‹ Histoire de Chorey et de ses seigneursChapitre 6 sur 51 · CÉSAR ET LES HELVÈTES · texte numérisé non relu

CÉSAR ET LES HELVÈTES

Avec les astres nations, les Romains ai battaient pour la gloire ; afee les Gaoois il s'agissait da saint ieb République. Sallustb.

Les peuplades de la Gaule, cîvitate$% divisées en cantons appelés pagi étaient gouvernés par un chef Itix ou par uot assemblée, senatus^ composé des hommes les plus distingués^ principes. Ches les Edues, ce cbef^ t;^r^o6re/,babitait Au* tun. Il était élu annuellement et avait droit de vie et de mort. Pendant toute là durée de sa souveraineté, il ne pouvait sortir du pays.

Cbacun des peuples de la Gaule aspirait à la suprématie : nous y voyons tour à tour commander les Bituriges, les Eduens et des Arvernes. C'est sous les pre» miers que la Gaule fut si puissante : c'est

la rivalité des deux autres qui amena Jules César d'abord en allié puis en codquérant.

La guerre contre les Helvètes aune importance trop grande dans T histoire de notre pays pour que nous n'entrions pas à ce sujet dans quelques détails.'

La grande migration des Suisses ou Helvètes avait pour objectif la cité des Santons, la Saintonge ; elle devait traverser,, pour s'y cendre, lé pays dfs AUo broges, voisins de la Province romaine.

Les Suisses demandèrent la permission de passer à Jules César nonimé récemment gouverneur de cette province. Mais déjà lesEdues et les Séquanes, avaient fait leur alliance avec ce général qui accourut à la léte de cinq légions et tomba sur la partie de l'armée suisse qui n'avait pas encore passé la Saône. On a beaucoup disserté sur le lieu de ce combat de la rive gauche» ainsi que sur la marche des deux armées e4; sur la bataille finale des environ$d*Autun. L'auteur de la vie de €)d^r prétend que le passage eut lieu à;. Mâcpq. M. de Saulcy et quelques autres croiciit que ce passage s'est effectué aa

dessus de cette ville. M. Aubertin le place beaucoup plus au midi, à MoQtmerle.

Pour moi, je crois que les Suisses eût dû remonter plus haut et que le lieu de la première bataille est à Charnay où H.

Baudot a découvert un immense champ de sépultures. X* armée romaine était venue par Charrette et Frontenard ; elle avait traversé le Doubsà Pons Dubis^ Ponthnux, et était arrivée à Charnay et à la Saône où elle battit ce qui restait de Suisses sur la rive gauche. Puis Jules César passa cette rivière, laissant un détachejient au cbâelet, castellum ; il traversa le village de Molaise dont le nom rappelle le sou. venir du chemin romain, moleSy et qui se trouvait chez les Edues, dans ce canton d'Arebrif/ dont j'ai parlé. Il arriva ensuite au port de Palleau, portus Palvelli^ franchit le ruisseau du Scrain, coupa à angle droit la ligne où Agrippa fit construire plus tard la grande voie de Lyon à Trêves et vint passer sur la commune de Chevigny au lieu appelé la chapelle Jtdiare, près duquel il bivouaqua dans rendroit nommé la prairie du camp. C'est là, peai éti*e qu'il reçut Divicon parlementaire des Helvètes. Le chemin que suivit César n'est

pas supposé : il existe encore dans toute son (Vlendue et Ton y trouve partout des traces de pavés et de constructions ; il passe à Aignay, possédé jadis par les chevaliers du Temple (1), puis sur les terres de l'ancien fiot d'Ambonne à Saintc-Marie €t vient couper diagonalemcnt la route de S^»mur à Verdun près de Levernois. Après avoir traversé un lieu dit la Maladière, Je chemin suivi par César longe, vers Montdgny, la vieille maison forte de la Motte-Valentin, coupe le chemin de fer actuel au nord du viaduc de Bligny et arrive à Pommard le long du clos de M.

Marey, longeant ensuite l'ancien fief delà ComtCaraine.

Après avoir suivi pendant deux kilomètres la nouvelle roule d'Ivry, la voie, prenant à gauche, traverse le ruisseau sur un petit pont appelé I3 pont d'Aulun, à côté d'un monument celtique dont je parlerai plus loin, gravit le bois de la Serve où son pavé est parfaitement visible, passe à l'extrémité de St-Romain et franchit la

(1) Les terres données dans l'origine aux hospitaliers de Sl-Jeaa de Jérusalem et du Temple, étaient, comme on sait, sur le bord des anciennes routes.

villée profonde en fesant un brusque circuit. Il arrive enfin sur le plateau supérieur de nos montagnes, au niilieu dek vaste plaine d'Auvenet. C'est là que k commission de la topographie des Gaules a p!acé la grande et décisive bataille.

L'armée de César et César lui-même fut obligi^<«de tourner ce plateau. Le gécéralavoue, dans ses commentaires, que sa cavalerie, erigagée témérairement à la poursuite, éprouva de grandes pertes dars les défilés de nos montagnes. Bouze, Mandelot, Nantoux, Auxey étaient sans doute explorés par cette cavalerie ; tous ces villages ontconservè le souvenir des romains. On y trouve de nombreuses sépultures et des enceintes de fossés portant le nom de Châtelet.

Les espions apprirent à César que les Suisses avaient fait batte au pied d'une mon.agne «élevée mais d'accès facile. »

Le général fait ses préparatifs de combat : il envoie Labiénus occuper les sommets quidominaicnt le camp des helvéïiens ei^ guidé par Considius, il se dispose à tomber sir l'ennemi. Mais celui-ci avait plié ses tentes et s'était dirigé pendant la nuit sur les plateaux d'Auvenet.

• Le but de César était d'empêcher les Helvètes de pénétrer jusqu'à Autun. Con-^ séquemment il a dû diriger sa marche de manière à leur couper les chemins qui se dirigeaient sur cette capitale. Dès lors il est probable qu'il alla asseoir son camp dans les plaines entrecoupées qui se trouvent sur les communes de Joursanvaux et de Champignolles, à cinq ou six kiloniètres du camp ennemi et à trente kilomètres ^ d'Autun. Cette dernière distance corres- ;pond à celle qui est indiquée dans les •commentaires: «... et quod à Bibracte non amplius millia passuum XVIII ^iiberat. »>

Cependant les provisions commençaient à manquer aux Romains. César résolut d'aller se ravitaillera Autun ; sadétermination fut sans doute appuyée par ce fait que la position des Suisses sur une montagne fort escarpée était très difficile à forcer. L'armée rjmaine avait à peine commencé sa marche que les Helvètes, descendant de leur plateau, se mettei:tà harceler l'arrière-garde. Alors Céoarfaît volte face; il établit son front de bataille sur les collines de Molinot, de Champîr gnolles et de Thury, vers les points nom-*

mes aujourd'hui Coëffant^ Chaumont et , Mormont^ puis il attend de pied ferme les ennemis qui sont accueillis pa** une grêle de javelots. Obligés de jeter leurs boucliers et de combattre à découvert, ils ne tardent pas à plier; une p'irtîe se sauve sur une montagne placée à un quart de lieue, (peut-être leshauteuis du village d'Ivry) ; le plus grand nombre remonte le plateau ou étaient le camp et les bagages. La bataille dure depuis une heure jusqu'à la nuit sur une grande étendue de terrain.

Le lieu ou les Helvètes avaient laissé leurs provisions et leurs bagages fut emporté le dernier. Cet endroit, placé vraisemblablement vers la partie septentrionale du plateau d' Auvenet, au-dessus du buis du Deffend avait été fortifié avec soin ; il fut défendu avec acharnement par Orgétorix et il fesaitnuit depuis longtemps lorsque les Romains complétèrent leur victoire par la prise des enfants et des bagages du général hcivétion.

Des 368,000 personnes qui avaient tra* versé la Saône il ne resta que 30,000 qui se sauvèrent en désordre dans la direction de Dijon. Ils finirent par se rallier au som-

metd*une montagne qui a porté depuis le nom celtique de Bivago^ Bécoup.

Après avoir employé trois jours à enterrer ses morts et à faire reposer ses soldats, César se mit à la poursuite des fuyards qui avaient déjà quitté leur campement pour se diriger sur les terres des Lingons. C/est alors sans doute qu'il établit au-dessuR de Corcelles-les-Monts le camp du Mont-Afrique qui domine la cité dijonnaise.

La célèbre campagne des Helvètes eut lieu sous l'administration de Divitiacus, chef ou vergobret d'Autun. Son frère Dumnorix s'était allié aux Helvètes ; il avait épousé Beelisanne, fille de leur roi Orgétorix, et fut assassiné par des factieux. Sa veuve assistait à la grande bataille que je viens de décrire. Quelques mois pins tard, après la prise de BofU'ges, elle fomenta, dans la ville d'Autun, la division entre Convif.tolitan, le nouveau vergobret nommé par César et ses compétiteurs Cott et Littaviccus. L'étoile de Divitiac, le druide vendu à César commençait à pâlir.

Les dieux de la Gaule semblent avoir protégé la ville d'Autun. Au point cen-

tral de la bataille se trouvait une source sacrée qui porte encore aujourd'hui le nom de Fontaine du Béiyle. On construisit à côté la célèbre colonne de Cussy dont les sculptures ont le double caractère d'un souvenir commémoratif et d'une destination religieuse (1).

Telle est l'histoire résumée de la première campagne de Jules César dans la Gaule. Le libérateur, ébloui par les trésors de nos ancêtres ne tarda pas à devenir conquérant. Sa victoire sur les Helvètes est la première étape de la série de conquêtes qui devait se terminer parle mémorable siège d'Alise. Notre Bourgogne a vu l'alpha et l'oméga de cette lutte gigantesque.

A rhcureoù l'Orient s'illuminait des clartés splendides du christianisme les aigles romaines bâtissaient leur nid sur les montagnes du Pagna Arebrignus.

(0 Voir la note H. à la fin du volume.

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