‹ Histoire de Chorey et de ses seigneursChapitre 12 sur 51 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

ORIGI?fES CHRETIENNES.

ib Oriente venimas, ego et fratret

iBtfi) à siiii'tu Policarpo miMi.

Actes (le Sl-BÉMGNE.

Le sacrifiœdu Gotgotha produisit dans l'empire romain une immense révolution.

La Gaule reçut une des premières, la foi Bouvel.e du verbe incarné : peu d'années ap:ës la mort du Sauveur, Lazare et Madeleine, ses disciples, apportèrent dans la Provence la bonue semence de l'évangilei

Aprë^ les disciples de J'usai- Christ finrent ceux de St-Pierre et de S«-Paul, qui prcip:igërent la doctrine catholique dans ie iiiifii de la France. Un peu plus tard Pt»2hin Cl Iréi;ée d 'trichèrent le sol de la gr?.nde métropole lyon wîse.

L't'vê(|ue df Sniyrne, Polycarpe, fidèle aux ordn s ('ohnés par le prince des apôtres, en oya dans tout Tenij/ire de.^ niis- Monnaires de !a bon .e nouvelle. Bénigne, Andoche et Thyrse temontent le RhAoe et la Saône. Ar i\éH à tIhâ*on, le premier prend la voie de Trêves, traverse le lerritoiœ Kduen et s'arrête à Dijon où il est martyiisé sous l'empereur Tibère en 178. Les deux autres se rendeni à Autun et reçoivent dans cette capitale la palme des martyrs.

On raconte que l'empereur Trajan, ect'ndant parler d*une nouvelle secte envoya le savant Pline, qui vit dans toutes les provinces les temples remp'is de monde oi les sacrifices fréquents. L'historien écrivit à son maître : « Celte secte de chrétiens est uiie plai>anterie ; jamais notre rcligioD ne sera é-iianli^e. »

C'est surtout dans «es classes modernes de là société que la noù\elle religion se

£tc1es a(1e|>te4. •Son action était trop intelr ligente : e'ie fl-attail trop nul le:iappétiis giO!$sie:s des casios.asservîeî* \^mv ère exclusivoniont pléb iVnire. IVnn nutr«» côté elle prêchait tr^p haut l'auf^térité, le mépris Cl Tabandon des richesses pour avoir prise snr les races pit-iciennes, si bit'« gorgée des trésors du mott^W. l a roiitrée où se trouve 4*horey it»ç»ji vr«ii$euib)abie<ujen.ttes notion:» de la fû «/un de ce^ premiers apôiivs qui cheminèrent snr ces grandes artères conHueririales créées |>ar les Phénî' iens et l s Cites» Mais !a Femence fut niin*nie et ne produisit qn*une laib'e liioissofj. Le (niracle d'un de:** pre-

miers évëqMtS: d*Auiun favorisa les cou* verï?i<»ns : les K'gendes rappori.ciit que Sinîpiicius fit tomber, par l'in sip;iie de croix, la statue de Cybéle que l*oti portait en procession.

Les persécutions des cnipereurs enrayèrent la inarche, du christîanisni<^. A Li fin du UV bi(xle, Dioclétidi vnului abolir te nom même d;s chrétiens. Qn a trouvé, <Uins une inscripiicm qui d«»tede seii règne les mots NOMINiil* CUUiSTLV- K0BV.V1- UELEry. C'était, au dire da ses Courtisistii.s uuq des gloires de sou rè-*

gnp« une ùe.\ consolaïkms de sa vieillesse annotée.

1^ triomphe de la noavrlle rergion eot lieu sous (Uin^taiitîD, son sucitesseur. ('/est i l.ux, daiiN l«r (^hà oniiais H"^ ^ primey en r.ilaiit tnnibattre letyran, Maxeilcea|le^ fut () iiis le ciel la rroi& lnmintfu.se f|ui Mtermina Fa convi-rsion. Apië^ cet événement, arrivé en 3ll,ré\èi|oe d'Autan, RhëtiH*, enseigna à W nipeieur les dogmes catholir|iies. CI* inslantiii devint dèdlorsui propiigateur fei veut du (Ihiist.

E I 376, St* Martin, le g. and dest^!:^ leur les iiloîes, au reti'U»" d'tin voyagea Trèvi-a, s'anêîa chez les E«itie3. Fils iraii tribun iniiitairect soldat lui-même, il devint le rherifun nombreux moi lastère situé près de Vo tiers et fut nomitié ërôqnè de Tours presque malgré lui.

l^dhab.iants des grandes villes étaient convc-rli**, m;iîs les paysans, paymù conservaient le culte druitlitpie, légèrement modifié par le |)olyth' î^me romain. Martin se v ua à la destruction des divinités, à la sanctifii-ation des sources et ch^ forêts druidirpies. il en est des idoles, des temples, des fois sacrés cimmie^dfS pajeud : tn n'extermine pas les deruiers,

mais on los convertit, on les ' hap(;e. Cbr. quA» <livinité fui remplacée put un saîi^t ayant quelque caractère en ra|>|>ort ôvt c ellf. Bel, le premier des flieu«, tédasa. |>lHce à St-Pierre» le preniier des apôties; la vierge n»èr.e succéda i V/sis paritura^ tandis que le*^ rivières et les eaux, auc ieu domaine de^éanne, furent placées sousla^ proteclioti deSte-Aiine. Un exemple frap«r pani du rapport qui existe enrre la consé- €t*ation pajeuno elle vocable t'a(hoii(|u„e est la chapcile Si-Heraiés de Villy-sur- Tiiie. Elle occupe l'eniplaceuieut d*un temple do Mercure et renleinie encore ]'4nH£ripiion MEIH.VU10- ET- MLNEll- VAE^ ARNAUAE.

J'ai dit plus haut que Si-ilai'tin s'arrêta cht^z les £dn«^s en r^rvenant de Trè» ves. llosi probable qu'd qu'tta lagratfdevoie àVidttbfc^ pour pénétierdans le |>hgus an brigntis. L'anc en voi-able dt: Sv Martin, donné àJ'église de Priscey, |«dt . supfioser qu'ilsanctilia la source thermale de Pr«.nH*aux, ainsi qun la petite i^oiirce^ deTapeteoùé'éieVaplus uufd Notre Dame du tliettiin. L(*s fontauiesKacréeH dO: lelisana an ètèrent quelque temps Ténordsteei rubba>9 de Si ftfartin» placée à ia;

grêles et maladives, mais revêtus d'babillements somptueux.

A la fin du Vl" siècle, un moine du Nord essaya de réformer ce luxe si contraire à la pauvreté évangélique et aux traditions du culte Gaulois. Le christianisme , qui avait épargné les temples de Tltalie et de la Grèce ne porta pas la cognée dans 1» bois sacrés de l'Irlande. Le grave génie des druides, leur science, leurs cérémO" nies, passèrent d'abord chez les moioei pour s'y purifier. En 590 Golomban, jNré* tre irlandais, vint à la cour de Gootras pour régénérer les mœurs affaiblies par les désordres de la guerre et par la négligence des prélats. Le roi de Bourgogne donna à Golomban et à ses dôme moines trois sanctuaires gaulois qui devinrent des abbayes célèbres ; Anegaj ou l'on adorait la déesse des eaux arec l'épithète de Granna^ guérisseuse ; Foo* taine, consacrée au culte de la mèoie déesse et Luxeuil, dont le nom signifie Bois sacré.

Les habitants de Constance étaient escore païens. Golomban se rendit dani cette ville et essaya vainement de leacos* vertir ; il dut s'éloigner de « ce uid de

^ serpents » en secouant la poussière de

[ SCS souliers» mais il y laissa un de ses moi-

3^ nés malades qui apprit, en jetant ses fi-

:^ lets dans le lac, la cause de cette résis-

-^ tance. Les vieilles croyances celtiques lui

=*f apparurent sous la forme de Y Esprit des

*; £aux et Y Esprit de la montagne.

i Jonas de Bobîo nous apprend qu'en

^ l'année 610 Golomban fit le voyage de Be-

^ sançon à Autun. Il suivit donc la voie ro»

f maine dont j'ai donné la description et

passa tout près de Ghorey. li parait même

s'être arrêté quelque temps à Beaune. Une

tradition, acceptée par l'historien Gande-

lot, assure qu'il funda la petite abbaye

placée à la source de l'Aiguë et qu'il la

dédia à St-Martin, en souvenir du grand

exorciste qui avait sanctifié cette fon laine

deux siècles auparavant.

L'excessive austérité du moine irlandais et les formes druidiques qu'il introduisit dans la liturgie le mirent bientôt à l'index. Le pape Boniface lY qu'il avait osé réprimander se déclara contre lui. Sa règle trop sévère tomba devant celle de St- Benott.

Depuis la conversion de Gonstan tin, tous les empereurs avaient multiplié les lois en

faveur de l'église et de ses ministres, les èvêqucs seuls administraient les biens . religieux et distribuaient les revenus à leurs prêtres. Un peu plus tard on attacha à chaque fonction une part fixe de terre ou de revenu destiné à T entretien du titulaire et aux aunaônes qu'il était obligé de faire.

Tel est, dans notre pays Eduen le commencement de la grande révolution religieuse. En morale purement abstraite, l'évangile établit des doctrines bien plus parfaites que celles du paganisme. La pratique de ses préceptes exige des efforts et une abnégation de soi-même que Ton chercherait vainement dans les sages de la Grèce ou dans les philosophes d€ Rome. Le christianisme a ouvert à la poésie des légions et des ressources inconnues, lia créé l'éloquence chrétienne quî^ au lieu d'émouvoir les passions, tend àlef calmer et qui eât aussi supérieure à cell* des anciens que l'intérêt de notre vie « venir est préférable aux choses qui noii! charment le plus sur la terre.

L'influence du christianisme s'est éteo due aux arts. Plein de souvenirs etd scènes touchantes il fournit à la harpe à

musicien, au pinceau des peintres, au ciseau du sculpteur et de l'architecte des sujets magnifiques et variés à Tinfini. Lulli a dit : u Je donnerais volontiers mes airs d'opéras les plus estimés pour la mélopée antique et «impie des préfaces du missel romain. )>

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