‹ Histoire de Chorey et de ses seigneursChapitre 36 sur 51 · CL · texte numérisé non relu

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^ Malte possédaient aux Confrelins. Enn le mëuie Baudot, associé à Sébastien «oichet, se fit a juger , moyennant 530 ivres, les fonds de la fabrique de S. Niolas consistant en une ouvrée deux tiers u Poirier mal chaussé et une ouvrée en Wtnzoiie.

Les fonds du prieuré furent égaleofient 3ridu^ Ie9 juin 1791. Ils éiaieiit peu îm- :>rtants, car les moines de Moûtiers, trop oignes pour iai.e cultiver av^c profit, raient aliéné depuis longtemps, moyenint un cens annuel, la majeure partie de ur» 'propriétés. Le fermier du prieur ait ce même Jean Bard Chevalier dont Dona est venu plusieurs fois sous notre urne. J*ai entre les mains une ventila- 3n faite par les sieurs Arnoux et Denizot I sujet des sommes que ce fermier poulit redi^voir à lanation et aux acquéreurs )rès la vente dcS biens qu'il cultivait ; *,is détails intéresseront tous les habitants 3 Chorey.

Le fermier du prieuré touchait la moi-^ 6 des dixmes, en grosses et menues raines et chenevières, estimées 363 lires. — Le six ëme de la dixme en grains e Gigny d'une valeur de 167 livres. —

Une portion de dism.^ en grains sar S( rigny, de 129 livres 5 so!s. — La dixi en Carolus sur Us vignes de Chorvy, livres & sols. — La redevance de S4 n sures de froment, affectée sur douze joi naux de terre appartenant à différentsp priétaires, évaluée à 72 livres. — lijou sai; en out'*e de deux journaux de tei en la Boyarde^ de deux journaux quart dans la L(;f/^re,et d'une soiturctr quart au gros pré. Les experts évalui cette jouissance à 82 livres 10 sols. Pi tout cela Jean Bard payait au prieur 6 livres et devait en outre acquitter aa ci les décimes et les rent»>s en grains d'c valeur de 215 livres. En résuœé le i tiiier dut payer 72 livres à la nation et livres 10 sols aux acquéreurs. Ces d r/iers furent au nonubre de troi- : Abrah Matbouillet, citoyen de Pernand, Jo$( Bard Dorev et Louis Arnaux.

Telle fut la fin de ce prieuré de S. L Bien antérieur à la seigneurie et à la a son-forte, il a trave**^é sans changer malt, e les guerres et ks révolutions, commence au fondateur légendaire Le bald» pour finir à François Baudrant, p tre à S. Christophe. Entre ce premier

dernier anneau d'une chaîne six foisséaire, peu de noms ont survécu.

1222 le prieur de Charre.

4237 Lambeit, prieur de CAarey.

4357 Dom de Charre.

1259 Pierre de Beaune, dit d*Arnay, clerc.

l&SO Guillaume de Rabutin.

1500 Frère Pierre d'AligDy.

1503 Gi'orges de Vingle.

166S J. Moretet, élu aux Etats de Bourgr^gne.

1768 Clajde Ténard.

1770 N. Diderot, chanoine de Chatons en Champagne.

17S9 François Baudrant

Il y avait à Chorey d'autre biens relîîux dont jo i/ai pu retrouver la vente. I «ncte <le 17(38 m*îiitionne, en la Chain* ? Bfirrot^ le champ de la chapelle de >rdt'S.-e qui pi/S-^^dait aussi unfi vigne ?/>/5, une auire à la Plante des champs une iroisitm : en la Corvée S. MarguC' e; je sais seulement que M. Vcrry en vint acquéreur. La confréiie de S.

itoine , dans Téglise Madeleine de aune, avait aussi une vigne Es fas.

Le presbytère et son jardio avaient été exceptés de la vente do3 biens nitionaox. Le curé Blanchard, comme son confrère de Voinay, avait prêté serment à la Ccnstitution ; il resta donc encore quelque teiiips à Chorey. Mais la Révolution dévorait ses propres enfants, et M. Blaocbaid se retira à la Charité. Après son dépait,b 30 floréal an IV, la commune vendit i Pierre Coppenet, citoyen de Beaune, Il moitié du jardin de la cure nioyennaot 264 livres : c'est sur ce terrain qu'on bâtit plus tard la maison actuelle de M. Robelin. Le presbytère fut divisé en deui, ainsi que le reste du jardin. La moitié II plus rapprochée de Téglise fut conservée comme maison d*école : Tauire fut vendue au citoyen Robelin, agent diunicipnL

La prise de possession de Robelin fot l'occasion d'une petite émeute. Les Chorésiens avaient laissé vendre les bieoi des couvents sans aucun regret* Qo p ti plus tard la vente des tonds de la core avait mécontenté beaucoup degen^; mail l'aliénation du presbytère, de cette mai* son qu^ils avaient appiis à respecter de* puis leur crifance, souleva une réprobatiofl presque universelle. Les hommes rassein-

blés s'opposèrent à l'entrée dt s acquéreurs. Robelm, père et fils, furent insultés. Les ieujmes leur Iancè< ent des pierres,en les traitant de sacril<^ge.s. M. Larbalestier» commissaire du Directoire exécutif, trouva que le cas était grave ; il écrivit au commissaire dépaitemental en le priant de faire annuler la vente sous le prétexte que l'immeuble ne pouvait pas se diviser. Robelin ne voulut nas se dé.*>ister ; il adressa au comité une lettre qui mettait tout c^la sur le compte « des forcenés iaoatiq:es de Beaune, complices des Dobles et des traîtres à la pa.rie. » En présence de Topposiiion unanime des habitants, le procès-verbal de vente fut annulé. Mais la cause n'était pas gagnée , car Tannée suivante les administrateurs de la Côte-d'Or vendirent au charpentier Fyot l'égl se, le cimetière, le presbytère et ses dépendances. Une nouvelle et formidable opposition s'éleva contre cette fente qui équivalait à une démolition.

Quarante notables de Chorey et vingt de Gigny signèrent une pétition qui est acluePeuient aux archives dépariementales.

L'église lut sauvée, mais on ne put empêcher la vente de h moitié de hi cuTe quv

lut aliénée pour la somme de neuf centi livres^ et qui passa peu de temps apris •entre les mains d'ÂLtoine Bard.

Pendant cette période il y avait eu quelques changements dans la municipalité.

L'écbevin Guyot, mort en février 1790, avait été remplacé par Joseph Bard, ancien tanneur. Jean-Baptiste Bard Forneret avait été nommé maire à la place ds Louis Arnouz.

Toutes les époques révolutionnaires sont fécondes en affiches, en proclamations, en écritures de toute sorte. On alloua i\ Nicolas Girard fils rent livres ptf an pour les fonctions de se^^rétaire-greffief et à Sébastien Loichet trois livres desti* nées d acheter de la farine pour coller te affiches*

Le maire Jean-Bnptiste Bard céda si place à son cousin Joseph Bard qui pritie titre à' agent municipal j décrété par h convention. Il fut lui-même remplacé pat Philibert Robelin le 25 ventôse an IV.

La ville de Beaune était en pleine agitation. Les conseillers municipaux, umI" gré leur républicanisme étaient suspectés ^ par \es c^omwte ^^^xisaLvc^i^ \

, . 9 La municipalité de cette ville , corop\\ce des Brissotins, a rédigé une adresse

-, îibrrticide qu'elle a fait s'gner aux imbéciles et aux fripons. Ces perséc nions

' n'.oni pas empêché les sans-culottes de

' fieànne d'envoyer une adresse à la Convention ; ils veulent venir à Paris se joindre «ux sans-culoties, de cette ville et coai-

' battre avec eux jusqu'à ce que les traîtres soient anéantis. »

Voici un épisode oublié par les bisto-

. rieLS de Beai ne. En i793, un patriote, passant devant l'église S. Nicolas, entendit sonner une cloche. Un enfant, monté dans la tour, s'amusait à la faire résonner sous sa main. En êxécuiion des décrets, on avait livré une des cloches pour en fairt des gros sous et des canons, mais M. Barberet, le dernier curé de S. Nicolas, était parvenu à dissimuler la seconde den ière de? planches. La Brissotine était prise en flagrant délit ! Grand courroux des sans-culoties qui accourent pour se plhindre au district. On vint chercher la réfractaire, mais un grand nombre de paroissiens s'étaient retranchés daus l'église^ poussés à la résistance par Jeai Bizot et par la femme Guyard. Force

ta à la loi, avec Taide des canons queToB sortît du hangar pour les mettre en bsUft* rie en face de Téglise. Uédiûce fut pillé une seconde fois. On saccagea ce qui restait d'objets mobiliers, à l'exception d'aï crucifix que l'énergique dame Guyari parvint k sauver.

Uais retournons à Chorey. On sait qoe les vases sacrés, les objets d'orfèvreriei les ornements d'or et d'argent, les statua et les tableaux avaient été arrachés aox égli<^es. Celle de Chorey n'eut rien àstoltrir de ce côté. M. Joan Bard Chevalieret sa femme avaient fait pratiquer une cachette dans la cave de leur maison. Ils y iransporiëient différents objets servant ao culte et notamment les deux grandes statues de la S*'' Vierge et de S. Laurent. D'ailleurs l'église S. Luc n'était pas riche. Les délégués se rattrapèrent sur la ville; ses cinq paroisses et ses huit couveuts fournirent à la République le poids de douze cents marcs d* argent,

La paroisse de Chorey ne fut jamaisentiërement privée de secours religieux. Ud de ses enfants, l'abbé Arnoux, ne voulut pas chercher le salut dans l'exiL II s'imposa \a pèrvW^xx^^ w\v^\^i\ 4.'^x«iccfcr le sa-

rdoce au milieu de ce déchaînement des ssions humaines. Au plus fort de la Teur il aUait consoler et soutenir les iholiques des villages voisins. Souvent célébra la messe, en présence de quelles fi'ièles, dans un réduit de la maison .lernelle. H y bénit plusieurs mariages nous avons encore à Choroy d< s périmes que leurs parents porièrent en Lchette pour les faire baptiser par ce kint prêtre.

Le réfractaire fut s'gnalé et traqué, lais il eut l'adresse de ne jamais e laisser ►rendre. On raconte qu'une escouade de ;ardes nationaux beannois vint, au inilieu le la nuit, assiéger la maison. L*abbô se sauva en cheniise par le jardin et pasbs le reste de la nuit blotti dans une haie, près du canard i a Aie ben fnlli en meri » , nie raconiail une vieille femme qui tenait ce récit de Ponde Jean Bard, « an fiot si froid que ses pies éteint ta jalés ; a les i^ot fourrés dans son bonnot. »

Ce digne prêtre rouvrit, dans nos envi- '^Ons, les prem'ères églises, et dtsservit pendant un an !es paroisses de S. Nicolas ^^ de Chorey. Il fut nommé à la cure de

Meloisey et mourut d^^ns ce village aprèi uue loïïgue et courageuse carrière.

Au mi ieu de tous ces événements b seigneur de Chorey, M. Gassol de k - Vienne, échappait, par la ruse, à la coofiscation de son château et de ses biens. Bien qui! fut émigr*^ en Prus<^e, il parve« naît, au moyen de cenincats ^^ présence délivrés par le notaire de S^vigny, à se mettre en règle avec les décrets de la eoDveniion. Un de ces certificats ayant été en retard, il s*en fallut de bien peu que ses biens ne fussent saisis. Ileureusementpouf lui les ionctionnaiies républicains étaient moins farouches et muii s désintéressés dans le tèteà-tête que dans les assemblées : quelques sacs de pi.>(o)t s sufTireot pour les ccrrompre. Mais il fallut faire la part du fuu et sacrifier une partie des fonds. f.e 12 nivôse an IX, le régisseur Denîzot fit vendre les terres les plus» éloignées. Jean-BapiisieSerrigny acheta onze journaux ; Gaspard Baudot» cordier aa faubourg de la Fraternité, eut pour 2705 livres quatre journaux aux Mézeaux^ deux ji'uruaux derrière la Velle^ une autre aux Champs lonqs et quatre soitures au grand IssarL Ce M. Baudot, que tous ceux qui

ont cinquante ans d'âf^e peuvent avoir eonnu, fit» comme on le voit, uneex^eltentt^ affaire : c'est dans co moment qu'il construisit la vaste hibitition remplacée par la maison de M. Gruyer- Girard.

Les circonscriptions géographiques et judiciaires avaîvnt été établies d'une façon très arbitraire. Après l'an Vil, Chorey se prouva compris dans le canton de Pommard, sous les ordres de M. Pierre Leilaive, seul administ'-atcur municipal. On aura peine à croire^ et cependant le fait est exa*:!, que les habitants de Chorey, fussent obligés d'aller se marier à Pommard. Toutes les déclarations d'état civil ae faif^aient au chtf lieu du canton. Cette anomalie ne pouvait durer: le 15 thermidor an VU!, Joseph Bard reprit, avec Tancien titre de maire, \as fonctions d'officier de l'état civil ; il avait pour adjoint H. Charles Masson Terrion.

Après la chute de Robespierre on com* mença à respirer. Trente quatre sans-culottes beaunois des plus acharnés furent déclarés indignes de la confiance publique et désaitnés. 1^ main vigoureuse de Napoléon mattri^a le coursier que l'on croyait indomptable. Le peuple préfet a le

despotisme d'un seul au despotisoied'aiie foule d'intrigants. Il s'aperçut, mais oa peu tard, que le bîen-êire promis nVtail qu'un leurre, i\ue le prolétaire éiaii chargé d'impôts plus que jamais et libre moioi que jamais. C'est vers cette époque qu'oa fit courir le quatrain suivant :

EofîD la poule au pot sera donc bientôt mne! Oq peut du moins le présumer Car, depuis t]u'oQ nous Ta promise On n'a cessé de la plumer.

En ISOO, on commença à rouvrir la églises. Les Chorésiens avaient toujour»

été attachés k leur religion. Le48 stpiefflbre 1790, au moment où le fanàiisine anti-religieux se déchaînait contre l'église, ils avaient pris, au sujet de la prochaine fèie de S. Luc, un arrêié proscrivant les danses pendant 'es offices. Nous avo»

parlé du zèle déployé par Jean Bard pour sauver une partie du mobilier de fégli^ ei nous avons vu les paroissiens portercfl cachette leurs enfants pour les faire baptise-. Le jour de Pâques 1802 on célébra la grand'messe dans le temple consacréà S. Luc. Ce fut une grande fête dans le village.

S04, le maire Joseph Bard fut remar Michel Denizot. C'est seulement îier janvier 1806 qu'on abandonna ndrier républicain. La réorganisaministrative eut lieu la même an* epuis lors la commune de Chorey tie du canton sud de Beaune.

s sommes enfin sortis de cette ère , si incertaine dans ses commencesi effrayante à son déclin. Qu*$^-tlé à amonceler tant de t-aihés âur le la patrie ? VoiUon germer avec plus lî^ur les iiiœurs, la probité, le désinment , l'honneur, le respect pour le, la pratique des vertus sociales, le garantie de stabilité pour les peu- 3si bien que pour les particuliers?

t le répéter à satiété : la Révolution lit tous les liens sociaux. Elle s'est en sens inverse au char de la civi- 1. Elle s'était donné pour mission :re la noblesse, d'i détruire les droits uriaux et les abus du clergé, mais renversé du même coup les princilutorité, le respect pour les parents r les vieillards , l'obéissance aux aux gouvernants.

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