‹ Histoire de Christophe Colomb: suivie de sa correspondance, dChapitre 32 sur 39 · SORS · texte numérisé non relu

SORS

4itt artioaD» et des annliaiBdft €|i^<iK T tvovve; ce qs C9t laippdé par TaiçaxKlti en tenacs |Hi|iiiii Iocu|h^ déoît Hbd«ilt i e de cette iiatîoMySo wMcrs ctxs iîchtjftCA - Marc Fi^ FOBaniBe que cette -«Ole m'était é!ot(;Dée de iX>oé^ tfat de ▼ifligt-eniq nlW â Foccîdcat; otMervatîoa qpâ a é t hM^pi à ToÊtaoÊtSûy qfojqn^efle scrrlt â t-mii ij «wt opèniwi , cv cette TÎUe àtwsnl se tnnnrer b e ^utof» pias à faôcÊSL ipe le CafaL *

/^9y MangOy qae Blarc Fmi amiBc Matgiy est, seloB ce ▼ojageur, im nmmne très Taste et tics pea^, qn s'étend jusqu'à la mer, et contient nenf pandes provmccs. QsiiMtâ était la résidence da roi Tatfmr,

(lO) Cipango est le Japon que Marc PanI appdle ZqMo^ri oo Zqfongrm. D parle awsi de l'abondanœ de For, des perics *et des pierres prédenses qn'ony troore, ainsi que des lames d'or dont sont re co n^ci t s les tenqiles et les édifiées p«blics, etc. L'on pent par là infoer de qni^es sonrees sont poîsées tontes ces notices.

On peut trourer mf p<Hnt digne de dîscnssion dans Findkadon de File ^AntiUa, qne les Portngaîs aj^idaient FOe des Sept Villes, qne ToscaneHi suppose éloignée dn Japon de dix de ses espaees-senlement, ce ipii fait denx mille cinq cents milles, tandis qne de Lisbonne à Qninsai fl ne compte pas moins de ringt-^x espaces, éqnivalens à six mille cinq cents milles. Observons qne Marc Paul place le Japon à quinze cents milles de Qninsai Quelle est donc cette ile alors comme sitnée si près' dn Japon? Ce n'est sans donte anenffe des Antilles que noos connaissons maintenant, pmsqo'elles ftirent tontes découvertes par Colomb, et qull n'en trouva aucune, qui contint sept villes. Ce n'est pas non pkis aucune de é^ la mer Atlantique ^ car les relations de ces temps-^là en

A l'appendice. 335

feraient mention sous un nom quelconque, et d'ailleurs tUe existerait encore» £n un mot,, ce ne peut être aubune des Iles £réquentées par les Portugais, soit pour le corateeme, soit pour tout autre objet, puisque Toscanelli, s'entretenaiit de cette ile avec un Portugais ami du roi , se contente de dkte : n/le^ont 7JOUS ^lez connaissance. « Il pailait que le nom d*jàn(flla ou Jntélia , nom générique en quelque sorte, fut empiré long-temps avant la découverte des iles connue^ f^UJou^d'hui sous le. nom d'Antilles, et que Toscanelli par ce noiU' a,yaif en yue des traditions vagues sur T Atlantique, donjt Ifs Pprtugais possédaient quelques notions. Nous pouvons donner. pour preuve de ce que nous avançons, la distance 4e.deuX)]niile cinq omts milles du Japon au centre de rAknéri<pie<, que Ton trou;^e sur la carte en smvant la direction indiquée par TosoaneUi. lie nom d^AntUia était donné 4i^ns le Qas^^pire aux fenunes de mauvaise vie, et le np^t ^«/i//ar6 indiquait leul* métier»

L'ila à'antilia se trouve non-seulement dans la carte géographique ai Andréa BiancQ» Yémëen, publiée par Formaietmi, mais encore, dans une autre earte deî j 4 36 ^ appartenant à la, Bibliothèque royale ^ Panne, 4t^ laquelle, quoaqiie le titre en soit en partie ef^é.,. on y litees« mot^..* Bécatûês ( on veut peut-^tre dés^er quelqu'un de la maison Becca-

ria ), çivis, Januœ ccmposuit hune anno Domini nùUesimo

CCCCXXXFf Die,.,,, Julii. Tiraboscihi, dans unie note, a écrit 1439, mais c'est une erreur. On trouve ausii une ile sous le nom à'Antillia dans les cartes géographiques de Be^ nincasa, et dans la mappemonde de Martin Békeem, de Nuremberg, faite en 1492. Indépendamment de ce que j'ai déjà avancé au sujet de ces Antilles , il est facile de voir que toqs ces géographes ont copié leurs cartes d'après une earte

pins ancienne, ainsi qne Ta observé Tiraboschi, et qu'ils ont suivi dans leurs copies la tradition (]^e Toscanelli a rappelée

^ dans sa lettre que nous avons rapportée. Mais cette AntîUe est toujoius placée dans un lieu différent que les Antilles

: découvertes par Colomb , comme le remarque très bien TinthoschL Ces Antilles forment un groupe d'iles, et il n'y en a aucune qui ait s^t villes , comme le dit Toscanelli , ni buit ports , comme on les voit dessinés dans la carte de Beazrio ou Beccaria, que nous venons de <^ter. Dans le cas où Ton ne voudrait tenir aucun compte de mes conjectures , on pourrait douter, avec TiraboscHi lui-même, que l'on eût quelque notion confuse de ces îles, soit par qnelqu'ancienne tradition, soit par quelque relation des navigateurs qui ont pu avoir été jetés sur ces côtes par des veUts «t des tempêtes. Il est aussi digne de remarque que Toscanelii donne cent millet de circonférence à la ville de Quinsaï, qui font, selon lui, trente-cinq lieues, ce qui nous fait voir que Ton ne regarde chacune de ces lieues que comme renfermant *un peu moins de trois milles; en parlant ensmte de la distance d'Antilia à Cipango , il fait correspondre deux mille cinq cents milles à deux cent vingt-cinq lieues qui, d'après'son premier calcul, ne feraient que six cent soixante-quinze milles. Cette circonstance nofas fait voir combien les indications de Toscanelli étaient vagues, et combien ses calculs étaient inexacts , quoiqu'il dût passer dam le temps où il vivait pour un profond géographe (*).

(*) L'erreur me parait trop graye pour Fattribuer à Toscanelli ; i ne fallaii pas être habile géographe pour Tëviter ; il faut donc la considérer comme une faute de copiste ou d'impression , ou tout au plu; comme une inadvertence du physicien de Florence, inadvertence auxquelles sont sujets les plus grands hommes. (No/e du traducteur}

A l'appendice. 337

(il) Ce passage autorise à supposer' que Mai^inez avait été à Florence ou à Borne, ou bien que Toscanelli avait été en Portugal. Maïs comme rien ne porte à croire que Toscanelli ait fait ee voyage, il parait plus probable que le chanoine de Lisbonne soit venu en Italie, envoyé peut-être par son roi pour prendre des renseignemens sur les voyages et les découvertes cpie les Portugais entreprenaient avec tant d'ardeur à cette époque ; et cependant cette cour dédaigna les propositions de Colomb !

(la) Toscanelli a déjà rapporté xlans la lettre précédente que les prédécesseurs du grand kan des Tartares, qui régnaient environ deux cents ans avant lui ^ avaient envoyé à Rome des ambassadews qui , à la vérité , avaient été arrêtés eil chemin ; que de son temps un autre ambassadeur, envoyé par la même cour à Eugène lY, était arrivé à Rome, et que lui Toscanelli s'était entretenu avec cet envoyé, etc. Mais j'indiquerai ici une autre source où Toscanelli a pu puiser des renseignemens précieux , et de laquelle aucun des écrivains italiens , autant du moins que je puis me le rappeler, n'a point fait mention. Vers l'année ia4Ô Innocent IV envoya au kan des Tartares, en qualité de nonce, im certain Gioparmi Carpino. Il est pro~ bable que ce religieuk soit arrivé à sa destination , et que , revenu à Rome, il ait donné quelque détail de son Toyage, puisque je le vois cité pour la première fois par André Mûller, dans sa description du Cataï , mise en tête de sa Disquisitio de Caiaja imprimée à Berlin en 167 1 , in-4.<> Ne serait-<ce pas de ces relations que Paolo Giovio aurait pris le petit nombre de notices qu'il rapporte sur le Cataï dans ses histoires ? k. moins qu'il ne les ait prises des relations faites par les ambas^ sadeurs russes envoyés en Tartarie au 15*= siècle. .

Nous remAr<{uei:ons ici que Louis IX^ roi de France , en^

Toya vers l'année ia53 Guillanme Rubraqnes comme ambassadeur auprès du kan des Tartares ; et qu'oii donna des détails sur ce Toyage. Aïton^ Arméai^ài (*)y avait aussi raisûhné longuement de la Clmte et desj:égions de i'Oridit; et son ourrage y intitulé Histana ^Orientalts; bu même ^ Tartans y ayatt été tradiiit en latin soùsses yeux par un certain ^coh Smiconî, et hoùs les auspices -dp-pape Glëmeot Vl On ^vkuwài

(*] Haïton , appelé plus conecteraeBt H^taujn , d^scp^dait d'uiie des fjiinilles les plus illustres de FArmënie, car elle tirait son origine des rois de ce pays. Dès sa jeunesse il avait voyage dans une grande partie des régions de ï'Asie ; il avait long- temps cultivé FÀùde d^s langues , il possédait plusieurs idiomes de^ l'Orient > iï savart thème parler k français. Il était ^uBSÀ'Versé dans l'art militaivé, et cotis ies ordres de ses par^f , Hefoum II cl Toro&^IIl, il oombattit «tcc bravoure le& Ssa'];asins..Dfpuiftran 1277 ju»q^'à ipg^, ijl remplit Je» charges de gouverneur de la forteresse de Gorigos £ connu également sous le nom de Courchi ) en Cilicie. Vers Fan 1295, il abandonna la fie lumuitueuse qu'il avait menée jusqu'alors; il' alla d'abord en Gbyprc,il y prit l'habit monastique; il se i-^irk ensuite en France auprèa du pape.GIément V. ffeumm fut antouei^ ai^èc beaucoup d'empressement par ce pontife^ ,çpii reçut ^ife<) bfOf ucoup. de bîeB,Teillance les «vi^ et les conseil^ que le voyageur. arméni^i^ l^\ {M*^>a^9 relativement auiL affaires des crpisadea^ En i5o*j il fut engagé , danp la ville de Poitiers, à dicter de vive voix des relations détaillées sur les peuples de l'Orient. Ce fut Nicolas Soleon, interprète du Saint- Père , qui rédigea à mesure tous les récits de Hetbum et les présenta a Clément V. Ces relaiioné peuvent être- consuHéè» àVéc- fruit , si Pon remarque que Haïton visita ^a Tartacie'à peu^prèe^iiil^iBèi^ époque que Marc Paul, et ^14'il yétçnd .beavcoup^ui;4'|)i^^ji^«,des ^ran^f Kans^ dont la puissance a . pr^ bablemept été e^^éf éiQ par.le^c^h^ Vénitien. En opposant les relations (Je ces deux vojjageurs., on pourrait reconnaître les endroits où IV^arc Paul a us^ d'exagération , d'autant plus facilement qne les récits* dé Haïton' oiit été reconnus pour ét#e exti^êitiemei^t simpWet 'véri^iques. {Kété^àit ttûéuàtèup^.

A l'awindice. 5^9

aussi ayoir 4es notices dé ce pajrs par ks écrits qui «e soût eonserrés jusqu'à nos temps à*Ackmet Ahtb^ai^) j deSickéid*

[*) Arabschali , historien arahe , doit surtout la grande réputation dont il jouit auprès des Orientaux , à ta Vie de Tamerlan qu'il a composée. Ce n'est qu^avec Taccent de l'admiration qu'un Turc ou un Arabe parle de cet écrivain. C'est en sa faveur qu'ils emploient ce langage et ces éloges que nous réservons aux Racine, auxYoItairc^ etc. Le mérite de Arabschah autorise-t-il dés louanges aussi pompeuses ; nous ne le croirons pas , et nous pourrions avancer ici que ce sentiment du beau que l'on a voulu regarder comme le même dans tous les temps, dans tous les lieux, identique chez tous les peuples'' a ses différences selon les temps et les lieux , et nous pourrions ifiéme ajouter que ces circonstances influent tellemeut sur ce prétendu sentiment iniié, que ce qui est beau et 'Sublime aux yeux d'un peuple n'est que froid et ridicule au jugement d'un autre. IVIais sians èntrei^ dans une discussion littéraire qui nous éloignerait de notre objet, contentons-nous d'appuyer notre assertion sût tm fait qui nous est naturellèment présenté par l'outrage d'Arùbschah dont uous nous occu-* pons dans cette note, et parla littérature arabe en général. £n efiet , tous les poètes qui se sont exprimés dans Ta langue énergique' du prophète t et notre historien surtout , ont fait un tel usage dèà ' figures exagéi'ées, d'hyperboles boursoufflées, de mots à doubles sens, que leurs ouvrages admirables aux yeux des orientaux , deviennent pour nous l'exemple du 'goût le plus déprave. Cependant avant de terminer sur Ce point ajoutons, pour satisfaire notre impartialité^ que très souvent on trouve dans le< éôrivains arabes des pensées ingénieuses, des réflcixions philosophiques, et su^rtôut des idées' har^dfiès, quelquefois mékne sublimes , aux^ëllés la langue de l'àtcoràû'^ iherveîlleusemeut concise, Vient ajouter une teinte d'originalité. ' ' * ' C'est ce que )'on peut remarquer aanis l'histoire de Timour composée par Arabschah ^ cet écrivain a tou^ les défauts et 'toutçs les beautés particulières à ses compatriotes; mais si l'on ne considère dans son ouvrage que les renseignemen» qu'il peut fournir «uv l'histoire des hommes et des lieux, on ne peut nier qu'il n^apporté liu grand' joitV

34q ^ HOTES

berger, de Munich^ et de l'Arabe Jïhaçan [*)j qui firent tous les trois la |^rre dans les armées de Tamerlan, vers

sur les mémorables événemensqui sepaMèrenidanslès i4 ei i5® siècles, ea Asie, et sur les connaissances géographiques des immenses et nombreuses contrées que Tamerlan a conquises. Parti de la Transoxane , , où il méditait sa futur« grandeur, ce conquâ-ant envahit toute l'Asie; et son historien qui FacaMnpagna dans toutes ses expéditions, qui raconte eu partie ce qu'il a tu , qui décrit les régions qu'il a lui-même ▼imitées ; rapporte une si gi«nde quantité de faits et de détails qu'il peut toujours être consulté aT«c (ruit.

Quant à l'impartialité que l'on est en droit d'exiger d'un historien , il semble lui-même s'en dispenser ; il manifeste à ohaque phrase l'aversion la plus prononcée contre le conquérant boiteux (*) ; m^ s'il s'affranchit du devoir rigoureux imposé par l'histoire, du fiioîiifi il ne cWche pas à en farder la transgression; bien différant en cela; de certains historiens qui ne sont pus nés en Asie et qui affirment A chaque page leur impartialité , et qui à chaque page ne manquent pas de la violer. Le détracteur de Tamçrlan a eu une contrepartie , Aly Eld^ Jezid , auteur persan , a écrit une histoire des conquêtes de Timour » où il se déclare le plus passionné admirateur de ce célèbre guerrier. Si Vatier > savant orientaliste français , avait connu l'historien persan^ il l'aurait probablement préféré à l'écrivain -arabe, d*<q)rès, la UMve et singulière admiration qu'il avoue (dans sa préface à la traduction d'Arabschah) rejB9ei|tir en faveur de Tamerlan. [jHote du traducteur), n

(*), AllifkÇan (^bou AJy]y ai;|tronome ' arabe , eottposa sur cette science un grand nomjbrç d'ouvrages dont Casari nous a conservé la liste. Mais une circonstauce assez s^^ulière vint apport^er de ficheux obstacles à la poursuite de ses études, et priver peut-être les connaissances du temps cle progrès plus rapides. Voici le fait : Ce savant prétendit un jour pouvoir construire une 'machine ^ansi le Nil , qui mettrait les habitans a l'abri des inondations et du trop grand déctoii

{*^ ^e. DOfp. de TwneiUa «ti ^bnonoé pk» > régaU«Fein«iil; Timour Xfink > «l eM ff^2°*^ ^® àf^ °P<>^*> Ttmnur ,((ui était ««n nom et de £^ (|ui signifie en persan

A l'appendice. 34'

l'année i43i ; on «n pouvait égafement recueillir é^IbitSaid fôEans Abulfeda\ àt Fhtgheig (*), nevcM de Tamerlaii

ment du fleuve. Cette assertion parvint aux. oreilles de Hakem bi Âmrikab ( qui conmande par Tordre de Dieu ) , calife fateniite , qui «lalgré ses extravagances faisait profession de protéger les savant et les rassemblait à sa cour. 11 fit venir Albaçau , alU a sa reooooire lorsqu'il fut* près, du Caire, le combla, de bienfaits , lui fournit des ouvriers , enfin lui procura tous les moyens d'exécuter ce dont il s'était déclaré capaUei Matac&fut alors qu'Albaoan , aprèis ^voir .parcouru l'Ëgjpte, reconnut Vimpossibilité de mettre sOu projet à lexéc^ion ; il vk <|u!un oi)giM(il iitéflécfai l'avait, emporté trop loin , et i) retourna au CMre couvert d« bonté et 4^ confusion.. Craigpaat |esieir<Qtadui;e&. sentiment de Hakem yilieignit d?étre<£bu , rôle, qu'il fut obligé de continuer jusqu'à, la mort du prince, et.qui.bli fit perdre des, instans pré> «ieux. Se trouvant dana une grande pauvreté,, il employait les ; insf* •tan» qu'il, pouvait dérober à la cmnposiiion de ses ouvrages, à copier -des livres, travail dont le produit lui servait à soi^t^enir sa vie labolâeuse; Parmi ses nombreux ouv^ages^, son traité sur Popdque es^ très connu. en lEurope , et a été traduit et publié par Rionor sous ce titre : jilhazefi Opticm thésaurus , lihri 7 , primum eddti. Ejus^ dem liber de Crepusàulis et nubium ascencionibas , cum cornmentariisRisnerii.Basil. y EpisCf 1672, irtr-foL LeTraitédes crépusoides avait dé^ été donné par Gérard de Crémone, en iô42, La ^doctrine d'Alhaçan ^ sur les crépuscules, l'atmosphère et la réfraction astronomique , a obtenu de grands éloges de la part des sa vans qui prétendent que sa doctrine a beaucoup servi à Kepler. {Note du traducteur),

■ (*) Uluk Bek , petit-fils et non pas neveu de Tamerlap , fils de Scbarokh , gouverna^ la Trausoxane et le Tuikestan, au nom de son père, jusqu'à la mort de ce dernier.

• Ceiîit alors > que son neveu, Ala Ëldewlet, s'empara contre toute -justice de la viOe dllérat, capitale du Korassan. Uluk Bek \i6a de la plus grande modâ*ation , et envoya des ambassadeurs auprès du rebelle qui retenait son fils dans les fers , afin de mettre un terme aux. divisions qui existaient entre eux.

hùrOÈàtiié^ mùitt e& 1 4S^; ^ Luij^^ Cadamo9io et de Lodovk» Fartomànno^ qni ^ita les JiBàe$ orientales , ayant i5o5.

' La pair fuit bteul6t conclue , mais elle ne tarda pas à £tre troaUée » cap Ala'EUewlêtY conservant toniour8:le Kii ratt an , et Uluk Bck, Voyant * aet «Lroits tor tJtXkit prorînce plus pcMÏtifii que ceux de sca B0reu y raisembla une armée contre ce dernier , Tattaqva à peu de dÎMance de la TÎlle d^érat, mit son oinemi an àécmi^e, et fit son ^rée triompiiante dans la «apitale dn Korassan , et vit ei^n tons \et élatl'iqùi formaient l'nmpHniide ^on père, sons sa puissaoce.

Mais èôn régné ne fnt pas long-térops paisible, son neveu ayant téïké son aktnëe et Fayant renforcée de nouveBes troopes, vint pour le chasser du Ko-assan. D qnitu aa «apitale ,■ at mit À la tête de ses soldat* , 'et 'il niarchait contre son rival , loisqu'il apprit qu'une révolte avait ^laté à'ilérat^ qu^ealiabitana s'étaienf sdulcvësyCbqii'ib avaient pris ponr letfr ^tHàYsAj lèTurkômanyliomme tnibnlent et séditiens. Leiirdësséinit^âllaitpas moins qu'il «e rendre^ matéreSidUérai. A eette nouvelle, il s'oitoe de toute la -fermeté, qu'isxigeiûent • cea «tVéoni^ tuncefe critiques'^ il litre batarilfcfr à non fievèu , - le «baiise d'é la ville d'Astctababo^ il s'était retiré j'coniènt de l'avoir mia en faite, il rei* tourne à Héi-at, punit led rebelles et rétablit- la tranquillité danfc «es états: '*■ •••'."'' ^ ' .\ .

' 3c flattant d'a*voir efirayé les séditieux par ces exemfAe», cmyant pouvoir quitter Hérat sans dan^ei*, il alla vbiter S^maiicande.JCer.liit alors que la révolte s'alluma de tous cotés. Mezza Babor , frère et oodé^ pagncta d'amies d'Ala' Bldewlet j marcha ^texs.. Hérat,, et lés babttaitf Itti en ouvrirent lés ^Kmes; Ije fils dlJluk Bek lui^-méipe , aé révolte contre son père et s'avance à la tête d'une armée , lui livre bataillev le bat, et fait prisonnier ce malbein*(*ux prince. Mais ce'fib dénaibu^ ne s'arrêta pas là ; après' quelques vaines formalités , iltoedonnà la moit de son père , qui eut lieu l'an de l'Hégire 853. - '

Ce prince digne d'un meillem- sort, nudgré: les tristes événemens qui remplirent édn règne, et lès nombfreusefc oeenpatSan» qile lui in^ posait le gouvernement d'un* état fort étendu, trouva cscrire dana aa vie laboriense assez de temps pour cûltiVer lés iéienees et surtout l'astronomie 5 car c'est à sçs travaux, secondés d'abord par son maître,

A l'appendice. 343

Tons cMécifrvaiiis regardaient la- Tartârie boînme la deroière limite de l'Orient, et la eroyaient baignée par rOcéan Atlan^ tique. Giovanni Carpino le dit positivement : Cdtoyvs ad ènentis esctrema Tartans:, contermmos'od ipsum ptrtingere 4^eamim E^^um. ,

dr .Die ces mots^^â cette cour de Rome, on peut in^rer que Toscanelli se trouvait à Rome lorsqu'il écrivit cette lettre ^qui, quoique' sani date , parait avoir été écrite peu de tjemps iaprès la précédente. S'il n'y était* plus , il semble du WQius ifn'il y avait séjourné long-4emps, puisqu'il paraît bien pér âétcé de toutes les traditions concernant l'Orient quiclrct^• ■laient dai» cette ville à cette époque, telles que le désir de

Salah Eldia , et ensuite par Gaïeth Ëldin , que l'on doit la composition des tables astronopoiiques connues en Orient sous le nom dc^.Zig Uluk Bek ( Ce mot {Zig) signifie proprement en arabe ,. une règle qui sert à tracer régulièiemcnt des ligues, et par métaphore des lignes perpendiculaires et horizontales). Dans la préface qui les précède , Uluk Bek diémahde une indulgence que doivent lui mériter les giandés occnifktidnf que le gouvernement de ses états lui impose. Ch tiiHles sont diriséep en«quaci'e parties :. la l*"*^ traite des ères , defr épdqu^ § et contient cinq chapitres ; la 2^ de la connaissance des temps, en vingtdeux chapitres , la 5? du cours despls^nètes en treize chapitres, et la 4® des étoiles fixes , elle est partagée en 200 sections. Elles passent pour les plus correctes de toutes celles que les musulmans nous aient IttiiÈées^ Ellei ferrent originairement 'écriées en arabe, mais dans %bl suite eiles fuient traduites en persan.

< Un écrivain oriental en a donné un abrégé^ où il ne commence pdS ses longitudes aux îles fortunées ou Canaries , comme le fait Uluk Bek, mais au rivage de FOcéan occidental ou atlantique. Cet auteur diffère encore de la doctrine du prince astronome , en ce qu'il calcule selon le méridien du grand Caire ^ au lieu qu'Uluk Bek calcule les siennes'sur le ttîéridien de Samarcande, qui est au Sg* degré 37' 23", selon sa supputation. ( Note du traducteur).

ces peuples de fraternifler avec les chrétiens , et d'en recevoir

des lumières en maticrè de religion.

(i3) Toutes les relations qu'on avait dans ces temps -là donnent une idée exagérée des états et des contrées sitnés à Textrémité orientale de TAsie ; mais on ne voit pas d'où poi^ vait proveiiir l'admiration de ces peuples pcmr des nations occidentales et pour leurs institutions. Haiton dit clairement tpie les peuples du Catai méprisaient tous les autres peuples ^ -et'iqw'ils disaient, en parlant des Latins, qu'ils n'y voyaient que d'un œil , tandis qu'eux y voyaient de leurs deux yeux. Vartomcinno parle au long des chrétiens de k Chiné ; mais sa relation ne peut avoir lété connue pai^ ToscaneUi avant le temps auquel il a écrit ces lettres à Colomb , quoiqu'il fût déjà très âgé.

(14) Cette* lettre, comme je l'ai déjà dit ailleurs, a été publiée par le fils de Colomb et par plusieurs autres auteurs; mais toujours inexacte et altérée. On ne l'a pas encore vu paraître telle que nous l'offrons ici, extraite fidèlement d'une édition que l'on peut regarder comme origmale , puisqu'elle est de la même année où la lettre fut écrite. Ce ne doit pas être sans surprise que l'on voit Colomb rapporter son entrée dans la mer des Indes, et la découverte des premières iles, trente "trois jours après son départ de Cadix, tandis que la plupart des historiens le font partir de Cadix, relâcher aux Canaries, aborder ensuite, après ime navigation de trentetrois jours , à la première île qu'il a découverte. Cette circonstance prouve , ou les faibles notices que l'on eut concernant les Voyages de notre illustre navigateur, ou le peu de cas que l'on faisait de cette lettre, et le service important que l'on rend à l'histoire en publiant ce document dans toute son intégrité.

A l'appewdice. 345

(i 5) Ce passage mérite une attention particulière , puisqu'il nous fait voir le petit nombre de connaissances qui dirigeaient Colomb dans sa route ; connaissances d'ailleurs qui lui avaient été^ communiquées par ToscanelU, dan^ ses lettres rapportées dans l'Appendice sous le n*^ I. Persuadé qu'en Cotisant. voile vers l'occident on devait finir par trouver les Indes orientales ou le continent de l'Asie , dont on ignorait encore les limite» à l'Orient ; pénétré de ce principe, Colomb ayant trouvé une ile très->étendue et l'ayant côtoyée pendant long^-tenips' sans U*ouver «de terme, crut avoir touché au continent de l'Asie; à la province du Cataî, c*est>^"^iire, à une partie de la Tartane ou de la Cbine. Il serait difficile de citer un^ pjreuV'e plus certaine de l'ignorance de ces temps , et un document plus irréciisable des lumières que Colomb dut aux renseignemens que lui envoya Toscanelli , et de son incertitude sur l'existence à'^ne contrée au milieu de la mer Atlantique, entre l'Europe et l'Asie. Cette observation doit servir de réponse à ceux qui imaginèrent des découvertes faites dans ces mers antérieurement aiix voyages de Colomb , ou qui supposent que ce navigateur ne s'^st dirigé vers l'occident pour la rechercl^ de l'Amérique , que d'après les connaissances qu'il devait à des navigateurs ses co)itemporains , ou à ceux qui l'avaient précédé, Cependant4'ilicertitude ou plujtèt l'igporance, si on veut ainsi l'appel^ y de. Colomb, sur un -point qu'aucune Imnière n'avait ^ncor^ éclairé , cette incertitude f di&je, ne touine qu'à l'avantage :d^ -cet entreprenant .navi-r gateur, qui, incertain d'une . réu&Hte , osa se confier à un vaste océan , et, la carte de Toscanelli à la main , alla chercher l'Asie, sans saypi?: même à qu^l degré de longitude et de latitude il aurait pu la rencontrer. >

Toutes les reicherches et les di^(mssions qui ont pour obJ€%

346 iroTBs

ia déeoQTerteB des temê AâantiqQes aTant l'aioiée 149a , êoWt donc intiiiles et atsemes, puisque Colomb loi -même, àfrièsavoô* atteint le ooiitiBeiit d'Amérique , doutait encore s'il se .se troviTait point sur les côtes de l'Asie. J'ai déjà .Eût mention dans mes ncrtes ans lettres de Toscanelfi, des noms à^Jntitia et de Brésil; le premier desqnels se tronre dans fÇktXfÊMè cartes anciennes et djms Toscanelti hii->niéme, et le Moond dans qnelqœs cartes également , et dans plnsienrs pcntulaas qni datent dn iS*" siècle. J'ai anssi.fiit tcht qœ VAntiUa n'était qn'nn travestissement de quelque tradition ancienne , inexacte surtout pour la position que le géographe florentin leur avait assignée ; et que le nom de Brésil était itffbcté depuis plusieurs siècles ayant la découverte de l'Amérique au bois de teintnre , maintenant appelé îiois du Brésil ou de Femambonc. Ce nom ne fut probablement d'abord employé que pour indiquer la couleur, comme l'ébserve toès Inen Carpentîer^ dérivé peut-être de la coillettr dé la braise ardente , bragûz ou brasa , comme on le pronoiicait dans ptttsieitfs provinces de lltalie. En efi^, Muratori a rapporté dans àes antiquités itaUeimes im dociimenl qui date de 1 193, dans lequel la graine Ou la coque de kermès se trouve désignée sous le nom de Bré^. Nous avons des' docnmens des t^", 1 4"' et 1 5" siècles ', qui font mention du 6ôis et.de l'aribre du Brésil; documens- parmi lesquels on- remarque celui de 1^8 él celui de 139^. L^on ne pouvait alors $e prbcu)rer du bob dé cet attn*e, connu des.natnralistes. sous les nomis linnéens^ Cœsalpinia tchmata ou Cœêttlpima crista, si ce n'est du fi^il , du Mexique ,' dés î^es de Baihama et des Antilles. 11 ne serait pas inutile d'observer ici qu'outre les espèces susdites, on trouve encore là Cœsalpinia sappan du même tinnée, désignant aussi le bois du Brésil que l'on tirait des

A l'aPPBUBICK. 347

kides oi&eBÉales ,> et qui était dé^ répandu dâas le «bàinierce UeiL avfift 1^ découverte de k* ABiériqur. M ins qu W ^dihette que les anciens docuinens sur la Cas^lpinià echinaîn ayaiil en vue le vrai bois du Brésil ou de Fernambouc, lenieîfléùt pour k taiikture'^t indiqué domnite tel dans un maniïscrit de Bisitempêramiià bolùtibûs, ci«épar le père Ménétrier et r^uté écrit vwsrànnée 14007 je |Mrodtiirai 'une èonjectiire ^c je ne puis avancer en meilleure occasion, jfe sappose^'un troue de ee bois, comme cela arrive encore sottvent snr les eètei^ dé Pirlande, de TËcosàc , de la Russie , de la Sibérie et de beaucoup' d'autres^ eôtes , ' ait- été porté dan^ des temps rtèùlér aux iles. Canaries, sur les rivages de l'Afric^e, sur ceux de PEspâ^e et d'autres tétons de FEuropej ou, aprèà ii^oir reeonnu la propriété- de éé îiois, oh Faufait faômmé btéfil à diuse de la beauté de sa couleur, et qu'ensuite ayani appris de quelles régions de l'occident on pouvait se le pr<v curer, on supposa vaguement Inexistence d'une terré dans la âièediohid'bùil venait ; en suivant nia Supposition', on aurait dé^ighé celle! cMif rée , t^ ' notait enbore qu'imaginaire , sous Ije-nom dé Bvédît, ta regardant eotnine la terre qui prodnîsiBii^ le bois de teinture. Ce qtti vlehàrai^ ajouter quelque pMdfe à^ce que j'avàhoe; c'est <]pîe lei géographes anciens Vappèrtèrent cette terre sttrïeun cartes, sans doute dans la vile dé strtisÊd!re leur în^gliA«^ion; plutôt qubt l'eiitfotttudë ^éogra'pli4ifee,SD«»4e nom de tenfe- de 'Bré^it, ou , 'ooinÀié f ts le firent sôQveni, d'Ile de Brésil. En efllet cette terre ayaw^^lé plai^e^ eo^me je l'av déjà dit ^ mt ces eatteà ir^diffi^ntei latitude^», et %ètroUVàrit niénie répétée queiquelbî* sOit^^Iè ménie nom dans ces dartes, il ne m'est Jamais artWé 'dè^ la vefir daiàs ancuiie'^ si ce n'est à fe^rttémité occideiftft'fe> et encore le plus souvent à peine est-^He- indiquée ; d^^fteuris

348 jroTES

OH ▼oit bien que ColoHvb ne tenait ancmi comple de la sap>- ]:^sition dé l'existence de ce» terres occidentales, et qu'amyé en Am^que, il dontak enodre de se tronVer siir les côtes duCataï.

(i^) Colomb se ctroyant au Cataï, s'attendait à voir les choses merveilleiiBes que Toscanelli lui avait annoncées , sans doute avec exagération ^ les villes magnifiques, les ponts de iparbre, les palais, etc. .

(19) Le nom dépasser est iei employé comme nom générique de tous les petits oiseaux , dont les espèces sont innomr Jbrables , et dont la yaùnétê devait étonner notre navigateur, •gui n'était pas naturaliste, et qui les voyait pour la première fois. Probablement il appela /Mz^^er tous lesi oiseaux qui n'étaient pas. plus grands que les moineaux. Remai^ons qu'il parle ensuite des au^es oiseaux ^n les désignant sQusIe nom d'avesi . .

- (22) Les blancas étaient de très petites pièces d'argent ou d'alliage. On les appelai^it auksi sous blancs y dont on fait mention dans les chroniques de France et surtout d'Angleterre. Les monnaies que l'on faisait passer pour de l'or aux indiens étaient prob^lsment de cuivre.

(24) Les anciens voyageurs , tels que Struys, Monconys, Paul: Lucas» sont pleins ^e ces descriptions d'hommes qui avaient uile< queue ; mais voici sans doute l'origine de cette -cirseur.) On Aura pris pour des hommes ces singes qui ont des quemes.;. comme quelques-uns 9 dans certaines relations de jroy^ges,' sçnt appelés hommes de bois, et c(MBparés mal à propos à l'espèce humaine, il n'est pas étonnant que de là spitiventiei l'idée, de l'existence d'hommes avec des queues. liCs Indiens, en parlant à Colomb de l'ile d'Anan, et voulamt lui donner connaissance de certaines races desinges, auront

A l'appendice, 349

&it croire par leun signes aux Espagnols ignonms qu'ils parlaient de races d'hommes.

(26) Ri^i n'était pins naturel <pie des hommes ignorans et amoureux du merveilleux , en aboofiant dans dés régions si éloignées, s'imaginassent de trouver des monstres. Depuis CtésiaSy commenté par ^hotiu», et depuis Pline , tous les voyageurs n'avaieirt cessé de parlée de ces monstres ; il n'est donc pas étrange que les compagnons de Colomb se soient al^n^u d'en trouver dans les contrées qu'ils visitaient. Mais en lisant avec attention la traduction latine de la lettre de Colomb^ on s'aperçoit Cacilement que sous le nom de monstres ^ il ne veut pas désigner des hommes monstrueux et conformés autrement que le reste du genre humain y mais bien des hommes barbares ^ féroces et cruels 9 en un mot, des monstres plutôt par leurs mceurs que par leur conformation , puisque quelques lignes plus bas il dit n'en avoir trouvé que dans l'ile des Anthropophages ou des Caraïbes, qui, selon lui, ne différaient point des autres hommes quant à leur conformation, mais bien par leurs habitudes inhumaines et féroces. Si on ne s'arrêtait pas à cette observation, cm pourrait être induit en erreur par ce passage.

(37) Ce serait un sujet assez cutieux, que celui de chercher à déterminer la nature de ces substances échauffantes dont ces pauvres Indiens, diaprés Colomb, faisaient un usage immodéré. Je suis d'avis que Christophe , persuadé qu'il n'é-« tait pas arrivé au Cataî, doutait encore s'il se trouvait dans les contrées désignées par Toscanelli, ou naissent les épices ; deux observations me déterminent principalement à adopter cette opinion; d'abord, Colomb lui'^méme promet aux rois d'Espagne une grande quantité d'aromates ; en second lieu, on désignait, dans les écrits de ce temps, sous le nom d'aro^

35o NOTES

nutcs, les ^ces que Ton în^oitait ea^Europe des Indes orientales. Il crut probablement que les Indiens quli Tenait de découvrir se nournssaieht de poivre , de caneile, etc^

(a8) C'est VÛe des.^raîbes dont nous avons parlé dans la vie de Colomb. Tous les voyageurs qui ont visité les A^tlUés après Christopliey ont parié de la fiSf'ocité et de rinbumàxiité des babitanft de ces contrées^ tdà que Garcilaso de la Yega, Lopez de Gomara, Tévéqueile Las Casas ^.CliarkVoix, Labat, Dutertre, Lery^ Marsden^ Lapotfaerie^ etc^; ^e qui prouve que lorsque Colomb écrivif cette lettre il étfeiit bien instruit ^ quoiqn'â n'eut pas encore visité ces barbares.. Le P. Labat et plusieurs autres écrivains ont observé que les Caraïbes se nourrissaient de cbair bumaime pacigoùl et pair cboix, quoi^ qu'ils eussent d'autres viandes en abondance, et qu'ils .fisr sent une distinction, entre la chair d'un ; esckve . africain : et celle d'un Européen , qu'ils jugeaient pluk délîoàte«'Les écn^ vaiiis qui se. sont occupés* de rec^erdies .pbilosojibiques siÉr l'Amârique, tels que Pavir&,B.QbertsQin^Carlietailtres> cl;iêrr chèrent à ditoinuer l'horreur dé cette baid>arie>!ei;L.montraht qu'aucun peuple du NouveaurMonde n'en fut exicmpt. Qn a cité le Scholiaste de Pindare, Hérodote , Ariwi.^ Pausanîa^^ PUtie, Strabon, Porphyre et 'Marte» CapeUi^> <ufiA d^. prouver quetouiies les nations i civilisées furent d'abord aul^ropo- |Jiagies;:et, partant du piineipe -que tous lies pepp^es eui?p«* péens tirent leur origine ^s Scythes, ces écrivains nous fifent gratuitement descendue^ de^ races dlioBiinès.antbropophaf lis» Virey^ dans «on histoipe-batmiellé du genoe humain ^^ a. phi à notice avis, im nijéittcu]|- ^pairti;il a établi le pnndipè que 1^ répugnante^de lliDmniei pouariia* cbair de' ses semblables^. est plut6t fondée surlel^ institiitiôtiS'Civiles et religîcnsea jqu^ sa» le' droit naturels Si.eeihii éki»t vbaâ; cei fils delà pâture vûités

A l'appendice. 35 1

par Colomb auraient dû étretovs cm en grande partie anliirar pophages, tandis qu'il ne trouva qu'une seule île peuplée de ces hommes , qu'il appelle monstres. Il faut cependant rendre justice à M; Virey, puisqu'il fimt son apolo^e des. antfaropo^ pbages en 'disant que ce crime sera toujours mi objet d'hors reur et il'exécration pour les nations civilisées.

(29) Si Ton n'adopte pas là conjecture que j'ai avancée dans la note 27,11 serait difficile de déterminer quels sont les ardmatè^ que Colomb promet en grande abondance aux monarques d'Espagne. Il faut remai-quer que Colomb n'avait pas reconnu lui-même l'existence de ces*productibns, ou du moins de leur majeure partie, puisqu'il n'avait séjourné dans ces lies qu'autant que les vents l'y avaient contraint ; ce n'était méine, comme il le dit quelques lignes plus bas, que par les soldats qu'il avait laisses à la garde du fort de l'Espagnole, qu'il espérait que ces aromates auraient été trouvés. H est aussi important d'observer que sous le nom d'arofhates il comprend la rhubarbe, ce qui pourrait laisser en doute si par ce nom d'épices il ne comprenait pas indistinctement toutes les drogues employées dans la pharmacie. Cela s'accorderait bien avec le nom qu'on donnait aux apothicaires dans les siècles antérieurs ; on les appelait épiciers.

(30) l4e mot botnbjrx était souvent employé à cette époque pour désigner du coton, quoiqu'on.se servit plus commune-^ ment du mot bombax, d'où est yeni^ le mot bombagia des Italiens. Remarquons que Colomb, ou plutôt le traducteur latin de cette, lettre, Aléandre, s'est déjà servi de l'expression bqmbicinq velq pour indiquer l'étoffe que portaient quelques femmes indiennes pour cacher leur nudité.

(3i) Colomb se^ompait probablement ici. L'arbre appelé

-pajrïjxméepistacia lentiscus oroit en barbarie et dans d'autres contrées; mais ce n'est (jue danis Tile de Chiô que, par l'incision de i'écorce de cet arbre, on se procure la gomme que les Antilles ne fournissent point, si toutefois on trouve cet arbre dans ces lies.

(32) Voici le passage le phis obscur de toute la lettre. L'original latin dit : tanturn servorum hydrophilatorurriy et ce dernier mot ne se trouve dans aucun vocabulaire. Cependapt dans la basse latinité on appelait hydrophilaces ceux qtd étaient chargés de la garde des eaux , ou employés d'une manière quelconque, soit à la source des eaux, soit à leur cours , soit à leur usage , soit qu'ils eussent l'inspection des fleuves, des canaux, etc.; considération qui m'a engagé ^ regarder ces esclaves, appelés par Colomb hydroph^lati ^ comme des hommes chargés du service de la marine. Cette interprétation est confirmée par l'assurance où nous sommes qu'il ^'agit ici d'insulaires , désignés déjà par Colomb comme très habiles dans la navigation ; hommes dont on n'aurait pu tirer aucun autre service , et dont l'Espagne devait avoir le plus grand besoin pour l'armement de ses flottes. Et sans doute l'Espagne aurait été bien plus heureuse si, au lieu d'exterminer ces peuples, elle.se fût contentée d'en faire des soldats et des matelots pour sa marine! Si cette interprétation ne convenait pas à quelqu'un, je serais flatté de recevoir les corrections qu'on voudra me proposer.

(33) On voit que Colomb parlait id de la rhubarbe par conjecture ; car il ne pouvait pas en avoir rencontré , puisque toutes Tes espèces de cette plante, sôit le rheum palmeUum de Linnée,'soit Vundutaturn, le compactunty le rhaponticum et \é rihes, sont toutes originaires de l'Asie, et spécialement de la Chine et de la Tartarie. Colomb n'en aVait probable*

A l'appendice. 353

ment pas yù, et ce n^était sans doute que par conjecture qu'il l'annonçait, se croyant encore dans les régions de l'Asie.

(34) Ce passage de la lettre de Colomb rend un témoignage éclatant des sentimens de piété et de religion qui animaient ce grand homme, sentimens dont nous avons parlé au long dans la note 3o de cette vie ; d'autres passages font également foi de sa justice, de sa modération et de sa gwiérôsitë. En un mot, toute cette lettte ne fait que mettre au plus grand jour les sentimens d'un héros qui ne desirait que le bonheur de l'Europe et du Nouveau-Monde, par une entreprise devenue &tale à l'Amérique et d'une utilité encore douteuse pour l'Europe*

(35) Colomb avait donc connaissance de toutes les fables que l'on a mises en avant après sa découverte^ et même après sa mort, pour lui en enlever la gloire. Aussi ce passage offtt un très grand intérêt ^ et je ne conçois pas pourquoi il n'a pas et j cité par les écrivains qui ont pris à tâche de réfntei^ Otto , si toutefois ils en ont eu connaissance. Colomb n'igiio* rait pas qu'on avait parlé plusieurs fois en Portugal dé l'exis* tence de quelques contrées en Occident; il avait vu quelque indication vague de ces régions sur les cartes marines; il connaissait par le récit de Toscanelli quelques traditions sur l'Ile â^AïUiUa: mais à quoi sert tout cela, se disait-il, puisque personne n'a encore visité ces pays ? Et il tenait ces propos lorsque des pilotes et des marins racontaient qu'ils avaient été transportés au milieu de l'Océan; et que, jetés sur des côtes inconnues, ils avaient aperçu au lointain des continens, de^ Iles, etc. ; il tenait, dis^je, ces propos pendant que Cano, Béhaint et tant d'autres navigateurs de son époque vivaient

(36) Cette phrasé £dt probablement allusion à la maniera

354 KOTE»

injuiieufie ay^^c lfU{ueU« on a<cciifiiilit son projet èiacoar dm Portugal, et p^ut-étre aiUeiu*». Yoye« l'extrait des Ustoiret de Giwlamo Sexume, au ïi^ Y, f . 3 de cet Apf>€iiiLÎDQ.

(37) Il parait que e'est de ce |»asftâge qiM l'évéfiie de Cor* barîa a pris Vidée de scm épigramme y q«i est impd«iéê dam cet oQvra^ à la suite de Torigmal huttn de là lettre de €0^ lomb.. Là pensée de l'aval - d^niëj: ¥ers ne me filait «ta moins ex|>rimer «({iie Tidée de cette plwâse «k Oahmili^ lidéÉ à la vérfté peu otthodoxe , car le CkriA n'^ioût pas betoiu de 4a découverte de TAmériqué pour prévoir le saint CùaH iafinitë d'âiues ^ui allaient revâHr au giooli de l'Église.

(57) Dans cet endroit de la lettre de Colond»,ic c&evaâief Mor^eili parle longuemeiit des cartes igéogiapliiqaea ^ existaient autrefois 489» le palais des doges de. Venise^ et imn ¥oir clairement que -celles qU'oià y cotisenFeadtaetteni^iitsoAt d'un travail niodeme qui «e "date que *âe l'année 17^'^ et do«t la direction uppastien^ à un .koniiae qui s^^^rroge «H plus jgi^and fttémte qu'41 n'a «n effîsti iMefciemi e^'lMUie q[ue les pÈusaneiennes^de ces certes ayant >été tdutes idétruim, «t celles que le célèbre géograt^ie Raniusias ya^vitit^iibititaées ^yant-élé €OBs«ii«es par les 'fianones^ i r«Kception ^i^ttié seulei, 'On aunait «on d'étalilir quelque système sur oe* tniMUl^ mens existaiàs à Venise. Aussi répond^il «lotorienneinent mi doptecff Willem Yinoent , qui, lians un ouvrage publié fen sH^lais en t8o8 sur le périple deda ilaer ]ttéditerrané«^.pié* tend que Golomli ne se basbrda & tenter un passage de ifB*-* pagne aux IMes^r l'Océan iAllantiqBe^ cfne^'après teMn^ seignemeijis qu'il f^cueiHit de >pk|siencs oorUs géogva^diiqnt» desfiin&|s «YAnt \vi,y au nombre desquetins il (ttte là aw]^«» monde de Yenise , qu'il croit dessinée ayant la décotn«e;yiB de l'Aflftériqve^ lie «bevnéicr Holwttî to^trigc f»n méftiè (iwnips

A l'am^êîtdice. 355

me €frre«r M»a:ppée tM $«éâois ^îwntntfdil, ^«e plcigoatt «n 1 77t sMdement qu'aueun voyageur tie M4muiàtlft peine d^exaflikier ces caites, qaUl croyak aitdetmes et précieuses. (5S) J'as pro^lé, «somme je f ai dit^âl^m, des rateei^e* mens peëdenK ^cpeie Ttm tsouve cUim les iiMes que le savant Morelli a mises au bas de eeMe ^tlre qu'il a p«Mi6e le pre^ mier ; ces «eltes m'cftit aerri égaleme&t à édantûr plwsieurs p a ftw q g éw^latfe de Colonib. En «^fet fious de^nMis à ^e tsâvutit titoe'lbiâe ^'-ebservtfttOBs neu^^es et eimeiises , qai mé- A tt t it tbiAiteim grand ihtérét ,eft qui, en les transcrivant «ei, ne pourraient qtte donner un nouvean pri% à cet -ouvrage ; ^nais eèmme les bomes que je me wm prescrites ne me perm e ttent pas de les rapporèer toutes , je ne ferai que citer dans Vfit etïdrdit tme remarque de cet liomme de méi^te -qori a rapport à tm poctdlaii très raire^ «ft presque faicomiu, de fi e ii g 4Doppo 'àti Isola, teiritoire de Tlstrie, imprimé à Vemse ^en i5^ par Agoâtmo di Bîndoiii, ^mi^i; passage âam lequel H est question, sous des noms dâSi^ens, des^ëcou* Tertes attribuées à Colomb et de le«r importance^ V^eM oe potssage ': te Cbrîstoplie Colomfb y Génois ^ troura en «aiTigultm « Ten le couchalit , en 1 491 , phn^enrs Iles , et beaticimp die « terres inc o n nu e s ; il troura d'abord les iles Oorgone, îïe*- <t péfides , 7uinona , la T'hfvieuse , là Cacrrera , la nanavia , W « 'NiTOse,la Ciiiiaiie, en f^ce de la Barbarie. Ensuite il dé- « couvrit eh pl^e mer les liés Tentura ( ce sont proi>aM«- « ment les lies Fortunées ) , Cohmibo , BfasSl, Carrera , Ovo, « Porto-Saifto, Madèt^, et certaines atftresiles, les «nés ît rappelées désertes , les atftres sauvages , tefies ^quc î^an- (c dfloto , Cc^tunbo. Cnsuite CSiristojAïe i^^^iit |Atis avmcé « vers le couchant , îl ^^ta Wle Espagnole , ^a Jamaïque^ «<!tftia, tes Iles des Cannibales, le continent de Pma ou

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