V:ouches de matériaux. Le Nucleus^ noyau
(1) Le pied romain avail une longueur Je 286 milimôtres.
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infVieur, pe composait de pierrrs mises i plat ; le Rndus éiail superpo'^é, il se composait pres-^pie toujours de pi rres sur champ, fortement serrées et iiiaîntenLCS par di'S lices placées dans le sens du chemin. La trosièine couche, Statumen^ était formée par un lit de gravier. Ces règles, suivies dans la conleclion du cheni?n dont nous parlon*^, ïi^ont pas toujours été observées ailleurs : les constructeurs se conformaient kla natur^î du soUt aux matériaux fournis parle pajî5.
Nous allons parcourir la portion de celte voie qui traverse le Pagus arebri/nus^ en passant à sept ou huit kilomètres de Chorey.
En quittant Châhn par la petite porte du pontet que l'on nonuna plus tard porte de Beau ne, elle tra\ errait remplacement où Charles IX fit bâtir la citadelle et où l'on a trouvé, depuis deux siècles, tant de jstatues, de coiomies, d*inscriptions et de médailles. Elle passait ensuite sur le territoire de St-Jean-des- Vignes et paruît présenter en cet endroit les traces d'une castramétation destinée à contenir une légion romaine. C'est de là que partait l'embranchement d'Autun.
La voie principale se dirigeait sur le village dj Fragnes, dano le voisinage de la rivière Thalie, près de lacpielle on a découvert unegrande quanti t») de siatuet- [tes romaines, et traversait une portion du [en itoire de Virey. On voit ))rés de Té- [li-^e de re village urj très-beau monument
cette épo.pie.
Après avoir dépassa le bois de Muse, ai/iisis^ qui recébit des urnes et des médailles, la voie romaine traversait les hauteurs au-dessus de Perrey^ ent»ait à Chemenât sur le leiritoire de Sassenay, par la Voie ferrée^ et pîissaii à deux kilomètres à l'ouest des Moites de Bougerot, dont la plus înq^ortante, située au bord de la S.iône, et détruite il y a vingt ans, contenait une grande quantité d'annes. L'existence d'une chapelle, détruite en 1793 et qui a donné son nom au climat, vient djnneràce polyandre une sorte de consécration pustbume. Cet-t ei.core dans cet endroit aux Fossilles^ que l'on a trouvé en 1857, au milieu d'une grande quantité d'ossements humains, un lingot de plomb portant la marque de la fubrique rouiaiue.
La voie d' Agrippa, après avoir longé
les bois de Cergy et les champs de Luchy, à incOn où elle rcçciît la Vie du rachat^ laissait h droite le beau village de Cergy, le Ge^giacum du VII* siècle, et traversait la lièpe des piejres Les traces du pavé sont tië> visibles dans cet endroit.
La voie passait ensuite à Test de Baignant, dans le climat aurpiel elle a fait dormer le nom des cùUIout^ et venait franchir, sur le icrriioire d'Allerey, entre ce village et le (arrelonr des quatre chemins, la route de Beauno à Veidnn. Elle se dirigeait de là sur Nouvelle, NQva via^ puis dans un lieu appelé les trois llarie, ou a exis.é, dit-on, un petit monastère, descendait, par la Vie ferrée^ près du moulin d*Hr.uterive, et remontait, sur des points maintenant cultivés, le cliniatdes Perrières^ à cent mètres vu nord-ouest du port de Palleau. A cjtte époque les eaux étaient partout plus abonda .tes ; on faisait embarq<jer dans ce port le blé destiné aux greniers de Châlon. Il y avait là un cimetière fort ancien et zx\?. chapelle, sur Tenqilacement de la dernirrc maison da por» de Palleau, du côté de (Viev'gny. Le chemin gauljis dont j'ai p trié à propos
, das Helvètes, croisait la voie dans cet endroit. Elle passait ensuite près du lieu ou Lcthbald fonda, au VI» siècle, l'abbaye de Palluau^ l'ancien Pulvelhtm^ franchissait la Bouziiso au gué des pierres ou j'«ai vu la bctse de deux énormes fiches enb(»is destinées à soutenir le pont, traversait la prfiirîe des maIau^'^, pui^ un autre bras de la Bouzaise, coupait la coiLuiune de Corgengonx au bief de la (loudre, à côté de Parru*^, autrefois Perrué et Mazerotie, à Mansione., qne je crois être le Manci.'icnin indiqué dans les Charles du X* s.ècle, et arrivait à Grosboisparle climat du Four-neau.
Dans tout ce parcours la voie a été cultivée. J ai suivi sa trace au moyen des pierres et des débris de tuiles. Après avoir longé la rue principale d*» Grosljois, ou de nombreux p.ivés existent encore, le chemin traversait, le pe. il bois des Chèvres, franchissait la route actuelle de Beaune à Seurre, coupait en diagonale l'étang de Champ-j«ir!é et se dirigeait im peu à l'est de Villy-le Brûlé (o/ce les veies) où elle était croisée par la voied'Autun à Besançon par Chorey. Elle laissait à gauche le haâCeau de Longvuy^ longa via^ ancienne
maison de chasse de nos ducs, passait à Argilly, ce roi des villcnges de la piiaine, comme l'appelle M. Josi^ph Bard, et arrivait à la ferme de la Chocelle, A Sa" cello. Elle traversait ensuite les vastes forêts que (lêfrifhèrent les moines de Citeaux. Le trat-é delà voie est presque intact vers le petit Saint-Btrnard ou Courte, pée place à tort le Vidnhia de Pt-utiuger, et sur la chaussée de 17uaî)g de Sacquenay, bâtie toute entièie par les Romains. La voie arrivait ensuite dans l'endroit appelé Narcahclrie ou piutôl Arcandne où se trouvait le point précis de Vidubia. C'»'st là que venaU aboutir le chemin de Savigny et de Bolar dontjeparlerfii tout à l'heure.
Arrivée sur la cité des Lingons, la voie se poursuivait par les bois des Bruyères de la Sainte-Chnpelle, du Vichard (voie deschar>) et du chemin levé \ tlle traversait les communes de Saint- Philibert et de Perrigny^ puis celle de Longvy, Louffa via^ en passant h, la fe:me *\q laCohmbière^ dont le nom rappelle un ciiiietièi*e gallo-romain et à celle de R'}meley.
Le mot Ley ou plutôt Lée, anciennement XAifje est une altération de VAggcr
des Lfitins : on appelle encore VAige de Beaune^ le chemin romain qui part de Vidubîa el traverse les ruines de Bolar, près de Nuits. Le village de Flagey, peu dis*» tant de la vo>e romaine, possède un bois ^ppeléYAige cheminenu ; Villy asa renie del7/f*eel Artçîily VAige au chat. Romcley signifie donc le chemin de Rome.
A partir de cet endroit la voie passait entre Dijon et le pnrc du Mont-Musart et gagnait la ville de Lanj^res.
La seconde voîe dont je vais m'occuper, le chemin ferrée comme oa le nomme à Chorey, intércsiie plus directement notre village s c'est celui qui reliait les deux villes celtiques de Bibracteetde Vesontii.
Le bel arc de triomphe de Saint-André, à Autun, servritde p.int de départ àcette voie de Besançon qui suivait pe'idant quelques kilomètres la route d'Autun à Epinac. Arrivée à Saint- Pantaléon elle se divisait : leehemin de gauche conduisait à Alise par Arnay, Pouilly et Vitteaux ; celui de droite continiiait à suivre la toute d'Epinac, passait sur la montagne de Des* ffot, |>rès de Curgy, puis, prenant à gauche, se dirigeait, par Savigny-le- vieux, 8Ùr le moulina veiit de Sully ; on sait que
rbistorien Ladone attribue au général romajD Silius la fon^^atioD de ce vHlage.
La voie de Besançon passait ensuite i Ucbey, cointnnoe de Viévy, pais arrivée au bois des Mormonts^ sur St- Pierre en- Vaux, elle se divisait en deux. Le cbemin de gauche passait à Tbooiirey, Vic-després et s'enfonçait par les montagnes de Bécoup, DvHain et Cbainbeuf jusqu'au camp du Mont-Afrique, d'où elle descendait à Dijon : c'est là que passa, comme je Tai dit, l'armée de Jules César, à la poursuite des Helvètes.
La voie de droiie, celle qui nous intéresse particuriërement, traverse une partie du territoire de Tbiiry, arrive à cent mètres du monlin-neuf, sur la commune de Champignolle, LÔioie un instant 1*0zerain et se dirige sur l'ancienne églisv- de. Joursanvaux. Elle coupe ensuite, dans le bois de Garde, la route actuellede Vi risà Lyoïi, traverse le bois de Périe, à Pétris, à deux kilomètres de la colonne de Cussy, puis le village de Montceau, auprès du? quel elle arrive par une montée rapide. Le cbemin moderne fait un circuit pour éviter cette montée, mais la chaussée de Tancienne voie a laissé, dans le pré qm
est au bas du village, une élévation trèsmarquée.
A partir de Montceau, cette voie passe près d*EcharQant, à la ferme des Levées^ (où M. Guilleuiot a découvett le beau cénotaphe qui est au iDusée de Beaune), longe le bois de la Gagëre, (c>orruption de bois de YAgger) et vient rejoindre, à la Bâche, la rou^e de Semur à Verdun avec laqueUe elle se confond pendant quelque temps, les grosses pierres du Rudus existent encore sous le gravier de la route.
Arrivée au tournant de cette route du côté de Bouze, elle la quitte en conJnuant sa ligne droite le long des bois de Viervin, (voie du ravin) et de Corbot. Il y a dans cet endroit une partie admirablement conservée ; le pave, presque intact t.?t encore bordé de ses //ce^lorigitudiimles.
La voie passe ensuite au nord de la montagne de Rochetin et sert de limite aux communes de Beaune et de Savigny.
Elle envoie à gauche une bifurcation dont je parlei ai tout à l'heure, traverse leMont- Battois et gagne la plaine parle r limât des 4Uatconnetsoù le vigneron de M. J. Bigame a trouvé, il y a quelques années uh grand morceau de corniche romiaine*
Apiês a%oir toapé b wontt actadle âe Besuioe à IKjon ao c os Chuneroj. lechemio ferré en:re sur la coointuoe de Cdorer» 'Joot il forme la limite do cù^é de Beaune. La Aor/«c//« t sile nom da premier climat traversé. Il d'j a pas de rorhes a eet endroit et le nom Tiei;t sans demie de Tempie; rcmcnt de la voie dont les traces sont encore visibles sur la pente qui gooduit au Cours de Rhoin. Au bas île cette pentp, le lonsr du rbeniin aciocl de Beaane à Chorev, existait à la Gn du siècle dernier un ab.-euvoir romain, sort j de gnnde auge de pierre, mentionnée par Courtépée. Le terrain sur leqiie! se trouvait cet abreuvoir fut l'objet d'un long procès entre la commune de Cborey qui y avait fait creuser des Boutoirs et les administrrteurs de THôiel-Dieu de Beaune, propriétaire da terrain contigu.
La voie de Besançon remontait par le dim^^t des Pois dont le nom semble dt^rivé d'un saccllum placé au bord du cbemin sous l'invocation d'Apollon. Elle traversait ensuite les Chobùis que M. Joseph Bard fait dériver des haim chauds ; a^ais aucune trace de thermes n'existe dans cet endroit élevé etcompiétement privé d'eau.
Anbain n'est peut-être qu'un nom propre? Un acte du siècle dernier porte Champ-Auhin.
Après avoir coupé le chemin actuel de Chorey à Gigny, le chemin ferré traverse \e Pont de pierres. Cette appellation est tirée du pavé romain disposé en f«.rme de voûte, car il n'a jamais existé de pont dans ce lien élevé. Au delà .de la seciion fa'.te par la tranchée du chemin de fer. Il passe au climat des Fas tt pénètre sur la commune de VignoIIes dont il forme la limite au pa<îquier de la Brosse. 11 longe le bois de l'Epenault, franchit le ruisf'eau de la Lauve, traverse !a forêt du Grand' Borne qui semble conserver le souvenir d'une borne militaire et vient passer à Villy, au delà duquel il coupe, un peu diagonalenient, la Viacesarea de lyon à Trêves. Il y a une dizaine d'années des bûcherons de Varennes découvrirent sur le bord du chemin ferré deux squelettes de grande stature au milieu de débris de charbon.
Plusieurs géographes ont placé à Villy la station romaine de Vidubia. Leâ deux mots 01 1 une trop grandj différence pour être dérivés l'un de l'autre. D'ailleurs la distance indiquée par les itinéraires ne
correspond p.is à Viliy. Le nom de ce village vient évidemment de Viœ^ pVmQ] de Via^ à cause des deux chemins qui s*y croisaient. \iduhia^ la voie douteux doit être placée plus au nord ; nous y reviendrons.
Après le passage de la Sereine, le tracé de notre voie n'est pas bien déterminé. M. Laureau de Thurey croit qu*elle va traverser la Saône à l'agny au moyen d'un gué qui est encore pavé de gros quartiers de roche et qu'elle se dirigeait, par Montîgny et St-Aubîn, sur le village de Tavaux où se rejoignait la voie de Chàlon à Besançon. L'existence d'un gué pavé pourrait moiiver le circuit indiqué par M. Laareau. Toutefois il est de Irad.iion qu'il y avait un pont sur la Saône entre Pouilly et Clanon. Dans cette hypothèse nutre voie aurait traversé la commune de Montmain ; puis après avoir passé la Saône elle se serait dirigée sur Tavaux parles bois de Labruyère et de Tichey.
A partir de Tavaux la voie suit à pea près le tra':é de la route actuelle par St- Ylie, Dole et Besançon. E!'e ne s'arrêtait pas à celte dernière ville mais se proloc*
geait jusqu'au Rhin par Mandeurc, près Aloctbô liard.
J'ai classé cette voie parmi les chemins romains, mais, selon toute apparence, elle existait antérieuri^ment à la conquête de Jules César. Avant que l'antique Bibracte n'ait pris le nom d'Augustodunuin, Montagne d Auguste^ elle devait avoir un chemin de connnunication avec la Vcsontio des S!*quanais. Les Romains ont sans doute amélioré cette void en lui donnant une largeur de trente pieds. En 1775, le chemin, mesuré à la hauteur du climat des Fas, sur Chorey, avait encore vingt-hu'.t pieds de large, y cou:pris les fossés.
Le nom de Chemin ferré est ancien :
une charte du roi Robert, relative au ptieur de St-Etienne de Beaune et datée de Tan 1004, emploie les mots Publlca F errata. Cette voie est appelé la Rouelle dans un titre de la Maladiëre. Un siècle plu > tard les archives de T Hôtel-Dieu la désignent sous le nom de Chemin ferré qu'elle a conservé jusqu'à nos jeu: s.
Il me reste à pailer d'une troisième voie qui pasisait ttès prë^de Chot^ey sans Voutefois pénétrer bur son territoire : cette
bifurcarîoo reliait, par une ligne ob les deux chemins dont on vient, de description. (Voir la note C à la 1 volume).
Au commencement du IV' si«^xle
pereur Constantin Ht le voyage de!
à Aiitun en prenant la grande vo
Lyon. Arrivé à l'endroit ou celte voi(
( hit le ruisseau de la Bercbère sur la
mune de Boncourt, au lieu de dest
jusqu'à Vdlj pour prendre, à angle
lechen)in de Besançon à Autun, il
gagea dans une voie oblique et la
qui abr»^geait sa route d'enviro
kilomètres. On avait donné à celte i
f cation le nom de \idiibia^ voiedoul
comme si, parvenu à cet endroit, le
■ geur s'était demandé « quel chemin
il prendre ? w La distance de vingt i
\ indiquée sur la carte de Peutinger
î Cabillonum et Vidubia correspond
I exactement à cetemplacemenl. Sédu
)a ressemblance du mot, d'Ar.ville
cette station au passiige de la Vouge
diigia c'est-à-dire un kilomètre Ir
nord. Toutefois ce géographe est
coup plus prè5 delà, vérité que ceu
placent Vidubia à Villy. En outre de
sons que j'ai données plus haut contre celte opinion, j'ajouterai que Ton n'a découvert à Villy auenne trace de constructions. M. Boudier, ancien maire et amateur d'archéologie, a fait pratiquer des fouilles qui n'ont amené aucun résultit. Plusieurs chemins vicinaux ont été établis pendant son administiaticn ; nulle part on n'a trouvé de fondations ni de sculpt'ires. Enfin Villy est à 17 ou 18,000 pas da Cliâ'on et l'itiniTairede Peutinger pone 20,000.
L'emplacement vrai de Vidubia est appelé au cadastre enNarcandne : en supprimant l'w, qui n'est peut-être ici qu'une liaison, il serait facile de trouver une ori-
I gine grecque à cette appellation. J'ai reconnu, sur une étendue de mille mètres,
? d js vestiges de constructions importantes. Les champs voisins sont remplis de tuiles, de pierres nmreuees, de cendres, de poteries. On y a trouvé des ossements d'animaux, de,s cuillers à sacrifice en bronze et un couteau triangulaire, muni d'une douille en fer dans laquelle on introduisait un manche de bois. Ce couteau est s* mbiable à celui qui se trouve représenté à lu main d'un sacrificateur, sur une tom-
be ga!lo-rcina!ne iDcrostée dates une nûsoo apparteiani i M. liarej de Hmîs, Uce énomie pierre carrée, enfoncée en terre, po-jnojt aitwr serri de fondatk» à OD aaiel on sacellum. A deox cent niëlies de H in pré St-Pierre, à fetrh^ des inrn- ÇOD5 de ro!oDne cannelées, dis fragments decornicha ci de lavanx en terre mite font Mjpposer Fesi^^tence d'habitations im[«ortante?. Le climat dn pré Failloi et celoi de la gninde Perriêreoni donné une g ande quantité de médailles, on pied de statnette en bronze, des fragments de marbre scnlpté et dîiTérenls ustensiles de ménage en métal. Dans les années sèches il est facile de suivre la trace des fondations : les t ëfles et les Iczemes seinées sur ces débris indiquent par leur végétation languissante, la présence de murs souterrains.
L'existence d'un chemin pavé, partani de ce Vidubia et formnnt avec la voie d'Agrippa un angle d'environ 50 degrés, m*e9t parfaitement démontrée. Cette voie, qui porte le non de Chpmin à la /}et>ie,à cause des réparations qui furent faites par Brunehaut, se dirige du Nord -Est au Sud- Ouest et traverse les villages de Boncouri
etd'Agencourt. On a trouvé dans cet endroit une pièce d'or à lefligie d'Auguste,, une quarantaine de bronzes de tout module et deux ou trois monnaies gauloises. Le pavé était composé de pierres fichées debout et recouvertes de gravois ; on en a arraché une grande quantité pour l'étar bhssement d*iin chemin de descerie.
Livoie Dubia \ïeni ensuite effleurer, l'extrémité* orientale de la petite cité gallo-romaine qui fut le berceau de la ville de Nuits, Le nombre des monuments trouvés dans ce lieu est trop gtaud pour donner ici leur description. M. Duret, ancien maire de Nuits, a réi.ni sur ce sujet une foule de notes vi de documents dont il a bien voulu m: gratifier.
Le musée de ceite ville, celui deBeaune et les collections particulières de MM.
Uaiey, Houdier et Méret de Nuits, Changarnicr et Ch. Bigame, de Beaune, contienne*it une foule d'oiijets provenant de cet emplacement dont le nom ac;uel, Bolar^ signifie rivière de Bel. Cette rivière D*est autre que le Musin, dont le cours fi t (jivisé en deux de manière à iormer TtMiceînte de la ville. J'espère pouvoir réaliser les intoutions de M. Duret, et pu*i
blier quelque jour une notice sur cette question importante , au sujet de laquelle on n'a rien ou presque rien écrit.
Après avoir franchi le Uusin, cette voi3 appek'e VAhje de Beaune se Jii ige vers li source minérale de IVemeaux où les Romains paraissent avoir eu un petit éiablissenicnt. C'est là qu*a été trou\éle charmant Silène en bronze du musée de Dijon. L'ancien curé d* Aubaine avait réuni beaucoup d'objets provenant de ces environs et notamment des uaédailles d'Auguste, de Julie, de Faustine, de Ciispus et de Volusîcn.
La Via Dub'm passe à Premeaux et rejoint la route actuelle de Dijon qu'elle suit pendant deux ou trois cents mètres; puis, elle traverse la partie orientale de Coni' blanchicn : on ne peut faire un pas dans cette ri'gion sans trouver des restes curieux d'antiquités. Le climat de Uaizières, à Maceriis et ceux des Perrières et des Saules Guillaume ont donné des clefs et des médailles de bronze, des débris de statuettes de marbre, de bronzo et de pierie, un couteau à manche ouvragé, des stylets,des fibules et des feuilles de plomb. Il est probable que des thermes existaient
au Bain chaude car on y a trouvé des fragments de rlis^piteaux (orinthiens, des conduits en pierre et en terre, des pavés de Nmarbre, un four à potier, des tuyaux da niomb et de grandes salles de pierre où sf)nl creusé(îs des rîgoles. Un des plus jol^s objets est la tunibe d'un vigneron galloi]|oniain représenté avec uue grappe de ijaisinà la main (I).
/ Suivant une direction parallèle à la ,Toulede Dijon, la vole passe a l'extrémité /occidentale de Corgolo.n et traverse le ? climat de la Chapelie où Ton a recueilli ^ des monnaies romaines et le beau bas re-* lief de3 déesses maires conservé au Musée de Beaune : on riippélle le Vieux chemin et les pavés, défoncés en partie, sont encore reconnaissabtes. Une statuette de Tempereur Adrien et un fût de colonne de quatorze pieds de long, mentionnés par le docteur Alorelot, ont été trouvés dans cet endroit.
A l'extrémité nord de Ladoix, la voie venait se joindre à la route actuelle qu'elle suivait, le long des Paulards et des Ka-
(1) Cette sculpture est encastrée dans le bâtiment d'une ferme, à Comblanuhien.
lùzières jusqu'à Notre-Dame du ChemiDr Cestsurle bord de ce chemin, à cent mètres de la Douix qu*a été trouvée, aa milieu do nombreuses sépultures, la belle épingle en or déposée au Musée de Beaune. j Prenant ensuite sur la droite, elle passait i an midi et fort prèsd* \loxe, iraversaitles \ Citernes où Ton a découvert, en I S25« un i pot rempli de médailles romaines, et le I Fourneau dont le sol est rempli de dé- 1 bris, coupait là routeactuelle.de Pernaod dans un endroit désigné en 1 AS3 souile Donide Longevoie^ lungt oit à mi-côte la montagne de Noël par les Godeaux et les Charnières et arrivait à Savigny parle eheaân rural qui aboutit à la maison de H. Bocquet. La voie traversait le village,, passait le cours de Rboin vers les Tilleuls et gravissiiit la montagne pour rejoindre la voie d*Autun à Besançon, dans nn lien désigné en I5b0 sous !e nom de Moliot, M. rarchivisteGarnier a signalé Icnom di\ Moulin Romt^ donné au XIP siècle à no moulin de Savigny : ue serait-ce pas celui qui se tiouve pi es des Tilleuls, sur le bord de la voie que nous venons de suivre ?
Je crois être le premier à signaler que
le radical Mol.\ été fi équemraent employé en Bourgogne dans ie sens de chaussée.
11 dCrîve cerl?inemenl du latin Molesn^é en usage dans la géographie maritime»
le hameau de Molarse, p'-ès de la Saône, 1c village de Molesme^ dans le Châti'on** naî^, Molmjy JHolainei Molanboz dans le Jura ; Moloy^ près d'Issur-Tille, Mol^ phey^ canton de Saulieu, fjont traversés par d'anciens chemins pavés. Le village de Malaise^ près Louhans et la ferme de Romaine qui e^i dcpend sont placés sur une voie romaiiie. Le village de Bouze a un lieu dit la Molepierre^ sur l'ancien chemin de Beaune à Cuss^^ -la-Colonne; on découvre journellement dans ce liea des sépultures en laves. J/o/^ correspond au Street qui a formé dans le déparlement du Nord les villages d'Etreungt, Etreux, Estrées, eic.
Un t*^xte important du rhéteur Eumène se rapporte à la voie que je viens de décrire : « Statim ab eo flexti à guo retrorsùm via ditdt in Belgicam. . • . omnia incnlta,.^ etiam militaris via sit confrorfjosa et altemis montibus ardua atque prœceps, » Il s'agit du voyage de Constantin et le récit d*£umène nous apprend
que Li foie doot il s'agit était une route strjiégiqoe, via milii-im ; que son accès était fatcile jnsqa*aa chantaient de dileciicm, fUxMs ; qa'ane Ibis arrivée à b montagne, c^est-i-dire à »a jonrtion affc la voie d' Autun à Besançon , elle traversait des terrains incultes remplis de roche, s et de pierre», accidentés par d'abruptes montagnes : cnnfragn$a ei nlterm moniibus aràna. Ile passage d'Euméne détruit complètement Topinion des historienfï qui font descendre Constantin jusqu'à Villy. En plaçant dans ce village le changement de direction, le /iexuSj on 36 trouve en contradiction formelle avec le teitp, car il faut faite dotize kikunètres avant d'arriver à 2a montagne ; que de* vit-nt alors le statim ab eo flexu.., confragosa.
La chatne de montagnes traversée par la voie d'x\iitim est encore désignée sous le nom de Uont- Afrique. Cette appellation esl-clie |>hénîcien!ie ou romaine? La première hypothèse peut s'appuyer sur la contrée qu'habitaient les anciens civilisateurs de la G.iule, la seconde par Tétymologie qui donneraient poiir ructiiele supin du Siivhe franff ère. Les sommets de
nos n)ô]it!)grt0s ^nt' remplis de roches briîîé.'s, de mèiivoments de terram ^èî semblent pnodijits par une commotion vîoleiitè; Le Vk'Ot cmifragosa ehi ployé pai^ Eamène doit avoir la méiiie ortgîne.
Un ancien caitip situé près d Nancy porte également le nom dé Camp d Afrir que.
Quélqr.es antiquaires ont cru retrouver dan^ nos montagnes les traces dé lignes télégraphiques sur lesc|uelles l3s ordres étaîiènt transmis pendant, la nui; par des feux de diverses couleurs. Les termi nuisons en Igny n'auraier t pas d'autre ori* gine et les villages de Matigf*y, Aniigny, Ltisigny, Savigny ont été cités à l'appui. Cette supposition n'est que f»pécieuse : ces villages sont ^acés sur des montagT)e.<^, mais cornaient l'appliquer à Serrîgny, à Marigny et à tant d'auti-es dont ht position exclu: toute idée de signaux vus à grande distance. Le nombre des villages terminés en Igny est d'ailleurs trop considérable pour admettre cette allégation.
La finale Igny correspond à celle en Acum des Latins, à celle en Ac delà France méridionale; à celle en Ville de la Normandie, à celle eu Hem delà Flandre ;
— us —
elle n'a pas d'autre sens que ceici d'habitations agglomérées, de villages.
On voit [>ar ce qui précède que li^ chemins romains étaient assez nombreux dans nos environs. Sur les trois que nous venons de suivre, deux ont été inroiiiplëtement décrits ; le troisième était à peu près inconnu. Notre arrondissement en contient beaucoup d'autres sur lesquels on pourra't faire un excellent travail. Dans son Archéologie ceU>romaine de Châtillon-mr-Seine^ M. Leclerca écrit «qu'il n'y avait pas une commune, pas un hameau qui ne possédât sa route re*^rée. n Cette phrase nous parait empreinte d'une grosse exagération. Ce qui est vrai, c'est qu'en dehors des grandes voies* citées par Bergier, d'Anville ou "Walckenaer, on rencont:e, sut tout en Bourgogne, une foule de voies secondaires.
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