‹ Histoire de Chorey et de ses seigneursChapitre 22 sur 51 · DENRÉES · texte numérisé non relu

DENRÉES

Aucnne personne, hommes oi femmes, s «Ins de Icon con», qm demeurent oiseux en uveru(« ou autre part, qu'ils Tident la ville (Lins ftolsjours.

(Le roi Saint -Ltvis.)

La longue période historique dont le commencement est marqué par les te^^taiDents de l'évèque Ânsebert et d'Adi^ gaire est empreinte, jusqu'à l'époque où nous sommes arrivés, d'une foi vive et d'un amour excessif pour les fondations religieuses. A l'appui de cette asser^oo^. voici quelques déiails propres à initiçries lecteurs aux mœurs et aux usagçs de ce moyen-âge si calomnié. ,/^ . :

Au commencement du XIII'' siècle, uo seigneur nommé Arnould, habitait près d'Ivry le village de Corraboù A la mort de ce personnage, sa veuve Gillette donne aux chanoines de Beaune la taille de Merceuil pour l'anniversaire du sire. Cette dame fit son testament le 11 octobre 1253. Elle commence par doter s^s praeiits :

Anséric de Paimblanc, les trois filles d'Hugue de Yvry, chevalier, Agnès de Sanlenay, la fille de Guy de Ghavillon, Alaïs de la Roche et la fille d'Odon de Mavilly. Elle donne à maître Bernard son chapelain une pièce de grand ordinaire, et à l'église de Saint-Aubin d'Ouroux deux pintes d'huile. Guillaume de Glamerey, chanoine d'Autun, aura pour sa peine pro pœna sua, deux pièces de vîu, mesure de Beaune. Toutes les églises des environs ont part à ses largesses : la chapelle de Gamay, l'hospice d'Echarnant, les curés de Montceau, d'Ivry, de Saussay, de Saint-Romain, d'Auxey, de Monthelie, dePuligny, de Gorpeau, de Noiay, deMolinot, de Sainte-Sabine et de Viévy. Les fils de cette dame, Hugues de Gorrabeuf, clerc, Pons, chevalier, Guy, chanoine d'Autun et son frèr^^ l'écuyer Arnould, filii fratr^, mei^ donnent leur consentement et font abandon d'une par* tie de leur fortune.

Voici un autre testament gui se rattache à notre sujet par le nom d'un sire de Frolois, seigneur de Molinot et de Ghoréy et qui date de la même anjnée que te pré* cèdent. Guillaume de Vauthiau/cli&leVBXu

de Saiiit-Victor-sur-Ouche» donne à Jean . soo domestique, un palfroi en échange da cheval qu'il a perdu : meum palfridum , pro equo suo quam pro me amisti ; à Alix, sœur de Jean, dix livres dijonaaises pour iui taire une doU pro ipsa maritanda\ i .3aint-L&zare d'Autun ses habits et soq meilleur cheval avec les harnais : equwn meum meliorem cum armaturis ma et equL II reconnaît devoir quarante-sept . livres dijonnaises à Viévigne de Beaune, soixante livres à Pierre d'Arnày, quatrevingt livres à Arvay de Nuits, soixantedix livres à Thibault, sellier à Dijon. Voiici le détail de ce qui lui est dû : Pons, de .Corrabceuf, quinze livres et le seigneor de Marigny quarante ; le sire de Fix)Ilob . jen doit cent, de même que celui de Ver* gy. Marguerite, la fille du seigneur, vieot ..la dernière ; il lui donne soîkaote livrées . de terre pour la marier. Quant à ses fib, ils.hérHent de tout le reste : Gay 'de Gorabœuf et Jean de Salins sont ses ëzéoiteurs testamentaires.

Ces citations nous instruisant mioox

i. ,,apel]feQ des pages et tout commentaire

i^rait superflu. Voulez- vôÙ3 cooniâltre i

, fond cette curieuse époque : Gjaiutfiièr de

Sauit-SymphoFieo; abbé de Saint'^ Pierre-

: f ftiriefi doràe là un hôpital deux ttu gar-

;|iis. d'oreillers^ de coussîtiâ, de irideauix,

.<^ idraps et M cûavertes : munitos efUtS-

ira^ etimssino^ pànnts^ tyritheis^ et coopét^

4Sr; il vput qu^on diâtribué auxpauvitfi

fésûappest Àës essUié-iqaiUd, ses servièltëA

et tôutesagardê^robe : màppàs^ inonutet'

piàypàhiiôs linneos^ toîàm pesteMméàfà.

jkïïleuréy édi iii <tàdse à i)ied dont nos vi*

^eronsônt cbnserVé le type traditiôitfiét :

cj/phum argentèùm eum pede. ColuilS

* doiKnCi % thàëuh cle ceux qui pôrteroi$t fj^dii l col^s; en. tcPTie» unecuiller d'argent dû

cinq sols, tin autre lègue à un^ églisieiine

è^me de quaîli*e> vingts 1i vre^^destînées à *^ âèliel^ de la pure pour &jro ce^t tuiû^

^uiesaux pauvres.

. L6$:tt)is:dii Aloyen &ge étaient trësrsè«

iht^^ contre téè fainéants et les ivrognes m

^ èhe yiellle ordoïïnance, attribuée & €bftt^

; leifaagD^. ]««cond»ttDeppar un premier

^lit.ide vBgnbondage à perdre un cXiil; ^ j^r le âec0nd à subir la tnetllatioti à^

^SéS4 pour le troisième à mourir dé te

* littS^ dMbourreAUè Volcite texte d*«ne^Dfi

* Aotinance édictée par le roi saint Louis : ** € Si aucun qui soit dans la ville sans rien

gaîgner, s'il hante tavernes, la justice doit prendre et jeter hors de la ville* ^ \ siècle plus tard le roi Jean ordonne qu'a cune personne* homme ou femme, sai de leur corjs, qui demeurent oiseux i taverne ou autre part, qu'ils vident ville en trois jours. En cas de refus i étaient mis en prison et en cas de récidi^ attachés au pilori, puis bannis ap. es avo été marqués d'un fer rouge. Violence i dévotion, iniquité et grandeur d'âme, n pines et générosité, tout était contras) dans ces temps singuliers qui nou3 j>a raissent si pittoresques à distance.

On a singulièrement exagéré l'état d'ai servissement des hommes de travial |ieo dant la féodalité. Pendant plusieurs siècle les cultivateurs ont occupé une ix^sitioi presque indépendante. Malgré les empié tements des seigneurs la propriété d notre terre resta partiellement entre le mains des cultivateurs libres, shuf oo redevance qui fut, dans l'origine, oOert à un seigneur puissant. C'est ce qu'oi appelait « la recommandation ; » maifl comme Ta dit M, Perreciot dans son Eiû civil des personnes \ celui qui était veni aider gratuitement les ouvriers du cbâ

teau, retourna chez lui corvéable. L'hommage libre de quelques produits des ^ champs ou dé la basse-cour se transforma ^- en une redevance annuelle. Ce que le rés* ^^ ii^t avait conseillé, la crainte le fit faire.

(In appelait grosse dixme celle qui portait siir les vins, les blés, les seigles, les

J orges et les avoines ; les menues dixmes s'appliquaient au chanvre, aux fèves, aux lentilles; les dixmes de chômage avaient trait aux bestiaux et aux viandes. Les

' navales étaient perçues sur les terres nouvellement défrichées. Dans certains payâtes seigneurs exerçaient des droits

. 3e succession sur les b&tards et sur ceux qui mouraient t^ans confession. La Bourgogne fut moins malheureuse à cause de son parlement ; plus qu'ailleurs. Tautorité resta dévolue moins au seigneur qu'au juge ducal ou royal. « Lorsqu'on entre un peu avant dans le commerce du inoyen-àge, disent les auteurs de la noblesse aux Ëtats de Bourgogne, Tesprit pflt surtout frappé delà large place qu'y Occupe lindividu. Malgré son «mpitdpble hiérarchie, la société y est hérissée de libertés, tout y respire la franchise» la force et la vie ; tout y est plein de sève et de

jeiuie^e* >^ L*avilisaemeii| de FagricuU lore ne à9Ae que de la 6a de la {ëodalUé» On à repoussé avec tant de dAdàià ^9 cultivateurs qu'ils otit fini par se regardé! eux-mêmes comme des êtres trës-abj[eiDt8.

VeyanI les habitants des villes eôrichis par le commerce et relevés daim leur di' * goité par les franchises communales îb ont déserté les campagnes pour pr^drf des états industriels.

La première indication que nous 4jfXflf trouvée sur la popnlattôa de Cborej r^ iBonte à l'année 1286. Le^ archives i)^ Bèaune possèdent une liste de recenser inenisur laquelle figure Cborey avec le d^iffre de quarante^buit feuX, sait eôvtr • ron deux cent quarante habitants* Gtg|i| avait alors dix-neuf feux oa quatrè-vtng|r quinxe habitants» Après les désastre^ de| XI** et xu* siècles, le paya comocieo^iaîf % se re^upler ; la populatioft^^ s'accrut j^ . qu'au milieu du xm^ dëde i c'est aloW que lé duc Huguies V^ rebâtit son châteas ds' Vollèiuiy : mais peu d'^an nées «après cf chi&e baissa «ubitunént. Dans les^^aoéii .1347 et daos les suivantes, Tafifreuse mir ladieapfM'lée la jpeste noire enleva plusdei trois quarts des hîibUautô ;

En mil trois cent quarante-neut De cent ne demeurait que neuf.

Après la peste vint la guerre ; les pilleries des baudes indisciplinées ruinèrent le pays, o Pendant l'anarchie de 1358, dit Uézeray, les gens de guerre exerçaient toutes sortes de violences sur 1rs pauvres peuples de la campagne. Ces malheureux, battus» pillés comme des bêtes sauvages, s'attroupèrent en grandes bandes et résolurent d'exterminer les gentilshommes. »

On appela cette révolte la jacquerie. Cet état de choses était occasionné par Ja guerre contre les anglais. L'impôt de deux cent mille florins d'or au moyen duquel on avait k heté une trêve de trois ans causa la ruine de l'Etat et des particuliers. La guerre finie ou du moins apaisée, les soldats, déshabitués au travail, formèrent de véritables bandes de brigands, désignées sous le nom de routiers, tard'VeHus et malandrins. Lorsque le calme fut un peu rétabli, on replanta les vignes, et la découverte d'une nouvelle variété, le ga^ may,permit d'utiliser, pour cette culture^ certains assolements rebelles au tumien* : Les seigneurs de Chorey mirent en vigne unegrandepartie de leurs domûnes.

Le nom à&Ctôi^Jtàrffe^pilfiàP^iiè^'Ksmû' nement de Marguerite de Frolois, .dame de Chorey en 1371. De mêoié le cliùiat encore appelé Ateix à Goite tire -son nom d'Hugotte de Frolois, veuve de Bértlftidt de Chartres et daoie de Ctorey .dÀis fés dernières années du xiv* siècle. On voU avec quelle persistance se aiaintieDo^t^ lés dénontinations appliquées & la top6« graphie locale*

Pour compléter autant que possible lé tab.eau de notre pays pendant là doiûiuation ^és sires de Frolois, jç vais indîqtier, d*aprës des documents cectaioH, le jpAt des terres, du bétail et dé quelques suà^ sistances.

En 1277, le prieur de Saint^Ètieone dcf Beiune achète à raison de neuf livres iW vrée une vigpe aux Theurons.

En- 1305 un jqurnalrde teirt« était aoKK dié sept on huit sols. Un char de foin

fseutait. onze sols. Pour six sol» on. avait

huit grosses, inicheii dé p^n^r.ppur doiué ^iefr» un JapJA de g(ir«!nne et une pQole pcMurun^ou.^ Vmb comme: çs^nts de doaloo a^e(»ent dix âolfi^uQ tonneau de vîii-dé BefitHie et y|ng|t^ob les) pfemiera crûs de Beaune, Pommard et Volnay. LeeîtJ^

de cuvées de Vosnes et de Nuits cbâtaiéht quarante sous. En 1316, fè vin défiavi^ gpy fut vendu douze livres la queue. G est dans l'année 132^ qiië l'oa cooimènça^ii percevoir à l'entrée désWilfeé des 'droits' d'octroi sur les denrées de conson^matioQ*^

Les vins de CËamn&gné n'^talen^ pas' considérés et la plupart deàgrarïfles mar* sons de cette province tiraient les leurs de notre paj^s. En 1^26, les gens de Keims achetèrent à Beaune beaucoup de vin fin ik'raîson^de crnquanté->six livrés îa queue, trifiisport^comprisV

Vers le milieu du xiv» siècle un cnevST valait quinze livres, un bœuf liéuf livres^' ûliV^'deijli'^i^^es'» tin'véSd ùiife livii'è'et âSùU"s6ldV u«"m(Aîfôb" n'-'ut 'ëîiÉ', nW

âii^mM)^àtii''ii\i\mma''bi 'un s'étïéf a^Vbitiè -pbat 'cilâq/ 0'À"p^ii"ut{'mi d*l«tffàti'ôi3''àbli"etïïn"cèrilf dé pdtfnîiëtf

tagW'filiifef qflé'fe'k'ik ilHiffh'dH \iàWftHi fâ8'gàé8ra6à'u'êR!^a*fili''VfileV''d^iy^tt«

■eftréfût'ât-^t'iim*'ér'è«Mi'^'iHi;iiét*g«é

dix sols à unechambrière.

Le bichet de froment se composait de douze mesures; il vaLit «ingt sols en iSA6. Dans la même année lés ouvriers ordinaires étaient payés six deniers, mais les chapuis qui réparaient les cuves gagnaient quinze deniers. En 1362, lYvéqoe de Metz payait à ses maçons trois deniers et un oignon par jour ; les ouvriers da même état se lésaient payer trois et r;uatre sols à la fin de xiv* siècle et cinq sols en

En 1450 la quarteranche de blé coûtait vingt gros. Elle contenait environ vingtsept litres ; il en fallait seize pour faire une émine.

De prime abord ces chiffres nous paraissent bien minimes, mais la réfle^iofl ne tarde pas à nous convaincre qu'en réalité toutes ces choses étaient payées aoari chèrement que de nos jours. Le prix do blé, sauf dans les années de disette, M varie pas énormément ; c'est donc sur lu que Ton doit se baser pour les estimations. Dans le cours de xiv* et xv« siècles, le niguet était la plus petite monnaie ; il en fallait huit pour faire une obole. II fallait deux oboles pour faire un denter et douze deniers pour faire un sol. Le frai%e on /f*

vre tournois valait douze sols* Comme terme de comparaison on peut ajoutt^r que le denier équivalait à vingt centimes de DOtie monnaie actuelle : un sol valai t donc deux francs ij^araiHe ceatîmes, et une livre quarante-huit francs de notre monnaie actuelle. Cette comparaison s'applique seulement à ré][ïtquë antérieure* à

Noii» iiciifl' ptatgMns beaucoop de ta ^ liberté dc^snbsisi^iices sans nous rendie compte qoet c'e^f ^ yalçur monétaire qui décroît. IKtt J^sld m. Paul

DupoQï, 1^ prouvé que le prix des denrées & douhtéi; par cbaqàe période db boitante ou stirxanteKdnc a^ avec ouet^ fét^llàriei tnaUrématiquiEr; à f extejfifâatf d«r to fin iMi iTf sfeâcié, iori de ïa dëcduverte dtf Pit^ H mériqbével éok mifirà du i^ âprëè fttt '> Mpèètk^ dTK^r die U (kUlbrtÀe M êê :\

qui a ku[^meùté\ otais c'esiMB prix dv mé^ talqùïâ^âîàé;^^ ' '

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