CHAPITRE YIII
LA CONQUÊTE ET l' ORGANISATION ROMAINES.
n 11 ne faat point passer sons silence la vertu, constance et gravité de la province gauloise, car c'est la fleur de ritatie, la force de l'Empire romain et l'ornement de sa dignité. M
Cette citation ne doit point paraître étrange. La Gaule aux campagnes fécondes et aux riches mines d'or, renfermait, suivant les évaluations de plusieurs historiens de l'antiquité, plus de cent millions d'hommes, divisés en trois ou quatre cents nations. A la vérité, son étendue était beaucoup plus vaste que celle d'aujourd'hui. Trêves, Mayence, Cologne, Liégè, la Suisse et une partie de la Savoie étaient comprises dans' la Gaule.
Après la défaite des Helvéïiens, la rivalité des Edues et des Séquanes engagea
ces derniers à appeler à leur secours les Suèves commandés par Arioviste. Ces Germains s'étant installés dans laFranche- Comté, Divitiacus, le puissant Eduen, demanda l'appui de César qui accourut avec ses légions, s'empara de Besançon et réduisit Arioviste à la plus complète impuissance. Les résultats de cette victoire déterminèrent l'ambitieux Jules César à conquérir toute la Gaule. Il se dirigea chez les Belges, battit les Nerviens, soumit les pays du Hainaut et de Namur et s'empara de la Normandie et de la Bretagne. Après ces expéditions il guerroya sur les bords du Rhin et, passant le détroit, fit la conquête de l'Angleterre.
Ceux du continent profitèrent de l'absence de César pour se soulever. Chartres donna le signal de la révolte et Vercingétorix fut nommé général en chef. Je n'entreprendrai pas le récit de toutes ces guerres ; je dirai seulement que les Edues, ces anciens alliés de Rome, hésitèrent longtemps à se joindre aux autres peuples. La rivalité de deux chefs de parti, Convictolitan et Cottus, amena dans la ville d'Autun Jules César qui prit parti pour le premier, «attendu, disent les commen-
taires, qu'il avait été élu par les prêtres, selon la coutume du pays. » Convictolitan paya ce service par l'envoi de tonte la cavalerie éduenne et de dix mille fantassins ; mais poussé par TopiDion publique et par le réveil de toute la Gaule, le vergobret d'Autun finit par se déclarer contre le conquérant, en soutenant dans sa révolte un autre chef éduen nommé Littavicus. Ennemis aussi acharnés qo*ib avaient été alliés fidèles, les Ediies envoient des émissaires à tous les peuples de la Gaule « sans épargner ni argent ni crédit. » Après plusieurs défaites, Ver* cingétorix est obligé de se renfermer dans Alise, (lésar investit cette place et allait s'en rendre maître lorsque les secours arrivèrent.
La réunion générale de ces troupes eat lieu dans les environs d'Autun. Elle secomposait de 8,000 chevaux et 240,000 fantassins sous les ordres de quatre chefs: Eporédorix, Viridomare, Côme et Vergasillaune, assistés d*un conseil composé des députés de chaque nation. Cette grande armée se mit en marche pour là délivrance d'Alise. Les fouilles faites d^ puis douze ans sur le plateau de Sainte-
Reine ont prouvé surabondamment que le véritable théâtre de ce combat gigantesque n'est point Alaise en Franche- Comté, mais bien notre Alise bourguignonne où la tradition, d*accord avec les faits, a toujours placé le grand épisode qui décida du sort de toute la Gaule.
Après des prodiges de valeur, la tactique de Â0,000 Romains triompha des 250,000 Gaulois, et Vergasillaune fut pris; le lendemain, Vercingétorix dut rendre la ville et se constituer prisonnier. Afin de se concilier TaOection des Eduens et des Arvernes, César leur rendit les 20,000 captifs qu'il s'était réservés. Il envoya ses légions dans divers pays et viit passer l'hiver à Autun où le sénat ordonna en son honneur vingt jours de prières et de processions publiques. ,
La statue du grand défenseur de la Gaule domine maintenant le vaste plateau d'Alise. Elle a été érigée il y a quelques années par ordre de Napoléon III^ et les voyageurs peuvent apercevoir de loin le héros méconnu qui souleva la Gaule au cri de liberté 1
Cette statue, haute de sept à huit mè* très et placée sur une colonne, est en cai-*
yve martelé, maintenu intérieurement par une puissante armature de fer. Le modèle a été exécuté par M. Aimé Millet. Gustave Aubert a dirigé le travail de martelage et exécuté lui-même les parties les plus difficiles.
Le nom de César est écrit en lettres d'or dans l'histoire et, tout enfant, nous avons appris à Tadmirer. Gomme capi* taine, soit ! mais comme juste, non ! César, homme d'aristocratie par tempéra»
ment et de démocratie par nécessité, était épris d'une gloire stérile et toute personnelle à 3on œuvre. C'est avec raison qu'on a dit de lui « qu'il avait défait les Gaulois avec le fer des Romains et triomphé des Romains avec l'or des Gaulois. > Son retour à Rome fut une entrée triomphale où la Gaule eut le triste honneur de figurer en première ligne. Des statues d'or y représentaient le Rhin, le Rhône et l'Océan captifs. Parmi les prisonniers chargés de chaînes qui précédaient le char du vainqueur figurait le vaillant défenseur d'Alise, le malheureux Vercingétorix que César fit ensuite égorger dans sa prison.
Les Gaulois, domptés par la valeur de Jules, furent amollis et corrompus par la
politique d'Auguste. La Gaule fut partagée en quatre provinces gouvernées par des préfets exerçant un pouvoir souverain. Les Kalëtes Edues se trouvèrent compris dans la Lyonnaise et leur capitale céda la suprématie à la ville de Lyon ; mais si la cité de Plancus eut le titre de métropole, Autun conservale sceptre de l'intelligence et l'académie que les druides avaient fondée.
La répartition des impôts se taisait sous la surveillance des proconsuls ; les recettes étaient effectuées par des intendants, Procuratores patrimoniù Chaque province avait en outre un avocat du fisc chargé de contraindre les débiteurs. Il y avait aussi des directeurs de police, Frumentarii qui, sous prétexte de s'assurer plusieurs lois par an de l'état des récoltes, étaient de véritables espions de l'empereur ; "leur office dégénéra en celui -d'exécuteurs de la police secrète.
Tibère, successeur d'Auguste, excita des soulèvements par l'augmentation de l'impôt : Julius Florus à Trèviis et Julius Saçrovir à Aulun essayèrent vainement de secouer le joug. Celui-ci fit armer la jeunesse des écoles. L'académie d' Autun
comprenaitalors près de A0,000 étudiants, mais ces iroupes sans discipline furent battues par Silius dans un endroit que plusieurs historiens ont placé près de la colonne de Gussy.
Le règne de Caligula devint fatal à notre pays qui fut littéralement écrasé d'impôts. Celui de Claude fut moins malheureux : cet empereur favorisa les Eduens et rendit, Tan 48 après J. C, un décret qui admit les habitants d'Autun dans le sénat de Rome.
Le règne de Néron vit une tentative aussi malheureuse que les précédentes :
Julius Vindex souleva une partie de la Gaule et se mit à la tête de 100,000 soldats parmi lesquels il y avait un grand nombre d'Eduens. Il fut battu à Besançon par Virginius Rufus et se tua de sa propre main l'an 68 de J.-C.
La rivalité de Galba, d'Othon et <le Vitellius occasionna dans notre pays une quantité de combats partiels qui se continuèrent, sousVespasien, par la révolte de Julius Sabinus. Domitien établit une grande fabrique de cuirasses à Autun et une fabrique d'arcs et de (lèches à Chalon-sur-Saône ; mais la mesure prise par
cet empereur défaire arracher les vignes causa un grand préjudice à notre Pagûs arebrifjnus.
C'est vers cette époque qu'il faut placer l'arrivée chez les Edues des premiers apôtres de l'évangile. Afin de ne pas interrompre notre récit, nous parlerons plus tard de ces origines chrétiennes.
L'empereur Probus repoussa les incursions des Francs et des Bourguignons et permit de replanter les vignes. Notre pays fut ravagé sous son règne par une armée de paysans révoltés, appelés Bagaudeset commandé"^ par A.mandus. La ville d'Autun dont les fortifications n'avaient pas été réparées, souQ*rit énormément de cette invasion. Les mots Bagarre ti Baguenau" der conservent le souvenir lointain des Bagaudes.
Avec Dioclétien parut une nouvelle division de la Gaule ; cet empereur la partagea en dix-sept provinces dont les gouverneurs étaient sous les ordres d'un préfet du prétoire résidant à Trêves et assisté de quatre vicaires. La province était di- Tisée en plusieurs peuples, Civitas ; cha* qu3 canton en vicairie, Vicaria^ chaque Ticairie en villages, VUla.
Après !a métropole qui était Lyon venaient les Municipia ; Bibracte, devenue Augustodun-mi. fut classée dans cette catégorie. Ces municipia étaient régis par le colléga des Décurious qui avaient droit à ce poste soit par leur naissan-e comme fils de décurions soit parce qu'ils possédaient vingt-cinq arpents. Cvt ordre, appelé Curie, devint l'instrument de toutes les oppressions : il nommait les magistrats municipaux et faisait choix des médecins et des professeurs.
Ler. fonctionnaires étaient nommés cha-* que année au mois de mars : c'étaient d'abord les Duumvirs dont les fonctions étaient analogues à celles des maires, puis les Principaux qui avaient des attributions de po'ice analogues à celles de nos commissaires et de nos agents. Ils étaient nommés pour quinze ans et effectuaieni la perception de l'impôt. Les Ediles veillaient aux chemins et aux édifices publics. Les Censeurs tenaient note du nom et de la fortune des habitants.
Les Défenseurs de la cité étaient nommés pour cinq ans par le suffrage univer-r sel. Ils devaient protection à tous, à la ville et à la campagne, transmettaient les
plaintes aux juges ou à l'empereur, protégeaient le commerce et vérifiaient les poids et mesures. Tous les gens de métier formaient des corporations et avaient des officiers appelés Préfets^ Consuls et Curateurs. Les villes avaient des octrois et des droits particuliers.
Beaune et Dijon paraissent n'avoir été que des colonies habitées par des vétérans et par quelques citoyens romains : toutefois leur organisation était copiée sur celle des métropoles. C'est seulement plus tard qu'elles devinrent chets-lieux du I atjus belnensis et du Pagus divionensis ; aussi ne sont-elles desservies directement par aucune voie romaine ni mentionnées dans les itinéraires gallo-romains. La plupart des géographes ont été trop précis en assurant que l'étendue de chaque diocèse correspondait aux anciennes Civiiates.LQ^ Educns ont eu dans leur circonscription, Don pas un, mais trois sièges épiscopaux : Autuu, Châlon et Mâcon.
L'arrivée de Constantin à Autun en 811 fut le commencement d'une ère de prospérité. Cet empereur venait Je Trêves et de Langres. Pour se rendre à Autun il passa tout près du territoire do
Chorey, sur la roie qui se trouvait à côté de Notre-Dame du chemin. Il déchargea la ville d*une partie des impôts, fit rebâtir It-s temples et les édifices publics et favorisa le christianisme qu'il embrassa lui-même Tannée suivante. On prétend que la croix lumineuse lui apparut près de Chalon-sur-Saône. Les bois sacrés tombent sous la coe:née, les sanctuaires druidiques sont dév.'astés et d'imposantes basiliques écrasent de tout leur poids les idoles jetées dans leurs fondements.
Cependant les Germains continuaient leurs ravages. Une armée nombreuse vint menacer Autun en 356. Elle fut battue et repoussée jusqu'au Rhin par Tempereur Jufien qui s'installa à Paris où il fit bâtir un palais, des bains et un aqueduc.
L'empire romain, affaibli par le partage fait entre les fils de Théodose et par les guerres contre les Allemands, était en pleiiie décadence. Les barrières qui avaient maintenu les hommes du Nord cèdent sous le poids de leur multitude. Les Alains, les Vandales, les Goths, les Gépides, les Francs, les Bourguignons, se précipitent sur la Gaule et sur l'Italie. La destruction de Rome, consommée par
Alaric en â'^9, anéantit complètement rédificeconstruiî par Jules César.
L'historien d'un petit village ne peut avoir à enregistr'tîr aucun des grands faits qui marquent les annales de«i villes antiques. Englobée dans la banlieue de Beaune, la commune de Chorev n'a servi da théâtre à aucune bataille, de résidence à aucun chef gaulois ou romain. Deux ou trois métairies éparsts sur son territoire sont les seules traces de cette époque. J'aarais pu commencer ce livre à l'année 706, par le testament où figure pour la première fois le nom de notre village.
Mais en outre du plaisir que j'éprouve à remonter à nos origines nationales, j'ai pensé qu'il était utile de consigner les découvertes faites dans notre pays depuis quelques années. Les faits de l'histoire de France sont enseignés dans toutes les écoles, mais il est difficile, à moins d'en faire dans les bibliothèques une étude spéciale, de se rendre un compte exact de l'état de nos campagnes avant l'arrivée des Francs. Voici quelle était la position sociale de nos ancêtres et l'état de. la propriété.
Auguste avait divisé les. citoyens en
trois classes : !• les Fœderati^ qui ne devaient que le service militaire; presque tous les Edues et les Rémois étaient dans cette catégorie ; 2" Les hommes libres, se gouvernant par eux-mêmes mais assujettis à un trlhut ; S» Les sujets proprement dit? qui étaient soumis aux gouverneurs. Cet état de choses ne dura pas longtemps : le nombre des Romnins établis dans la Gaule nécessita bientôt la présence de fonctionnaires spéciaux. Les Romains donnèrent des terres aux officiers ei aux vétérans, sans autre charge que celle du service militaire. Telle est i'orîgine des fiefs exempts de toute redevance. Us en donnèrent aussi aux officiers barbares qui avaient servi dans leurs armées comme auxiliaires et telle est l'origine des fiefe censables : c'est de ceux-là que notre Eumène veut parler quand il félicite l'empereur Constance d'avoir appelé dans les déserts des Gaules des peuples qui aident la patrie avec la charrue et avec les armes.
Il est certain que les terres données aux barbares par les Romains ont préparé le royaume de Bourgogne. Jornandès, cité par Perreciot, dit que les Francs, les Bour-
guigiions et quelques autres se rangèrent sous les étendards romains d'Aetius pour eômbattre Attila et qu'ils étaient les auxiliaires des Romains après avoir été leurg soldats. Une autre preuve de ce fait se trouve dans une lettre écrite à Tempereur Anastase par Sigismond, roi de Bouigogne : a Vous êtes notre prince et mon peuple vous appartient, populus meus est vester, » Une autre fois le même Sigisniond, parlant de la mort de son père, dit à l'empereur : post obitum devotissimi fidelissimi que vobis patrù met.
Je viens de parler des vétérans auxquels on donnait des terres. Une condition majeure était attachée à ces donations : les fils de ces vétérans portaient les armes fort jeunes. Vopiscus assigne l'âge de dixhuit ans, mais S. Martin, dont le père avaitété tribun militaire, futobligé d'embrasser à l'âge de quinze ans la profession des armes à laquelle sa naissance l'assujétissaii. Nous savons, par une inscription romaine trouvée ans les murs du castrum, que la ville de Beaune avait un certain nombre de vétérans.
Les guerres de Jules César, les révoltes sanglantes qui éclatèrent sous ses suc-
cesseurs, la rapacité des agents du fisc et ies incursions germaniques avaient porté des coup.^ funestes à Tagriculiure des Ka-
lètes. Beaucoup de terres restaient incul-
tes ; le métier de laboureur était délaissé; on rougissait d'être Celte. On en vint, dit M. Salverte, à chercher partout des origines romaines ; on tira vanité d* être né dans une ville qu'un brigand étranger avait doté de son nom quinze ou dix*hnit siècles auparavant, plutôt que dans celle dont le nom rappelle la langue nationale : singulier écart de Tergueil qui, pour oiieui s'ennoblir, se complait dans le souvenir des désastres de la patrie et de Tabaibsement de nos ancêtres.
La plupart des terres étaijnt cultivées par des esclaves. On aurait tort de couh parer cet état à celui des nègres d' A uiéri* que ; les Gaulois, réduits en esclavage par les droits de la guerre, jouissaient encore d'une assez grande somme de liberté. Uo grand nombre d'entre eux avaient des emplois de laquais et de domestique.
Les cultivateurs étaient partagés en troid classes : les Colons^ les Inquilins et les Tributaires. Les hommes de la dernière étaient les plus maltraités ; le maître ré*
glaît leur redevance à son gré et les eofanis suivaient la condition de la mère. Ils ne pouvaient rien posséder en propre. Apràs rintrcdiiction du chiistiani^me en leur peruiîi de se fa're prêtres, mris sans quiiier leur résidence. Quant aux inquilins ^t aux colons, ils n'étaient pas plus malheureux que nos fermiers; le propriétaire ne pouvait augnjenter la redevance annuelle et I( s colons avaient le droit de l'appeler en justice. Les horamcs de ces de. X classes pouvait nt acquérir des terres; mais leurs biens retournaient au maitic Dans beaucoup de pays les cultivateurs donnaient au propriétaire une partie de la récohe ; on les^appelait alors colons pariiaires.. (Vest de li qu'e>t venu le mot métairie, mcdietas à cause de la moitié du profit laissés au cultivateur. Aucun homme de ces trois clauses n'était assujetti au service niil:ïaire.
La Gaule neput recouvrer son ancienne splendeur. Les impôts avaient dévoré la fortune publique dés le commencement de rocciipation. L'esclave Licinius que rempereur Auguste avait tiré de la domesticité pour le placera la tête du gouvernement des Gaules s'était palticuliëi*emeal
attiré l'exécration publique. Prévoyant que les plaintes du peuple allaient amener sa chuie, il introduisft Teaipereur dans un appartement où il avait rassemblé des trésors incalculables : o Voilà, dit-il, r.e que j*ai recueilli pour vjus. J*ai cru bien faire en dépouillant les Caulois de leurs richesses^ afin que, devenus [ âuvres ils nepuis-ent se révolter. Prenez ces trésors qui ne sont def^ti nés qu'à vous, u Auguste se laissa séduire et le rapace gouverneur continua à pressurer nos ancêtres.
Caligula, Néron , Domitien, Caracalla avait^nt cont nué le même système en donnant le commandement des provinces gauloises aux aiïraruhis, aux cochers, à tous les misérables qui avaient partagé leurs débauches.
La coriuption <ivait gagné toutes les classes. Deux soldats foi t le paii de détrôner Galba et en viennent à bout. Après le meurtre dePertinax, l'armée met l'empire aux enchères et Julien l'emporte sur ses concurrents en promettant- 25,000 sesterces à chaque soldat prétorien. C'était l'argent de la Gaule qui fesaît les frais. Malgié leur titre d'alliés, les Ëdues ne sont pas plus épargnés que les autres ;
Tacite rapporte ces paroles du chef éduen Sacrov'ir : « On nous livre aux préfets et aux centurions, et lorsqu'ils se sont engraissés de nos dépouilles et de notre 6ang, ils cèdent la place à de nouveaux tyrans, pi is avides et plus cruels. »
A. toutes ces exactions il faut ajouter les violences sur les personnes : u La conscription, dît un chef breton, emporte nos fils dans des teires lointaines. Si pendant la guerre, nos épouses et nos sœur^ parviennent à échappera leur violence, elles sont déshonorées par eux quand ils se donnent les noms d*hôtes et d'amis. Non contents de nous enlever tous nos biens par les tributs, ih mettent en réquisition les fruits de nos terres pour la subsistance de leurs armées, n La grande quantité des terrains sans culture rend encore plus terribles les années de disette ; mais alors, comme aujourd*hui il y avait des hommes dcvoués qui sacrifiaient leur fortune : dans la grande famine de A50 un sénateur gallo-romain nommlErdicius envoya, dit un vieil historien, «gens et charriots par «toute la Bourgogne pour amener en sa «maison tout tant de pauvres que Ton «pourrait trouver, et ly en fut amené plus
«de quatre mille, lesquelîî il nourrit et ))repust et les préserva d'inconvénient de n noort. »
Le proverbe grec galactkos ploutos ne pouvait plus s'app!if|ntT à notre pays.
Sous la grande confodt^r.ition gnuloise )*or s'amassait dans lea demeures ; suus les romains il se réduisait en feuilles minces que le luxe appliquait à rextérienr des maisons. Les Celles gagnent en civilisation mais ils perdent en courage et en dignité. Ils ne pensent qu'aux jf)uissances matérielles et rostent sans fuîce contrée les hordes germaniques. Laierre de Vercingétorix a été arroséeon 'iix ans par le sang du trois millions d'hommes ; les cent mille exploitants avides déchaînés contre elle Font saignée à mort et c'est d'un œil indifférent qu'elle regarde les nouveaux KKittres, Francs ou Hurgondes, qui vont eflîicor ju.qu'àson nom !
Quel vaste champ de réflexions, et quelle coïncidence avec l'écrasfMuent germanique que nous subissons ! ! I