CHAPITRE VI
FAITS d'i^ISTOIBB liOO^I^* LA FAMILLE BÂBP. — LB XVIIP SIBGLH.
Ex Bardorum stirpef
(LE CBETALtll^ Jh. BÀRD).
Nous avons vu MartlnLoichet ruiné par les désastres du XVP siècle ; à toutes le3 époques il se trouve des gens assez adroits pour faire leur fortune avec les épaves des naufragés. En 1589^ un personnage, dont l'influence fut grande en Bourgogne, acbér tait des vignes au Closeau et au Poirier mal chaussé* Ce marchand de domaines^ Pierre Massol, devenu seigneur de Loisy, prenait le titre ^'écuyer et mettait sur son blason la massue ayec laquelle il écrasait ses clients les emprunteurs. Flattant tour* à-tour le catholicisme et la réforme^ il était le banquier des villes et des gouverneurs.
En regard de cette amb|lion ^énipsurée il est consolant de placer, les œ^ivres i^ miséricorde : un autre eip(i^pt de ^6.^\ffie
fondait la Chambre des pauvres et donoait à cet effet une pièce de vigoe sise au Poirier mal chaussé^ sur le territoire de Chorey. La mémoire de Vivant Gardin, l'ancien enfant chœur de Notre-Dame brille encoie d'un vif éclat, tandis que celle du millionnaire Massol est éteinte depuis longtemps.
Cependant les famines et les pestes cootinuaient leurs ravages. De 1628 à 16j5 là mortalité fut énorme. Les gens riches s'étaient retirés à la campagne, dans les châteaux et dans les fermes ; on ne trouvait plus de notaire pour écrire les itstaments. En 1G28 la cour des Aydes de Dijon vint siéger à Autun d'api es Tordre de Louis XIII^ mais elle dût se retirer à Beaune, à cause de la peste. L'année suivante, un nommé Choillot, malade à THôtel-Dieu, fit son testament u pardevaot maître d'Audrigny, frère mineur^ cordelier et vicaire, institué par la collégiale à défaut de notaire pour le temps de peste. »
Les maladies contagieuses ayant enlevé un grand nombre de pères de famillei les orphelins restèrent à la charge des habitants. Cest alors que le greffier Anthoine Rousseau fonda l'hôpital de la Cha-
rite « pour les enfants orphelins natifs originels de Beaune sauf une partie qui seront natifs des villages circonvoisins ou d'autres lieux, i En ce qui concerne Ghorey, cette donation comprenait huit soitures de prés, A50 livres de rente et cent et trente-cinq mesures de froment livrables sur \e grenier de l'hospice.
Notre village eut moins à souffrir que les pays voisins. L'air extrêmement salubre qu'on y respire ne fut pas vicié par les maladies épidémiques. La grande peste de 16A5 fit très-peu de victimes à Ghorey; aussi voyons-nous les principales familles de Beanne y envoyer leurs petits enfants. Le 19 janvier 1658, le roi Louis XIV, accompagné de la reine, de Mademoiselle et du duc d'Anjou, arriva à Beaune paf la route de Dijon. Deux compagnies d'hommes et une compagnie des enfants de la ville vinrent à sa rencontre jusqu'au territoire de Ghorey, vers le Gours de RboÎD.
Relatons en passant un fait qui intéresse notre village. Le seigneur de Ghorey fit rendre, en 1672, une sentence décrétaie ordonnant la vente des biens appartenant à Louis Lepeintre, de Beaune,
propriétaire à Chorey. Ce domaine fut acheté par le procoreor François Boillot, Lepeintre était le neveu de François Lepeintre, curé de Chorey. Eiien nette Bdllot donna la moitié de ce domaine à THotel-Dieu et vendit le reste.en 170&, à Claude Vautheleret, moyennant vingt livres de rente.
Le 12 mai lô81; entre deox et trois heures du matin^ on ressentit à Chore; un tremblement de terre assez considérable. liO château de Vaux près d' Arnay fat complètement détruit par cette secousse.
En 1688 les récoltes forent dévastées par des bandes de sangliers sortis des forêts de Clteaux et de Villy. Aatide Cacbon, fermier de la seigneurie de Chorey, obtint une réduction notable suf le prix de son bail.
Deux ans après, la coltnre dn mtf s os blé de Turquie fut introduite en Bourgogne par Etienne Junon, de Neoilly près Dijon. Le village de Chorey ne renfenaut alors cfue vingtf*troisfeux, ainsi que le constatent les procès- verbaux dressés sd 1680 par rintndant d% Dijon : ^fyt ftr sait lâO à 120 habitants, en tenant «on»ptàdiu nombre d*enfant8,pkis^ conaidâ»ble qu'il ne Test aujourd'hui.
I4& fin de ce siècle vit augmenter la population : quelques familles nouvelles étaient venues s'installer à Ghorey. Là principale devait éteadre ses ramifications nombreuses dans les villages voisins. La place que itent la fiamille Bard depais {HTës dÈ deux sShdes^ ses alliances avec tous les habitanta dé notre village et wae <:uriosité bien légitime chez un dedoendanl m'ont engagé à £Bdre des reclierches natnutieuses sur sa généalogie. Je ne doute pas que le résultat de ces recherches ne rsoit lu avec intérêt.
Les fiard^ qull ne faut pas conf(mdre avec les Debard, fermiers de la seigneurie, tirent leiu* origine et leur nom du village de Bard-le-Régulier. En 1397 Pierre Bard £gttre parmi les francs-sol vablés d'Amaylt5rl>uc. Begnaud Bard était, en 1&13, ])ourgeois de la même ville. Il fut le père de deux enfants : Jehannot Bard^ capi^ taine-chàtelain de la ville â*A!rnay dans l!année lAÂO et Pierre Bard, notaire,.dont le nom figure, deux ans après, dans les actes publics. En 1A70, un autre Pierre Bard était échevln de la même ville.
Au milieu du siècle suivant, une branx:he de cette famille vint se fixer à Beaune ou dans les environ». Les archives^dô UHâ^
tel-Dleu nous apprennent que Claude Bard du Vernoy et Jebanne Naudey, sa femme, achetèrent, en 1566, une ouvrée de terre en Curtili sur Cballanges, qui devait six blancs de rentes à cet hôpital.
A la même époque Pierre Bard et Claudine Tripont sa femme habitaient le fiuibourg Saint-Martin : leur fille Pierrette se maria en premières noces, le 18 septembre 1602, avec Gabriel Mugnier et secondes noces avec Denis Goichot, vigneron aa même faubourg. Dom Bard^ procureur et célérier des Bénédictins d'Autun, était de la même famille;le 30 avril 17A7 il acheta à M. Gauvain, écuyer à Beaune> moyennant 2â00 livres, une maison avec jardio située au faubourg Saint-Martin.
Le registre de la paroisse Saint-Pierre de Beau ne mentionne, à la date de ]627y le décès de Marie Bard, femme Lochardet* En 1631, nous trouvons le mariage de Claudine Bard avec Jean Podechard, de Gigny ; cette dame épousa en secondes noces le vigneron Pierre Dorlin et mourut à Saint-Martin le 30 avril 1656.
Le seul descendant mâle de cette famille vint se fixer au faubourg St-Nicolas; son fils, Pierre Bard, épousa Claudine Riger et fut le père de deux enfants :
Philibert, l^aîné, marié 16 jadvîer 1685, ^4 Claudine Padechard, de Chorey, vînt «'installer dans ce village et devient la 8oach(3 de tous les Bard qui existent actuellement à Chorey, Ruilfey, Beaune, Blignysous-Beaune et Nolay. Jean^ le second, épousa aussi nne éhorésiennc, Jeanine Duban, mais il continua à demeurer dans le faubourg Saint-Nicolas où il mou-* rut, ne laissant qu'une fille, mariée à Pierre Chenu de Savigny.
La maison hab^icée à Chorey par Phirt»
beri Bard-Podechard se trouvait entre les rues désignées actuellement pat* les noms Ide rue Coebey et rue Rossignol. M. Bouturée, le seigneur, céda un terrain avec obligation de bâtir, moyennant une faible redevance annuelle. Après la mort de Philibert, arrivée le 3 janvier 1719, sa veuve continua à habiter la maision. Elle mourut le 26 janvier 1720 et tes bâtiments ou "plutôt le terrain, fut partagé entre les six ^enfants survivants. Par suite de ventes successives aucun de ces lots n'est resté aux descendants directs de la famille.
Parlons maintenant des six enfants de Philibert Bard.
!• Pierrette, née en 1686, épousa Philibert Loichet et mourut à Ghorey le 1 2 août 1746,
2» Philibert, né le 17 décembre 1687, se maria vers 1712, à Marguerite Girard, de Savigny. L'une de ses filles épousa Philibert Bourgeois, l'autre, Joseph Arnoux. Il eut trois fils, Louis, marié en 1750 à Marie Arnoux, fut le père de Philibert Bard-Corcol dont les descendants sont éteints dans la branche masculine, et de Louis Bard Loichet, père de Francis Bard' Gavinel. Jean se maria en 175A à Glaudiae Loichet, dont le fils, Jean Bard-Forneret, mourut sans enfants en 1835. Philibert, te troisième, épousaenl765, JeanneBuissoOf il fut le père de Thédore Bard-Podeçhaidt de Gigny; de Luc Bard-Henriot, mort en 1837,dont les descendants habitent ChoreT de Philibert, qui a fait souche à Nolay.
3» Pierre, né à Chorey le 21 mai 1697, 6G maria à Jearme Arnoux le 19 novembre 1720 et mourut en 1756. Une de ses filles épousa Pierre Cornu, une autre, Philibert Bourgeois ; une troisième fut domestique du curé Blanchard. Il laissa trois fiJH iSi« mon marié à Anne Joigneaux^ de Varen* nés, habUa^utfeN ex.^MV\^<\^ ^sa, Btrd de Bcaunc,l\utt^N, Nîiv^w\\^^ ^V ^S^^.
Pierre, le second, fut messager de Dijon à Beaune et habita cette dernière ville ; sa descendance masculine est éteinte. Benoitj marié en 1763 à Jeanne Bourgeois, eut pour fils Antoine Bard-Mathouillet djnt les descendants habitent Ghorey.
&"* Jean Bard, né à Ghorey en 1698, se maria en 171& avec Françoise Girard deSavigny et mourut le 5 décembre 1719; il ne laissa qu'un enfant, Jean, marié à Pierrette Gillotte, dont te fils, Jean Bard- Chevalier fut agent municipal à l'époque de la révolution. Sa descendance forme deux branches qui habitent toutes les deux Ghorey : celle des Bard-Ghicotot et celle des Bard-Béranger.
5** Glande, né le & juillet 1701, se maria le 21 novembre 172& à Gatherine Arnoux et mourut le 11 juillet 17&5. Une de ses filles épousa Pierre Arnoux ; une autre devint la femme de Gharles Masson, tanneur à Beaune ; une troisième se maria avec Jean -Baptiste Goncé, tanneur.
Claude Bard n'eut qu'un fils nommé Joseph, qui exerça à Beaune, pendant quelques années, la profession de tanneur. (1 revint habiter Ghorey, avec Marie Dorey, sa femme, et prit une part àvrecXe^ m^\^
'modérée, aux événemeQterqai suivirent la 'chûte de Louis XYl. Il fut pendant longtemps, fermier delà seignearie de Varennes^ achetée plus tard par son fils« *€e dernier nommé Jean-Baptiste-Joseph Bard, fut reçu docteur en médecine le 20 fructidor an XII et se maria avec Agnès Gillette. Doué d'une science profonde et d'une grande fermeté de caractère, le docteur Bard, membre de plusieurs sociétés savantes, mourut à Beaune le il novembre 18&i, et fut inhumé à Ghorey.
Joseph Bard-Dorey eut deux filles : Claudine mourut célibataire, Françoise époosa 'Antoine, fils de Philibert Bi|:arne, docteur en médecine à Beaune ; elle est la mère de l'auteur de cette notice. Le fils du docteur, Joseph Bard, mari d'Elisa Vao- -drey^ archéologue et monumentaliste distingué, est l'auteur d'un grand nombre jd'ouvrages de poé^e, d'histoire, et surtout d'architecture du moyen-âge. il mourut à Beaune le 21 octobre ISôlet fut inhumé près de son père, à Chorey. Les deux enfants de Joseph Bard étant morts en bas-âge la descendance masculine de cette branche est éteinte.
1^ 6o François Btxtà.tvfe^ Ç^^^t%^V^<i«dl
170A se maria avec Pierrette Arnoux le "21 novembre 172A; sa fille unique, Jean-? ne Bard, épousa, le novembre 1761, Pierre Jeanniard, tonnelier à Beaune.
Les lecteurs excuseront Taridité de cette nomenclature par l'intérêt qu elle présente aux habitants de Chorey. Les descendants de Philibert Bard à la huitième génération demeurent toujours dans notre village.
Le village de Chorey se peuplait de plus en plus et de nombreux forains y possédaient des fonds. En 170A, maître Jacques Boillot, mari d'Antoinette Delaplace, donna 2000 livres à THôtel-Dieu, avec substitution de ses biens de Chorey dans le cas où sa nièce, Elizabeth Rousseau, femme de maître Guyard, mourrait sans enfants. Cette famille Boillot était riche : Eiiennette. la sœur de Jacques, prêta, en 1728, une somme de six cents livres à Jean Arnoux et à son gendre, Claude Bard, moyennant une rente de 30 livres.
Au milieu du siècle dernier, la partie cultivée de Chorey se composait de 760 journaux de terre, dont 200 au seigneur ; DO soitures de prés, tous au seigneur ; ài2à ouvréds de vignes, dont 67& au sel*
gnear. Toas les fonds particuliers, i TexcepUon de 50 jonniaax Doavelleiiieot dé- Cricbés et appelés les navales^ payaient h dixme à raison de treize gerbes roue pour les champs ei de six deniers par oatiée pour les vignes. Le seizième de ces diimes était pour le seigneur, le reste se partageait entre le prieur et le curé : la dluoe des noyâtes appartenait an curé seoL
L'interminable procès entre la Gommone et THôtel-Dien an sojet des près de h Rochelle avsdt commencé en i7â2, il fiit terminé, le 3 août 1760, par une plantation de bornes ; l'intendant accorda à rhopilal la propriété du chemin ferré el* A, la commune les routoirs.
Un fait intéressant est consigné dans les registres de l'élise de Chorey. Le 13 avril 1755, Gaspard Monge fui parrain de Caspard Dubois. Cet enfant, dont Tillos- Xration devint si grande, était né à Beaa* ne ie 10 mai 17i6 ; il avait donc neuf ans lorsqu'il vint à Ghorey. C'était le fils de Jacques Monge , marchand dans la me couverte, membre de la confrérie dea Merciers établie daus l'église des Cordeliers (*). On a dit que Jacqaes Mong
(*) M. Peray-Grapin possède le registre éik celte ooafrére ; on y voit la sigaaUire de ImaqpKS lIoQge, qui était alors bâtonnier.
était Gagne-Petit^ le fait est qu'ail vendait toute espèce de marchandises. Un livre de ménage, tenu par Claudine, sœur de Philibert Bîgarne, docteur et échevin^ porte cette mention, à fa date du 8 juio 1770 : « Payé à monsieur Honge, 7 livres 15 sols pour du lard. »
En 1775, nott3 trouvons sur le registre paroissial de Ghorey le nom de Marguerite Monge, qui fut également marraine.
C'était la sœur de Gaspard, mais sa signature ne figure pas au bas de Tacte, tandis que celle du petit Gaspard, qui devint plus tard le grand Monge, est écrite tout au long.
La délimitation entre les territoires de Beaune et de Chorey eut lieu dans Tannée 1760 ; on planta vingt-huit grande»
bornes dont quelques unes existent en* core. Le climat des Beaumont apparte»
naît alors à la commune de Beaune.
Deux ans après les seigneurs firent construire Tétang^du Canard^ pour Tarrosement de leurs j)rés. La plupart des maisons de Chorey appaitenaienf à la segineurie ; celle de Philibert Bard payà% dix-huit fîvres de loyer. Le même Phill* bert devait en outre quinze livres dfe
beurre « pour une commandise de vaches. »
Ghorey avait au moins deux cents habitants ; le dictionnaire d'Expilly, imprimé en 176i, y compte quarante-septfeax»
La Bourgogne avait alors 810,000 habitants; sa superficie était de 1315 lieues carrées.
Un essai, dont les résultats n*ont pas été heureux, fut tenté sur le territoire de notre village. En 1772, M. de Migien fit semer de châtaignes deux journaux de terre, en la pauvelotte^ joignant le bois de la trembleroye. Trembles et chftiaigners ont disparu depuis longtemps.
L'année 177i vit le grand procès intenté par MM. Forest, Routy, Berthdot et autres à M. de Migieu ei à ses ouvriers. Ce seigneur, propriétaire de la terre de Varennes et amateur d'archéologie, avait entrepris de restaurer la voie romaine qui reliait ses châteaux et propriétés de Varennes, Ghorey et Savigny. H. de Higiea fut assez malmené dans cette affaire et condamné à payer tontes les parcelles qu'il avait prises pour Télar^sseinent de la voie ; les comptes de son fenmer Debard en font foi. La largeur du pâté
jît de douze pieds, mnis, d'après les an- 3ns litres, elle devait être portée a vingt* ïux, non compris les fossés. Le défen- !ur s'afjpuyait sur l'ordonnance de Blois : tous les grandie chemins seront remis à leurancienne largeur, nonobstant Inutes usurpations, par quelque laps de temps qu'elles puissent avoir été faites. »
Ce procès, m«Dé de juridiction en judiction, fut interrompu par les grands Tânements de 1789. L'élargissement coni' iletnepot avoir lieu, mais la voie ro^ naine qui-, dans certains endroits, les oignants avaient entièrement snvaliie, lut 'établie dans toute sa longueur.
En 1779, M. Potbier, avocat au parement, bailli et juge de la seigneurie de Chorey et dépendances, et M. Sausset, notaire et greffier, approuvent un règlement l'tlatif aux bancs de l'église qui venait ^Ëtre reconstruite. Cbaque paroisse avait Alors un collecteur principal et un collec> leor adjoint ; ces chaînes publiques ^iùent exercées à tour de rôle.
C&st vers cette époque qu'il faut placer l'introduction d'une nouvelle plante ^}à devait modilier et améliorer sen- 'tiblement la culture et l'alimentation de
TEurope. La pomme de terre avait i\é apportée en France peu de temps après la découverte du Nouveau-Monde, lâais elle était restée à Tétat de fleur exotiqae. Parmentier , professeur de botanique au Jardin des plantes de Paris, étudia pendant plusieurs années ses propriétés nutritives et acquit la certitude que ce précieux tubercule ferait d'une immense ressource pour le consommateur. LMntervention de Louis XVI flt tomber les préjugés qui fesaient regarder cette plante comme m poison ; le roi parut un jour en public portant une fleur de pomme de terre à sa boutonnière. Les seigneurs de !a cour firent cultiver sur leurs domaines cette plante à la mode et dix ans après tous les villages de France la connaissaient.
Une secousse très- violente de tremblement de terre se fit sentir à Chorey et dans les environs. Cet événement eut liea le 5 juillet 1783, à dix heures du matin.
Cependant le crédit public était gran^ dément aflaibli. Les guerres de Louis XIV et de Louis XV avaient endetté la France. La banque générale créée en 1716 par les assignats du système de Law avait occir sionné l'énorme déficit de cinq millards.
Les Etats- généraux de 1787 ne parvinreni pas à s*fe.ntenâre. MM. de Brienne et Necker, successivement ministres des Finances, ne purent sauver la situation. Le 6 mai 1789 eut li^u, à Versailles, l'ouverture des Etats- GéncVaux ; mais l'esprit public excité par des publications subversives, paralysa les efforts desrepréseniants.
La révolution commençait I