‹ Histoire de Christophe Colomb: suivie de sa correspondance, dChapitre 9 sur 39 · N« VIII · texte numérisé non relu

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Sur les renseignemews qu'a du recueillir Colomb de Marc-Paul, et de quelques autres navigateurs italiens de cette époque.

Je citerai pour preuve de ce que j'avance l'autorité d'un auteur allemand , qui ne peut être soupçonné de partialité , et le seul qui ait jeté

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quelques lueurs sur cette importante circonstance. Andi^é MûUer * éditeur savant de la version latine des voyages de Marc-Paul, et auteur d'une dissertation qui a pour titre De Chataja , imprimée à la suite de ces voyages , rapporte dans sa préfacé , qu'en 1 5o2 ^ on imprima à Lisbonne , en langue portugaise , les œuvres de trois célèbres voyageurs , dont le premier était Marc-Paul , le second , Nicolas , vénitien , à qui Ort'ellius donne le nom de Nicolas de Conti , le troisième , un certain Girolatno da Santo-StefanOy génois , qui , en 1^99 ? avait écrit de Tripoli une relation de ses voyages à un de ses amis , en Allemagne. Comme ces ouvrages avaient été publiés par un gentilhomme de la cour de la reine Eléonore , MùUer en tira la conséquence que a les voyages de Marc-Paul avaient été puce bliés pour diriger la navigation des Indes. Ce « qui , ajoute-t-il aussitôt , n'est pas surprenant, <( car Christophe Colomb n'a cherché de nou- « velles , terres que sur la foi de ce vénitien, « comme je le dirai dans mes Commentaires , au .« mot Zipangro. Ih suhsidiwn navigationis IndU ccBy quodnec mirurriy nom et Chr. Coluinbus ejuS'^ dem Venetifide ignotas quœsiit terras y ut in cornmentàriis sub ^oce Zipangrl^icaw.

Ces commentaires devaient être au nombre de

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deux , et étaient destinés à faire suite au supplément du Trésor d'Ortellius que Mûiler voulait publier; mais comme l'auteur comptait pour Fimpression de cet ouvrage dispendieux , sur la générosité de ses protecteurs , il |)araît qu'il n'a jamais été inîprimé ; d'ailleurs., je n'ai trouvé dans sa dissertation de Chataja rien qui traitât du Japon , sous le nom de Zipangri. De l'ouvrage de Marc-Paul , on ne peut recueillir d'autres renseignemens à cet égard, si ce n'est que l'île de Zipangri est située sur une éminence , au milieu de la mer, à i,5oo milles du vaste royaume de Maugi ; mais il se peut que Colomb ait eu entre ses mains des manuscrits , avec des indications plus précises , et que la partie qui nous reste des écrits du voyageur vénitien , fut seulement consacrée à la chorographie. Cependant , dans un autre endroit dé son voyage , il dit avoir vu le pôle et les quatre étoiles de la croix riientionnées par le Dante dans son purgatoire. 11 me serait difficile de dire où Millier a puisé ce fait qu'il avance avec tant de confiance ; il serait également difficile de déterminer de quelle utilité ont pu être les écrits des trois xoyageurs cités par Mùller , pour lanavigation des Injdes occidentales , il me suffit d'avoir réclamé le témoignage d'un auteur qi^i

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ne peut être taxé de partialité , en adoptaiat des faits qui honorent l'Italie. Voyez la note 1 1 .

Puisque nous avons annoncé dans le texte que Colomb a pu trouver de grands secours , pour ses découvertes , dans les écrits , non-seulement de Marc-Paul , mais encore dans ceux dWtres écrivains italiens , nous croyons bien faire , en rapportant succinctement les mémoires dés voyages faits par des Italieiis des i3®, i4^et i5* siècles. Nous dirons d'abord , que si l'on peut ajouter foi au récit de Ramusius , qui dit avoir vu lui-même , conservée dans le couvent de St.- Michel de Murano , à Venise , une carte géographique quf avait été dessinée et gravée par Marc- Paul y dans laquelle était indiqué le cap à l'extrémité méridionale de l'Afrique , connu *plus tard sous le nom de cap de Bonne-Espérance , et l'île de Madagascar ; il en résulterait que les Portugais n'auraient découvert qu'une partie dés terres que ce voyageur vénitien avait visitée deux siècles auparavant. Les auteurs de l'histoire générale des voyages n'ont pas révoqué en doute ce point de la relation de Ramusius. Quand même cet écrivain aurait pris , conime quelques auteurs l'ont avancé , le planisphère de Fra-Mauro pour une carte dessinée par Marc-Paul , il s'agirait encore d'un ouvrage italien.

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Je life parferai pas àéfiicoîdo da Mbîite Ctt>€e, qui atvaît Jià'rcouru une grande partie de PAin avant l'année i36ô, ni des voyages des frèrc§ Zeni 5 nientiontiés datis là note précédente , ni iiOSorico dà Pordènonê , (Juî , avant i33o , était revenu d*un long voyage , entrepris dans les plus vastes états de l'Asie , ni des voyages aux ftides par Nicolas Conti^ à Tépocjue d'Eugène IV, Aides voyages éii Perse et dans plusieurs autres (iontî^ées de TOrient, pendant té i5* siècle ,>jiaf JMFstrco Cornaro, CaterinoZeno, Giosâfat Bârbaro, Ambroise Cantarini etChristophéBubndelmonti, îèés relations n'étant pas assez exactes ni assez détaillées, et ayant plutôt pour but le succès des missions et la propagation de l'Évangile f que les intérêts de là séiiëncê et lés découverte;^ ini^ portantes faites dans ces mers.

Mais on ne doit point pàssef sôUs silëftè^ les tentatives (^uë firent les prèmiers^ Génois au ï3^ siècle, àfiri de pénétrée dàfe Tlildé par là ïtter Atlantique. Leur découverte des îles Canaries, dont Pétrarque nous a laissé une pl^élîvè irrécusable dàiis son lîvr^ dé Vita Solitârià; les éoui^s ^Andàlàne del Néro, Célébré âfetrôttOûie génois qui visita jiresqiié iôùt le globe, cotniïlfe Fàttëstë' Bôccàfce' dàns'^ gëîiéalogie dëà^ di¥iâ^ *: « Unwérsiém perte ôrhem sùb quocàmJqiie fidri-

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« zonte peragravit, » Rappelons aussi que Fra- MaurOy désigné dans la médaille, frappée en son honneur, sous le titre de Cosmografo incampor rabiley auteur du planisphère que l'on voit encore dans le couvent de Saint-Michel de Murano à Venise, fiit engagé, vers le milieu du i5® siècle, par Alphonse V, à tracer un autre planisphère à Tusage des navigateurs qui côtoyaient l'Afrique pour faire des découvertes; peut-être même que cette carte géographique existait encore au siècle suivant chez les moines Bénédictins diAlcobaza. De ce fait, Tiraboschi en tire la conséquence que « Toscanelli et FrarMauro, sans sortir de leur « pays , furent très utiles aux Portugais pour leurs «t tentatives. » Il aurait pii ajouter : « et même à Colomb », quoique dans le planisphère de Murano on ne voie indiqué rien qui puisse rappeler l'Amérique, et que cette carte, depuis les côtes pccidentales de l'Espagne jusqu'au Japon et à la Chine, n'offre qu'une vaste mer, ce qui s'accorde avec l'opinion émise par Tpscanelli dans ses lettres.

Un certain Pierre Vesconte, de Gènes, avait dessiné dès Tannée i3i8 des cartes marines très étendues, conservées à la bibliothèque impériale de Vienne. J'ai eu entre mes mains un manuscrit contenant huit cartes marines, dessinées avant

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i47^ par Grazioso BerUncasa d*Ancône; et on voit encore dans plusieurs collections de manuscrits des cartes du même auteur et de son fils, qui toutes ont été dessinées Tannée i463 ou peu de temps après. Celles d'André Bianco de Venise, dont on peut se procurer quelque idée par celles que Formaleoni a publiées, devaient être encore plus anciennes; on en trouve quelques-unes dessinées^par un Génois vers 1 436, déposées à la bibliothèqueroyale de Pjirme. 11 en existe une dàns^ cette même bibliothèque, composée par François et Dominique Pizigano, et dessinée à- Venise par un certainiMiiA:, qui porte la date de 1367. Cependant le soin que l'on a mis à la dessiner, les peintures élégantes qui l'embellissent , les roses des venb qui l'accompagnent et dont l'invention paraît appartenir au siècle suivant, le nom même de Pizigano, qui paraît se rattacher à une époque postéri^ire; puisqu'on trouve des savans de ce nom qui enseignaient la géographie vers le milieu du 1 5® siècle, tout nous engage à donner à cette carte une origine plus récente et à nous faire soupçonner quelque erreur dans sa date.

On pourrait aussi citer à l'appui de nos observations les voyages que fit un certain George Interiano , Génois. Antoine Galateo écrivait à SannazarOy qp! Interiano ayant voyagé dans tout te

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monde ÇQUiîu et observé a,vec soip Içs différeptes pQsil;iQns:des terres, il en avait co^duq^e la mer JRouge ^e joignait à l'Océan, et qu'à l'aide de cette jonction on pourrait fçicilemejit se frayer yn passage pour pénétrer aux Indes oripntol^s. Je ne sai3 pourquoi Galatéo désigne toujours ce voyageur, non i5as sous le nom d'/zî/eriwo, xnais soi^s celui de George /Wwîo, génois. Il ue serait ,pa^ non plus inutile de parler de Louis da Mostoyovt de.GadaMostOf yéuitieri, qui^ avait açcom|)jagné flenry, infant de Portugal, d^nss^s investig^^tiops sur les côtes d'Afrique, qui le prewaier avait franchi >le Cap-Vert, et qui le premier avait découvert les îles connues sous ce nom, ou du moins deux d'entre elles. Il paraît aussi que les autres Mes du Cap -Vert ,iurent découvertes en l'année 1462 par Un certain Antoine NoU^ Xiénois, et.qu'un autre Génois, connu sous le nom d'-^/2ionietta Usomarë ^eat pour compagnon' de sess entreprises hardies ce même Ca da Mosi^, .On a essayé plusieui's fois de réfutef les rapports de ce voyageur; mais, et Foscariniy et 1^ auteurs du Recueil général des Voyages y qui ne peuvent êtse accusés de partialité, s'accordent à reconnaître 1^: vérité et l'authenticité de ce^ relations , et à les regarder comme les plus anciennes de toutes belles qui nous restent touchant les V9yages.ina-

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ritim^ des Portugais. Nous s^jouterpus qu'elles furent publiées à Vicence vers 1 507 ; que l'année suiv^te elles fiirent traduites en latin et réimprimées à Milan. .Grineus les a. réunies à son recueil, intitulé : Novus Orhis; mais nous devons observer que dans l'édition latine, aussi bien que dans celle du même Grineus^ on a mis par erreur le départ àfà Cada ^osto, qui eut lieu en i5o4, sous la date de i454.

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