‹ Histoire de Christophe Colomb: suivie de sa correspondance, dChapitre 10 sur 39 · N°^ IX · texte numérisé non relu

N°^ IX

SÇR LES CONNAISSANCES QU'aVAIENT LES ANCIENS ET LES AUTEURS DU MOYEN AGE» TOUCHANT LA NAVIGATION DANS LA MER d'OcCIDENT.

Platpji, dans son Tunée, prête à un pontife égyptien un discours, où il déclare qu'au-delà des colonnes d'Hercule il y avait une île appelée Atlantique, et il ajoute ensuite que cette île était aussi grande que l'Asie et l'Afrique réunies ensemble; qu'ail y avait des petites, Jles au-delà de l'Atlsint^qiie, et qine no;i loin de ces régions eids^ tait un continent qui nous séparait du véritable Océan. Aristote et Théopbraste font mentioDk

I20 SUR LA WAVIGATIOIC

d'une île très vaste inhabitée, couverte de forets, arrosée par de grands fleuves, et qui présentait l'apparence d'une région très fertile, découverte l'année 356 de Rome, par un vaisseau carthaginois qui s'était engagé dans une mer inconnue , entre l'Occident et le Midi. Sénèque^ d'après le témoignage d'Avitus , pense que l'Océan contient des terres fertiles, et annonce, d'un style vrai- ,ment prophétique, dans sa Médée, qu'il sortira un jour du milieu de l'Océan un nouveau monde d^une immense étendue (*). Ammien Marcehn

(*) Le deuxième acte de laMedée de Sénèque, selon ]es règles dramatiques des anciens, est terminé par un chœur qui mandit le premier navigateur, regardant son audace comme la source de tous Tes vices qui régnent parmi les hommes. « Depuis son (îintste « essai, selon les plaintes du chœur, sa hardiesse n'a été que trop « imitée; la mer de tous côtés est sillonnée par Téperon des vais- « seaux, et ses flots sont plus agités par les rames des marins que « par le^fîorts des tempêtes. » Enfin il termine ses doléances dé* clamatoires par ces ters auxquels notre auteur fait allusion :

Venientannis

Sœcula seris , quitus Oceamis Tincuia rtrum laxet, et ingens Pateat^llus, typhisque novos Detegat orbes , nec sit terris ,

Vltima Tfmle, ....

Nous pensons cependant que cette espèce de prophétie n^est antre chose qu'un mouvement poétique, et qu'elle doit plutôt être attribuée à l'imagination du poète qu'à la science du géographe. ( Note du traducteur. )

BES AJfaENS. 121

parle aussi d'une île plus grande que l'Europe, située dans l'Océan. Elien, qui suppose l'Europe, l'Asie et la Lybie, c'est-à-dire l'Afrique, entourées par l'Océan, avance qu'il existe un vaste continent où les hommes et les animaux sont plus grands que dans le nôtre, et où l'on troiive de l'or et de l'argent en abondance. On peut aussi citer saint Jérôme, qui, en s'appuyant de l'autorité de saint Clément d'Alexandrie, assure qu'il existe un autre monde au-delà de l'Océan ; et saint Augustin , qui a supposé que le genre hiimain s'étant considérablement multiplié, les habitans de notre continent ont traversé les mers, et sont allés peupler des îles désertes. Mais parmi toutes ces citations, je n'ai pas encore vu qu'il soit fait mention d'un passage du vi® livre, ch. 7, de Diodore de Sicile, où il raconte, en parlant de certains navigateurs phéniciens, qu'emportés par les vents et les courans dans des régions éloignées, ils furent à la fin jetés sur les côtes d^une île d'une immense étendue.

Ce serait trop long si on voulait rapporter toutes les opinions des anciens où ils supposent l'existence des Antipodes; hypothèse qui devait aussi au moins faire soupçonner quelque continent dans l'immense espace compris entre les Indes orientales et les côtes occidentales de l'Eu-

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