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CHAPITRE IX

Faits historiques. — Premiers seigneurs

DE Chorey.

Gillot Baadain possède U terre de Chorey, une maisoi i Beau ne et le quart An foariif Savigny.

Archives de la Gûte-d'Or.

Sous le règoe du duc Hugues IX, la Bourgogne fut ravagée par des bandes de paysans révoltés appc4és pastoureaux»

Ce duc habitait souvent là ville de Beaane, d'où il allait, dit un vieil historien « S6 promener dans sa maison de Muserangt*

Robert II succéda à son père el résida presque toujours à Argilly dont il fit rebâtir le château en 129i. Ce duc chargea * Jean Bernier, bourgeois à Beaune, de fabriquer sa monnaie et donna à la léproserie le hameau de Buissons. Il fit son testament à Brazey et son codicile à Ar-

cenant et mourut en 1305 à Vernon-sur- Seine.

Pendant toute cette période la haute Cour de justice de notre province se tint à Beaune, sous le nom de Parlement ; ses séances avaier.t lieu dans la grande salle de l'ancien palais de justice.

Le 19 septembre 1356, le roi Jean fut fait prisonnier à Poitiers. Flavigny, Brîonsar-Ource et Châtillon furent pris et occupés par les Anglais, a Les trois ordres des deux Bourgogne, dit Courtépêe, s'assemblèrent à Beaune pour délibérer sur les moyens de se délivrer d'hôtes si dangereux. Ils oHrirent 200,000 moutons d'or qui valaient trente sols pièce, ce qui ferait aujourd'hui deux millions deux cent naille livres, dont on paya une partie comptant en on donna des otages pour le reste. » Cette somme représenterait aujourd'hui une valeur de six à sept millions ; un riche Beaunois, Philibert Paillard, fut au nombre de ces otages. Le duc Philippe, à peine âgé de seize ans, mourut à Rouvres en 1360, et termina la série des ducs de Bourgogne de la première race.

Retournons un peu en arrière pour re-

chercher Toi igine du château de Chorey dont l'importance, au cooimencemeui du XlVe siècle était beaucoup plus grande qu'on ne le suppose généralement.

La famille Baudoin est une des plus considérables de notre pays dans le cours des XllI et XlVe siècles, et il est étonnant qu'aucun historien n'en ait ptirié. La plus ancienne trace de cette maison est la mention faite par Gandelot d'un aichi-prêtre de Notre-Dame nommé Baudoin, qui vivait en 1212. Un peu plus tard nous trouvons une reprise de fief inscrite sur les registres de la chambre des comptes de Bourgogne : Gillot Baudoin a possède la terre de Chorey, une maison à Beaune et le quart du four de Savigny. » Celte mention sans date ne doit pas être antérieure à 1260. Il ne serait pas impossible que cette famille descendit de Bauduin, chancelier du duc Eudes III, cité dans une charte de 1182 et dans Thistoire de Dom Plancher ; il est à remarquer que la charte communale de Beaune tut précisément octroyée par ce duc et que les fonctions de maïeur ont été exercées par plusieurs personnages du nom de Bauduin. En ce qui concerne Chorey, le clos

du meix Gillot, conserve encore le nom de ce plus ancien seigneur connu. Moins de vingt ans après, en 1278, Guy Baudoin était maire de Beaune : les listes données par Gandelot et par Rossignol sont fort incomplètes et j'ai retrouvé beaucoup de noms unis par ces deux auteurs.

Les archives de Beaune possèdent une liste de répartition d'impôts de 1283 : nons y voyons figurer Guy fils de Baudoin^ seigneur de Chorey et ancien maire de Beaune. La taxe qui lui fut imposée était assez considérable : elle s'élevait à un marc d'argent, mais il fut stipulé que cet impôt ne pourrait jamais être augmenté, ni pour lui ni pour ses héritiers.

Vers le milieu du XIIP siècle on trouvait, parmi les docteurs éminents de l'Université de Bologne, maître Jacques Bàuduin qui attira auprès de lui Jacques de Ruvigny, langrois, l'un des premiers maîtres de cette école universitaire qui fil revivre en France l'étude des littératures grecque et romaine (4). Il n'y aurait rien d'impossible à ce que le célèbre professeur bolonais, appartint à notre famille

(1) Histoire de l'instruction publique^ par M. Vallet de Viriville.

beaunoise, ce qui expliquerait rafleciion qu'il eut pour Jacques de Ruvigny.

La reprise de fief de Guy Baudoio pour la terre de Chorey ^fut faite en 1283. Il ne jouit pas longtemps de cette seigneurie et mourut peu de temps après; le cartulaire de Notre-Dame porte cette note: Oct, kal. sept, obiit Guido^ prœpositus belnensis. En 1326 Hugues Baudoin fut élu maire de Beaune. C'était peut être le fils de Guy ; nous le retrouvons en 1337. Onze ans après nous rencontrons le nom de Girart Baudoiny seigneur de Chorey.

qui mourut dans le courant de cette année après avoir légué, dit le cartulaire précité « une somme de quinze livres pour la construction du portail de Notre-Dame. "• L'existence à Beaune de plusieurs financiers nous donne une idée do du commerce. En 1336 Guillaume-le- Changeur avait porté son arche aux Cordeliers et JeoiTroy Barroz avait confié la sienne au prieur de St-Etienne : les comtois ayant à leur tête Jean de Chaloo, s'étaient révoltés contre le duc et la ter* reur qui régnait sur les rives de li^ SadoCt avait gagné les montagnes de la Côted'Or. Un an après la donation de Girart

Baudoin, Oudot-le-Changeur donne douze livres tournois pour l'œuvre du portait u en compensation des dixmes qu'il a mal payées. » C'était en 1349, l'année de la grande mort.

En 1367 Jean Bauldoin f'^n't maire de Beaune : une pièce r\\\ cartulaire de Notre- Dame, datée du ô mai de cette, année, relate une distribution de pain et de vin accordée aux chanoines par Hugues Aubriot, de divione. L'acte est passé par Aliet Jacquelin, de Chassagne, coadjuteur de Guy Rabby, de Dijon, notaire de Beaune, en présence de Johannis Baulduin, matoris Behrœ et de Rémond , châtelain de Pomard. L'année suivante nous trouvons quelques détails intéressants. Jean, fils de Jehan Baudoin commande un anniversaire pour dame Guillaume ou Guillemette de Pomard, veuve de Jehan de Muissey, chevalier, seigneur de Savigny en partie. A cet effet, il hypothèque Cl une pièce de vigne assise au finagede Chorey, contenant huit ouvrées, Delz le chemin commun d'une part et la veuve Johannette, femme de feu Grenot Litard, de Beaune. — Item, une pièce de TÎgne contenant dix ouvrées delz la vi

mons. Philibert Padllart. — Item, oae antre pièce de cinqoaDte oairées sur Su- TÎgoT, en Chaulais. » Le même ade mrationoe uce TÎgne ès-A/ondSitfs /leurs et une aotre an mont de Pierre-Bianeke,jo\gpxai celle de Gayot BaoTial.

Cette même charte de I36S nous apprend qne la femme de Jean Bandoîn s'appelait Margoerite et qc'Us eurent oo fils nommé Jean : c'est ceini qnî adnûnistra la TÎUe de Beacne depuis 1383 jusqu'en 1393. Il survint, pendant soo administration, un fait relatif à la famille: un mandement de Philippe-le-Hardi renvoie à la justice du maire « Thevenin Bauduin, bâtard de Beaune, accusé d'homicide. Les détails et les suites du procès n'ont laissé aucune trace dans nos archives. Onze ans après, le 23 août 139A, Jehan Eaudithin, naguère mayeur est assigné à payer au duc deux cents livres sxir les foucnges.

Au commencement du XV^ siècle nous trouvons trois ou quatre personnages de ce nom:

1* Etienne Bauduin, fondateur de la chapelle Saint - Liénard dans l'élise

St-Pierre, de Beaune (1) ; en 1402 il affecte à cette fondation un pré situé à Chftvîgny-en-Valière; 2° Robert Bauduin qui fut maire de Beaune de lill à 1A14 : il figure sur la liste de Rossignol sous le nom altéré de Baudung ; 3" Jean, qui possédait en 1415 une vigne ès-Prévôtes^ à côté de celle d'Aubert Charretier. Nous voyons, dans le cartulaire de Notre-Dame que cet Aubert donne à la collégiale de Beaune quatuor operatas vineœ^ in loco dicto es prévoies juxta vineam Johannis hauduyn. Ce nom de prévôté vient peut être de Guy Bauduin, prévôt de Beaune, dont j*ai parlé ci-dessus.

Le maire Robert Baudoin, seigneur de dhorey, habitait la maison patrimoniale de la famille : cette maison existe encore. Elle porte le numéro 1 de la grande rue et est actuellement occupée par M. Trapet, pâtissier.

L'hôtel Baudoin passa entre les mains de la famille Jacquelin, sauf la partie septentrionale qui avait été donnée en dot

(1) Les vigaes données à Chorey par ce fonda, teur, restèrent jusqu'en 1791 dans la possessioii de cette chapelle de St-Léonard.

à la fille d'Huguenin Baudoin, lorsdeson mariage avex un nommé Pétral, riche bourgeois de Beaune qui possédait déjà deux maisons voisines.

Les auteurs de la noblesse aux Etats de Bourgogne citent^ pour Tannée 1789, M. Guy-Bernard Baudoin, de Chamoux, comme faisant partie de l'assemblée delà noblesse pour l'élection des députés aux Etats généraux : il serait possible que ce perj*onnage appartînt à une branche de notre famille beaunoise. Ses armoiries, bien postérieures à l'époque ou Gillot Baudoin était seigneur de Chorey, sont : d argent à V arbre au pied coupé de Sinople, au chef de gueules chargé d'un croissant et de deux étoiles du champ*

L'histoire de ces importantes faoailles beaunoises c xigerait des notices particulières que nous publierons quelque jour.

Quant aux vastes domaines des Beaudoin»

les Pétral en conservèrent une partie 6t notamment le clos Baudoin qui est peutêtre le clos St-Baudèle.

Qu'était devenue, au milieu de toutes ces mutations, la seigneurie de Chorey • depuis longtemps elle n'était plus au^ mains des Baudoin. Par vente ou par m3.-

riage, elle appartenaii à un puissant personnage, favori de ces grands-ducs d'Ocddent qui.portërent si haut la renommée delà Bourgogne.

Quant au cbâteau , il nous est impossible de savoir en quoi consistaient aesbâtimenls et ses dépendances.

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