‹ Histoire de Chorey et de ses seigneursChapitre 3 sur 51 · F. OZANAM · texte numérisé non relu

F. OZANAM

Des auteurs modernes, Suisses et Allemands, s'appuyant sur les donm'es fournies par un corlain nombre d'ossements humains classés selon leur époque présumée, ont fo mule des régies nouvelUs pour la distribution des races humaines à la surface du f»l(>be. Opérrntsur un nombre de crânes qui paraîtra fort restreint si Ton réfléchit à la série de plusieurs milliers d'années assignée à l'existence de l'homme, ils en sont venus h conclure, contrairement aux récits de la Genèse, à l'apparition simulfanée dv3 l'homme sur plusieurs points à la fois. Quelques uns de ces zoologistes ont formé Uiie école spé-

ciale qui admet en principe que Thomme n'a pas été cTv^é avec les facultés qu*il possède maintenant, mais qu'il descend, par une suite de perfectionnements insensibles, d'une race de singf s qui réunirait les types de Tora ne; de Bornéo, du chimpanzé et du gorille de TAfrique. Les écri- Yainsqui soutiennent cette ihèse apportent dar.s leurs recherche» une opinion toute faite, airètée J'avance et destinée à Textension de la libre pensée, à l'anéantissement des livres juils d<5 Moïse. Pour Ja plupart d'entre eux, l'athéisme est le dernier mot «Je la«cieuob moderne.

Je com|)rends qne Thumaalté se sol^i jélevée, petit à petit, de l'éiat sauvage h J'étal civilisé, et je suis saus peine une ligne qui partirait de Thomuiedii Néaodlerihal, dont !e crâne passe pour le plus aniCienet !e plus bji^tia! que l'on 41k décour .yert, pour aboutir à l'européen actuel, 4Dais ce que je ne puis expliquer, c'eDt cette autre ligne qui partirait <]u singe pour aboutir u i'homme : a ln.stir.ct et raison, disait Pa«chal, marques de deux natures. »i Laniuial pen^e et sent, niaisil ne peut aPuilyser ses connaissances et ses sentiments. L'homme, au contî*aire, est

doué (le conîtcience , c*cst-à dire de cette révélation du sens intime qui fiiit Aire je ou moi. Or cette connaissance de ?oi-mèaae n'existe pas plus chez le singe que chea les autres animaux. Quelqu'inlolligent qu'il soit, le singe ne peut se modifier ni se perfectionner par l'éducation ; ?) est aujourd'hui ce qu'il était il y a cinq mille ans, incapable d'oublier, mais incapable d'apprendre. Le perfectionnement présuppose la cons»:ience; il y a donc entre l'homme et le singe un abîme incommensurable.

Non contents de donner à l'intelligence humaine une origine sî contraire à ses facultés, les mômes écrivains ont voulu reculer l'âge de l'homme à une époque presque insondable. Toulesces idées nouvelles, destinies à renverser l'édifice historique élevé par Moïse ne me, paraissent pas marquées au coin de la plus er;tière bonne foi. L'épaisseur des couches de limon ou de sable qui recouvrent les ossements calcinés et les -:objets en silex des cavernes de l'Aveyron aussi bien que les couches de terre des environs d'Abbeville n'impliquent pas nécessairement des périodes d'années aussi considérables. Lors-

que nous avons des preuves irrécusables d'une île immense appelée l'Atlantide, disparue complètement à une époque dont les anciens historiens mentionnent encore le souvenir ; lorsque nous voyons tous les jours surgir de nouvelles lies et «*' abîmer des nionta;^n3S, iln'est pas contraire à la raison d'admettre qu*à l'époque primitive où la race humaine envoya ses familles dans les continents éloignés de son point de naissance, le gltbe terrestre, à peiné remis des affreuses convulsions de son origine, subissait les derniers ébranlements produits par les volcans ei par les eaux, de telle sorte qu'un amas, qui de nos jours mettrait des milliers d'années à se former a pu être produit dans un laps de temps infiniment plus court. D'ailleurs il est à remarquer que la plupart des gisements ou l'on trouve les ossements calcinés des animaux ainsi que les haches, couteaux, aiguilles en silex ou en os, renfer. inent, au milieu des débris de poterie gauloise, une certifiiine quantité d'objets gallo-romains, aussi je trouve très-judicieuse l'opinion de M. de Caumont qui n'admet qu'avec une très grande réserve la distinction entre les différents âges de

la pierre et du bronze, attendu que les objets les plus finis et supposés les plus anciens pouvaient très bien être à l'usage exclusif des chefs.

Un ouvrage assez récent de M. Buckland, traduit par M. Doyère et intitul.^ de la géologie et de la minéralogie dans leurs rapports avec la théologie naturelle^ prouve que les récits de Moïse s'accordent parfaitement avec les faits constatés. Les cours d'histoire naturelle de Milne-Edwards sont écrits dans le même sens.

« C'est dans la région asiatique, entre le Caucase^ l'Euphrate, la mer Caspienne et rindus que l'on voit commencer toute l'histoire. C'est sur un des rochers de la chaîne caucasienne que les Grecs se représentaient Prométhée dévoré par ua vautour, Prométhée, ce fils de Japhet dont ils se croyaient lesdescenda.ts. C'est du Nord que venaient les Perses et les Indiens quand ils se répandirent jusqu'au grand Océan. Les Chinois montrent T occident comme le séjoiir de leurs aïeux> Tous les souvenirs se tournent vers unie pfeoiière patrie où les ancêtres dés nations vécurent ensemble avant ce parjtage q»âe

Moïse a tracé au X' chapitre de la Genèse, chapitre qui a longtemps embarrassé la perspicacité des commentateurs et dont la scien^.e moderne commence à vérifier les clauses. »

Les Gaulois ou nlutôt les Kalétes. se- Ion Tépigraphie de leurs moniiaies, font partie de la grande famille indo-Européenne. Qu'ils dérivent de Gomer, fils de Ja- ;phet, conme le dit l'historien Josèphe qui Iccr fait arriver 2000 ans avant J.-C., le fait n*c.st pas. matériellement prouvé, mais ce qu*il y a de certain, c'est que la langue gauloise a la même origine que le sanscrit ; le docteur Prichard en a donné des preuves convaincantes dans l'ouvrage qu'il a ftiit paraître en d831, surTorigine orientale des nations celtiques. Depuis cette publication, des tiavaux importants sont venus confirmer le fait.

Comme la Bretagne et la Bourgogne, TArménie a le pays dos Sanni (1). Les

(1) L'ile de Senn, en Hretagne, est célèbre par ses druidesses ; la montagne de Senn, près de Santenay, possède des monuments mégalithiques ; le Mont Senn-Gol, entre Grugey et Sainte- Sabine, est le centre d'un culte druidique qui a laissé dans les environs des monuments et des souvenirs.

environs d'Autun ont la plus grande ressemblance avec le pays montagneux situé entre le Hindoukasch et la Médie. Or, ces montagnes, où les plusanciennes traditions placent le berceau du genre humain, portent le nom d'Ariada ; elles sont, comme les nôtres, arrosées par une foule de ruisseaux et nous verrons que ce. mot «r. Tune des racines S Arebrignus nom ancien de notre pays, est synonyme de rivière, de même que ana est la divinité des eaux. Si la Bourgogne a conservé les dénominations d'Arar, d'Arroux, d'Armançon, l'Asie possède encoie les fleuves d'Araxe, d'Harpasus, d'Arsanias et le lacd'Arsissa. Le mot i4/, qui a formé les noms d'Alise, d'Aluze et d'Aloxe, nous vient certainement de rOrient ; les appellations géographiques se maintiennent plus longtemps que le souveninles nations conquérantes, et la ressemblance des noms locaux de notre pays avec ceux de la Hauie- Asle est un fait curieux qui méritait d'être signalé. Ajoutons que Ton trouve en A^e des hachettes et des marteaux en silex analogues à ceux des montagnes éduennes. Bien que Marseille ait été fondée six cents ans avant l'ère chrétienne par une

colonie de Phocéens, les géographes grecs connurent bien peu la Gaule. Us lui supposaient unie étendue ilîimitéer Hécatée de Millet est le premier auteur connu qui cite le nom des Celtes à propos de la colonie phocéenne. Hérodote parle aussi de la Gaule, mais en homme qui la connait peii puisqu'il met les sources du Danube dans les Pyrénées et qu'il prend les Alpes pour un fleuve. Les historiens Ephore et Scylax ne sont pas mieux renseignés.

Strabon nous apprend que les Grecs donnèrent le nom de Scythes aux habitants du Nord qui furent appelés plus tard Celtes et Ibères. Plutarque, assure que les Celtes primitifs habitaient au delà des Monls-Riphéens, c'est-à-dire de l'Oural.

Leur nombre devint si grand, dit cet écrivain, qu'ils s'étendirent les uns vers le Nord jusqu'à la mer glaciale, les autres entre l'Océan et les Pyrénées. Ainsi les différents noms de Scythes, Celtes, Gais, sur lesquels on a beaucoup discuté sont identiques : c'est le même mot diversement modifié en passant d'une langue à une autre. Le terme de Keliài employé par Strabon est celui qui se rapproche le plus de la véritable prononciation. Il faut

appeler nos ancêtres comme ils s'appelaient eux-mêmes : KALÈTES.

Aussi loin qu'il soit possible de remonter dans les annales des nations on constate, dans le centre et dans le midi de la France un établissement qui porte le nom d'Ibérie. Ces Ibères, qui paraissent descendus du Caucase à une époque aLtéhistorique appartiennent à la race petite et basanée de Sem. Ils ont formé Tavantgarde de la race gauloise de Japbet, qui diffère essentiellement de la lignée de Sem par les cheveux blonds, les yeux bleus et la taille élevée. Ce second essaim refoula les Ibères sur la côte méridionale et en Espî^ne. Poussés par le désir de voir des contrées nouvelles, ces Celtes ou Gaulois passent les Alpes et vont peupler les plaines de rOmbrie. L'historien Tite-Live nous apprend que les Edues, c'est-à-dire le peuple celte qui habitait notre contrée bourguignonne, avaient une origine commune avec les Ombriens d'Italie. C'est pour cela que, dans la grande confédération conduite plus tard par le celte Bellovèse, la ville de Milan fut construite en mémoire de cette consanguinité des Ombriens et des Edues. En effet, deux points

très anciens et très importants de notre < pays ont des noms analogues : Mâlain, / Tancienne capitale où l'on a trouvé tant d'objets celtiques et gallo-romains et le mont Meillan^ l'antique oppidum qui domine le village de Meursauitet dans lequel on a récemment découvert des poteries et des flèches de Tâge de la pierre.

C'est ici qu'il faut placer l'arrivée d'un nouveau peuple dont la civilisation, développée parles voyages et par le commerce,

modifia profondément les mœurs gauloises.

Les Phéniciens, d'abord brigands et pirates virent que le commerce les enrichissait. Manquant d'espace dans leurs rochers de Tyr, sur la côte afiîcaine de la Méditerrannée, ils envoyèrent des vaisseaux à l'embouchure du Nil, sur les côtes d'Espagne et sur celles de la Gaule. Les dimcinsions de leurs navires ne leur permettant pas de traverser le détroit de Gibraltar, ils abordaient dans la Provence et remontaient le fleuve du Rhône. Les marchandises envoyées dans l'Ouest s'arrêtaient dans les endroits où Ton bâtit plus tard Lyon, Villefranche et Mâcon ; on les débarquait ensuite et on les menait en

cliarriot jusqu'à la Loire. Celles que l'on expédiait daos le Nord-Ouest remontaient la Saône jusqu'à Châlon, Verdun ou Seurre, puis on les conduisait par terre dansl'Armançon, dans l'Yonne et dans la Seine en traversant nos montagnes. Enfin les marchandises destinées à la région du Nord montaient la Saône jusqu'à Gray ou prenaient le Doubs à Verdun pour être transportées sur les bord? du Rhin et de la Moielle.

Diodore de Sicile assure que ces Phéniciens connaissaient, avant la guerre de Troie, les côtes de la Bretagne où ils allaient chercher l'étain ; ils faisaient donc, en allant et en revenant, un commerce suivi avec les peuples de la Gaule et particulièrement avec les Kaléies-Edues.

Les Phéniciens avaient pris leurs arts et leurs sciences aux Assyriens, aux Babyloniens, aux Egyptiens ; mais ces peuples, habitant des terres basses et fertiles ne pensaient pas à courir le monde. Les Phéniciens furent donc, à cette aurore des sociétés, les missionnaires de la civilisation. On peut fixer à l'an 1,300 avant J.-C, l'établissement des comptoirs que ces négociants établirent aux îles d'H^è-

res, aux Sorlingues, sur toutes les côtes de France et vraisemblablement dans l'intérieur. C'est à cette époque qu'il faut placer la fondation de notre ville d'Alise. Diodore de Sicile nous apprend que cette ville fut bâtie par l'hercule phénicien Melkarlh.

L'un des plus grands résultats de cette invasion pacifique fut la substitution du métal à la pierre; à partir de cette époque, les Gaulois abandonnèrent peu à peu l'usage des armes et des instruments en 08 et en silex.

Un autre courant civilisateur ne tarda pas à introduire chez les Kalètec des modifications radicales. La fondation de Marseille par une colonie phocéenne et l'arrivée des Rhodiens chassés de leur île par Demétrius Polyorcéte contribuèrent à adoucir les mœurs barbares de nos ancùtrès. Les montagnes éduennes livrèrent leurs routes aux négociant?. Hellènes, comme elles avaient jadis ouvert leurs vallées aux marchands delà Phénicie. Les transactions se multiplient ; pour les faciliter les Gaulois adoptent une écriture dont les caractères sont empruntés aux

Grecs, puisils fabriquent des monnaies au type des statéres du même pajs.

L'admirable position de la Côte-d'Or, abritée des vents du Nord et de l'Ouest, exposée aux rayorîs vivifiants du soleil devait plaire à ces Grecs si épris des beautés de la nature. La barbarie et la rudesse des premiers âges a disparu et les jeux de la Grèce succèdent aux sacrifices humains; ces institutions s'établissent à Arles, à Lyon,*à Autun, à Langres. Les contrats sont écrits en grec et les citoyens d* Autun, on plutôt de Bibracte, gravent, en caractères helléniques, une invocation à Isl reine dEphèse porte^lumihe,

Strabon nous apprend que les Cretois et les Rhodiens avaient dans la Gaule plusieurs stations appelées planesia : de là vient le nom de planoise donné à une montagne près de Nolay. Monthelie, le mont du soleil doit avoir une origine grecque, ainsi que Montlyot, et Aloxe : âlios est la prononciation doriquedu motHélios. On pourrait revendiquer le même honneur pour Chorey : le mot chôros signifie champ dans cette langue.

Plusieurs auteurs et notamment Joseph Bard ont publié des notices sur les ua^m-

ences grecques en Bourgogne, et sur les étymologiesqui s'y rapportent. Il ne peut entrer dans le plan de mon Histoire de traiter cette question si intéressante. Je dirai seulement que M. Bard signale à Cborey, comme appartenant à la langue grecque les noms des Ratasses et des bons odes. On pourrait y ajouter le cours de Rhoin.

La ruche de Caucase produisait tous les jours de nouveaux essaims. Les- Cimbres des bords de la Baltique obligés de reculer devant la nation des scvthes se replient à l'Ouest et viennent s'installer dans le Nord de la France et dans la Bretagne. Alors les Kalètes du centre, pressés au Nord par les (ambres, au Midi par les Celtibères, sont obligés d'envoyer à leur tour des essaims nombreux. Cinq cent quatre vingt dix ans avant l'ère chrétienne, trois cent mille Celtes, se divisent en deux immenses colonnes, sous les ordres de Bellovèse et de Sigovèse.

La première passe le Rhin et «e répand chez les Germains, en Suisse, en Souabe, dans la Hesse Rhénane et dans la Bohême. La seconde franchit les Alpes et s'installe au bord de l'Adriatique, en Italie et sur

toutes les côtes de la Méditerranée. Les Carnutes, les Arvernes, les Bituriges et les Ediies, c'est-à-dire les habitants de la Beauce, de l'Auvergne, du Berry et de la Bourgogne, forment le contingent de cette seconde expédition. Une colonie d'Eduens * paraît s'être dirigée en Angleterre; M. de Courson, dans ses origines de la Brei:ignc insulaire nous apprend que les villes de Bathetde Salisbury avaient continué pendant fort longtemps leurs rapports commerciaux avec notre pays, parce que ces deux villes étaient le centre d'une colonie envoyée par les Eduens. Les autres peuples de la Gaule centrale suivirent ce mouvement d'émigration. Des détachements de Cénomans, de Boïens, de Sénons, de Lingons se dirigèrent sur différents pays. Les derniers allèrent assiéger . la ville de Rome. Les Vénétes, les Insubres et les Ligures y coururent à leur tour. Peu de temps après nous voyons les Celtes de la Pannonie et de la Thrace faire une expédition de deux cent mille hommes, conduits par Belgiuset parBrcunus.

Le premier défit en Macédoine le roi Ptolemée ; le second ravagea la Gièce et fut battu au siège de Delphes.

Mais la richesse et le luxe amènent la décadence : « Gallos quoque in bellis fforuisse accepimus^ mox segnitia cum otio intravit. Amissâ virtute pariter ac libertate. m Les Sénons furent externainés par 1p« RoiTiJiias et les Boïens chassés d'Italie.

Il est temps de quitter Thistoirc générale et de parler de nos pères, de ces Kalètes-Edues , selon Tépigiaphie des monnaies gauloises frappées à Autun.

Lés Edues habitaient tout le pays situé entre la Saône, la Loire, l'Yonne et la Seine, c'est-à-dire le département de Saône et Loire tout entier, une partie de la Côte-d'Or, une partie de la Nièvre et une partie de l'Allier. Les anciens itinéraires ne mentionnent, dans cette vaste étendue qu'une quinzaine de noms de villes ou de bourgades. Autun, Saulieu, Châlon-sur- Saône, Vidubia et Til- Châtel sont les seuls noms indiqués par ces cartes dans nos environs. Mais tous les points occupés par les Gaulois n'étaient pas désignés dans ces itinéraires, sortes d'indicateurs à Tusagedes troupes romaines. Bien des b jurgs importants ont été omis. Pour m'en tenir à la région qui avoisine Chorey je citerai

Beauneet Bolar (près Nuits) qui étaient des agglomérations celtiques d'une importance réelle.

La portion du territoire éduen dans lequel se trouvent les cantons de Beaune, deNuits, de Bligny-sur-Ouche, d'Arnay et une partie de celui de Seurre portait le nom SArebrig. i4rest synonyme de rivière : il a formé les noms d'Arar, la rivière par excellence, la Saône, d'Armançon, d'Arroux, et tant d'auties. Bre ou brig signifie tète, sommet^ montagne ; il est la racine de beaucoup de villes celtiques placées sur des hauteurs ; Juiiobriga, Flaviobriga, Segobriga, Talabriga, etc.

Arebrig : rivières et montagnes ; il n'était guère possible de mieux désigner le pays qui s'étend d'Arnay àla Saône, d'une part, de Gevrey à Chagny de l'autre. Arebrigium est également le nom d'une station gauloise de la Haute-Savoie ; elle est placée dans des conditions géqgraphiques analogues à celles de notre pays.

La capitale des Eduens était Autun qui portait alors le nom de Bibracte; un célèbre collège était installé dans cette ville, à côté du sanctuaire druidique. Après l'arrivée des Phéniciens et des Grecs^

l'austère retraite que les prêtres avaient cachée dans les forêts du Morvand devint une ville importante où fleurirent bientôt, malgré la rudesse du climat, les arts de l'Egypte et de la Grèce.

La région magnifique qui constitue le sol de la Côte-d'Or, était donc occupée par les Kalètes-Edues. Selon M. Arthur Ponroy le mot Edue vient de ed^ eden, lieu de délices. Quel nom pourrait mieux convenir aux ravissantes collines qui s'étendent de Nuits à Mâcon et s'échelonnent graduellement jusqu'aux âpres sommets ou trônait la vieille capitale.

Est-ce à dire pour cela que les village» de la Côte aient existé à cette époque lointaine 7 II faut répondre négativement si l'on entend par villages, une agglomération compacte d'habitants et de maisons. Alors même que les Edues avaient en main le sceptre de la civilisation gauloise, leurs campagnes n'étaient peuplées que de colons éparpillés dans les meilleurs endroits.

La Gaule toute entière formait une sorte de conlédération comprenant une soixantaine de peuples gouvernés, les uns par des rois, les autres par des chefs élus»

Très anciennement les Carnutes et les Bituriges, c est-à-dire ceux de Chivitres et de Bourges avaient sur tous les autres peuples une suprématie que les premiers devaient à leurs collèges de druides, jf^s seconds à la valeur de leurs rois, tous les deux à leur position au centre de la Gaule. La civilisation apportée aux Eduens par les Phénicienset surtout par les Grecs assufa à nos ancêtres une supériorité qui leur fit prendre le premier rang dans la Gaule^ et qui fut longtemps maintenue par suite de leur position sur les grandes lignes commerciales de la Saône à la Loire par Autun, de la Saône à la Seine par Alise.

Mais le lien fédératif de la Gaule ne tarda pas à se rompre. Les vieux Celtes du centre, jaloux de conserver intacts les usages primitifs de leur race et la pureté de leur religion iRxclurent de la fédération les Eduens etlesSéquanais, leurs voisins. Ces deux peuples étaient déjà amollis ; leurs rapports avec Athènes et Rome les rendaient suspects. Lors de l'expédition deBrennusen Italie au temps de Camille, ces peuples, do même que les Allobroges» qui les confinaient au midi, ne fournirent

aucun contingent à l'armée d'invasion.

Lorsque les Romains eurent occupé et converti en province le pays qui avoisine les bouches du Rhône, les Edues contractèrent avec i£nobarbus, gouverneur de la Provence, une alliance destinée à soutenir une guerre contre les Allobroges et les Arvernes.

Mais le temps n'est pas éloigné où les aigles romaines quitteront leur poste avancé de la Provence pouF venir dépecer la Gaule toute entière. Avant que les dieux du capitole n'aient pris la place du Dieu inconnu des druides et de ses formes multiples, consacrons quelques pages à la / religion des Kalètes sur laquelle j'ai pu- / blié, il y a quelques années, un petit livre, fruit de longues explorations (1).

(4) Etudes sur l'origine, la religion et les mo- 1 numents des Kalètes-Edues.

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