N^ XX
Sur les hontteurs rendus a Colomb. — Trait de Colomb. — Lettre qu'il écrivit au trésorier DE LA cour d'Espagne sur son premier voyage.
Parmi les avantages accordés à Colomb, il faut compter le privilège de porter avec les armes de
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sa famille celles de Castille et de Léon , et ce qui doit paraître encore plus honorable, on lui permit d'ajouter dans ses armoiries des marques qui rappelaient la découverte du Nouveau -Monde.
Les filf et les frères de Christophe participèrent à ces honneurs et à plusieurs autres, et toute sa Êimille reçut des titres de noblesse : aucune illustration n'eut jamais de plus beUe origine.
Parmi les fêtes données à Colomb par les grands de la cour, on compte le banquet oKert par le cardinal Mendoza, où celui qui avait découvert l'Amérique eut la place d'hpniïfeur. On rapporte que, pendant le repas, un des grands de la cour prétendit que si Colomb n'avait pas découvert l'Amérique, l'Espagne n'aurait certainement pas manqué d'hommes de génie qui eussent effectué cette entreprise. Christophe ayant pris un œuf, demanda si quelqu'un de ceux qui se trouvaient présens sauraient le faire tenir debout sans appui. Personne n'ayant réussi, Colomb écrasa une des extrémités, et le fit tenir debout sur la table. Cette circonstance est représentée exactement à la 7® planche de l'ouvrage de Théodore de Bry, déjà cité. La table est couverte de mets ; les domestiques s'empressent au service. Colomb occupe la place d'honneur, et on le voit faisant tranquillement remarquer à ra$semblée .èUmné^
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l'œuf qu'il a su faire tenir en équilibre. Un gentilhomme, avec une figure renfrognée, se lève pour voir de plus près, et le dépit semble se jomdre à son étonnement. C'est sans doute le ^heux personnage qui avait voulu jeter de la d^veur sur le véritable prix de cette découverte. On raconte que l'architecte Brunelleschi employa le même expédient pour confondre l'impertinence d'un individu qui ne trouvait rien d'admirable dans la construction de la £atmeuse coupole de Sainte-Marie-des-Fleurs à Florence. Les grands hommes ont donc toujours un point de ressemblance même dans les plus petits détails de leur vie.
L'arrivée de Colomb à Lisbonne peut être considérée comme le terme de son premier voyage, le plus important de tous, puisqu'il ouvrit le Nouveau-Monde à tous les âges et à toutes les nations.
Ces foits ne trouvent pas de meilleur appui que dans les paroles mêmes de l'illustre Génois. 11 existe heureusement une lettre de Christophe Colomb adressée au trésorier du roi d'Espagne, Raphaël Saïixis ou Sancio , qui fut publiée à Lisbonne l'an 149^; elle est relative aux premières découvertes d'Amérique qui venaient d'avoir lieu; elle fut traduite à Home de l'es-
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pagnol en latin, et imprimée deux fois dans la même année, comme le suppose le chevalier Morelli. Plusieurs biographes de Colomb font mention de cette lettre et Font même insérée dans leurs ouvrages. Parmi eux se trouve son fils et Antonio Gallo, Génois, dont il existe dans le recueil de Muratori, un petit ouvrage intitulé: De na^igatione Columbi per inaccessum antea Ocearmm; mais ce précieux document, qui pendant long-temps a été considéré coname l'unique écrit de Colomb, qui fut publié lorsqu'il vivait encore et dont l'original espagnol, d'après le sentiment de Murr, fut imprimé dans le i5* siècle , a été plusieurs fois donné au public tout dénaturé, mal traduit, tellement qu'on ne pourrait se flatter de posséder dans ces ouvrages la lettre authentique de Colomb ; mais heureusement il en existe dans labibliothèquedeBrera un exemplaire imprimé en 1 493^ que jamais nimoi ni d'autres n'ont rencontré autre part, car les bibliographes eux-mêmes n'en font pas mention.
Fossi pa,rle aussi d'une autre édition de cette lettre qui date du i5® siècle, et q^e certainement peu de personnes ont vue; mais celle-ci, à moins qu'elle ne soit incomplète, n'a rien de commun avec celle dont il est question, puisqu'elle est composée de quatre pages et qu'elle
ne présente aucune figure, tandis que celle-là renferme neuf feuillets et est ornée de cinq gravures dont une est double.
Ces réflexions m'ont engagé à reproduire dans l'appendice sous le n^ 2 cette lettre précieuse, dont on ne pourrait donner d'autorités plus certaines. Nous avons jugé à propos de l'offrir au public telle que nous l'avons trouvée dans la susdite bibliothèque, et nous avons poussé la fidélité jusqu'à conserver son orthographe; nous la ferons précéder de la description de ce précieux document; après le texte nous ajouterons (pielques notes abrégées , et pour ne rien laisser à désirer nous donnerons litographiées les estampes qui dans l'édition originale sont grossièrement gravées sur bois.
N^ XXI. Sur la découterte des îles de l'Amérique. — De
QUELLE UTILITÉ FUT POUR l'hUMANITÉ LA DÉ- COUVERTE DU Nouveau -Monde?
Ces îles sont Monserrat, Sainte-Marie-Rotonde, Sainte-Marie d'Antigoa, Saint -Martin, Sainte-
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Ursule et ses adjacentes, Saint-Jean- Baptiste, aujourd'hui Porto-Ricco.
Il n'est pas inutile d'entrer ici dans quelques détails sur cette question si souvent agitée , si la découverte de l'Amérique fut avantageuse à l'Europe ou plutôt à l'ancien continent. Roscoë, que nous avons déjà cité, effleure légèrement ce point dans le chapitre xx , §- 4 ^ t^"^- ^^ j p^g. 1 3^ , de son Histoire de la vie et , du pontificat de Léon X , et il semble douter que cet événement important puisse être considéré dans l'histoire du monde comme un bonheur. « Deux « parties , dit-il , se trouvent intéressées dans la <c solution de cette question , et les habttans pri- (c mitifs des régions nouvellement découvertes, « et les Européens leurs conquérans. Pour les « premiers , l'invasion d'un fléau mortel eût été « moins terrible que l'arrivée des Espagnols; et « les restes malheureux de ces peuples paisibles « étaient destinés à une destruction lente, mais « certaine, après avoir passé par une longue suite « de peines et de souffrances. L'histôii*e de la « découverte de l'Amérique n'est autre chose « que celle du massacre de sa population et de x< l'usurpation de son territoire entreprise par « une puissance étraiigère. D'un autre côté, que n l'on montre les avantages que l'Europe a retirés
« jusqu'aujourd'hui du commerce qu'elle a établi
« avec ces régions. Avaient-elles , ces nations
a lointaines, quelques nouvelles instructions dans
« les sciences, dans la morale, dans les arts, dont
«nous eussions pu profiter? La communication
« des deux hémisphères pouvait-elle faire naître
a ces circonstances qui réveillent les inclinations
« généreuses et les qualités héroïques , sur les-
« quelles seules se fondent la dignité et la félicité
«du genre humain? Ah! loin de là : n'avons-
« nous pas été donner dans le Nouveau-Monde
«une nouvelle représentation de la difformité
« de notre nature, si horrible, que l'expérience
«seule peut nous persuader de sa réalité? Les
«nations de l'Europe, loin de jouir tranquille-
« ment de leur nouvelle propriété , et d'augmeii-
« ter leur prospérité par les trésors nouvellement
«importés, tombèrent bientôt dans une lâche
« indolence, furent exposées aux feux des dissen-
«tions auxquelles les découvertes venaient de
« fournir de nouveaux aliméns , inalheurs qui
« seuls peuvent venger les ombres irritées des
«infortunés Indiens! Mais si nous cherchons
« quelque^ objets de consolation , tournons nos
« yeux vers un nouveau peuple qui semble sortir
« des ruines, où déjà nous pouvons apercevoir
« l'origine d'un sage gou\ernement qui doit offrir
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« à la liberté son dernier asile , et le plus haut « degré de perfection aux sciences et aux arts ce qu'il a reçus de l'Europe ».
Je vais emprunter à ma traduction les courtes notes dont j'ai fait suivre les observations superficielles de Roscgë, qui ne prouvent rien, si ce n'est son louable amour pour l'humanité. Je me flatte qu'elles ne. seront point inutiles ici, parce qu'en même temps qu'elles jetteront quelque jour sur les idées trop concises et trop abstraites de cet auteur, elles montreront jusqu'à quel point on pouvait juger des avantages de la découverte de l'^imérique, lorsque Colomb avait à peine achevé sa grande entreprise.
Avant d'examiner quels avantages on a obtenu de ce grand événement, ne serait-il pas mieux de chercher ceux qu'on aurait pu en retirer? Quoiqu'en nous bornant à cette dernière demande, nous trouverons encore néces-, saire d'en distinguer les résultats par rapport à l'Amérique, et par rapport à l'Europe et aux autres parties du monde. Ce furent certainement des. barbares ces hommes qui les premiers abordèrent en Amérique, qui s'y établirent et qui bientôt la couvrirent de sang. Quelle est la personne douée de sentimens humains et que guide encore la raison, qui pourrait ne pas dé-
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plorer le sort de ces peuples innocens , que la dévastation, la ruine et les plus horribles tourmens vinrent assaillir, et qu'on ne regardait plus comme des hommes parce qu'ils refusaient de croire ce qui était nouveau pour des esprits qu'on n'avait point préparés, et qui le plus souvent «ne comprenaient pas les dogmes qu'on leur offrait ? L'Afrique pprdit encore par la découverte de VAmërique. Incapable de profiter du commerce actif qui florissait dans ses régions ,• non-seulement elle fut privée tout-a-coup du débouché de ses marchandises par la concurrence de la nouvelle rivale, nàais encore elle vit la cupidité des Européens venir sur ses côtes arracher des millions de ses habitans qu'ils achetaient de leurs maîtres farouches pour leur faire labourer cette terre dont ils avaient détruit les pacifiques enfans. Cet événement fit aussi du tort au commerce de l'Asie, parce que de nombreuses marchandises, qui antérieurement ne se trouvaient que dans les Indes orientales, nous vinrent dans la suitç , avec moins de peine et moins de frais, de l'Occident; mais l'Europe, malgré la conduite impolitique et inhumaine des premiers colons, malgré l'indolence et la stupidité des gouverneurs qui exercèrent les premiers une autorité absolue sur le Nouveau-Monde,
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mal^é les dissentions et les guerres produites par la découverte dle-mén^, l'Europe mifin^ pour peu qu'on y réfléchisse , en retira d'immenses avantages^ soit par Textension prodigieuse de son commerce^ soit par Tacquisitioii de nouvelles productions importantes pour la santé et les jouissances de la vie , pour les arts utiles et pour les arts de luxe, soit par l'accroissement des métaux précieux et la circulation plus étendue de la monnaie, soit enfin par cette consolante persuasion que nous avons acquise de Fexistence d'un Nouveau-^Monde qui pourrait nous offrir secours, asile, assistance, si des désastres, des besoins,* des calamités nous forçaient de quitter notre antique patrie. Est-ce ici le lieu de demander, comme le Êiit Roscoe, si nou^ avons reçu dans ces terres quelques leçons sur les arts, la morale ou la politique? Les premiers navigateurs n'allaient point chercher ces connaissances abstraites, et nous n'avions pas besoin de cette instruction ; mais cependant la sphère des sciences, et surtqut des sciences « naturelles, de la géographie et de l'astronomie, n'en a-t-elle point reçu un grand accroissement? Les arts n'ont-ils pas obtenu une nouvelle vigueur et une précieuse augmentation par l'introduction de nouvelles matières? La £ic*
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de la politique en fot changée et a pris un essor tout nouveau; quant à la morale, elle aurait pu venir épurer ses maximes devant le touchant spectacle des moeurs simples et tranquilles de ces peuples innocens ; mais avaient - ils des sentimens de morale, ceux: qui les premiers se sont emparés de cette terre encore vierge? Roscoë demande encore si les relations établies entre les deux continens ont produit ces généreuses inclinations et ces vertus héroïques, seul fondement de la dignité et de la félicité humaines. Non certainement, sommes-nous obligés de répondre; nous avouerons même que notre nature n'a jamais montré une difformité si horrible que dans ce grand événement; mab doit-on attribuer ce fait à l'événement lui-même, ou le regarder comme sa conséquence immédiate?
N'est-il pas plutôt l'effet de cette malheureuse circonstance, que le nouveau continent fut conquis pour la première fois par des hommes qui étaient privés d'humanité, de modération, de tolérance, de saine politique, de lumières et de bon sens? On peut raisonnablement présumer que l'humanité n'aurait pas eu à gémir sur tant de cruautés, que la conduite des premiers colona eût été toute différente, et qu'un nouvel ordre de choses se serait établi , si on
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n'avait pas envoyé, avec une si imprudente précipitation , des missionnaires à ces peuples qui ne s'étaient paint encore familiarisés, ni avec les Européens, ni avec leur langue, ni avec leurs moeurs, et qui n'étaient point encore mûrs pour recevoir avec fruit la semence des saintes doctrines. Si dès le commencement on n'eût point introduit les idées reli^euses, au moins les Espagnols auraient-ils m'anqué d'un prétexte pour persécuter ces peuples malheureux. L'histoire de la découverte de l'Amérique ne serait point souillée par ces carnages que le fanatisme religieux ne servit qu'à rendre plus sanglâns et plus nombreux. Cet événement eût été pour l'Europe , pour le monde , pour l'Amérique elle-même la circonstance la plus heureuse , si d'autres que ceux qui s'y établirent y avaient abordé.
S'ils eussent été des hommes doux, éclairés, honnêtes et vertueux , non pas gonflés d'orgueil, mais guidés par la bienfaisance; que l'intérêt personnel ne remplissait pas d'avidité , mais que l'amour du bien public eût animés; qui n'eussent point méprisé toutes les nations , mais tous pénétrés de la dignité de l'homme , non des fanatiques religieux , mais des hommes sages et pnidens ; si une nation grande, loyale et généreuse,
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si un gouvernement modéré et judicieu>c euissent les premiers exercé leur autorité dans ces régions lointaines , que serait-il résulté de ces heureuses circonstances? L'Europe eût porté. à l'Amérique sa science , ses arts , ses kinnères ; elle l'aurait admise aux bienfaits de ses lois les plus sages , elle lui aurait donné un gouvernement approprié au pays et à l'esprit de ses habitans , la forme d'administration la plus avantageuse , et avec le temps , elle eût introduit une religion sainte et douce. Elle eût réveillé parmi ces peuples le goût de l'agriculture , ell^ leur eut appris le partage des terres , l'usage de l'irrigation des eaux; ellç leur eût fait connaître Futilité . du commerce , l'importance de ses productions, les moyens de les augmenter , de les améliorer et de les négocier ; elle eût étendu dans ce pays l'industrie , les moyens de subsistance , la population j elle eût porté au plus haut degré la civilisation , la morale , la. prospérité publique ; on aurait vu disparaître les vastes déserts , les immenses marais , lès provinces incultes de cette partie du mondé ; les montagnes eussent ouvert leurs entrailles aux recherches industrieuses des mineurs ; les fleuves et les mers eurent dévoilé leurs trésors ; la végétation eèt présenté la plus abondante fécondité ; les animaux utiles se se-
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raient muhi^és et eussent peuplé cea plaines immenses ; plusieurs espaces précieuses etmain*tenant éteintes se seraient conservées , et TAmérique heureijse, riche , florissante, industrieuse et écfairée , eût , dans sa reconnaissance, répandu sur l'Europe ses^ productions, ses raretés , se$ trésors que n'eussent point souillés l'inÊstmie et le crime , ni les pleurs de l'esclavage. C'est là le jour sous lequel on doit envisager les conséquences de la découverte du Nouveau-Monde^ I ^es désordres, les oppressions,'la cruauté, les erreurs, k destruction de T Amérique, les faibles avantages elles maux innombrables que procura à l'Europe cette découverte, sont l'ouvrage de l'homme , sont les suites d'une fatale combinaison , mais non pas du fait lui-même de ce mémorable événement.
Ajoutons ici que si les compagnons de Colomb et c^ix qui passèrent après lui en Amérique , eussent éprouvé les sentimens qui l'animaient , l'Amérique et l'Europe eussent recueilli des fruits innombrables de cette découverte. U était humain envers les Indiens , il s'opposa à un commerce funeste pour ces fils de la nature , conmie le prouve une lettre que nous publions dans l'appendice j%on& Icn^ i , il combla ces nations de bienfaits, il leur donna des exemples
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de justice et de continence , comme on peut le Yoir dans sa lettre sous le n^ 3 ; il témoigna, toujours le désir de gagner leur amitié et leur bienveillance , celle de leurs princes et de leurs chefe, ne songeant jamais à employer la force des armes que lorsqu'il y était contraint par la révolte. Mais ce n'est point ici le lieu d'exposer le sanglant spectacle des exploits de ses successeurs ^ que guidaient des vues sidifférentes des siennes, et l'hi^x>ire devrait jeter un voile épais sur leur ioliumani'té et leiir barbarie* Ce n'était point assez que De Bry se soit plu de réunir dans sa coUection les monumens détestables de leur &>reur , il a fallu' encore 4|ue dans son funeste empresaeœ^Kt il représentât trop fidèlement à Bos r^^rds des soènes sur lesquelles on me peut jeter les yeux sans fr^oair d'horreur.
Il Êiut condure de ces 4^servations que, tit-osi même les philosophes d^aujourd'hui réu»* sir à prouver les préjudices tfae la découverte et FAmérique a CMisés à l'Europe et à la mon'* trer nuisible plutôt qu'avâtitageuse au monde entier, ces opinions ne pourraiast pas diminuer le mérite, et flétrir la gloire éa navigateur génois.
Le départ de Cdloa^ poor son second iv>yiige eut lieu le vingt^inq septembre 149^; dans la mhtit année , il découvrit la Dcnooinique et
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d*autres îles ; en i494 ? ii P^t possession de la Jamaïque.
N^ xxn.
Sur l'insurrection des soldats de golomb a ' saint-domingue.
Parmi les gravures publiées par De Bry -, on en remarque une qui mérite une attention toute particulière , et dont le sujet doit se rapporter à cette époque. On voit dans le lointain une trou^ de soldats qui entourent et arrêtent des hommes armés ; ces derniers sont les Espagnols laissés par Colomb sous le commandement de Marguarita , afin qu'en parcourant Yîle ils protégeassent la colonie ; mais loin de là , ils > s'étaient livrés à toutes sortes de violences et de rapines. D'un coté sont présentés des arbres où sont pendus des malfaiteurs et où d'autres vont être pendus ; sur le premier pkn est un inoine qu'on dit être bénédictin dans l'explication , qui dans sa position semble assaillir Christophe par les invectives les plus cruelles , mais celui^i de sang-froid l'écoute entouré de ses fidèles
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• compagnons , et pour toute réponse lui montre du doigt les ravages dont ces perfides ont affligé l'île- L'explication rapporte que la juste sévérité de Colomb , quoiqu'elle l'ait réconcilié avec les cachiques , objet de la plus haute importance pour la prospérité de la colonie, lui suscita la haine la plus implacable de la part de ses soldats. Elle ajoute que le moine bénédictin attisa le feu de cette dissention et alla jusqu'à exclure des céré- . nionies religieuses l'amiral , qui , de son côté , ordonna que l'on ne fournît plus de vivres au moine , origine des atroces calomnies qu'on répandit en Espagne contre les deux frères de Colomb. Quîint au prêtre, c'est Je même probablement que ce vicaire apostolique dont parle l'histoire , qui , étant retourné en Espagne avec Marguarita , se réunit à ce digne collègue pour noircir la réputation de l'illustre navigateur.
N^ xxin.
Sur les honneurs et les privilèges accordés
Outre les privilèges qui lui avaient déjà été accordés , l'Espagne lui en donna de nouveaux à
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cette occasion. Le gouvemenieiit dkpeiisa Colomb de contribuer dans la huitième partie dkes frais , et il lui accorda de participer , dans la même proportion , aux bénéfices ; il fut revêtu des mêmes droits et honneurs que les amiraux de Castille^ et la permission qui avait été donnée généralement à qui voulait cherdier de nouvelles terres dans les Indes fut révoquée , afin cpt'il àe se trouvât pas lésé dans ses prérogatives. On voulut le faire duc ou marquis , et affecter à ce titre beaucoup de terres en fie& dans l'ile de Saint*-Domingue ; mais , soit qu'il eut craii»! de transporter en Aménquele hideux système iàe la féodalité qui fut si &tal à rËiir(q»e,s€Htqit'il ne voulut point réveiller la jalousie menaçante dM grsuids de ce pays , il refusa modestement cicMe offre bien séduisante pour toutautreque Colond^.