livre 1 er ). après l'arrivée do Tatius et des
Sabins 300 chevaliers.
3° Enfin, il compte encore, après l'arrivée des
Albains 300 chevaliers.
Total du nombre des chevaliers sous Tullus. . . 900
et ce nombre, doublé par Tarquin, aurait porté la chevalerie à 1 ,800 hommes.
Pour rendre cette supposition vraisemblable» on ajoute que c'est là le calcul qu'a fait Plutarque (Vie de Romulus, ch. i3 et 20), et que, probablement, Tite-Live oubliant qu'il avait fait, dans les ch. 43 et 30 de son livre 1 er , un tout autre compte, se serait mis à compter, au chapitre 36 , comme on suppose que le flt Plutarque.
Mais tout ce raisonnement tombe devant ce fait que ni Plutarque ni Tite-Live n'ont fait le calcul qu'on leur prêle. Plutarque admet, il est vrai, qu'après l'admission de Tatius et des Sabins, le nombre des chevaliers fut doublé; mais il ne parle nulle part des chevaliers Albains de Tullus. De son côté, Tite-Live place sous Tullus le doublement de la cité et de la chevalerie, que Plutarque place sous Tatius, et il ne croit pas que trois cents chevaliers Sabins aient été introduits dans les centuries. Car c'est après la réconciliation de Romulus et de Tatius qu'il décrit l'organisation des trois cents premiers chevaliers, parRomulus. Ajouter trois cents chevaliers Sabins à trois cents chevaliers Albains, c'est donc répéter deux fois le même fait, sous deux formes différentes; c'est confondre deux hypothèses historiques, méconnaître la pensée des anciens, et mettre Tite-Live en contradiction avec lui-môme, atin de le mettre d'accord avec Plutarque.
Le chiffre de dix-huit cents n'est, du reste, nullement établi par l'autorité des manuscrits. La plupart portent mccc (Niemeyer, De equitibus Romanis commentatio historica, Gry~ phiœ, 4 851 , p. 29} ; mais c'est une erreur évidente des copistes. Les manuscrits de Worms et de Florence portent mdccc ou dixhuit cents ; mais les plus savants critiques condamnent cette leçon comme inconciliable avec les ch. 13 et 30 duliv. 1 er de Tite-Live ; et ils expliquent ainsi l'introduction de ce chiffre faux : le copiste aura lu un d pour un a, el écrit mdccc au lieu de m ac ce (mille octingenti pour mille ac ducenli). Telle est l'opinion de Niebuhr (//isJoire romaine, 4° éd., t. I", p. 377, note 892), de Forcellini (Subrerbo, Equités), d'Angelo Mai (Ad locum Ciceronis de Republica, II, 20), de Becker (Antiquités romaines, II, p. 242), de Zumpt (Ùber die Rômischcn Ritler. Berlin, 1840, S. 75), de Niemeyer (De equitibus Rom., p. 27-29).
Nous avons suivi l'avis de ces critiques et admis, pour le véritable texte de Tite-Live, I, 36 :
« Ut mille ac nucENTi équités in tribus centuriis essevt. »
». — Sur le passage de Festus: s. v. Sex suffragia.
Aux passages de Tite-Live, I, 43, et I, 36, où les six centuries sont représentées comme étant les mômes que les trois centuries instituées par Romulus, sous les noms consacrés de Rluxmnes, de Tities et de Luceres, et dédoublées en six par Servius, on a opposé un passage de Feslus (s. v. Sex suffragia), d'après lequel les six centuries ou les six suffrages auraient été au contraire les nouveaux corps de chevaliers institués par Servius.
On lit dans Festus (éd. d'Amsterdam, 1689, p. 503): *Sex » suffragia appellantur in equitum centuriis quai sunt .adject.e • ei numéro centuriarum quas Prisais Tarquinius rex consti- » luit. »
Mais le texte de l'édition de M. Egger, corrigé d'après l'ancienne édition d'Orsini, porte adveclœ au lieu û'adiectœ (p. 225 du vol. de M. Egger, et p. 144 de la pagination d'Orsini). Au nt méro 7 de celte page, on peut voir que le mot adiectœ avait été écrit en marge par Orsini, comme une simple conjecture, et que les éditeurs hollandais de Dacier l'ont mal à propos introduit dans le texte. M. Egger, dans sa préface, XVI, avertit que conjectures d'Orsini « sont souvent trompeuses et » quelquefois inutiles. » L'observation du savant éditeur nous semble ici applicable. Du reste, on lit de môme adïectœ dans l'édition de Mûller. Si ce mot est obscur, au moins ne présente-t-il aucun sens contradictoire avec le récit de Tite-Live.
M. Rein (Qitœstiones Tttllianœ, p. 9) propose de lire : effectœ co numéro, ce qui mettrait Festus d'accord avec Tite-Live, et M. Marquardl (Historiœ equitum Romanorum, liv. I er , ch. 11, p. 5, note 15) approuve aussi cette correction.
Dans tous les cas, on ne peut opposer un passage aussi peu explicite du grammairien Feslus, au témoignage précis de Tite-Live.
M. Mommsen (Iiuimsche Forschungen. Berlin, 1864, S. 139, N. 12) reconnaît que le manuscrit porte advectœ. Mais il n'en cite pas moins sans hésiter le texte avec le mot adiectœ, et il ajoute: « le changement n'est pas douteux. •
Nous ne pouvons partager celte certitude.
a — Sur le sens du mot : vEra equestria, dans le discours