Prise de Véies, de Paieries et deCapene
385 Formation des tribus Stellatina, Tromentina, Sabaliua et Ar-
niensis (*}.
335 Formation des tribus Pomptina et Publilia(B).
."«8 La Ku.'rre latine sst û-
nie (c).
383 Formation des tribus latines Ma-cia ctScap-
tia (»;.
316 Formation des tribus Ufentina et Falerina r.
299 Formation des tribu»
Amenais et Terentioe (f).
'Al Formation des tribus Quirwa el Yelina (o,
427avJ.-C. 13O,000ciloyens(ii 389 id. 159,573 id. (i)
id. 165,000 id. (j)
318 id. 250,000 id- (i)
id.
id
id. (l) id. (■;<
313 id. 351,239 id. O;
!66 Partage du cousu...;
entre les plébéiens et
les patriciens.
!63 Partage de l édilitrro-
rule.
353 Parupe de la dictature [r).
339 Lois populaires de Va-
lerius Corvus.
338 LoisdePubliliosPbilo
337 Partage de la préturc.
3*0 id. 370,313 id. (o)
287 Lois d'Hortensios.
386 Loi de Menius.
De 940 a 917. Révolution oui tend les suffrages d rassemblée eenturiate plus démocratiques.
(s) Tite-Live, vi, 5, fin. — <n) Ibidem, vu, 15, Un. — (c) Ibii., tih, 11-14* — (d) Ibid., nu. 17. — (e) Ibid., u, 30. — (r) tbid., x, 9. - (o) Ibids Epiiome zix. — (h) Easèbe, Olympiade, 88, 2. — Ci) Pline, Hlatoire naturelle, xxxiii, 5 ou 16, selon les éditions. — (j Eusèbe, Olympiade, 110, 1. — (s.) Tile-Lm, IX, 19.,— a) Ibid , x, 47.— (m) Ibid., Epiiome xi.— (n)lbid , Epi tome xix. — (o'> llid., Epiiome n — (pj Ibid., vu, 17.
A la fin de la lutte des plébéiens et des patriciens, le patriciat est vaincu, parce que chaque victoire grossit le nombre de ses rivaux. La prépondérance passe de la ville à la campagne, parce que l'enceinte du Pomœrium reste immobile, tandis que les limites du territoire reculent.
Une des preuves de ce changement de sens dans la majorité, c'est qu'au premier siècle de la République la ville fournissait autant de légionnaires que la campagne, tandis qu'au temps d'Anuibal on levait chaque année six légions, dont deux urbaines 1 seulement. La population rurale, où l'on recrutait les quatre légions consulaires, formait donc en 218 avant J. -G. les deux tiers du peuple Romain tout entier 2 .
Cette supériorité numérique des plébéiens est la vraie cause qui leur fit obtenir de 306 à 300 av. J.-C. le droit d'aspirer à tous les honneurs de la République. Par les lois Publilia de 338 av. J.-C. et
1 Les légions urbaines étaient recrutées parmi les habitants de la ville, surtout parmi les affranchis (Tite-Live, XXII, ch. XI, fin). — 5 En 217 av. J.-C, aux doux logions consulaires de Cn. Servilius, il en fut ajouté doux autres, après la défait»' de Trasimène, et ces quatre logions consulaires furent confiées au prodictatcur Fabius (Tite-Live, XXII, H), qui les partagea bientôt avec Minucius. La première et la quatrième échurent au général de la cavalerie; la deuxième et la troisième à Fabius (Tite-Live, XXII,, il, fin}. A ces quatre légions, on en ajouta deux urbaines, destinées a former la garnison de Home et les troupes de la flotte d'Oslic. Il s'y trouvait beaucoup d'alïranchis, parce que les affranchis étaient inscrits dans les quatre tribu;- de la ville (Comp. Polybo, III, 88, n° 7). En 216, on leva quatre nouvelles légions consulaires (Tite-Live, XXII, 36) qui, ajoutées aux anciennes, formèrent les huit logions de Cannes (Polybe, III, 107). Les consuls Paul-Emile et Varron avaient aussi levé deux légions urbaines, qui, après la bataille de Cannes, furent employées par Junius Pera (Tite-Live, XXIII, U). A chaque année de la seconde guerre punique on trouve une lovée semblable. Après 213 av. J.-C, on lève toujours deux légions urbaines, et, de plus, vingt mille Romains de la cam. pagne, qui sont employés à remplir les vides des légions anciennes.
Mœnia de 286 av. J.-C., les votes législatifs et les élections de l'assemblée centuriatc cessèrent de dépendre de l'approbation des curies de la ville. Le Sénat proposait d'avance aux curies de sanctionner tout ce que les centuries auraient décidé. L'opposition à la volonté des cbevaliers nobles des six centuries prérogatives avait dès lors quelques chances de succès, et, pour la faire réussir, le dictateur Hortensius, en 286 av. J.-C, fit déclarer jours fastes les jours de marché. L'assemblée du Ghamp-dc-Mars put dès lors se tenir quand les plébéiens de la campagne se trouvaient réunis à Rome pour leurs affaires.
Non contents de s'affranchir de la domination des patriciens et de leur clientèle, les paysans voulurent dominer à leur tour. Eux, qui auparavant n'étaient rien, ils eurent l'ambition d'être tout. Le dictateur Hortensius fit voler une loi qui rendait les plébiscites obligatoires pour la noblesse sénatoriale, quoiqu'elle fût exclue de l'assemblée des tribus.
A la fin de la première guerre punique, la vieille constitution de Servius ne convenait plus à personne. Sur les 270,000 citoyens de Rome, un tiers à peine appartenait aux quatre tribus urbaines. Les tribus rustiques ne pouvaient plus permettre que les six centuries de la chevalerie urbaine eussent le privilège de voter les premières et de désigner aux suffrages les candidats préférés de l'aristocratie sénatoriale. La noblesse des rnunicipes, composée des chevaliers cquo privato répartis dans les quatre-vingts centuries de la première classe, subissait à regret l'influence de la riche bourgeoisie patricienne de Rome. Les hommes de condition moyenne, fort nombreux dans les cantons agricoles, souffraient de la loi qui ne laissait à chacune
de leurs classes que vingt voix collectives, au lieu de quatre-vingts qu'elle donnait à la première classe. Les nobles, qui dans l'assemblée centuriate avaient voulu s'isoler et former avec les autres chevaliers equo publico, un peuple à part, se voyaient, par représailles, exclus de l'assemblée des tribus, et astreints à respecter des plébiscites qu'ils ne votaient pas.
Une constitution qui blessait toutes les classes de la société romaine ne pouvait durer. Elle fut changée.
S IV. — RÉVOLUTION POLITIQUE QUI EUT LIEU 4 FtOME, DANS L'INTERVALLE DES DEUX PREMIÈRES GUERRES PUNIQUES
Tout appelait une réforme de la constitution de Servius, lorsque la révolution monétaire qui eut lieu entre les deux premières guerres puniques en fournit l'occasion. Les principes politiques furent modiûésen même temps que les bases du cens et l'évaluation des fortunes. Les historiens anciens ont indiqué l'époque et le caractère de cette révolution. Tite-Live 1 dit que le nombre des centuries fut mis en rapport avec celui des tribus, c'est-à-dire que les tribus furent partagées en centuries, après que le nombre des trente-cinq tribus eût été complété. Or, les deux dernières tribus ont été formées en l'an 241 av. J.-G. 2 . D'après Salluste, les discordes de la plèbe et de l'aristocratie sénatoriale cessèrent au temps de la seconde guerre punique 3 . La fusion des deux peuples ennemis qui
* Tite-Livc. I, 43 : « Nrquc mirari oporltt hune ordinem, qui nunc » Ml. post expUtas quinque cl Iriginta Iribus duplicalo earum nu-
• m (Tu cenluriis juniorum srniorumque, ad institulam ab Srrc.
• Tullio summum non convtnirc. • — » Tûe-Liw. Ibidem, dit, on parlant des tribus de Servius : • Keque hœ tribu» ad centuriarum dit- > tributionem numrrumquc quidquam prrtinuerc • — 3 Salluste» fragm. 8 des Histoires, éd. Geilacli, p. 213 : • Discordiarum eicerta » minix ulrinqur finis fuit srcunthun bellum punicum. »
DBS CHEVALIERS ROMAINS 369
enfin arrivèrent à former une seule nation politique dut, autant que la crainte d'Annibal, contribuer à cette réconciliation. La révolution qui l'opéra eut donc lieu entre 241 et 218 av. J.-C. Le changement dans les chiffres du cens, qui accompagna cette révolution, était du reste accompli en 220 av. J.-C.
Denys d'Halicarnasse, qui ne connaît l'histoire romaine que jusqu'à l'an 264 av. J.-C, ignore la date de cette révolution. Mais il en marque bien le caractère. • La constitution de Servius, dit-il, a été changée » et a pris une forme plus démocratique l . •
Trois changements rendirent l'assemblée centuriate plus favorable aux intérêts plébéiens : 1° la formation de cinq centuries représentant les cinq classes dans chacun des deux âges de chaque tribu ; 2° l'attribution de la prérogative à une centurie tirée au sort parmi celles des tribus rustiques ; 3° l'ordre nouveau dans lequel les dix-huit centuries de chevaliers furent désormais appelées au vote.
I e Qo'lL r BUT, APKfcS LA RCrORMI, DIX CETTE RIES PAn TRIBU
Gicéron appelle une centurie de son temps une partie d'une tribu 3 . Mais chaque tribu avait été doublée par la formation des centuries de seniores et do juniores 3 . 11 y avait donc soixante-dix demi-tribus, trente-cinq pour chacun des deux âges. Chaque demitribu était elle-même subdivisée en cinq centuries représentant les cinq classes. Car Cicéron transportant par anachronisme 4 la constitution de son temps au
1 Denys, IV, 21 : i Outoç 6 x6qio< ^fn^X^xai. rte xb 3Tj|wtixti«pov. > — * Cicéron, Pro Plancio, XX. « Ccnturin prœrogatira... unitti tri- « bus par». » — 3 Tite-Live, I, 43 • Posl txpleta* quinque et tri- » ginta tribu», duplicata earvm numéro centurii» juniorum irnt'o- . rumque. » — 4 Voir plus liaui, liv. Il, ch III, % 1.
règne de Servius, compte dans la première classe qualre-vingt-neuf centuries : une de charpentiers, dix-huit de chevaliers equo publieo, et soixante-dix de chevaliers equo privato l . Les chevaliers equo privato, qui composaient la première classe proprement dite, étaient donc répartis dans les soixante-dix demi-trihus et formaient la centurie de la première classe dans chacune d'elles. Les citoyens de chacune des classes suivantes devaient être répartis de même en soixante-dix centuries. On en trouve la preuve dans la description que fait Gicéron des opérations du cens 2 : « Les cen- » seurs doivent d'abord inscrire 1 âge des citoyens, le » nombre de leurs enfants et de leurs esclaves, et les » chiffres de leurs fortunes*... puis distribuer les par-
• ties du peuple 4 entre les tribus ; ensuite séparer les » fortunes et les âges, distinguer les ordres, et dres- » scr la liste des fantassins et des cavaliers. »
La distribution générale du peuple était donc la division en trente-cinq tribus, et, dans le cadre de chacune d'elles, se reproduisaient, comme des subdivisions, les diclinctions d'ordres, d'âge et de fortune. Aussi trouvons-nous les chevaliers equo publieo ré-
1 Cicéron, De Republica, II, 22. — 2 Cicéron, Dr Legibxu, III, 3. c Censures populi (évitâtes, tabules, fnmilias pecuniasqur censento....
• puputique pur tes in tribus dittribuunto ; exin prennias, irritâtes, » ordines ptirliunlo; rqaitum peditumque proie m describunto. » — 3 Les viatcurs étaient chargés île la première p u lie de ces opérations, qui consistait à faire une sorte de statistique ou de cadastre Les censeurs faisaient les classifications légales. — •» Les mots partes populi désignaient les groupes de population qui habitaient les différentes parties du territoire ou les quartiers de la ville qu'on appelait tribus urbaines. Mais les censeurs avaient le droit de faite changer un citoyen de tribu, c'est à-dire de l'Inscrire dans une circonscription qui n'était pas réellement celle do son domicile. C'est pourquoi la classification géographique des citoyens {populi partes) ne correspondait pas exactement à leur distribution daDs lescadres des tribus {in tribus) sur les registres des censeurs.
DES CflEVAU EUS ROMAINS 37!
partis entre les trente-cinq tribus dans la revue quinquennale que leur faisaient passer les censeurs 1 . Il y avait donc, dans chaque tribu, d'abord un certain nombre de chevaliers equo publico, et, parmi eux, des sénateurs. Ces chevaliers, dans l'assemblée centuriate, se réunissaient pour former dix-huit centuries. Au-dessous d'eux étaient inscrits les hommes des cinq classes formant dix centuries dans chaque tribu. Les deux centuries des seniores et des juniores de la première classe de chaque tribu étaient composées de chevaliers equo privato. Il y avait dans les trente-cinq tribus, trois cent cinquante centuries, sans compter les dix-huit de chevaliers equo publico, et quatre de musiciens et d'ouvriers. C'était en tout trois cent soixante-douze centuries. Celte forme de la constitution était, comme le dit exactement Denys, plus démocratique que celle qui s'était maintenue jusqu'aux guerres puniques. Car, sur trois cent soixante-douze voix, la première classe n'en comptait plus que quatrevingt-neuf, tandis qu'avant la réforme, elle en avait quatre-vingt-dix-neuf sur cent quatre-vingt-treize 3 .
i Tile-Livc, XXIX, 37. Voir plus haut, livre II, ch. I, § I. — s Celte explication, qui a été donnée en partie par Pantagathus, Savigny, Nicbuhret par M. Mommsen, nous semble seule admissible. Cependant elle soulève une objection : si chaque tribu contenait cinq classes au temps de la seconde guerre punique, comment se fait-il que les centuries prérogatives de cette époque, ciiécs par Tile-Uve (XXIV, 7 et 8, XXVI, 22, et XXVII, 6), portent des noms de tribus ? Ne seraitce pas, qu'au temps des guerres puniques, le système des classes aurait disparu et que rassemblée centuriatc se serait confondue avec celle des tribus par là division de chaque tribu seulement en deux centuries, une de juniores, une de teniorc» Dans celle hypothèse, qui est celle di: M Duruy (Hisluirr romaine 1. 1«-, ch. XIII, § 3, p. 394-399). il faut , trouver, entie les années 210 et 169 av. J. C, un nouveau changement qui fasse reparaître les classes; car Tiie-Live parle des classes à ce te dernière date (liv. XLIII, ch. 46.). M. Duruy éroit découvrir la trace de celle seconde r.'volulion. à lann.'c 179 av. J -C. dans re pas âge
2» Qlt LA IUK»UE ERLFVA LE DROIT liE PBÉRf>i.AT|\ f MX CEXTt'B IE5 M CHEVALIERS eqUO publïCO , ET LE TRANSPORTA A l NB CCNTUME TIRÉfc AU SORT, PARMI CFLLI S DIS JMSKS CUI.VALIEIli» I qUO priVOtO Vf 8
TnlBlS Kl'STlQCKS
Mais ce fui surtout le changement dans le droit de prérogative qui diminua l'influence de la noblesse sur l'assemblée cenluriate. Jusqu'après 296 av. J.-C. 1 , les dix-huit centuries de chevaliers cquo publico étaient appelées les premières, et parmi elles, les six centuries sénatoriales étaient nommées plus particulièrement les prérogatives. Leur choix désignait les candidats aux Romains de la campagne qui ne les connaissaient pas, et décidait presque toujours le résultat de l'élection. La réforme, qui se lit vers Fan 240 av. J.-C, avait au contraire pour but de faire passer la prédominance aux plébéiens de la campagne. C'est parmi les centuries des trente-el-une tribus rustiques, dont les noms étaient déposés dans une urne fsitella oucistellû), que l'on tirait au sort la prérogative unique chargée désormais de la direction des suffrages*. Les tribus urbaines
deTilc-Live(XL,ch. 51). . Cernons M. jEmilius Lepidus et il. Fut-
• vius mutnrunt suffraqUi; regiotuitimque gcturibus hominum cousis
• et qmestibus tribus descripsvrunt. » Dans ce passade obscur, Tite- Live ne parle point dos classes, et il scml.de plutôt indiquer que les homtiios des petits métiers furent inscrits comme citoyens des tribus. C'csl ce que ferait croire la réaction violente de 109 av. J.-C. (Tite-Live, XLV, 15) où Scmpronius Gracclius refoula tous les affranchis dans lu tribu Esquiline. D'ailleurs la fusion complète de rassemblée des tribus et de celle des centuries n'a jamais pu s'opérer, puisque les Qtrarii étaient dans les tribus et non dans l'assemblée cenluriate. La prérogative étant toujours une centurie des jeunes gens de la première classe, il sullisait, pour la déterminer, de tirer au sort la tribu qui la fournirait et lui donnerait son nom. Cette tribu s'appelait pour cela prérogative, même dans l'assemblée où l'on ne votait pas par tribus.
t Tite-Live, X, « PrœrogatiecB et primo vocata centuries. • —
• Les prérogatives nommées pu Tite-Live sont: I Anicnsis junto. rum (XXIV, 7 et 8, an 215 av. J.-C), la Veluria jun.orum (XXVI, 12, vu 211 av. J.-C), ei la GaUrin juniorum (XXVII. G, an2l(>).
qui, dans les premiers siècles de la République étaient les plus considérées, puisque l'usage se conserva de les l'aire Yoter les premières 1 , tombèrent alors dans le mépris pour deux causes : d'abord, on n'y prenait jamais la centurie prérogative, et l'on voit en 204 av J.-C, un censeur patricien, C. Glaudius, inscrit au nombre des citoyens de la dernière des tribus rustiques, l'Arniensis"; en second lieu, les tribus urbaines se remplissaient peu à peu d'affranchis et de gens sans aveu. Depuis l'an 302 av. J.-C, les censeurs avaient l'habitude d'y jeter en masse tout ce qu'il y avait de plus méprisé dans la population romaine. A la fin, les nobles, les riches et les honnêtes gens rougirent d'être mêlés à celte populace, et ils se firent inscrire sur les listes des tribus rustiques, bien plus pour se distinguer de la plèbe urbaine, que pour honorer le travail des champs '. Le droit de voter en tête de l'assemblée centuriate était naturellement réservé a l'une des centuries des tribus rustiques qui seules avaient assez d'autorité morale pour l'exercer. La prérogative semble aussi avoir toujours été une centurie de jeunes gens. Cette préférence donnée à la jeunesse sur l'âge mûr vient de l'idée qu'on se faisait alors de l'inspiration divine. Le premier vote était considéré comme l'expression de la volonté des dieux (omen); et la jeunesse, plus passionnée cl moins réfléchie quel âge mûr,
l La iribu Romitia, la première J -s tribus rustiques, '«'ail pour cela nommée la cinquième*, qui nia. — - Tite-Li v»«. XXIX, 37. — :» Pline, Hiftuirr wiiuv. fh', XVIII. 3. « Kuslra- tribus laud<Ui$timœ , rortim • V " »*"»" habinnl. l'rlnnœ v rt> in quas Intnxfrrri iynoiitinia » . »'t, dtx'diœ pmbro. ■• L'explicali >n de Pline e»t plus édilianlc (pic jusie. Au temps où Cincinnatiis labourait son champ au pied du Vatican, c étaient les tribus urbaines qui étaient le plus considérées. La préférence donnée aux tribus rustiques ne date que du triomphe politique de la plèbe des campagnes.
semblait, parla même, plus rapprochée de cette nature primitive que l'instinct devine, et que la raison ne comprend pas. Aux yeux de tous les peuples de l'antiquité, les oiseaux, les enfants, les femmes, Sibylles de la Grèce ou prophétesses germaniques', tous les êtres en qui le raisonnement humain n'avait pas fait taire les voix naïves de l'instinct, paraissaient animés du souffle prophétique refusé à l'intelligence virile. Quoi d'étonnant que, pour un vole, qui devait être interprété, comme un présage et auquel les Romains se soumettaient religieusement comme à un oracle 1 , les jeunes gens fussent préférés aux vieillards? N'était-il pas vraisemblable que l'âge n'aurait pas éteint en eux toute étincelle de l'esprit divin, et qu'ils auraient encore quelque chose du don mystérieux de pressentir les secrets de l'avenir?
Enfin, quoique rien ne le prouve directement, tout fait supposer que la centurie prérogative était toujours une de celles de la première classe.
Cette classe riche, qui fut toujours appelée la première à voter, n'eût pas souffert que le hasard pût attribuer à une centurie de la cinquième classe, l'immense autorité de la prérogative ; et ce fut G. Gracchus qui le premier demanda que les noms des centuries des cinq classes fussent mêlés et que le héraut les appelât dans l'ordre où le sort les désignerait â . La prérogative était donc toujours une centurie de la première classe, c'est-à-dire qu'elle était composée de chevaliers equo privato.
Lorsque l'on tirait au sort un des noms des trenteet-une tribus rustiques, si celui de la Veturia sortait
l Cicéron, Pro Plancia, XX. — Lettre de Satluste à Cétar, I, ch.
I>ES CIIKVAUEKS ROMAINS 375
de l'urne, la centurie des jeunes gens de la première classe de cette tribu était par là désignée pour voter avant les autres; et on l'appelait Veturia juniorum.
3» NOUVELLB MANIÈne DE VOTER DFS DIX-HUIT CENTURIE* DE CUEVAL1BM
cquo publia)
Après la prérogative, étaient appelées les dix-huit centuries de chevaliers equo putdico. Mais elles ne votaient plus à part, ni dans le même ordre qu'avant les guerres puniques. Avant la réforme, les dix-huit centuries formaient comme un peuple à part (populus), dont on annonçait le vole séparément. Mais, après la réforme, la centurie prérogative unique garda seule ce privilège. Les dix-huit centuries, qui faisaient partie de la première classe, entraient désormais avec elle dans l'enceinte électorale du Champ-de-Mars l . Elles ne volaient pas non plus dans le même ordre qu'autrefois : les six suffrages, qui formaient la chevalerie urbaine et sénatoriale, au lieu d'être les premiers, comme avant les guerres puniques , ne votaient plus qu'après Jes douze autres centuries qui étaient remplies des fds des publicains 8 . Celte interversion dans l'ordre des votes tenait aux causes générales qui, en déplaçant la majorité et l'influence politiques, l'avaient fait passer de la ville à la campagne, de l'aristocratie urbaine à l'aristocratie municipale. On en trouve la trace dans les énumérations où les auteurs anciens nous désignent les douze centuries équestres, les six ccnluries sénatoriales, enfin les centuries de la
i Cicéron, Philippique II, 'M. Dans fail, par anachronisme, entrer les dix-huit centuries dans Yovilr avec le reste de l;i première classe, des 457 av. J -C. (Denys, X, 17). — s Tite-Livc, XLUI, 16, Huit des douze centuries condamnent, en 169 av. J.-C, le censeur Appius Claudius, ennemi des publicains.
37«i HISTOIRE
première classe. Elles sont nommées dans l'ordre où les Romains les voyaient paraître à l'assemblée du Chain p-de-Mars, depuis l'époque d'Annibal ! . Les ♦ douze centuries figurent toujours en tête.
Mais l'habitude de placer les six centuries après les douze autres ne remonte pas aux premiers temps de Rome, comme le croit M. Mommsen *. Elle date de la révolution politique qui eut lieu à Rome, de 240 à 218 av. J.-G.
4° DESCRIPTION GÉNÉRALE DU >OTK Dr. I.ASSHIM.KE CENTURMTE APRES L'AN 240 AV. J.-C
Depuis celte révolution, voici comment votait l'assemblée centuriate :
1° On tirait d'abord au sort la centurie prérogative, en jetant dans l'urne les noms des trenle-et-une tribus rustiques. La centurie des jeunes gens de la première classe de la tribu dont le nom sortait, était appelée à part la première, par le héraut, dans l'enceinte du Champ-de-Mars. Elle se composait de jeunes chevaliers equo privqto. Le vote de cette prérogative était annoncé ;
2° Puis on appelait ensemble toute la première classe, où étaient inscrits les citoyens qui avaient un million d'as, c'est-à-dire quatre cent mille sesterces de cens. Cette classe était formée de tous les chevaliers equo publico et equo privalo, qui votaient dans l'ordre suivant : D'abord les douze centuries de che-
i (;ia'r»>n. De Rr pub! ici, IK 22. • Kqnilum crnluriœ cum ses suf » frngiis, il primn clnssis, nddiln a nluria quee ad summum usum ur- • bis fuhris lignants est data. • Ibidrm, IV, 2. . Equittttus in quo suf- - fittyiti su ni itinm soin (us • TiU'-l.i\e. I, Xi. « Uuodrciin scriptil » enturias... six itim nlius cvnturias. * — Rùmische Forschungrn,S. 1.17. Dir Palricitrh-Pl, brjhehrn Omilitn. Ferlin, 1804.
DES CHEVALIERS UOMAINS 377
valiers equo publico, composées en grande partie des jeunes gens, fils des publicains ; puis les six centuries de chevaliers equo publico, appelés aussi les six suffrages du Sénat l , où figuraient, avec les fils des sénateurs, les trois cents sénateurs eux-mêmes; enfin soixante-neuf" centuries de chevaliers equo privato, auxquelles se joignait une centurie de charpentiers.
On annonçait le résultat des votes de la première classe ;
3° Les soixante-dix centuries de la seconde classe étaient appelées ; on annonçait leurs votes.
4° Puis on appelait les soixante-dix centuries de la troisième classe, et Ton continuait cet appel des classes, jusqu'à ce que la majorité de cent quatre-vingtsept voix sur trois cent soixante-douze eût été formée. Gomme la première classe n'avait que quatre-vingtneuf centuries, et la seconde classe soixante-dix, il fallait, pour compléter cette majorité, recourir au vole de la troisième classe. C'est pourquoi Antoine, pour empêcher l'élection de Dolabella, arrêtait, en qualité d'augure, les opérations électorales, seulement après l'appel de la seconde classe 3 . Dans l'ancienne constitution , cette opposition aurait pu arriver trop tard.
Après le vole de la prérogative et des dix-huit centuries equo publico , on suivait, dans chaque classe, pour l'appel des centuries, l'ordre légal des trente-cinq tribus, depuis la Suburane, qui était la première des Iribus urbaines, jusqu'à l'Arniensis, qui était la dernière des tribus rustiques 1 ; et dans
1 Cicéron, De R'publicn, IV, 2. Ibidem , U , 22. — -! Uni; dos soixante-dix centuries de la première classe avait déjà vote" comme prérogative. — 3 Cicéron, Philipp.qw II. 13. — l Cicéron, Dr ieyr agraria, II, 29. La Romilia, la première des Iribus rustiques, était appelée la cinquième (quhtlu • Varron, L. L, IV, 9.
318 iiisnnu:
chaque tribu, par une raison religieuse, la centurie des juniores votait avant celle des seniores de la même classe l . De même dans la chevalerie equo publico, les douze centuries votaient avant les six suffrages, nonseulement parce qu'elles représentaient mieux les intérêts de la plèbe, mais parce que les six suffrages contenaient les sénateurs, c'est-à-dire les seniores de la chevalerie equo publico.
La révolution politique qui s'accomplit entre 240 et 218 av. J.-C, changea aussi la constitution de l'assemblée des tribus. Les six centuries sénatoriales de chevaliers ayant perdu le privilège de voler au Champde-Mars en tète de l'assemblée centuriate. et de former avec les douze centuries equo publico un peuple et des comices à part, la plèbe n'avait plus aucune raison de s'isoler de son côté dans l'assemblée par tribus.
Les, sénateurs et leurs fils commencèrent donc à voler dans l'assemblée plébéienne d'où une loi spéciale les avait jusque-là écartés. Chaque sénateur avait toujours été inscrit dans une tribu à titre de contribuable et de citoyen astreint au service militaire. Désormais il y fut avec ses (ils inscrit comme votant *, parce que les dix-huit centuries equo publico faisaient partie de la première classe, et qu'elles furent désor-
1 D'après Aulu-Gelle :X, 28), les juniores avaient de 17 à 46 ans; les seniores de 46 à 60. Cette assertion d'Aulu-Gelle est prob ablement inexacte. Trente-cinq ans était l'âge sénatorial, et plusieurs passages, l'un de Tile-Live (XXII, ch. XI, fin), les aulres de Suétone ( Vie d'Auguste, ch. XXXII et XXXVlfl), semblent faire croire que c'était aussi l'âge des seniores. Comment les seniores auraient- ils clé en même nombre que les juniores, au temps de Servius, si l'un des deux âges eût compris tous les jeunes gens de 17 à 46 ans, et l'autre, seulement les hommes de 46 à 60 ans? — 3 Varron, De re rustien. III. 2. « Or » miliis adilUiis cum soie caldo ego et Q. Axius senator tribulis tuf- » fragium iudsseiitus. »
mais, comme cette classe tout entière, distribuées par les censeurs entre les trente-cinq tribus.
Le sens du mot popitlus reçut une nouvelle extension. Il avait d'abord désigné exclusivement le peuple noble de la ville, l'aristocratie des Rhamnes, des Tities et des Luceres ; sous le règne de Servius, on comprit sous ce nom, outre l'aristocratie patricienne, les chevaliers des douze centuries nouvellement créées, et même les clients et les affranchis inscrits comme citoyens dans les trente curies. Seulement l'orgueil nobiliaire avait établi une distinction, dans le sein même des curies, entre le peuple noble et les humbles Quirites de la plèbe urbaine. Le prêtre patricien priait pour le peuple romain et pour les hommes. des curies, pro populo Romano Qutritibusque.
La réforme qui eut lieu vers l'an 240 av. J.-C, en consacrant le triomphe de la plèbe, en anoblissant en quelque sorte les tribus, divisées chacune en cinq classes, étendit à toutes les classes de l'assemblée centuriate cette qualification jusque-là tout urbaine de populus. C'est à peu près depuis la fin de la première guerre punique, que ce nom reçut le sens compréhensif que lui attribuent Gaïus 1 et Aulu-Gelle 2 .
En même temps les citoyens des classes moyennes, les plébéiens de la campagne, étaient inscrits dans les trente curies de la ville, et tous les Romains recevaient le nom commun de Quirites.
Mais l'assemblée centuriate, le populus proprement
1 Gaïus, I, 3. < Plcbs a populo eo distnl quod pupuli appellation? » universi cives $iqnificanlur connumeratis eliam palriciis; ptebis • autem appcllalione sine palriciis céleri cives signiflcantur. » — 2 Aulu Gcllc, X, 20. « Plrbem Capilo seorsum a populo divisit, auop niant in populo omnis pars civitalis onuiesque ejus urdines conti- » neantur; plèbes veto ea dicalur in qua génies civium patncue non » iiuuni. »
dit, ne comprenait que cinq classes 1 . Or, les curies contenaient, dès les premiers siècles de Rome, les pauvres clients de la plèbe urbaine, c'est-à-dire les Jlrarii ou Cœrites s , qui formaient la sixième classe. Le nom de Ccerites n'est autre chose qu'une forme ancienne de celui de Curites ou Quintes 3 , et signifie hommes des curies qui ne font pas partie du populus proprement dit. Lorsqu'après la première guerre punique, le prêtre romain prononçait la formule pro populo Romano Quiritibusque ou Cœritibusque, il priait pour les citoyens des cinq classes de l'assemblée centuriate, et pour les hommes des curies ou Cœrites de la sixième classe.
Aulu-Gelle 1 a, selon son habitude, obscurci celte question par une explication fausse. Il prétend que les habitants de Caere furent les premiers qui, pour prix de l'hospitalité donnée aux vestales pendant l'invasion gauloise, reçurent le droit de cité sans suffrage; et que, pour cette raison, on appela tables des Cariles, celles où les censeurs inscrivaient ceux qu'ils privaient du droit de voter.
Tout est faux dans cette explication étymologique. Les habitants de Caere, qui s'appelaient duretés et non Cœrites, reçurent en 387 av. J.-C., non le titre de citoyens sans suffrage, mais celui d'hôtes du peuple Romain 5 qui était exclusif du droit de cité 6 . D'ailleurs
l Tile Live,MI,aO. C.Tub<hon,dans Aulu-Gelle, X, 28. - * L'idonliu ; des Aimrii d»»s C(trilr$ csl attestée par Aseouius, In divinntione, III, s. v. Htinm censurium mmen. * Qui pteb ius in cœritum tabula* • rvfcrntui (l ctraiius firrrl ne per hoc non rssrl in alb» cmlnrite *mv. > — On dis, lit de in^mc eœrator pour curator, meenîa pour nninia, trntix pour unus,fo$jsn ( uiiu p^tir fossn Cluilia [C.icéron, De hgibux. III. 3 cl i. Aulu licite. IV, 2, cl XV, il). — i Aulu-Gelle, XVI, n,. 7. — ôliie-Live, V, 50. . Cm Ca-nlilms hnspitium publiée fient r t uod » mern pnpuli ne ënordut .* rwpissrnl.' — <* Mommsen, Rvemi$ch>
les Ccerites ou JErarxi n'étaient point privés du droit de suffrage, ni mis en dehors des trente-cinq tribus. Un censeur n'aurait pas eu le droit de priver le moindre citoyen de cette garantie de sa liberté ! . Ils étaient seulement mis en dehors des cinq classes de rassemblée centuriate, ou du populus proprement dit, pour être rangés dans la sixième classe, qui ne votait que dans l'assemblée des tribus. Au contraire, les citoyens sans droit de suffrage ne votaient dans aucune assemblée, et n'étaient inscrits dans aucune tribu Romaine, que lorsque le droit de suffrage leur était accordé 3 . Les Cœrites ne peuvent donc être confondus avec les citoyens sans droit de suffrage, pas plus qu'ils ne portaient le nom des habitants de Carre. C'étaient 1rs Quintes de la sixième classe qui, après la révolution monétaire du temps de la première guerre punique, possédaient moins de cent vingt-cinq mille as, ou de cinquante mille sesterces de fortune.
On aperçoit les différences qui séparèrent toujours l'assemblée centuriate de celle des tribus, même lorsque les tribus furent divisées en centuries. i° Dans la première, on appelait toujours les citoyens par classes, de sorte que les riches votaient toujours les premiers et les trois premières classes pouvaient former la majorité. Au contraire, dans l'assemblée des
Forschungen, S. 331. * Der G (i si -u rut Freundschaflsverlrag isl nun •» zunâchtl unmôglich swischen Burycrn dertelben Gemeinde. » iTite-Livc, XLV. 15. « Myabat Clnudius suffragii lationem in-
• jussu populi censoum cuiquam homini adimrre poste: m que enim,
• si tribu inoverc posset. .. ideo omnibus XXXV tribubus emoverc
• poste, id esl civilntem lib rlalcmquc eriperc. » — -i Titu-Live, XXXVIII, 36. « De Formianis, Fundanisque municipibus el Arpina-
• tibus, C. Vaterius Tappus, Iribunus plcbis, promulgavil, utiissuffra- ■ git latio (nam ante sine tuffrugio habueranl ciiïlatrtn)esset... Roga-
• tio perlala esl ut in Mmilia tribu Formiani et Fundani, in Cormlia » Ârpinates ferrent : Atque in his tribubus titm primum es Va'.erio
• plébiscita censi sunt. »
tribus, on ne tenait pas compte des différences de fortune, et le plus pauvre citoyen avait dans sa tribu une voix comme le plus riche. 2° De plus dans l'assemblée centuriate étaient admis seulement les hommes des cinq premières classes, appelés Classici, qui avaient au moins cent vingt-cinq mille as de fortune, tandis que, dans les tribus, votaient aussi les uErarii ou Cœrites qui pouvaient ne posséder que cinquante mille as. 3° Dans la première classe de l'assemblée centuriate, les chevaliers equo privato des tribus rustiques avaient pour eux : le vole de la centurie prérogative, la plupart des voix des douze centuries equo publico qui votaieul après elle, enfin au moins soixanteune des soixante-neuf centuries qui restaient de la chevalerie equo privato. L'avantage devait demeurer, dans rassemblée du Champ-de-Mars , à celle aristocratie municipale des chevaliers, qui forma le parti de Gaïus Gracchus, de Marius et de Gicéron. Au contraire, dans l'assemblée plébéienne du Forum, les quatre tribus urbaines étaient appelées les premières ; les dernières tribus rustiques n'avaient presque jamais à voter; et, comme, en 179 av. J.-C., on inscrivit sur les listes des tribus les prolétaires, et enfin au temps de Marius, les Capite censi qui n'avaient même pas quatre mille as de cens, la domination du Forum passa bien vite à la populace de Rome, dont il était facile à des patriciens corrompus de s'emparer à prix d'argent. Les Romains de la campagne continuèrent donc à dominer dans les centuries ; mais les Romains de la ville finirent par l'emporter dans les tribus.
Mais, avant que cet antagonisme entre la ville et la campagne, entre la noblesse urbaine et les chevaliers des municipes, reparût sous une forme nouvelle, et
I)HS CHEVALIERS ROMAINS
qu'il éclatât avec une violence destructive, Rome, grâce à la constitution qu'elle s'était donnée vers l'an 240 av. J.-C, avait joui de plus d'un siècle de force calme et de grandeur sans trouble. Celte réforme avait fait cesser la division des Romains en deux peuples ayant chacun ses magistrats et ses lois 1 . La plèbe rustique et le peuple de la ville, jusque-là enclavés l'un dans l'autre, comme deux cercles de population 8 distincts, ayant pour centre commun le Forum et le Capitole, s'étaient fondus pour cent ans l'un avec l'autre. Les plébéiens de la campagne furent inscrits dans les trente curies de la ville et prirent le nom de Quiriies. Les tribuns de la plèbe leurs représentants, qui jusqu'alors s'étaient tenus dans le vestibule de la curie, comme les envoyés du peuple extérieur chargés de contrôler les sénalus-consultes sans les discuter, devinrent à la même époque sénateurs, en vertu du plébiscite d'Atinius 3 . Dès l'an 168 av. J -C., un censeur qui, dressant la liste des sénateurs, omettait le nom d'un tribun de la plèbe, lui faisait une injure 4 .
l Tite-Live, II, 44, an 478 av. J.-C. « Duas civiltiles ex una factas; » suot cuique parti magistratus, suas leges e$$e. » — * Le territoire propre de la population urbaine semble avoir été limité au premier mille hors des murs de Rome. C'est là que s'arrêtaient l'inviolabilité et le droit d intervention des tribuns qui, à l'intérieur de ce cercle, jouissaient de tous les privilèges d'ambassadeurs de la plèbe rustique (Tite-Live, III, 20) — 3 Aulu Gclle, XIV. 8. Valèrc Maxime, II, 2, n«7. — * Tito Live.XLV, lu. « Cn. Tremellius Iribunus, quia leetus non • erat in senalum, interccssil » An 168 av. J.-C- Tite-Live, Epilonus LIX, an 13 2 av. J -C. < C. Alinius Labro, iribunus plebit, Q M de Hum ■ censorem a quo in senatu Ugendq pmneimtia erat, de saxo dejici » jussit. » De ces deux exemples, on a conclu que, jusqu'au temps desGracques et d'Atinius Labéon, les tribuns de la plèbe n'étaient pas sénateurs de droit. Le raisonnement n'est pas juste. Si le tribu • nat n'eût pas ouvert de droit les portes du Sénat à ceux qui l'obtenaient, avant l'an 4 68 av. J.-C, pourquoi Tremellius et Alinius Labéon se seraient- ils irrités d'être omis sur la liste des sénateurs? Les censeurs pouvaient user envers un tribun, comme envers un
En même temps, les dix- huit centuries de chevaliers equo publico, au lieu de s'isoler comme avant les guerres puniques, rentrèrent, en perdant le droit de prérogative, dans le sein de la première classe à laquelle elles appartenaient. Le système aristocratique des classes pénétra lui-même dans les cadres plus démocratiques des tribus.
C'est cette fusion .de la plèbe et du populus, celle combinaison des principes jusque-là opposés de la noblesse urbaine et de la démocratie rurale, qui communiqua aux institutions Romaines assez de solidité pour résister aux assauts d'Annibal. Ce qui sauva Rome après la bataille de Cannes, ce ne fut pas seulement la force de ses légions ; ce fut aussi l'énergie que donnent toujours à un peuple, la conquête récente de ses droits, et le sentiment d'une liberté nouvelle.
ancien édile ou préteur, de leur droit de prètërUion (Fcstus, s. v. Prœicrili). Les tribuns de la plèbe étaient, depuis le plébiscite d'un autre Alinius, qui dut suivre de près la réforme de 240 av. J.-C, investis du môme droit et soumis aux mômes formalités d'inscription que ceux qui avaient géré les magistratures curules.