‹ Histoire de Chorey et de ses seigneursChapitre 5 sur 51 · LOIS, MOTDRS, ÉTAT DES PERSONNES · texte numérisé non relu

LOIS, MOTDRS, ÉTAT DES PERSONNES

Qalli, Scythorum morCf brassis induit suïil. (PLINE).

On a exagéré dans tous les seos le caractère des Gaulois. Les uns l'ont exalté outre rassure, les autres l'ont dépeint sous les couleurs les plus affreuses. Les historiens modernes sont au nombre des premiers, les Latins au nombre des seconds : (c quid illis terris asperius, H quid încuUius » dit Cicéron qui pensait au luxe romain. Diodore de Sicile reproche aux Celtes leur dédain pour toute autre occupation que la guerre et leur férocité à l'égard des victimes offertes aux dieux. En effet, les druides ne se contentaient pas de sacrifier des animaux ; ils immolaient des victimes hu^ maines.

Florus et Plutarque parlent de leur ivrognerie ; César les montre orgueilleux et fanfarons ; Tite-Live les peint colères, emportés et violents. La seule vertu que les Latins leur reconnaissent est une hospitalité poussée à ses dernières lioiites : une loi punissait d'esâl le meurtre d'un gauloisetdemort le meurtre d'un étranger.

Une autre coutume des Kalètes primitifs, coutume qui nous semble horrible aujourd'hui, est celle de l'antropophagie.

Les prisonniers faits à la guerre étaient immolés, rôtis et mangés. Les Irlandais, d'origine commune avec nos ancêtres, tuaient et mangeaient leurs parents âgés. Cet usage épouvantable avait cependant sa source dans un principe éminemment spiritualiste. L'âme humaine se perfectionnant toujours dans ses différentes incarnations, c'était rendre service à un être humain que de le faire passer dans une nouvelle existence. Quand la vieillesse arrive, la vie de l'homme devient inutile, car il ne peut ni travailler ni se battre. Eu mangeant la chair d'un guerrier .ou d'un parent, le Celte fesait, à son point de vue, un acte religieux et moral : il s'assimilait la partie matérielle, trou-

vant plus honorable de donner son propre corps pour tonabeau à une personne chère que de le livrer au feu ou à la pourriture. Dans le fonds, c'est une barbarie beaucoup plus grande de tuer un homme injustement que de le manger, et tant que nous n'aurons pas réformé nos mœurs en supprimant la guerre, nous sommes un peu mal fondés à traiter les Gaulois de barbares.

Les Celtes du midi, amollis de bonne heure par la civilisation, quittèrent les premiers ces mœurs étranges , mais ils continuèr<^.ntàboire dans le crâne de leurs ennemis tués; celte coutume s'est conservée jusqu'au X* siècle. Les citoyens riches fesaient garnir ces coupes humaines d'or et d'argent et leur adaptaient des anses. La tasse d'argent dont l'usage s'est conservé dans notre côte bourguignonne a conservé le souvenir et la forme des crânes à boire. Chez les Kalètes, celui qui buvait saluait son voisin et lui passait la coupe de bière ou de vin après avoir dit je bois à vous. C'est de là qu'est venue la coutume des santés et des toasts.

Les lois celtiques posaient en principe qu'un homme ne peut tuer un autre hom-

me, ni même l'attaquer, sans l'avoir averti de se mettre en défense. Elles adoiettaîent que Dieu lui-mêtre voulait que le plus fort l'emportât sur le plus faible. Telle est l'origine des duels qui plus tard furent remis en honneur par les Francs et que deux mille ans de civilisation n'ont pu abolir.

C'était une chose assez commune parmi nos ancêtres de faire des défis à leurs amis et de se battre contre eux dans la seule intention d'éprouver quel était le plus brave. Leur amour pour la guerre était poussé si loin que, lorsqu'ils ne la fesaierit pas entre eux, ils fournissaient des troupes à tous ceux qui leur en demandaient. Cette coutume de servir dans les armées étrangères s'est perpétuée chez les Suisses.

Les Kalètes employèrent simultanément pour leurs morts les deux procédés de l'inhumation et de la conbustion. Le second était préféré conameplus conforme à leurs idées religieuses.

Le désir de maintenir leur supériorité en force et en souplesse était ti Uement grand qu'ils regardaient comme un déshonneur d'avoir le corps gros. Strabon nous apprend que les gros ventres étaient

mis à Tamende et que Ton voulait, par ce moyen, empêcher Tiniempérance, Toisiv.eté et le trop long sommeil.

Les druides jugeaient les causes criminelles et civiles, à l'exception des crimes de haute trahison : si le coupable refusait d'exécuter le jugement, il était excoLumunié et cessait tout commerce avec ses concitoyens. La plus grande peine que Ton pût infliger était la privation de teu. Il arrivait parfois que Tarchi-druide, dans un but de châtiment public et d'expiation, prononçait la privation du feu pour tout un peuple. M. Arthur Ponroy a raconté poétiquement ces excommunications majeures dans son livre si curieux le roi des cent rois.

Les meurtriers ne subissaient ordinairement que Texil. Les voleurs encouraient la peine de mort ; on les nourrissait pour servir de victimes dans certaines fêtes. Un gaulois qui apprenait une nouvelle importante devait la tenir secrète à tous, excepté aux magistrats de la cité. Le serment était fréquemment employé ; les magistrats donnaient un léger souffet pour avertir l'accusé de Tacte important qu'il allait faire. Le catholicisme a conservé cet

sanctifié cet usage dans la confirmation.

Les femmes jouaient un grand rôle dans les conseils. Lorsque Annîbal, chef carthaginois, traversa la France méridionale pour conquérir l'Italie^ il conclut un traité avec les Gaulois. Si un homme de cette nation avait un grief contre un carthaginois, il devait être jugé par les magistrats phéniciens; si, au contraire un carthaginois avait à se plaindre d'un Celte, celuici comparaissait devant un tribunal de femmes gauloises. Dans le monde grécolatin, la femme n'était que la ménagère du citoyen ; dans le monde celtique elle était l'objet d'une sorte d'adoration. Chez les premiers la femme ne parlait qu'aux sens ; chez les seconds elle dominait l'âme pour l'élever. En résumé la justice était sacerdotale et le droit pénal renfermait, non pas seulement la répression vis-à-vis de la société, mais encore l'expiation visà-vis de Dieu.

« Les Celtes n'avaient aucune connaisisance de l'agriculture avant l'arrivée des iPhocéens. » Cette assertion de l'historien Justin est corroborée par la plupart des auteurs, ainsi que par les découvertes modernes. Les plus anciens lieux d'habi

tation ne présentent aucune trace de grains; les ossements d'animaux et les armes de pierre et d'os sont les seuls objets que l'on trouve dans les cavernes et sur les campements primitifs. Les foyers du camp de Chassey,près Chagny, explorés avec tant de zèle par le docteur Loydreau ne contiennent aucun reste de céréales, tandis que les habitations lacustres de la Suisse, moins anciennes que les premières, renferment des coins en bronze et des grains de seigle. La vénération de nos ancêtres pour le chêne prend son origine dans l'afTection de tout animal pour l'être qui lui donne la nourriture. Les Kalètes du premier âge étaient pauvres et le gland était la base de leur nourriture. Nul doute que cette substance, essentiellement âpre, résistante, et dense, ne contint, pour des estomacs habitués à vivre de peu, un merveilleux principe de conservation. Le blé apporté d^Asie changea la constitution.

Substance plus riche, mais moins solide, le blé fit des chairs plus fortes, un teint plus clair et plus pur, un sang plus vif. La vigne vint à son tour irriter la matière nerveuse et donner à l'esprit gaulois cette soudaineté, cette promptitude que n'avait

pas connue rintelligence plus calnae^ plusa)éthodique du celte primitif. Le blé et 1& vin développèrent l'expansion vitale; mais il est à croire que, par contre, ils concoururent à en abréger la durée. (1)

Les Kalètes se nourrissaient encore defruits, de gibier, de lait et de la chair destroupeaux. Hérodote nous apprend qu'ils ne semaient un peu de blé que pour le faire rôtir, sans doute pour préparer ^e la bière, et Strabon nous apprend que les habitants de l'Espagne lésaient du pain avec les glands.

Lorsqu'on eut appris la culture des cé« réaies, les terres furent mises en commun ; chaque famille abandonnait le champ qu'elle avait cultivé pendant Tannée. Le seigle était presque seul ensemencé ; plus tard on y joignit l'orge et le blé. A l'époque où les Romains commencèrent à connaître la Gaule les habitants cultivaient avec assez d'habileté et d'intelligence.

L'historien Pline tait mention d'une ma» chine à moissonner montée sur des roue» et armée de dents en ter ; le bœuf ou le cheval poussait cette machine devant lui

(1) Le Roi des cent rois, par M. Arthur Ponroy.

et le conducteur haussait ou baissait les lames suivant la hauteur des épis, car la tige restait à la çlèbe, soit pour la facilité du batts^, soit pour l'engrais des terreu au moyen de Tincendie des pailles. Dans quelgues pays on coupait l'orge avec uo peigne et des ciseaux.

On mettait le grain dans des dépôts publics, caves ou citernes maçonnées dans lesquelles il se conservait très longtemps. On le transportait dans des cars ou dans des benn^ sortes de voitures en osier, dont le diminutif, bennatons^ est encore en usage dans le Dijonnais. Il était ensuite distribué dans les familles, suivant le nombre des personnes. Ce grain était écrasé, comme chez les romains, dans de petits moulins en pierre meulière manœu-^ vrés avec les bi as. On le convertissait en pains après une fermentation produite par la levure de bière.

Les Grecs et les Romains se servaient de charrues fort simples ; les Gaulois les perfectionnèrent en y adaptant des roues. Ils inventèrent le crible pour purger le grain de tout corps étranger. Nous lisons dans Diodore que chaque pays possédait ses pâturages communaux et qu'il y uvait

peine de mort contre ceux qui en auraient délriché quelque portion. La faux gauloise avait l'inconvénient, dit l'historien Pline, de ne couper que les herbes les plus hantes. Dans certains pays les femmes et les hommes faibles se livraient seuls à la culture ; les f jrts s'occupaient exclusivement de leurs armes.

Peu de temps avant l'invasion de Jules César les procédés agricoles étaient dans un état d'avancement extraordinaire. Le fumier, la cendre, la marne étaient em« ployés comme amendement ; au rapport de Pline, lesEdues et les Poitevins fesaient un grand usage de la chaux.

Le blé, le seigle, l'orge, l'avoine n'étaient pas seuls cultivés. On y joignait, suivant les contrées la vigne, le milliet, le lin, les pavots, les raves et les fourrages artificiels. Dans certaines régions, on s'occupait des plantes tinctoriales : le pastel fournissait la couleur bleue, la jacinthe le violet et le vaccinium le rouge ; aussi les étoffes de laine de la Gaule furent-elles l'objet d'un commerce important. Les dames romaines fesaient venir de notre pays l'étoffe de leurs robes.

Lé temps était déjà loin où les Galls primitifs, presque nus, malgré la rudesse du climat, n'avaient d'autre parure que les tatouages qu'ils faisaient à leur peau avec des aîgiiilles. Insenfiblement les mœurs s'étaient adoucies. On se vêtit d'abord avec la peau des animaux tu^^'S à la chasse ; c'est ce qui fit dire à Hérodote que les Scythes se changent en bêtes une fois par an. Le sagiim^ espèce de sac dont nos blouses ont conservé la forme était anciennement lait en peau : les gens riches le couvraient de broderies et cette mode s'est conservée jusqu'à no3 jours. On y substitua la toile, puis la laine et on y joignit les braies^ sorte de culotte dont le nom est resté dans notre vieux mot braguette.

En été les Kalôtes marchaient pieds nus. L'hiver ils avaient des sandales de bois ou de liège appelées de leur nom //«/licœ et restées jusqu'à nous sous leur dénomination de galoches. Ils rasaient toute leur barbe à l'exceptiun des moustaches qu'ils portaient très longues. Les personnes des deux sexes avaient pour coiffure le bardocuciillm^ sorte de bonnet dont la forme s'fst conservée dans le capuchon des moines. Il y a cent ans nos paysans

portaient presque en tout temps le bonnet de laine de ségovie : c'était une réoiiniscence du bardocucuUe.

Les hommes et les femmes se paraient de torques ou colliers, de bracelets, de bagues. Ces bijoux étaient en bronze ou en or massif mais peu ornés. La seule différence de c<Hrtiime ét^t, pour les femmes^ la tunique plus longue. Elles se frottaient le visage avec de Técume de bière, pour rendre leur peau plus blanche et plus lui<* ayante ; au dire de Strabon elles employaient aussi l'urine conservée dans des citernes. Quant aux cheveux elles les teignaient ainsi que leurs maris, avec un mélange de savon ei de chaux, afin de les rendre roux. Elles avaient u..e pommade composée de suif et de cendres et se teignaient en bleu, avec le pastel, certains endroits du visage.

Lorsque une jeune fille avait atteint l'âge du mariage on réunissait tous les préten* dants, et le préféré recevait des mains de la future une cou ;e remplie d'eau. Malgré le respect que nos anc.êtres avaient pour les femmes, ils ne consentaient pas à les faire asseoir à leurs côtés. L'épouse et les jeunes enfants ne dînaient pas avec le

mari ; cet usage est encore en vigueur dans les villages de l'Auxois et du Morirand.

L'éducation des enfants était forte et martiale. A la naissance d'un garçon la mère priait la divinité de le faire mourir les armes à'ia main. Onbaignaitles petits enfants dans Teau froide et on les laissait presque nus. Ils servaient leur père jusqu'à quinze ans ; on leur donnait alors l'épée et le bouclier. A tout âge les bains étaient fréquents et consiamnieiit froide, ce qui explique le dédain d'une reine des Bretons : « les Romains ne sont que des efTéminés , ils se baignent dans l'eau chaude. )

Les Kalëtes se servaient de frondes et Ton trouve fréquemment leurs balles de pierre ou de terre cuite. Ils avaient des pointes de flèche, des haches, des marteaux, des poignards en silex, en serpentine, en porphyre, en jade, en jaspe; des couteaux, des scies, des aiguilles, des hameçons en os de renne et en corue de cerf. Plus tard ils eurent des hachos de bronze en forme de coin, qui s'emmanchaient par le bout et qui n'étaient sans doute que les javelots dont parlent les

historiens lalîns. Ils avaient aussi l'épée de brjnze, sans pointe, à un seul taillaet; lorsqu'ils connurent le fer, ils eurent des armes de plusieurs sortes, et notanament Tépéo flamboyante décrite par Diodore.

Leur char de guerre, a] pelé esseda était armé de faux et monté par des'guerriers ; on en attribue l'invention aux Belges.

Leur bouclier d'osier était long et étroit; celui des riches était en bronze ou en fer (jrné d'animaux. Varron nous assure que les cuirasses en mailles de fer ont été inventées par les Gaulois. On sait qu'ils avaient l'habitude de couper les tètes de leurs ennemis et de les attacher ar.x portes ; c'est de là que vient l'usage déclouer sur les portes les têtes d'animaux malfaisants tués à la chasse.

Le passage suivant d'Athénée est relatif aux mœurs des Gaulois ; il mérite d'être cilétexluellement,d*autant qu'il s' applique à la Gaule centrale et méridio.iale et conséquemment aux Eduens : « Les Celles mangent assis à terre sur du foin, ayant devant eux des tables de bois fort basses. Leur nourriture est du pain en petite quantité, avec beaucoup de viande bouillie, rôtie ou grillée. Ces mets sont servis

d'une manière propre, mais ils les mangent fort mal proprement, saisissant avec les mains, comme des bêtes féroces, les membres entiers et les déchirant h belles dents. S'il se trouva un morceau qui résiste davantage ils le coupent avec un petit couteau à gaine qu'ils portent toujours suspendu à leur côté. » L'usage de ce couteau s'est perpétué jusqu'à nos jours; il y a cinquante ans, tous nos vignerons portaient au bout d'une ficelle le cliaiidot fabriqué à Saint-Claude, dans le Jura.

Les Kalèles-Edues et les Séquanais fesalent, comme aujourd'hui, une grande consommation de lard salé; les porcs erraient en troupeaux dans la campagne et l'nistonen Strabon signale ledangerdeles aborder à cause de leur état à demi sauvage. Le miel et les fromages de la Gaule étaient renommés. On récoltait pej devin chez les Edues; il est probable que la grande culture de la vigne précéda de très peu de temps, sur les coteaux du Beaunois, les premières conquêtes de Jules César. On buvait une sorte de bière appelée Cervma, du cidre, de l'hydromel, et d'autres buissons fabriquées avec les fruits des poiriers, des néfliers et des cor-

Douillers qui pou ^sûient dans les bois à l'état sauvage. La ressemblance de ces boissons avec le vin justifie ce que dit Ammien-Marcellin « Galli ad vini simili-

tudinem potus multiplices. » Les paysans pauvres se servent encore de ce breuvage.

J'ai dit plus haut que les terres étaient mises en partage chaque année : il n'y eut donc pas de propriétaires chez les anciens Celtes. Mais peu à peu certaines terres furent données aux chefs a titre de récompense et ces franc-alleux fmirentpar être transmis. On voit par là que le servage n'existait pas chez nos ancêtres. Tacite nous apprenvi que les cultivateurs avaient leurs maisonsparticulières et qu'ils payaient seulement une légère taxe en nature, blé, bétail ou étofles.

A défaut d'esclaves, on trouvait des castes privilégiées : celle des druides ou prêtres,divisés en trois classes, et celle des nobles. L'existence de la noblesse chez les Gaulois a été mise en doute par plusieurs écrivains modernes ; mais elle est constatée par les auteurs anciens. César parle de six cents sénateurs Nerviens morts dans une bataille. Le même écrivain assure que

les Edues avaient perdu tout leur sénat, omne senatum^ dnns leur guerre contrci les Germains et les Séquanes, et que les habitants de Vannes, d'Ëvreux, de LiiAeux avaient aussi des sénateurs. Tacite fait mention des sénaieors Tcévires et Grég«)ire de Tours emploie souvent Y&c* pressiez homo génère senùtorioy qui inifi* que une noblesse transmise. Un passage de Salvien est écrit dans le mêma sens : « Les Gaulois sans appui ont recours aux grands pour être protégéi; ils serecon^ naissent leurs sujets et deviennent en quelque sorte une partie de leur propriété. » Cette clientèle, qu'il ne faut pas confondre avec l'esclavage, existait aussi de peupleà peuple : les Boïens et les Mandubiens étaient les clients des Edues.

La démocratie n'existait pas chez les Kalètes. Gouverné par des druides, et quelquefois par des rois ou chefs d'expédié tien, le peuple se laisse conduire sans discussion ; mais tout en ne participant pas à la confection des lois il n'est l'esclave ni du druide ni du sénateur.

Les plus anciens écrivains disent que les Celtes étaient dispersés dans les torôts et dansles cavernes. Cette assertion est ap-

puyée par les découvertes modernes. Plus tard ils construisirent des cabanes de claies enduites de terre glaise, rondes ou ovales, surmontées d'un toit unique couvert en chaume. Ils n'avaient pas de villages : les habitaMons étaient disséminées ou placées, par petits groupes, dans le voisinage des sources ; u chacun d'eux, dit Tacite, a son séjour séparé, près de la fontaine, dtt champ, du bosquet qui lui a plu. » Mais cet état de choses se modifia singulièrement par les rapports commerciaux :b ien avant la conquête romaine, les Celtes, et surtout les Eduens, avaient des villes importantes, des chemins de grande communication, et probablement des villages.

L'historien Joséphe a écrit que les relations commerciales des C«ltes s'étendaient sur le monde entier. Leurs exportations en Italie étaient considérables ; le lard et les fromages delà Gaule étaient aussi recherchés des Romains que les étoffes de laine tissées d'or et rehaussées de vives couleurs. Certains articles se fabriquaient exclusivement dans notre pays : Alise était célèbre par ses manufactures d'armes incrustées d'argent. La confection du savon, des lits déplume, des objets de

err-e, des armures en mailles de fer, de.s abots ou galoches, était spéciale à la iraule et avait accumulé sur notre sol des ortunes immenses. Les Romains y trouèu'ent tant d'or que la valeur de ce métal laissa subitement dans tout l'empire, longtemps après la conquête, la Gaule jtait encore assez riche pour payer un tri- )ut annuel de vingt-cinq sols d'or par perionne ; c'est à ce chiffre que l'empereur fulien avait taxé nos aïeux.

On voit par ce qui précède que ces jaulois, traités de barbares par les Latins, itaient très civilisés. Il faut lire dans Céiar le récit du siège de Bourges ; il faut roir ces tours garnies de cuir, et consruites de poutres et de briques alternées, :et attirail, ces engins de toute espèce. Il àut étudier dans les commentaires la défense héroïque de notre Alise bourguîjnonne et l'on ne croira plus que la Celique était un amas de peuplades saunages.

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