‹ Histoire de Christophe Colomb: suivie de sa correspondance, dChapitre 8 sur 39 · SUR LES VOYAGES · texte numérisé non relu

SUR LES VOYAGES

siècles ,. sans que les éctÎTains contemporains en aient fait la moindre mention. Cependant un tel événement^ s'il avait eu lieu, devrait nécessairement se rattacher à quelque cataclysme ou à quelqu'autre grande révolution naturelle. Les Anglais surtout, qui au rapport de Golomb trouvaient dans cette île 'un grand débouché pour leurs xnarchandises^ n'ai^*aient pas passé sous silence un événement aussi importî^t. L'abbé Zurla a fiitit preuve d'une vaste érudition en pp'^sant en revue tgus les continens et les îles qtii ont disparu du globe depuis la plus haute antiquité, et celles qui oîit paru de nouveau; mais parmi toutes ces îles, il n'y en a aucune qui remplisse les conditions exigées pour qu'on puisse y reconnaître la Frislande de Colomb. Je crois donc pouvoir hasarder ici une conjecture toùtà-fait nouvelle, qui a pour appui le portulan que je viens de citer, et que j'ai communiqué autre* fois à M. îabbé Zurla. Le nbm deFixlande donné à l'Islande dans rinscription,^p[ie' fait présumer que. le méine nom a piu être affecté non-seule-' ment à l'Islande, mais encore aux Orcades, aux îles de Schetland, de Faroë , et à' toutes les terres; qu'on découvrait dans ces régions, comme un nom générique pour désigner un pays abondant en poissons y selon l'étymologie du mot Ebdahde

en ancien langage teutmiique. Le teitips aurait pu corrompre ce nom en celui tie Frislande , qui aura été plus particulièr^nent affecté à un des groupes de ces îles du Nord; il me parait donc inutile d'aller emprunter à V anglo-saxon une racine qui signifierait terre glacée; en effet, Colomb rapporte qu'à l'époque où il visita cette île la mer n'était pas gelée, si toutefois c'est la même que celle décrite dans le voyage des ZenL -^Gçtte conjecture ) si elle venait à être adoptée, éctaircirait un point de géographie jusqu'à i^résent contesté y servirait de comfmentaire aux dé* couvertes des frères Zem, et jetterait en même temps un gramd jour sur cette partie des voyages de Colomb dont on a des documens si incertains. En suivant ce système, Colomb, serait parti de llslande^ qu'il croyait la Tile de Ptolémée; et, après avoir navigué au Nord pendant environ cent lieues , il aurait trouvé le Groenland ou quelqu'une des îles situées dans ces parages qui, d'après mon opinion ; aurait eu le nom de Fixland ou Frisland, opinion d'autant plus probable que les noms affectés dans la suite à toutes les îles de cette meç sont tous modernes. On ne doit pas 4u reste être étonné que Colomb ait placé cette île à l'Occident, puisque telle paraît la position du Groenland par rapport à l'Islande. Les auteurs

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de V Encyclopédie mé^iodique n*ont vu paiement dans lé nom de Frislande qu'une île près du Groenland; ce qui vient ajouter un grand poids à mon opinion.

Je »e terminerai pas cette note sans m'arrêter un moment sur un passage de la préface du savant Zurhy qui est en tête de sa dissertation, où il dit que « les frères Zeni purent Êicilement « pousser leurs observations savantes , non-seu- « lement dans les différentes îles de la mer du « nord et même dans le Groenland, mais encore, « ce qui est plus important , jusqu'aux côtes de « l'Amérique septentrionale qu'ils visitèrent , « avec une flotte imposante , un siècle avant que « Colomb et d'autres navigateurs eussent parlé a de cette découverte. »

Je suis loin de vouloir réfuter ici la relation des frères ZerU m l'authenticité de leur voyage, qui a été, du reste , déjà révoquée en doute par quelques écrivains , puisque j'ai fourni moimême des doqumens à l'abbé Zurla pour prouver la véracité de ce voyage , en lui communiquant l'extrait de la Crimogea d'jàmgrimoJonaSj appuyée de quelques observations contenues dans ma lettre que ce savant a publiée au ba$ de sa réponse aux objections de Malte^Brun :

je me bornerai seulement à remarquer que , s'il

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est vrai que les frères Zeni aient visité les côtes septentrionales de TAmérique , dont ils ne donnent , du reste , aucun détail positif pour faire soupçonner l'existence du Nouveau-Monde ; s'ils ont, dis-je , visité ces côtes , la gloire d'avoir découvert cette partieduglobe n'en appartientpasmoins toute entière à Colomb , lui qui , par une route jusqu'alors inconnue , est allé , pour ainsi dire , attaquer l'Amérique dans son centre et a frayé un chemin à de plus vastes et de plus précieuses découvertes. Si Colomb , dans son voyage au nord, .visita le Groenland, il a du voir aussi les cotes septentrionales de l'Amérique ; et cependant il ne croyait pas alors avoir trouvé le Nouveau-Monde, et il ne cessa pas de songer à la découverte qui le rendit immortel , découverte qui n^eut lieu qu'en 1492^.

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