‹ Histoire de Chorey et de ses seigneursChapitre 11 sur 51 · MONUMENTS ET OBJETS ROMAINS TROUVÉS · texte numérisé non relu

MONUMENTS ET OBJETS ROMAINS TROUVÉS

A CHOREY.

Les lol«, ifs mœurs et les arts se résument djns les monumriils ; quiniiique veut approfondir l'Iibtiiire ne iioii pas s'en rjpp«>rier téniMunaKe des livres.

. (MB lUTiioRS, président de la So-

cieied«ïs Antiquaireb de Picardie.

Plusieurs monuments de Tépoque galloromaine ont. éiC trouvés sur le territoire de Chorey. Le coteau exposé au midi qui Si trouve entre le village et Sen igny a fourni h s principaux objets. Cette partie du territoire est désignée sous le nom général de Grandes-Terres, l ais c'est surtout dans la partie oriéntaUs spécia*ement appelée les Boyaux, que Tou découvre des traces d'habitation.

Le mot Boyau est une altération : un acte de 173& appartenautàtefamille Ser-

rîgny, nous .ipprend ({iie ret endroit s'appelait le Poil/eau. Il est facile de retrouver le nom de Bel-Apollon que nous avons déjii constaté au cliuiat des Pois.

En plantant une terre appartenant à M.

Girard, le vigneron Bataut découvrî*, il y a une douzaine d*années, des fondations de murailles et un emplacement pavé ea j îerres debout. Ce pavé app:iriei ait à la cour d'une habitation ou peut è*re aune Via vicinalis. Cette d«*rnière supposition est assez vraisemblable car il existe, par le travers des Champs-longs et sur une ligne droite des débris de pierres et de tniles qui se prolongent, au climat des Bons Odes jusqu'fi la route de Dijon, Au delà et sur le même alignement se trouve un chemin rural q» i porte, au cadastre d*Aloxe, le nom de Chemin romain et qui i^joint, à peu de distance la voie de Vidubla à Savigny.

Quoiqu'il en soit, l'emplacement pavé du Poilleau était entouré oii borde de bâtiments. C'est là que M. Bataiit a troiivé te bas* relief g«nUo-i*omain incrusté dans le mur de h ferme de M. Girard. Ce petit monument est sculpté sur une pierre blanche et tendre longue de irentc ceoti-

— Ul —

mètres et hante de vîrgUcînq. Il représente une jument accouîpnKnéeJ'un poulain qui la tettp. Le dessin en est correct maïs la p'.erre n'a pu r<^sîster à Taîr et les détails sont devenus frustes. Aucune moulart ne sert de cadre à ce mo-ceau qui n'olTre pas de traces d'inscription.

Cette scMl|)turc a beaucoup d'analogie avec celle qui se trorive à la métairie de la Serve, commune de Si-lloniaîn, au bord de la voie dont j'ai parié à propos des Helvètes. La longueur de cHte dernière sculpture est de trente-deux centimètres. Elie représente une vache passant à droite. Sous son ventre se tient un veau qui tette et derrière elle une feunne dont on ne voit que la partie supérieure.

Le bas-relief de Chorey, th même que celui de la Serve, ne me pamissent avoir aucun caractère religeux : cN'tait une simple décoration, placée, selon toute apparence, au-dessus d'une porte, soit à l'intérieur soft an dehors. A quelques mètres de là M. Iler.riot Serrîgny a découvert la belle amphore que que l'on voit actuellement nu Musée de Heaum . Elle était encore fisée en ter.e par sa pointe intérieure, dans la position qu'elle occu-

paU prîmitîvonient. Sa longueur était <!ô 90 ronii III êtres ol sa grosseur, au mnxîmum (le rei»neme .1 est de unmèlreSO cenniîièlres de cîrconfi^reme. Sa capacité est J'unvîron cinquante litre.^. Selon toute apprrence elle étai: destinée ?i contenir du vin : lorsquVn lit la découverte on trouva dans Tiniérieur un tnnven-bronze de Tibère, au revers de l'autel de I,von. A cent mètres de là, dans la direction du cliemin snpposA dont j'ai parlé, Jeanfiiptiste C.hevHliera trouvé en 180?, une petite nionipiie à re(ri<^ie de Cor staniin.

L*absenct^ de tout d»^bris d'orni^nif ntation et de bijoux fait supiwser cpje la villa gallo-romaine de Poilleau n'était prs habitée par i;n de ces liches patriciens doi.t pîirleiit lerf auteurs ; c'était r. mpleuient une colonie, une ferme Cv)nstruiti^ pour des colons, l'aile aura été détruite à l'époque de 1 invasion burgonde, car on n'a trouvé dans cet endroit au*un objet postérieur à Tarrivée des BourguignoTi'^.

Le Meir Laurent renferme cpielqnes traces irhabitaiioiK) gallo-romaines. Sur le bor'J du rhem'n'pii conduit à Varennes on aiiou\^., à la hauteur du pi*é Gnillemotte^ tne aire d*;.ppa:tenient composée

d'un mortier parfaiieinrnt nivelé, fabriqué avec de la chaux mélangé de petits fragments de pierres et de biiq.ies : c'est ce que Ton sp^.e!<it 0//ws Sifjiwn. De nombreuses tuiles à rt* b irds peuvent faire supposer que ces constructions rt montaient b, la période romaine. Toutelois l'absence d«2 monnait s rend cette hypothèse un peu hasardée, l/us-igedis tetiu» lœ et imùrices me {Mualt s'être manteim pendrni Tùre méro\*ingi< nnc T/pst làrpic se trouvait le piieuré de (Ihorey : j'indiquerai, dans la suite de cet ojv âge les difler ntes troi. vailles qui ont été laites dans cet endroit.

Le cliuiat des Montais, autrefois Montot, renferme des tuiles, fonda ions, lil)u- Its, monnaies et s^épuliurej. (îus dernières n'ont lourni aucun objet pn»pn* k déterminer une é|)oque,si ce n'est ({uelques pièces du Ca--Lmi)ire, plaées ptobablenient dai s la bouche du mo!t pour p ycr son passfige dans la barque du nauionnier. L'usgj de cette pièce de monnaV, appelée AauluSn s'est conservé jusqu'à DOS jours, dans l'Autunois. On r(*nvplaça qiielqm^fo'ts le nauhis pur une ho-tie a>nsacréc. Les conciles s* i;le\èrei-t avec force

rontre cet osage n ciéleBiIirest sons ks prîoi^ les plus sH4rt9, fk doootT lacommuniiMi a ix mortK

Au siècle ri<>m:er. 11. Ani3u!cl :itrooYé, deirière la niaison occupa par âts desrf*ndant<, u-ie 7g«;'oniératHin d*aa moins niilie iiioniiaii*< rtiniaim-:!. Le% débris de tu.lt s 1 1 de p'e.'ic i.iurpLse se oonUnueDt, par lej pla'it**? descham;^ H îe^ las jusqu'au chemin fr'rrè. On j reorontre fréqueninieiit des nuMrceaux do fer oxydé froveiiant d'ai.ciens instruments d'agrkulture. ^1)

I-C Trongantier. probablement imdl de Gftrnier^ a donié une abondante ninisson de fibufes, monnaies, bngoes et tuiles. Feu le docteur Bard avait réuni dai s son c ibif;et de nombreux objets trou- Tés dans 'e pé: ini^tre de son clos. Le morceau le plus curieux de o tie collection est antt-rieur à la coni|Ucte de Jules César: c'est l'anneau de bru* ze dont j*ai parlé dans un précéfleir c bapitr*^.

Dans Tannée 1819, une iuiportante dé*

{{) LVxpo^tion univer-^ll'* de 1860 rpnfermail one Dombreii-^ colledioo ironl U agrîooltt gal.o romains ivcufilUs sor le plateau d'Albe par 11. Philibert lieauae, de Vilieuux.

cottv^lecoilfeii fîartî^ fa C hénf pagne ëè Beauffe, sur léWj dè^a t<»«^HiIeBt*îi.trr-' çof), h \k Ifriiifé dtt lerrîloîi^e de ONr»r/j*.*' M. Èimult, jiréîa'di^nt <l*^ la''coinmf»*îdH^ tfaiiti juiés^de Ite Côîe-d'Or, riftusaïiirsSê" ure dèscrtpiW détailtéedoht /extrAi»îèS'* lig-e» suivantes : * '

1/e sk?»r tilërc, vigneron au fiiuftoftrg^; St-N}col;v« InHivsl^ en pîor hnfit M ^igiié;' uné petite voûte cifi plef*re*^i soui»MiriefPiilir c<rtô par lin ilitM", de Taotre jiar qnat^^ pierres i:c»lpl<^ï<.rt<M»« «iUr<^« ^Aîe^étaielit^^ placées aux deux boi>ts dMin i:erf u^it c)(3' piôilib c0i>lfêniîntdoso})senif^i^ts dé fcmiffal'^ unvaito l!^» y^tvt de neuf pow^é» de ftaiitoor ei une fiole en y^tv^^ En fk^hoilÀ dtf monulné^.it ofà iNhivh! de^x pfetitpsurn^ en ♦erre doM TinîèfônfeiwH quatre é|>lh*^' gfese»jayHVàveéd<>» téieà à fticMt<^j se|)t boutom de ii^rile.4^(ixktéiH ime itoil^^ z;âne dé niédafMiPS à réflîgie i^ V.n\\\iAWi^i IlonstUtiCû etr6M!^tànt ^i tin crànô ct0^

Une dcsi ."If olputres rèppréseÉtail tàt femme tenant hné quenouille et nnftii^u^^ dte portait rîrtricriinloB MOMAlfiTV^:: S*C^ VUÏ' A^WVACt- F> qné^ fort ira^-

Aulus Munacins crexii ; inonuinent élevé & son épouse par Aulus MuQai^ius. Le mol VIN' gravé sur one «le ces; tombes fait supposier à iM. Girault qu'il &*agi( d'un tonael^rr, Vivarius^ celui qt i soigne les vins. ij|«es dvtails de ces sculptures, la forme des leltres et W fliKie des lucccaies, periiH^tent d'assigner le. uiilieu du IV* siècle. ;pour la date de ce tombeau. Leiuasée.de Beaune a conservé la pièce princi* pale, celle qui porte le nom de Alunai/m^ le grand vase en verre, les uroes en terie ci|iieet lesép'ngles.

Quelques années plus lard, M. Chame* roy, négociant, Ht construire lo mur du dos qui existe actuellement. U trouva, sur remplacement du tombeau, la tête d*ui)e statuette en pierre, dette figure^ d*uiie exécution soignée, mesure huit centime* ire^ t c'er^t celte d'unhommejeuncetsans l>arbcidant les cheveux assez lungn sont ffjetés derriëie les oreil!es;.el!eap[iar* tient actuellement à M""* V« Liligant.

Le territoire de Chorey n'a fourni ao* c^ne de ces stèles ou to.nbes gillo<romaincâf Vr commune^ dans \^ pays de mootagfie el surtout anx enviitmvd'Aaltfn. Je c|t(yai seulement, dans la région qui uoQS

occupe» les tombes trouvée^ à €brCfillèsh soas-Serrîgny,Và Coriiblanck^vh; 'à Che* nôve, àiSavîgAJi ai Echarnant età Slecr* sau!t. Quel'juosiinéddë'te^ sculptures oiit rapport à la professi inilt^ vigneron : «ne tombe fixée^ à Caniblanchien dans lemor d'une fermé représeute un h\>mnflc tenant un raisin. Le riiuséci de Nancy en possè lè une str laquore on voit le nom'CVO- CATVS et la figure d'un vignerod 4^1 tient un cep de vîgïie. • . • / / ; :

Parmi les découvertes importnriltës ffittes dans nos environs il f^ut nolér^f^lfe que le sieur Devtve'y fit & ComberUuiffcte 2A juillet 4803.JI trouva prè^ de l>^4i^ pi iorale, dans ttùe ornfère que les ])tui(^ avaient ravinée/Ân pot en rosette convenant un giand nombre de médaitles d^uti or très-pur, d'ui.e^*aleur de trente à quarante mille fanes. La plupart de 'c^^ monnaies étalent à reffljiie ' de Valenfti^ nirn IIL ^ . ;

On voit par ce qui fifécède q^er-notte Village de Chorey était occupé ^par lés Romains. Toutefois it ne contenait au^oiïé de ces ric'hes villes dont On retrou vitMes traces dans les environs de IVemfcànx; La ville de Bea'ùrïe ne parait elle-:;«ême^aviiir

conUyiu aucun graii'l éiliOfy^. .Les sculfi- .l4^reH-Doaib/reuseH qii*oti y ^ tt^^uvéen 6C r:^p|vi)rteiir, pour la plnpai-a à des dé|>Ql- 4ureH : quelqu'^s ui:es rejvrÀsi'nfefif^^ i^" viuiiéti el .seuibleiit avoir (ait ;parUe irun 4ei::plf'. Mais jusqu-à ce jour ou ira ren« coulréaucuii rie ce^^grauds çhopUaux, au- <iniii de ces largc^s frises de^-^tifiôes i l'or' IM*in|eiU d«\s pakis et des temples. Il faut lalier jusqu*à Autbnpi>ur retruuver.^lans leH p'Mlcs d' Arroux ride Sl^ André et dans IK3 d^'ibris lapi laires, 1 1 magni jqiie artrhi" .|fçl»ure romaine qui ^ gei vi de typ^e à l'ari^ajuire intérieure deM.vtrt^-ltaiiie de BeauliQ. Autiji^ avec son capitok% ae»aqac- 41m<^ et sen arcs de triotuiphif), avec ses .ie^iApIes de.Jan:i8, de Pluloii, de Pruscr- 4)ine« de lUiuerye, do IViaiie ^'t de Bel- Jlipoilon ; avec «on am|>bithéâtre« afis>i ^ratid qiiu le (k»ly^ée de Borne, son th<^â- X^iJM ^,•^00 spec^taieiirs pouv.ii^nt prendie pl.;ce ; Aiitun, noire vieille capitale de^ Ktlj^,(es-Kdues, inériiait le titre de Spro^'. et .œmnlfi Ihmanki^ les historiens .imKieiH lui oui doiu)é.

Qi/étaieni deveoMS \^ dieux -gaulois, ^I^ns ce iU'Mange de peuples et de langage ;'4J4 s étaient idt?uiiii4^ peu à. peu avec

la longue série des divinités payennes.

Bel s*était transformé en Apollon et en Mercure, Néanne s'appelait Diane et Be* lisana» Minerve. Isis continua à être ado* rée parce que les Romains avaient adopté ses mystèi-es. Mais si les vieux noms furent oubliés, le culte, surtout d^nsles campagnes resta le même. Les druides»

proscrits par les empereurs, se mainiin» rent jusqu'à la chute de TEmpire et por* tërent dans certaine'' pratiques, dans certaines formas extérieures du catholicisme la pouipe de leurs cérémouîes grandioses. ,

LIVEB II

Les Burgondes et les Francs, — Chartes relatives à Chorey, — Les premiers seigneurs.

Page 1