‹ Histoire de Christophe Colomb: suivie de sa correspondance, dChapitre 31 sur 39 · N*> VI · texte numérisé non relu

N*> VI

TRADUCnOîT DU CODICILLE ORIGINAL DE CHBISTOPHE ♦ COLOMB (59).

Codicille de Christophe Colomb diaprés la coutume militaire.

Le très sainte Père Alexandre VI m'ayant accordé à titre de don un livre de prières (60), livre qui m*a servi de consolation dans les com-. bats , dans ma captivité et dans mes malheurs ,

APPENDICE. 3l3

je veux que ce présent honorable soit dévolu après ma mort à la république de Gènes, ma très chère patrip. Je veux aussi qu'en reconnaissance des bienÊiits que j'en ai reçus, il soit érigé dans ladite ville un nouvel hôpital avec les fonds provenant de mes possessions en Italie , pour la subsistance des pauvres de ma patrie; je déclare en outre qu'en cas d'extinction de ma ligne masculine, je constitue ladite république de Saint- George (6i ) habile à succéder à l'amiralat des Indes et aux autres privilèges annexés à cette charge.

Fait à Valladolid, le 4 niai i5o6.

( Suit la signature de Colomb ).

N^ vn.

Notices extraites de V histoire du Nouveau-Monde, par Girolamo Benzone, de Mdariy comcemant la i^ie de Christophe Colomb.

Girolamo Benzone, Milanais, quitta sa patrie en i54i 9 à l'âge de vingt-deux ans. Il alla

à Séville , et de là à Saiiit-Lucar, où il ^'emI>arqmL pour les Jnd^ Occidisptales, Ds^is lea ppe|¥M^l^ c^pitres de soii voyage, U parle beauiçoup 4^ ^ persoqne , et rapporte les circou^tanca^ de son trajet d'Espagne am Canaries , et entretient le lepteur d^ poijs^&an& volans qu'il a vus dans rOcéaUy de File de Cubagua, de$ mi^urs des Indie^is , de la cruauté des £spa* gnol3 dont ils usaient surtout envers le% pn-^ sQUuiers, etc. .

Dans le ciaquième chapitre de sou ouvrage, îl conunence par rapporter les fables qu'on débi* tait sur la découverte de l'Ainérique a^^^nt Colomb, fables qui se trouvent consignées dans la seconde partie de l'Histoire générale des Indes, par François-Lopez de Gumara; mais il paraît éloigné de croire que ces relations vagues aient déterminé Colomb à entreprendre cette découverte.

Il rapporte ensuite la circonstance de l'œuf dont nous avons fait mention à la note 20 de la vie de Christophe, et il termine ce chapitre par quelque» observations sur T Atlantique et sur la positionnes îles des Hespérid^.

Au chapitre vi, il nous entretient de la persévérance de Colomb dans ses projets, des propositions que ce grand homme fit successivement à la république de Gènes, à- la cour de Portugal,

APMUI^CB. 3l5

à Henri VU, roi d'Angleterre, par reatreinise4ie $on frère, et enfin à l'Espagne. Ce que rapporte Benaone à ce sujet mérite d'^re oJo^ervé : il dit que Colomb fiit traité d'insensé par les Génois, genuentibus- suis y de ridicule par les Anglais, i^ de charlatan par les Portugais. Il ajoute que les géographes de Lisbonne, pour dénigrer le mérite de Colomb, insinuèrent au roi qu'il était fou, et que l'on ne pourrait trouver ni or ni des rich^se$ d'aucune espèce dans les contrées d'Occident, et qu'il aurait été impossible aux Européens de passer la ligne équinoxiale.

Benzone rapporte que Colomb partit de Palos au mois d'août 149^*9 et qu'il débarqua àGomera, une des Canaries. Il nous entretient ensuite de l'opposition qu'il eut à soutenir de la part des matelots, ainsi qqe nous l'avons dit en son lieu! Il raconte qu'un homme de l'équipage, monté pxr la pointe d'un mât, vit le premier la terre, et qu'il en donna avis par des cris répétés; que «et homme pensant qu'il obtiendrait une grande récompense jdu roi pour avoir aperçu le premier le sol du Nouveau Monde, s'en retourna en Esr pagne, mais qu'ayant été frustré dans son attente, il passa en Afrique et abandonna la religicm chrétienne.

La joie des Espagnols, à l'dcc^sion de la dér

couverte des nourdles contrées de FAménque, et les anbarras suscités ccmtre Colomb par ses envieux^ forment le sujet du sqytième diapître. Cet historien rapporte que tous les compagnons de Colomb pleurèrent d'allégresse à la vue des nouvelles terres, qu'ils lui baisaient les mains, et lui demandaient pardon dç leurs excès , en rejetant leur £siute sur leur ignorance; mais il ajoute que les deux frères Pinzone , machinai^it déjà contre lui, cumulaient des accusations et insinuèrent à la cour que Colomb serait retoiimé en Espagne sans visiter les Indes, s'ils ne s'y étaient opposés. Benzone nous entretient ensuite de la découverte des autres îles, de l'occupation de Cuba , nommée d'abord Ferdinandine, du bon accueil £ût par ces insulaires aux Espagnols, etc.' Il parle aussi de File d'Haïti, qui fut ensuite appelée Espagnole, et il raconte que Colomb se ménagea l'amitié et la confiance de ces insulaires, en comblant de présens une jeune femme de ce pays. Revenant ensuite sur les calomnies dont Colomb fut l'objet , il finit par dire que tous ceux q^i traversent l'Océan changent de ciel, mais non pas de caractère.

. H prétend, au chapitre vui de son livre j que les Indiens avaient été avertis, par leurs oracles, de l'arrivée dès Espagnols. Il parle ensuite de

APPENDICE, Si 7

l'abondance de For que Ton trouvait dans les fleuves de ce pays, qui descendent des plus hautes montagnes; de l'imitation des Indiens en assistant aux cérémonies de notre culte , imitation tout-à-feit pareille à celle des singes; du fort construit par Colomb qu'il prétend fait de briques, coctili laterculo, et non de bois, comme l'assurent les autres historiens; et enfin du retour de Christophe en Espagne, où il fut accueilli avec transport, et comblé de récompenses et d'honneurs.

Le neuvième chapitre contient le second voyage de Colomb. Benzone rapporte que Christophe, dans cette expédition , emmena avec lui des chevaux, des boeufs , des moutons, des chèvres , des poi'cs, et autres animaux mâles et femelles, afin d'en. propager la race; il emporta aussi du froment, de l'orge, des légumes, et généralement des plantes et des graines de toute espèce; il ne fit qu'approcher des Canaries , sans y mouiller , et se dirigea de suite vers l'Espagnole, où il trouva^ la colonie qu'il y avait fondée, presque détruite. Il est aussi question, dans ce chapitre, de la construction de la ville Européenne à Isabelle, du voyage de Colomb aui^ mines deCibao, de son expédition contre les Caraïbes, des souffrances qu'eurent à endurer les Espagnols à

llsabeDe , et de Fesprit de rérolte qui s'c d'eux , animés par kl Êûm , et surtout psHT la haîiie des ennemis de Colomb, qui profitèrent des circonstances Ûcheoses dans lesquelles se trouvaient les Européens pour perdre un hmnme dont la jtiste sévérité leur était à diarge. Dans le ekapi^ trex, Beuzone décrit au long Forage qui édata à l'Espagnole; il parie du départ de Colouab pour l'Europe, et de la révolte des Espagnob contro son frère Barthélémy.

Dans le troisième voyage, qui Eût le aijet du chapitre xi, CoUmib découvre Cubagua , ou nie des perles. Frappé de la quantité de cette précieuse production, et du peu de cas qu^^i Élisaient les habitans, puisqu'ils en donnaient en échange d'un morceau de ËuenCe, il apporte Im^ même à bord la nouvelle heureuse de leur arrivée dans le plus riche pays du moAde. Ëenzoncï mconte ensuite que Colomb trouva renâ>oU'chure du fleuve Cumana, qu'il retourna à F£&pagnole, que là, il essaya en vain de calâier lé$ èéditieux, en traitant avec douceur ceut qui naîtraient dans le devoir ; en butte, hiî et son frère, aux calomnies et aux persécution^ du juge Rc^ dano, il quitte la colonie pour aller dompter quelques peuples Indiens qui menaçaient lès étd^ blissemens européen».

ÂPPÈnmct. 3l^

La noblesse d'Espagne s'emporte contre Cô* lomb. BoYadilk, que Beneone appelleBonibadiUa, arriTe en Amérique en i499) fait emprisonne^r» Christophe et son frère, et les enToye en Eà* |MtgD€. Le roi, instruit de cette circonstance^ ex»^ pédîe de sute uii comriei^ à CadbL, et les hit mettre en liberté. Bovadilla e^ rappelé. Nicolas Oa^iîdo, ou plutôt Ovapdo, e&t envoyé en Amé« rique pour le remplacer en qtialité de vice-roi. Bcnradilla s'embarque avec ses trésors, et il péril au miheu des flots. Tels sont les faits rapportés dans le dou^imie bhapitre.

Au treizième c*ffi^re^ilin*efet ptts^quesiipA àé Qoknnb. Dans le chantre suivant , il i^acotfté sG» quatrième voyage aux lides. Béttaoïiè râ^ porte qu'il partit de Cadix at^ec son frèi*e^ le ^ ïaaî i5o4, et qu'il arriva bientôt à TEspagnolé. Gat biitoikfién révoque en doute la traditîiô«i qui BOUS appl«nd^uel'ea!itréeduportluifut refaséa parlegouverRisur^de€ettetle.Goloiiib découvre •AsuHe VU^ G»ai3iaxia^. située à une petite disM tauce dii cbutinent;, cdntttiekit (|ii'41 voit d'abord, et qu'il VBBite ensuite; aj^aaM: abbrdésur les cotes d'une province appelée ^tteni par les indigènes^ ^ air^oill'a(eoujeiUe plu&antical de la port des habî^ tens. Mais il ne troiuve atmune tF|tee>qui pui^e^ lui iiid^iiér lfi^îst$)ueedel'ordapsceolimiit. Ëniii^i>'

géant les côtes de ce continent, il parvient à Veragua , pays dans lequel , d'après les rapports des habitans , on devait trouver de l'or en abondance; Il parvint au golfe d'Uraba, où il acquit des nouveaux renseâgnemens sur le continent et sur l'Océan ^austral; il raconte les désastres qu'il eut à souffrir sur mer , son arrivée à la Jamaïque, la conjuration de Porrez^ les immenses travaux à la faveur desquels il sortit de cette île. Étant retourné à la Dominique , il sfe vit en butte aux vexations du proconsul Ovando, et ^ns accorder un seul jour de repos à ses fatigues, il retourna ea Espagne où il mourut peu de temps après, le 8 mai j^5<!>6. G'esï alors que Benzone fait mention du transport de son corps à Séville, de son Iphumajtion à la Chartreuse , et il rapporte que la famille qu'il laissa ne consistaiti qu'en un seul rejeton, Diègue, qui épousa Marre, fille de Ferdinand de Tolède; enfin il termine en disant que Colomb était né in Cucuree Qemt^isis ciyitatis munidpioi, que ses àncêtres.tiraicntl^ir origine de Plaisance, ville de la Ligurie^^et de la noble race des PilistrelU, que dans sa jeunesse il s'était exercé dans ^ l'art nautique^ qu'il était un homine d'une taille ordinaire, d'iliie constitution robuste, qu'il était doué d'un e^rit droit, et d'un génie élevé; que son visage était riant et

ouvert, ses yeux pénétrons, et que sa chevelure était blonde.

Quant à moi, je crois que Benzone est tombé dans quelque erreur , lorsqu'il fait dériver la famille de Colomb de la race des Pilistrelli, puisque la première femme que Colomb épousa à Lisbonne, appartenait à cette famille; il est raisonnable de penser que le nom de Pilistrelli aura donné lieu à cette erreur.

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