‹ Histoire de Chevaliers romains considerée dans ses rapports avec les différentes constitutions de Rome depuis le temps des rois jusqu ́au temps des GrecquesChapitre 16 sur 45 · CARDE »1» ROIS · texte numérisé non relu

CARDE »1» ROIS

L'identification entre les chevaliers et les Celeres ne date que du règne d'Auguste. Tite-Live parle encore des trois cents gardes du corps de Romulus, appelés Celeres, comme d'une troupe entièrement différente de celle des trois cents chevaliers. Dans son histoire, il est question des uns au chapitre xni, des autres, au chapitre xv du livre premier. Plutarque, qui suit Tite- Live, ou puise aux mêmes sources 1 , non seulement établit la même distinction, mais il imagine, à l'honneur de Numa, une suppression de la garde des Celeres par ce roi pacifique"'. Au contraire, Denys : ' et Pline 4 confondent tout à fait les Celeres avec les chevaliers. Celte identité n'était donc pas encore établie dans l'esprit des auteurs, au temps où Tite-Live écrivait sa première décade, vers l'an 20 ou 25 av. J.-C. 5 ;

1 Voir plus haut, ch. I ,r , S 3. — Plulart|ue, Vie tir Xmua 7. — :i Denys. Il, 13. — * Pline. Tfist. naturelle, liv. NWIII, c h. '.I. Comp Paul Diacre, />• signification* verborum. liv. III, p. li Ho letlition Tcuhner, «832, cl Poiiipoiiins. Diyestr t'r origine jmïs, liv. 11. $ 15, 10. — 5Tite-Li\e v l, 1ÎM écril entre Icm ucu\ pu-miéres formel m es il il temple île Janus par Auguste. e'cst-a-ilire entre 29 et 21 nv J.-C. Il ilonne au premier empereur le nom d'Auguste qui lui fut ilecoinc on l'an Î7.

mais elle fut admise dans la tradition historique et dans le langage officiel, vers l'époque où Denys composait le second livre de ses Antiquités romaines, vers Tan 8 avant J.-C. ("est Denys lui-même qui nous l'apprend l . Après avoir décrit l'élection des chevaliers Rhamnes, Tities et Luceres par les curies, il ajoute :

t Ils portaient tous le nom commun de Celercs, » qu'ont pris aussi les chevaliers de notre temps. »

C'est que, dans les vingt années qui venaient de s'écouler (28-8 av. J.-C), Auguste, pour entourer sa domination nouvelle de tous les prestiges du passé, avait essayé de réparer, au moins superficiellement, les vieilles institutions, qui tombaient en ruines. L'archéologie fut appelée au secours de cette politique de restauration \

Les chevaliers durent prendre le nom de Celeres qui. respectable par son antiquité, avait aussi l'avantage de les rattacher plus étroitement à la personne du premier empereur, en les assimilant à la garde du premier roi. 1

Si l'on veut bien comprendre ce que Denys et Tite-Live nous racontent des Celeres, il ne faut pas oublier la différence des points de vue où les deux écrivains étaient placés. Celte différence s'accuse surtout dans le récit que font ces deux auteurs de la révolution de 509 av. J.-C.

t Donys, 11, 13. Venins Flaceus, précepteur de Caïus César, qui avait dix ans en l'an 8 av. J.-C, ne manqua pas d identifier les chevaliers et les Celeres, et c'est de son livre que cette confusion a passe dans Festus, î,. \ . Crtrr, et dans Paul Diacre, s v. Cricris, liv. III, éd. Teulmer, p. 42, Leipsiek, 1KJ2. Denys (I, 7). venu à Rome après la bataille d'.Vciiiiiii } (Hait depuis vinpt-deux ans lorsqu'il écrivit ses Antiquités Romaine*. — • Tite-I.ive \i\ , io) nous monire Auguste « fondateur ou ivstuuntt. ui de tous Us ttmples, . décliitïram l'ui.saïption de Corn. Cossus sur la cuirasse de Mu de Tolumnius.

Dans Tite-Live, Junius Brutus, tribun des Celeres, c'est-à-dire chef des gardes du corps, et non des chevaliers, voit, à l'appel du héraut, se réunir autour de lui un attroupement tumultuaire du peuple pour approuverai révolution 1 .

DansDcnys 8 , Brutus, chef, et non pas tribun des Celeres, a plus qu'un simple commandement militaire. Il est à la tète de toute la chevalerie. Successeur de Celer, qui fut sous Romulus chef des trois centuries équestres 3 , il exerce, à ce litre, une véritable magistrature. Il est assimilé à ce que fut plus tard, le magister equilum 4 , et s'attribue le droit légal de convoquer les curies et de les faire voter sur l'expulsion des rois 5 .

Ainsi, le titre de tribun des Celeres, dans les historiens, désigna, jusque vers l'an 25 av. J.-C. le chef unique de la garde de Romulus et de ses successeurs. Les chevaliers crurent flatter Auguste, en prenant, au temps deDenys, le nom de Celeres, comme pour témoigner de leur dévoùment à la personne du prince qui avait reconstitué la chevalerie, et rétabli en sou honneur la fête militaire et religieuse du 15 juillet".

Denys emploie le langage de sou temps, et appelle Celeres les chevaliers du temps des rois. Il veut qu'ils aient eu, sous Romulus, un chef supérieur, et trois centurions 1 , qu'il nomme aussi chefs des Celeres 8 . L'existence de ces trois centurions de la chevalerie primitive est vraisemblable. Les chevaliers desccn-

; Tito l.ivr, I, 59. — Dt'iiys. IV. 71, lin. — : < l)en\s, II, 13 • Pomponiu*, Digeste rte nr juris, II. § !■>, l'J. Lyilus. be iimy. roui., I. 14, 19. P. Diacre. Design v, rb., III, p. 42. td TcuImioi - 5 Uenys, IV, 71, fin. — * Sucione, Vie d'Auguste, 38-40. — ' Doux s, II, lJ.tin. - 8 |>enys, II, 64.

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daient souvent de cheval pour combattre à pied comme les simples légionnaires. Ils devaient, pour ce cas, être organisés comme le fut plus tard la cohorte 1 . Mais nous ne trouvons rien dans les auteurs anciens sur les trois tribuns des Celeres, dont il est question dans les auteurs modernes 2 .

i Denys, II, 13. Tite-Live, IV, 38-42. — a M. Mommsen (Histoire Romaine, traduction de M. Alexandre, tome I er , page lOi, noie; cite » l'appui de Ihypotliése des trois tribuns des CeUre$ un fragment du calendrier prénestin, où Ion peut lire aussi bien tribune que tribun^ Cetcrum.

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