SUITE DE L'HISTOIRE LOCALE JUSQU'À LÀ RÉVOLUTION FRANÇAISE
A Vincent de Paul succéda Jean Souillard, qui était lui-même remplacé en 1651 par Antoine Galet, docteur de Sorbonne. Ce dernier enrichit en cette année son église d'une relique de saint Médard, offerte par le seigneur
de Monceaux, lequel l'avait obtenue Tannée précédente d'une des églises de Dijon, à l'occasion d'un voyage de la cour en cette ville. La translation solennelle eut lieu le dimanche de l'octave de la fête patronale.
Antoine Galet mourut le 1 er septembre 1679, et fut remplacé par son neveu , Daniel Galet, qui ne survécut que deux mois à son oncle. Le successeur de celui-ci, Pierre Charton, licencié en Sorbonne, prit possession le 12 décembre.
Après avoir été seize ans curé, Pierre Charton résigna la cure en faveur d'un abbé Davolé, qui ne fut point pourvu, la réserve d'une pension pour son prédécesseur n'ayant point été admise en cour de Rome. Jean-Nicolas Masson, promu par le chapitre de Saint-Benoît, prit possession en 1695, et administra la paroisse jusqu'à sa mort, arrivée le 18 avril 1727, à l'âge de soixante-quatre ans.
1 1 était remplacé le 31 mai suivant par Simon Soubret, natif de Paris, docteur de Sorbonne.
Simon Soubret était digne, à bien des titres, de succéder à Vincent de Paul. Il se montra, comme lui, rempli de piété et de zèle pour le salut des âmes. Il procura à ses paroissiens des retraites, des carêmes et des avents par les prédicateurs les plus en vogue, tels que les pères d'Artigny et Collet, jacobins ; de la Coste, Desfontaines et Barbet, franciscains ; Dorât et Huet, de Saint- Victor ; Boursault, théatin. II fit ériger dans son église les fêtes de saint Ansbert et de saint Sigebert, à cause des rapports que ces deux saints avaient entretenus avec la paroisse pendant leur vie ; il fit transférer au dimanche suivant la fête de la Transfiguration, afin qu'elle fût célébrée avec plus de solennité.
Simon Soubret se livra à des recherches sur
les antiquités do la paroisse, et déposa sur les registres quelques notes qui ne sont pas dénuées d'intérêt.
L'une d'elles, relative à un événement contemporain, nous apprend, sans en révéler le motif, que les curés de Paris n'allèrent point jeter l'eau bénite au cardinal de Noailles, après son décès; que le cardinal de Bissy, abbécommendataire de Saint-Germain-des-Prés , éleva un conflit de juridiction contre les grands vicaires capitulaires, et que ce conflit dura jusqu'à la prise de possession du nouvel archevêque, Charles-Gaspard du Luc de Vintimille.
Voici le nœud de la difficulté : L'abbé de Saint- Germain, après avoir longtemps exercé une juridiction quasi-épiscopale sur le faubourg, y avait renoncé, à condition d'être grand vicaire né de l'archevêque ; or il n'avait pas été compris parmi les vicaires capitulaires. Le chapitre répondait qu'il n'y avait aucune réserve contre
sos droits dans l'acte d'arrangement, et que, par conséquent, l'abbé de Saint-Germain ne pouvait élever de prétentions pour le temps de la vacance du siège. Il fut ainsi lancé quatre mandements en sens opposé.
Simon Soubret mourut le 21 février 1761, il
l'âge de soixante-seize ans ; sa mort occasiona une contestation d'un autre genre, relativement à la cure de Clichy , pareeque deux vicaires de cette paroisse y furent promus en même temps; l'un, Jean-Pierre Josset, licencié en théologie , par le chapitre de Saint- Benoît en corps ; l'autre, Louis-Michel Charles, par l'abbé Delangle , chanoine tournaire du chapitre, c'est à dire auquel le droit de nommer à son tour était dévolu. C'est ce dernier qui l'emporta , après une procédure de deux années devant le parlement ; pendant l'intervalle, Jean-Pierre Josset exerça les fonctions curiales comme le premier pourvu.
Le bénéfice qui donnait lieu à ces contestations n'était cependant pas d'un gros revenu : le curé n'avait que les menues dîmes et une pension faite par les collégiales de Saint-Benoît, de Saint-Denis, de Saint-Germain et de Saint-Honoré, propriétaires des grosses dîmes.
Il n'en était pas de même de l'église, à laquelle Vincent de Paul avait porté bonheur.
Elle ne possédait en 1610, suivant des déclarations de fabrique des 29 avril et 12 mars, que six arpents et trois quartiers de terre, affermés 16 livres 8 sous 6 deniers, 50 livres de rentes sur l'hôtel-de-ville de Paris, à charge de services religieux, et 16 livres d'autres rentes, grévées de legs pitoyables. Mais après la mort de Vincent de Paul les dons et legs arrivèrent de tant de côtés à la fois, qu'elle devint riche en peu de temps, ainsi qu'on en verra la preuve par la nomenclature des propriétés dont elle fut dépouillée à la révolution.
Dans cet intervalle, la seigneurie avait changé de propriétaires. La marquise de Vaubrun, Marguerite - Thérèse de Bautru, mourut le dernier jour de mars 1726, laissant deux enfants, Diane-Madeleine de Vaubrun, duchesse d'Estrées, et Nicolas Guillaume de Bautru de Vaubrun , prêtre , docteur de Sorbonne, conseiller du roi, lecteur ordinaire de la chambre de Sa Majesté, abbé commeiidataire de Gormery, comte de Sérant, qui vendit, par acte du 15 mars 1728, à Louis- Antoine Rouillé de Roissy, chevalier, conseiller honoraire du roi en sa cour de parlement, pour une somme de 3,500 livres comptant, plus 6,000 livres en rente viagère, au capital de 60,000 livres, la nue propriété des château, terre et seigneurie de Clichy, relevante et remontante en plein fief, foi et hommage de la terre et baronnie de Montjay, qui appartenait à M Uc de Gesvres, consistant en haute,
moyenne et basse justice, censive, droits seigneuriaux et féodaux, cens, rentes, greffe, tabellionnage, amendes, redevances, droits de voirie, château, parc, jardins, fermes, bâtiments, terres labourables, prairies et le fiefferme de Courcelles 1 .
Louis-Antoine Rouillé, fils de Louis-Rollin Rouillé et de Marie- Angélique d'Acquin, épousa le 6 août 1731 Angélique Pouletier, fille de Pierre Pouletier, maître de requêtes et intendant des ville et généralité de Lyon.
Il revendit le 2 mai 1740 le château et la
1 La seigoeurie de Montjay appartenait a Archambault de Bourbon en 1225 ; à Eudes de Bourgogne en 1235; a Jean de France, l'un des fils de saint Louis, en 1260 ; à Robert de Béthune, comte de Flandre, en 1271 ; à Frédéric de Saluées en 1370; à Amaury d'Orgemont en 1380. Elle fut unie au comté de Dammartin et donnée à Antoine de Chabannes en 1465, par Louis XI. Guillaume de Monlmeury la possédait en 1478; François d'Angennes de Rambouillet en 1573 ; la famille de Gesvres en 1610, et jusqu'à nos jours.
seigneurie de Clichy, plus une maison de campagne avec chapelle domestique, située au même lieu, pour le prix de 240,000 livres, au fermier général Gaspard Grimod de la Reynière, lequel acheta en môme temps la survivance de l'abbé de Vaubrun, et se libéra au moyen d'argent emprunté à 3 pour cent 1 .
La famille Grimod avait commencé sa fortune dans la ferme des postes et relais de France. Antoine Grimod, secrétaire du roi, fermier général, épousa Marguerite Lejuge, dont il eut Gaspard Grimod, également fermier général, écuyer, seigneur de la Reynière, Clichy et autres lieux. Celui-ci mourut en 1754, laissant de sa seconde femme, nommée Madeleine Mazade, Laurent Grimod de la Reynière, fermier général, marié en 1753
1 V. les connais aux Arch. Nat. carton de Clichy-la-Ga-
reime.
à Françoise Elisabeth de Jarente, et deux filles, dont une, Françoise-Thérèse Grimod de la Reynière, avait épousé en 1751 Chrétien- Guillaume de Lainoignon de Malesherbes, premier président de la cour des Aides 1 .
Le fermier général Laurent Grimod de la Reynière acheva de s'enrichir, mais de la manière la plus scandaleuse, dans les fourniturcs de viandes salées faites à l'armée du prince de Soubise, pendant la déplorable guerre de sept ans.
Tandis que le duc de Richelieu, protégé de la marquise de Pompadour, faisait bâtir le superbe hôtel qui a conservé le nom de Pavillon de Hanôvre, des énormes pillages com-
1 L'article consacré à Grimod de la Reynière dans le Supplément à la Biographie universelle commet de nombreuses erreurs relativement à la famille Grimod. V. le Dict. de la Noblesse de La Cuesnaye des Bois, et les actes publics de la paroisse de Clichy.
mis dans cette même guerre, Grimod de la Reynière élevait du produit de ses vols, à l'angle des Champs-Elysées et de la place Louis XV, l'hôtel qui porte encore son nom, et qui est occupé par l'ambassade de Russie.
Il le rendit fameux par ses festins de Lucullus, qu'il égayait d'une multitude de bons mots, souvent de mauvais aloi, et d'une multitude de saillies plus ordinairement originales que piquantes. « On le mange, disaient ses convives, mais on ne le digère pas. »
Madame de la Reynière, enorgueillie de ses immenses richesses, affectait les plus grands airs, ce qui s'accordait assez mal avec les manières vulgaires de son mari, et ce qui ne déguisait nullement l'irrégularité de sa conduite. Quoique pourvue d'infiniment d'esprit, elle semblait ne pas s'apercevoir des ridicules que sa galanterie déversait sur ellemême et sur sa famille.
Leur fils , Alexandre - Balthasar - Laurent Grimod de la Reynière, assemblage bizarre de l'esprit de la mère et de l'originalité du père, leur fit expier en maintes occasions, d'une manière cruelle, à Tune ses airs superbes, à l'autre sa fortune scandaleuse.
Né avec une difformité aux mains, il était obligé de recourir à des doigts artificiels; mais il s'en servait avec une merveilleuse adresse. Il écrivait, dessinait, découpait avec un talent remarquable.
Il aimait à s'abaisser excessivement devant les visiteurs, surtout en présence de sa mère. Reçu avocat, et après d'assez brillants débuts, il s'obstina à ne pas entrer dans la magistrature, nonobstant la protection puissante que son oncle lui offrait: je ne veux pas, disait-il, être magistrat, car je serais peut-être obligé d'envoyer quelqu'un de mes parents aux galères, tandis qu'en restant avocat, je pourrai
du moins plaider leur cause. Il avait orné son appartement de tous les attributs de la charcuterie : c'étaient des viandes de porc, sous toutes les formes, qui garnissaient les toiles et les boiseries.
Un jour, ayant demandé à ses parents la possession de l'hôtel, pour un diner d'amis, dont il avait dressé une liste fictive, il invita par lettres ayant la forme et ie style de billets d'enterrement, une macédoine de gens de toutes les conditions, qui trouvèrent la maison gardée par des suisses d'église, attendirent une demi-heure dans une salle tendue de noir, et passèrent enfin dans la pièce où la table était mise, s'assirent chacun devant un cercueil, furent encensés pendant le festin par des enfants de chœur en rochet, et régalés de vingt services, composés en majeure partie de viandes de porc. Le repas se prolongea fort avant dans la matinée du lendemain. La Rey-
nière et sa femme ne s'attendaient guère, en rentrant à minuit, de trouver une pareille mascarade; ils en furent profondément humiliés. Madame de la Reynière, qui était fort grande et fort maigre, s'étant présentée le lendemain vers les sept heures dans la salle du festin, en s'appuyant sur la main du bailly de Breteuil, dont l'assiduité la déshonorait, son fils lui jeta à la face, en présence de son auditoire aviné, ce vers de Delile :
Et ces deux grands débris se consolaient entre eux.
Une autre fois, il s'enferma dans son appartement, en annonçant à son père qu'il n'en sortirait que moyennant la remise d'une somme de cent mille francs, nécessaire pour payer ses créanciers, qu'autrement il allait faire sauter le château avec cent livres de poudre. La Reynière, qui savait son fils capable d'exécuter un pareil projet, négocia,
et finit par donner les cent mille francs, contre
la remise des cent livres de poudre ; c'était de la poudre a poudrer *.
Nous sommes entré dans ces détails, relativement aux derniers membres de la famille Griniod, uniquement à cause de la singularité des personnages , car ils n'appartiennent plus que de loin à l'histoire de Clichy, c'est à dire par leur origine.
Lors du partage de la succession de Gaspard Grimod de la Reynière, le h mai 1755, les hé-
1 Alexandre-Balthazar-Laurent Grimod de la Reynière, né le 20 novembre 1758, est mort à Villiers-sur-Orge en 1838, après avoir inondé le public d'une multitude d'écrits de différents genres, particulièrement de critique littéraire, de mœurs, d'art dramatique et d'art culinaire. On y trouve de piquantes originalités, des satires justes et fines, presque toujours de l'esprit. Sa réputation donnait de la vogue à ses œuvres, qui elles-mêmes augmentaient de plus en plus sa réputation. La Reynière, au moment de sa mort, était réduit à un état voisin de Tindigence.
ritiers firent abandon de la terre et seigneurie
de Clichy-la-Garenne à Marie-Madeleine Mazade, en compensation des réclamations qu'elle pouvait élever contre la succession ; et, de ce moment, la seigneurie devait rester en quenouille jusqu'à la fin. Gaspard Grimod était moins riche qu'il ne le paraissait, car il s'était trouvé dans la nécessité de revendre à un pharmacien de Paris, nommé Juvet, la terre et le château de Monceaux, en se réservant seulement la seigneurie.
Marie-Madeleine Mazade, née le 28 mai 1716, fille de Laurent Mazade, fermier général, et de Thérèse Desqueulx, épousa en secondes noces, le 2 mars 1756, Charles de Masso, marquis de la Ferrière.
Charles de Masso , ancien lieutenant des gardes du corps, compagnie de Yilleroy, créé lieutenant général des armées du roi le 17 décembre 1759, était fils de Pierre de Masso, sé-
néclial de Lyon, commandant des provinces du Lyonnais, Forez et Beaujolais, premier capitaine du régiment de cavalerie de Villeroy. Il mourut à Paris le 23 mars 1773, dans la cinquante-septième de son âge.
La marquise de la Ferrière, morte peu auparavant, avait légué, par testament du 27 février 1773, les terre et seigneurie de Clichyla-Garenne à sa fille Louise-Madeleine Grimod de la Reynière, en les comptant dans l'état de ses biens pour une somme de 400,000 livres.
Louise-Madeleine Grimod, née le 11 novembre 1744, avait épousé, le 1 er décembre 1762, Marc-Antoine de Lévis, baron de Lugny.
Marc-Antoine de Lévis, né le 7 février 1739, était fils de Marc-Antoine , marquis de Lévis , baron de Lugny, et de Françoise de Gélas de Léberon, dame d'Upic. 11 fut nommé colonel du régiment de Picardie le 5 juin 1763, et dé-
puté aux États-généraux par le bailliage de Dijon en 1789. Fermement attaché à l'ancienne forme de gouvernement, ainsi que la plupart des membres de la noblesse, il se prêta à toutes les tentatives contre-révolutionnaires si légèrement conçues , et si malheureusement conduites par les amis de la royauté, fut dénoncé avec neuf autres personnes au tribunal révolutionnaire, et condamné à la peine de mort le 5 floréal an h, comme atteint et convaincu de complots et conspirations contre la sûreté de l'Etat et la souveraineté du peuple français, d'intelligences avec les ennemis intérieurs et extérieurs de la République, de manœuvres pratiquées pour soustraire des conspirateurs au glaive de la loi, opprimer le peuple, assassiner les patriotes, avilir et dissoudre la représentation nationale, et rétablir le despotisme *.
1 V. Moniteur universel, an n, n° 230.
Marc-Antoine de Lévis évita l'exécution de ce jugement, en rejoignant l'émigration l .
Louise -Madeleine Grimod étant morte le 11 janvier 1776, sa fille, Antoinette-Madeleine de Lévis, née le 14 juillet 1765, devint héritière de la seigneurie de Clichy-la-Garenne, en vertu d'un article du testament fait en faveur de sa mère, portant que les filles nées et à naître de son mariage seraient substituées en son lieu et place.
Antoinette-Madeleine de Lévis épousa Gui- Henri-Joseph-Thérèse de Lévis, baron de Gandièz , maréchal de la Foi , mestre de camp en second du régiment du Maine , infanterie, né le 0 septembre 1752, fils de Joseph-Chrysante de Lévis, marquis de Gandièz, maréchal de la Foi, capitaine des galères, commandant la
1 II fut déclaré en état d'émigration par arrêt du 27 septembre 1792.
compagnie de l'étendard, et de Louise-Victoire de Lévis-Léran. Le titre de maréchal de la Foi était héréditaire dans la personne du chef de cette branche de la maison de Lévis, qui est la principale, depuis Gui de Lévis, I er du nom, qui commanda un détachement de l'armée des croisés dans la guerre des Albigeois, sous les ordres de Simon de Montfort.
Le baron de Gandièz profita des premiers de la législation révolutionnaire pour faire rompre son union avec Antoinette-Madeleine de Lévis. Celle-ci se retira à son château de la Planchette, où elle devint bientôt suspecte, et se vit traitée comme telle, nonobstant un certificat de civisme délivré par la municipalité de Clichy le 1 er germinal an n. Gardée à vue dans sa maison , dont tous les meubles furent mis sous le scellé, elle ne put obtenir la permission de conserver un domestique et un cheval de selle, qu'au moyen d'un cautionne-
nient de douze cents francs, dont elle réclama proniptement la remise, afin de se procurer le pain nécessaire à la vie. La surveillance s' étant changée en une accusation formelle, elle fut assez heureuse pour éviter l'arrestation. Condamnée à mort par contumace, sa maison de la Planchette fut vendue aux enchères comme propriété nationale. C'était une brèche considérable faite à une fortune déjà tellement obérée, que depuis quelque temps les propriétaires cédaient volontiers le château principal à qui voulait le louer, et se retiraient dans quelqu'une de ses dépendances, souvent môme dans une espèce de basse-cour, appelée le Petit-Château, qui n'était séparée du grand que par l'église, le presbytère et la maison vicariale.
Antoinette-Madeleine de Lévis se remaria à un étranger, nommé Louis Audéoud, duquel, dûment autorisée, elle vendit, pour une
somme de deux cent mille francs, par acte du 30 juin 1808, le reste de ses propriétés de Clichy~la-Garenne, au sieur Boigues, l'un des chefs de la fameuse bande noire qui détruisit tant de 'monuments des grandeurs passées, lequel revendit les terrains en détail, et fit démolir le château. U moitié du prix de la vente fut réservée au bénéfice du jeune Louis-Palamède Audéoud ; le reste, employé à l'acquit des créances hypothécaires, au service des rentes viagères dont la propriété était grevée, et il ne revint $ux vendeurs qu'une somme nette de sept mille sept cents francs ! .
Il y aurait ici matière suffisante à un livre sur la vanité des grandeurs et la frivolité des biens du monde. Nous laissons ce sujet aux moralistes *.
1 V. le contrat de vente, transcrit au bureau des hypothèques de Saint-Denis le 17 août 1808, vol. 66, n° 3. 1 Armes; Masso de la Ferrière : écarlelé, au 1 et au U dV
Avant cette vente, le château était loué au prince Kourakin, ambassadeur de Russie, qui y donna des fêtes et des divertissements dont la population conserve encore le souvenir.
air, à la bande d'or; au 2 d'argent à 3 fasces de sable, à la bande de gueules brochant sur le tout; au 3 d'argent à l'arbre de sinople frété d'or.
De Lévis : d'or à 3 cherrons de sable. Les branches cadettes brisent d'un lanbel à 3 pendants de gueules.