‹ Histoire de Christophe Colomb: suivie de sa correspondance, dChapitre 12 sur 39 · SUR LA. NAVIGATION · texte numérisé non relu

SUR LA. NAVIGATION

Averroës (*) et Alfaragam (**), supposèrent, non sans quelque vraisemblance , que l'extrémité de l'Espagne et les Indes orientales ne devaient être séparés* que par une distance qui ne pouvait

être très considérable. En effet, un grand nombre

(*) Averroës,. philosophe et médecin arahe, né à Gordoue dans le 12^ siècle, se rendit aujssi célèbre par ses rertus que pav ses lumières; cependant Avicenne et loi sont, aux yeiix des Musulmans orthodoxes, de misérahles réprouvés qui ont eu tous deux le tort impardonnable de consulter leur raison et de rejeter les absurdités. Sa naissance était distinguée, et il- fut chargé par Almansor, roi de Maroc, de fonctions importantes; mais ses ennemis Payant acciué d'hérésie auprès de ce prince (moyen bien usé mais qui réassit toujours, de couvrir la haine du voile de la religion), on l'obligea à se rétracter à la porte d'une Mosquée, et à recevoir les plus indignes traitemens de ceux qui en sortaient, châtiment qui prouva jusqu'à l'évidence, combien il avait tort. H traduisit le premier Aristote en Arabe, «t ce fut sur sa traduction, quoSqu'infidèle, que l'on fit la version latine plus infidèle encore, et qui seule servit long- temp# dans nos écoles, les originaux du philosophe grec étant alors inconnus. On a encore d* Averroës d'autres ouvrages : De T^atura orfns, de Re Medica, de Theriaca. Quoiqu51 ait écrit mr la médecine, il craignait de l'exercer; un honnête homme, disait-il, doit se plaire dans la théorie. de cet art; mais la pratique doit le faire trembler. D mourut l'an de l'Hégire SgS, et de J.-C. 1198. {Note du traducteur.) ^

(**) Alfaragam, célèbre astronome arabe, composa un livre très estimé sur l'introduction à la science qu'il cultivait. Cet ouvrage a été imprimé à Amsterdam en 1669; il travailla, avec quelques autres savans, à des observations astronomiques sous lAalifat d'Almamoun , l'an 800 de J.-C. {Note du tradaeteur.) '

DES AirCIENS. 12 5

d'anciens géographes avait tellement rapproché du coté d'occident les confins de l'Inde, que le bras de mer qui devait se trouver entre rextr,émité de l'Espagne et le prolongement supposé des Indes , devait être 'très rétréci. Snorro Stârleson ou SturhmSy dans sa Suga ou chronique du roi de Norwège Olaùs , rapporte ^ue les Norwégiens , ayaAt découvert le Groenland , en 982 , et ayant fondé, dans cette nouvelle région, une colonie^ s'avancèrent vers le couchant, où ils trouvèrent un pays a^éable , couvert de vignobles. On ne connaît 'aucune autre circonstajice au sujet de cette prétendue découverte de l'Amérique Élite par les Norwégiens. Selon la longueur des jours et des nuits , dont il est &it mention dans les mémoires de ce voyage , ils auraient dû aborder dans les terres de Labrador , vers le. 58® degré de latitude ; mais il est certain que dans ce pays la vigne ne peut être cultivée. Il ne serait donc pas raisonnable de conclure que l'Amérique fut découverte à cette époque , de même qu'on ne saurait en faire honneur aux frères Zeni, eussent-ils visité , soit les terres de Labrador, soit toute' autre contrée de l'Amérique sept^Ur trionale. î)'aUleurs , ces données incertaines n'ont pas suffi pour engager les Portugais , les plus habiles navigateurs de cette époque , à s'é-

iaé SUR LES I^ÉCoèvERTES

loigHer dès côtes de TAfrique , et' persotûïe, avant Cofomb., n'âVdt encore oâé â*àva'ntiii*èr dans Wcéan occidental. *

StJR LES FAITS iJtJE l'oN DÉBITAIT A L^ÉPOi^UE Dk

Colomb, 'BEL ATI VEMETTt à\^es découvertes

DANS LES MERS d'OcCIDETVT, ET St/R LEUR' lïT- VRAISEMBLAN'CE.

Colomb apprit dMn certain Vincent Martino, pilote du roi de Portugal, qu'à la distance dé 45o lieues du cap Saint-Vincent, vers FOuest, on avait trouvé un fragment de bois, qui, quoique bien travaillé, ne paraissait pas découpé ayec un outil de fer. On sôupçoima qu'il venait de quelques îles situées au loiii dans cette direction. Pierre Correa avait observé, stir les cotes de l'île de Porto Santo, une pièce de bois qui paraissait avoir été travaillée de la même manière, et quelques roseaux d'une* grosseur extraordinaire, que l'on n'avait encore vus ni^en Europe, ûi acux îles Açdi*ès, et que Voit éutp-

DANS LES MERS D OCaDENT. I27

posait avoir été poussés vers cette direction par de^ vents impétueux partis d'Occident. Sur les côtes de la Graciosa et de Fayal on trouvait souvent des pins qui ne croissaient point, ni dans ces îles , ni dans les îles voisines. Deux cadavres d'hommes, d'une race différente de la nôtre, avaient été trouvés sur les côtes de l'île des Fleurs, iine des Açores. Antoine de Léon, établi à Madère,' s'étant avancé avec son navire vers l'Occident, rapporta qu'il avait aperçu trois nouvelles îles. Un autre pilote de JVfadère s'était rendu à Lisbonne en 1484? pour obtenir du roi une caravelle afin de pouvoir aborder à une région inconnue qu'il prétendait avoir remarquée tèus les ans dans ses voyages. Diègue de Fiène partit avec uri pilote appelé Velasquez , pour rétrouver l'île connue sous le nom des Sept'Villes , que les Portugais confondaient sur leurs cartes géographiques avec XAntilla, placée a deux cents lieues des Canaries, du côté de rOccident; mais la crainte d'être surpris par les vents d'hiver l'empêcha de s'avancer assez pour la découvrir. Un marin , venu de l'Irlande , prétendit avoir vu vers l'Ouest des terres qu'il supposait être un prolongement de la Tartarie. Pierre de Velasco assurait aussi avoir vu, en cinglant au Nord-Ouest , des 'terres situées à l'Occident d^

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