamne à la camisole de force ; bref, on finit par l'assassiner.
» Apparaît à la lin un ange en chair et en os ; c'est M lle Liné, fort jolie femme. »
En avril 1850, Napoléon, l'Empire et la République ; clôture.
Pour la saison de mai, la troupe d'opéra de M. Thuillier donnera : La Part du diable ; Gendrillon ; l'Ambassadrice ; Richard Cœur-de-Lion ; le Domino noir ; le Pré aux clercs ; Lucie de Lamermoor, la Favorite ; le Maître de chapelle ; les Visitandines ; les Diamants de la couronne ; Ma tante Aurore; le Nouveau Seigneur; les Rendez-vous bourgeois; le Maçon ; Gilles le ravisseur, et des vaudevilles.
Quelles promesses! !
Au début de l'année 1850, révolution au théâtre. « Thuillier, poussé à bout par la dureté des temps, écrit un chroniqueur, a quitté la direction ; il connaissait sans doute son sort d'avance ; il avait fait des promesses qu'il n'a pu tenir.
» Les acteurs se sont constitués en société. On pourrait se passer de directeur; une commission et un régisseur suffisent, si le spectacle est suffisamment encouragé. Il faudrait de l'opéra ; un professeur de musique de la ville se mettrait à la tète d'une troupe d'opéra, si la ville mettait gratis, à sa disposition, la salle de spectacle. »
Au Mans, le directeur Colson quitte également.
Le Juif-errant, d'Eugène Sue, fait chambrée complète : deux représentations ; mais le 14 mars, les acteurs s'en vont sans terminer l'année théâtrale.
« Hyacinthe, venu de Paris pour jouer, s'en retourne avec son nez, pyramidal comme chacun sait. »
Stokleit revient, directeur des théâtres d'Eure-et-Loir.
En février 1850, Monte-Christo , d'Alexandre Dumas, drame en onze tableaux ; nombreux public ; la Foi, l'Espérance et la Charité, drame de Rodier. Deuxième représentation demandée. La musique du 6 e dragons joue une ouverture ; le spectacle est terminé par un pas de deux, dansé par M. Briet et M me Ferrano.
En mai, le Barbier de Séville, le Chalet, les Diamants de la Couronne, la Part du diable; peu de monde.
A la foire, le bal Willis, avec douze musiciens ; Haydée, grand succès.
En août, Stockleit donne sa démission ; ses musiciens l'avaient quitté pour le bal Willis.
En novembre, Filhol devient directeur; il donne la Niaise de Saint-Floui\ drame de famille en cinq actes.
A la Saint-André : Les deux sœurs de charité, vaudeville en trois actes ; le Trottin de la modiste, vaudeville nouveau en deux actes ; Quand l'amour s'en va, un acte. Le lendemain: Un gendarme aux épinards, de Brisebarre, etc.
Pendant la saison d'hiver : Jenny l'ouvrière, un mois après la première à la Porte Saint-Martin ; Y Ami Grandet, le Tigre du Bengale; Marianne, en 7 actes, d'Anicet Bourgeois, deux représentations.
Encore les Deux sœurs de charité et Jenny l'ouvrière.
Fihlol, termine la saison par Paillasse, de Dennery, en cinq actes, joué à Paris par Frédéric Lemaître.
A la foire de mai : la Grâce de Dieu. Le cirque Colombier, appelé cirque olympique, où se présente la famille Bono ; tous ses membres sont écuyers; le plus jeune a trois ans ; il montre de l'aplomb sur son cheval.
» La galette du gymnase, au dire d'un chroniqueur, fait concurrence au pain d'épice, et son fumet fait envie au soldat citoyen, qu'une consigne rigoureuse retient au poste à l'heure du dîner. »
» Mais son succès fut éphémère, et le pain d'épice triomphant a gardé pendant plus de cinquante ans encore, sa prépondérance. »
A partir de novembre 1851, une subvention mensuelle, de
cent francs, est accordée au sieur Fresson, directeur. En même temps, le Conseil vote 200 fr., pour Tachât de deux contrebasses pour le corps de musique.
En 1852 : Napoléon et Joséphine^ drame en cinq actes.
François le Champi, M 11 ' de la Seiglière, de G. Sand.
Fresson continue sa direction, avec une nouvelle troupe. En mai, il donne La Poissarde de la Halle en 180k, par Dupetit, Deslandes et Bourget; Napoléon, l'Empire et Paris en 1850.
A la foire : le cirque Loyal, le bal Willis obtiennent un grand succès, comme Tannée précédente.
La saison d'hiver arrive, M. Fresson fait jouer Le Courrier de Lyon et d'autres drames; le Conseil lui continue la subvention pendant six mois, à la condition qu'une représentation mensuelle d'opéra-comique soit donnée.
Politique, mairie. — L'Empereur désire, dit le Préfet, dans sa lettre du 29 novembre 1852, au maire, que la cérémonie de la proclamation de l'Empire et de son avènement au trône soit marquée par des actes de bienfaisance. Le Conseil vote 1,000 fr. pour illuminations et décorations extérieures, et 3,000 fr. pour distribution extraordinaire du bureau aux indigents.
En février 1853, le maire fait adopter par le Conseil, une adresse à l'Empereur, à l'occasion de son mariage avec la comtesse de Montijo.
« Sire,
« La France reconnaissante vous a fait Empereur ; vous venez, par votre union avec une princesse, qui orne votre trône des grâces les plus aimables et des plus éminentes qualités, d'affirmer la confiance que le pays a placée en vous.
» Cette alliance nous donne l'assurance que les institutions que vous avez fondées se perpétueront, et que votre postérité, imitant les vertus de l'Empereur et de son Auguste épouse, continuera à développer en France les sentiments qui font la gloire des nations, en même temps qu'ils contribuent à leur prospérité.
» Le Conseil municipal de la ville de Chartres prie Votre Majesté d'agréer ses respecteuses félicitations et l'hommage de son dévouement. »
Le Conseil prête le nouveau serment: « Je jure obéissance à la Constitution, et fidélité à l'Empereur. »
Le marquis d'Argent, député, étant décédé, le baron Reille est élu, en février 1853, par 23,273 suffrages, pour les arrondissements de Chartres et de Chàteaudun.
La guerre entre la France et la Russie est déclarée, en 1854. Le il mars 1855, appel à l'activité de 140,000 hommes disponibles sur la classe de 1854.
Le naufrage de la frégate, la Sémillante venait d'avoir lieu, sur l'îlot Lavezzi, au détroit de Bonifacio. La frégate partait de Toulon pour TOrient ; dans cette tempête effroyable, périrent le commandant Jugan, qui n'avait pas voulu doubler la Sardaigne et 694 hommes.
La tour Malakoff fut enlevée, en septembre 1855, par le général Bosquet, après six assauts; la tranchée avait été ouverte le 9 octobrç)1854 ; le siège dura 330 jours.
La paix, entre la Russie et la France, fut signée à Paris, le 30 mars 1856.
Par décret impérial du 14 juin 1855, M. Henri Sédillot est nommé maire, MM. Bonnard et Doullay-Guérin, adjoints.
Le 10 août, installation du Conseil, élu fin juillet: MM. Leviez-Huet, de Boisvillette, Leprince, Genêt, Doublet de Boisthibault, Foiret-Raimbert, Doullay-Guérin, Billard de Saint-Laumer, Durand Auguste, Isambert-Lefebvre, Anctin, Bellier de la Chavignerie, Cordeau, Voyet, Guillaume de Bassoncourt, Peluche, Bonnard, Amy, Doullay-Gillot, Lefebvre-Dollemont, Mauzaize, Brochand - Lafosse , Sureau , Leroy, Labiche, Louvancourt. Ce dernier n'accepte pas.
Aucun candidat n'avait été élu au premier tour, par suite d'abstentions. Au second tour, sur 4,466 inscrits, 8<ï8 électeurs ont voté.
A la fête de l'Empereur, le 15 août 1855, il est distribué 1,000 fr. en pain, aux indigents, et 1,000 fr. pour les familles des soldats morts devant l'ennemi.
En mars 1856, le Conseil vote une adresse à l'Empereur, à l'occasion de la naissance du Prince Impérial.
« Sire,
« En vous accordant un fils, la Providence a exaucé vos vœux et ceux de la France ; le Conseil municipal de Chartres vient vous témoigner la joie sincère qu'il éprouve de la naissance du Prince Impérial.
» Cet auguste enfant grandira sous vos yeux ; il saura s'animer des grandes pensées que vous avez fait monter avec vous sur le trône, et des douces vertus de S. M. l'Impératrice.
» Destiné à continuer vos œuvres, il apprendra à consolider les institutions que vous avez fondées et à faire respecter partout le nom de la France. Prince de paix et de conciliation, il concourra à la conservation du repos dont jouit le pays, et à donner à l'industrie et aux arts la protection et le développement qui leur sont nécessaires.
» Aussi, votre'dynastie s'appuyant sur l'affection et la confiance des Français, traversera les âges, entourée des bénédictions publiques.
» Tels sont les vœux, Sire, que le Conseil municipal de la Ville de Chartres est heureux de déposer, avec ses respectueuses félicitations, sur le berceau de l'auguste rejeton, héritier de l'Empire. »
Le 14 juin 1856, 86 maires, des bonnes villes, assistent au banquet du baptême du Prince Impérial.
Le Conseil vote 1,800 fr., dont la moitié pour réjouissance, et l'autre moitié, pour les victimes des inondations. Il vote aussi une somme de 150 fr., pour une médaille à l'effigie du Souverain et du jeune prince : cela avait d'ailleurs déjà été fait, en 1811, à la naissance du Roi de Rome, par tous les maires des 49 bonnes villes de France.
Deux exemplaires de la médaille furent remis au Musée.
Après la prise de Sébastopol, et la terminaison de
la guerre d'Orient, le premier régiment de Hussards, revenant de Crimée, arrive à Chartres, en août 1856.
Le Conseil va à la rencontre du régiment ; une soirée, à la Salle Sainte-Foy, est offerte aux officiers ; cette soirée comprend 75 officiers et 25 civils. Une distribution de vin,
viande, eau-de-vie, est faite aux militaires, au nombre de 1,123 hommes.
Un arc de Triomphe est dressé, rue Jean-de-Beauce.
La dépense a été de : soirée 913 fr. 65 ; distribution à la troupe 871 fr. ; décoration, arc de triomphe, illuminations 332 fr. ; rafraîchissements au corps de musique et aux sapeurs-pompiers 54 fr. 75; en totalité, 2,171 fr. 10.
En juin 1856, M. Jaubert est nommé préfet, en remplacement de M. de Grouchy.
Aux élections législatives, pour les arrondissements de Chartres et de Chàteaudun, des 21 et 22 juin 1857, M. G. Reille est élu, par 18,046 voix contre 6,940, obtenues par M. Barthélémy.
Dans les arrondissements de Dreux et de Nogent-le-Rotrou, le colonel Normand est nommé par 15,428 voix ; M. Bosselet obtient 10,409 suffrages.
En juillet, le chansonnier Béranger meurt; ses obsèques sont faites aux frais de l'Etat.
Le 3 août, à la session du Conseil général, sont nommés par décret impérial : Président, le général Lebreton ; viceprésident M. Grandet ; secrétaires : MM. le marquis de Pontoi- Poncarré, Mézirard.
En juin 1858, MM. Genreau et Leviez-Huet sont élus conseillers généraux, le premier était sortant, et le second remplace M. Grandet, décédé.
Au commencement d'août, entrevue, à Cherbourg, de la Reine d'Angleterre et de l'Empereur.
Le 14 janvier 1858, attentat d'Orsini. Des bombes
sont lancées sous la voiture de l'Empereur, qui arrivait à l'Opéra ; trois explosions successives se font entendre. Un fragment de projectile avait traversé le chapeau de TEmpereur ; un éclat de vitre l'avait égratigné au nez ; son aide de camp, le général Roguet était légèrement blessé ; l'Impératrice n'avait pas été touchée. Cent quarante et une personnes avaient été atteintes, soit mortellement, soit avec plus ou moins de gravité.
Des mesures de rigueur, la loi de sûreté générale, furent la conséquence de cet attentat.
Une adresse à l'Empereur est votée quelques jours après, par le Conseil municipal, M. Sédillot étant maire.
Le 21 août 1858, passage à Chartres de leurs Majestés l'Empereur et l'Impératrice, dans leur voyage de Normandie et de Bretagne. Dans la cour de la gare, des estrades contenaient 1,200 personnes ; la salle d'attente des voyageurs avait été transformée en salle du Trône, où les autorités furent reçues. Vingt jeunes filles ont présenté leurs hommages à Tlmpératrice ; deux bouquets sont offerts, l'un par M ,,e Jaubert, fille du préfet, l'autre par M 1,e Sédillot, fille du maire.
Les frais de la réception s ? élèvent à 3,539 fr. 75 ; le feu d'artifice, non tiré au 15 août, est utilisé ce soir-là.
Le 1 er mai 1859, l'Empereur part pour l'Italie, prendre le commandement des armées française et sarde, contre l'Autriche ; il fut salué, à son départ de Paris par des acclamations chaudes et sincères, auxquelles il n'était pas habitué.
Victoires de Montebello, Palestro, Turbigo, Magenta, Mélignano, et Solférino, où combattirent 300,000 hommes; puis, après cette guerre de six semaines, armistice de Villafranca et traité de Zurich.
Retour triomphal de l'armée d'Italie à Paris, en août. Après la conclusion de la paix, adresse à l'Empereur. « Sire,
» L'intérêt de la France et le désir de rendre l'indépendance à l'Italie, ont déterminé Votre Majesté à entreprendre une guerre juste et honorable. Notre armée a vu constamment la victoire couronner sa valeur, et la modération de son illustre chef a pu seule, arrêter son élan guerrier.
» Dans votre générosité, vous avez proclamé la paix, qui a été accueillie partout avec enthousiasme et reconnaissance.
» Partageant avec toute la France, l'espoir que la paix sera de longue durée, le Conseil municipal de Chartres, vient vous offrir ses respectueuses félicitations de cet événement glorieux, et il vous prie d'agréer l'hommage de son dévouement inaltérable. »
Fêtes pour la conclusion de la paix. Réceptionne 24 août,
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offerte au 72 me régiment de ligne, à son retour de la campagne d'Italie. Le premier bataillon comprend 10 officiers et 560 hommes ; le second, 15 officiers et 640 hommes.
Somme votée : 1,200 fr. ; elle a été dépassée de 540 fr.
En septembre 1859, amnistie générale.
Elections municipales de 1860.
Sont élus, au 1 er tour de scrutin : MM. Fontaine 1,253 voix ; de Boisvillette 1,223; Leviez-Huet 1,221; Leroy 1,196; Doullay-Guérin 1,185; Doullay-Gillot 1,185; Isambert-Lefebvre 1,178; Billard de Saint-Laumer 1,171; Rabinel 1,169; Leprince 1,167; Genêt 1,157; Doublet de Boisthibnult 1,152.
Au 2 me tour, MM. Morice-Coquard 1,175; Mauzaize aîné 1,169; Bonnard, adjoint 1,014; Cordeau 1,011; Anetin 1,010; Voyet, médecin, 996, Boy 969, Durand, médecin, 948 ; Brochand-Lafosse942; G.deBassoncourt892; Lefebvre, suppléant du juge de paix, 891 ; Varéliaud, v. p. du tribunal civil, 876; Bellier de la Chavignerie 868; Greslou, médecin, 842; Amy
Aux élections du tribunal de commerce, de 1854, avaient été élus: Président, M. Leviez-Huet, par 22 suffrages ; juges : MM. Fessard 26, Doullay-Gillot 23; juges suppléants: MM. Facier-Beaufre 15, Tessier-Bataille 14.
En 1856, M. Isambert-Lefebvre est élu Président, en remplacement de M. Doullay-Gillot, non éligible.
En 1860, Président, M. Doullay-Gillot; juges, Noël fils, Delacroix; suppléants, Labiche, Leprince.
M* r Regnault, évéque du diocèse, de Bertheville, président du tribunal, sont nommés chevaliers de la Légion d'honneur.
Un banquet de 2,500 couverts a lieu au quartier de cavalerie ; presque tous les sapeurs-pompiers du département y prennent part.
A la préfecture, réception et bal.
Le 25 janvier 1860, le traité de commerce, dit du libre échange, avec l'Angleterre, apporta de notables réductions aux droits de douane.
Le 15 juin, annexion du Comté de Nice et de la Savoie.
L'expédition des mille, en Sicile, faite par Garibaldi, réunit le royaume de Naples aux Etats Sardes : la situation de la Papauté devient précaire. Les Etats-Unis sont livrés à une guerre, dite de sécession, formidable. La guerre de Chine, où s'illustre le général Cousin-Montauban, nommé comte de Palikao ; l'Empire faisant de faibles concessions à l'opinion publique, ce qui lui vaut le titre d'empire libéral ; la guerre du Danemark, où l'Allemagne et l'Autriche s'unissent pour écraser ce peuple; la guerre du Mexique et l'Empire de Maximilien, de si peu de durée : toutes ces causes préparaient un affaiblissement de la puissance française.
Le 2 juillet 1860, funérailles du Prince Jérôme, ancien Roi de Westphalie, qui vivait, depuis quelques années, au château de Gourdez, commune de Morancez, près Chartres.
En juin 1861, M. Leviez-Huet est réélu conseiller général du canton de Chartres-Sud; MM. Durand et Stanislas Isambert. conseillers d'arrondissement, sont aussi réélus dans le même canton.
En novembre 1860, expédition de Chine.
En 1863, élections législatives, pour les arrondissements de Chartres et de Chàteaudun.
ensemble 12,312
Vicomte Gustave Reille
. 21,229 voix, élu.
Emile Labiche, avocat .
E. Lelong, agriculteur . .
Gatineau, avocat . . . .