‹ Histoire de Colbert et de son administrationChapitre 26 sur 110 · L'ancienne Académie des sciences, par M. A. Maury, p · texte numérisé non relu

L'ancienne Académie des sciences, par M. A. Maury, p

Picard, que ses travaux sur le méridien oui illustré, rés >lutd'aller faire des expériences dans le nord de l'Europe.

Comme vous êtes bien informé, mande Colberl à l'ambassadeur de France à Copenhague, qu'entre les grandi auxquelles le roi, notre maître, s'applique, celle des sciences n'occupe pas moins son esprit que toutes les autres qui regardent la guerre, sa majesté ayant ordonné à l'Académie qu'elle a établie pour les sciences de s'appliquer à quelques observations astronomiques, el [ui a.

t'aiic d'envoyer l'un de ses principaux membres m Danemark.

Sixmois après 15 janvier 1672), craignanl que l'abbé Picard, qui venait d'être malade, ne se hâtâl de revenir en France, Colbert lui écrivil :

Vous ne pouvez assurément rien faire de plus glorieux pour le règne du roi et pour la réputation de l'Académie des sciences que de travailler toujours avec la même assiduité et le même succès que vous avez fait jusqu'à présent. Mais, comme j'apprend- que vous vous disposez à revenir ici au commencement du mois prochain, et qu'il reste encore quelques observations à faire pour tirer le fruit que l'on s'est promis de votre voyage, je dois vous dire qu'il est nécessaire que vous restiez en Danemark jusqu'à ce que, par le compte que vous rendrez de votre travail à ladite Académie, elle puisse juger que vous aurez, entièrement rempli tout ce qu'elle s'est promis de votre exactitude et du choix qu'elle a fait de vous pour ce voyage ', el pour lors, je vous écrirai que vous pouvez revenir.

Si la protection de Colberl étail efficace el fructueuse, elle était aussi, on le voit, passablement despotique.

Chaque époque a, dans le domaine de la science, ses problèmes de prédilection, ses découvertes préférées; la mode était alors a l'asti- de. L'établissement de l'Observatoire répondit à cette noble curiosité. De bonnes lunettes étant surtout indispensables , le ministre pressa l'ambassadeur dV France à Rome d'en demander à

deux fabricants italiens renommés; il promettait, outrç le prix convenu, un présent considérable du roi. En 1679, l'abbé Picard s'était rendu à Brest pour faire de nouvelles observations sur le méridien. « Continuez votre travail avec grand soin, » lui écrit Colbert. Un autre membre de l'Académie, de La Hire, était aussi allé en Bretagne pour des études d'bistoire naturelle. « J'ai reçu la lettre par laquelle vous me donnez avis de la dissection que vous avez faite de quelques poissons, lui mandet-il. Continuez à en faire la recherche, et soyez persuadé qu'il n'y a point de temps mieux employé que celui-là. parce que ce travail sera fort utile, étant joint aux autres dissections qui ont été faites ef que l'on continue à faire dans l'Académie. » Et, quelques jours après : « Faites en sorte qu'il ne vous échappe aucun des poissons qui se peuvent pêcher dans toute l'étendue des côtes de Bretagne et de Normandie, et donnez-moi souvent de vos nouvelles, et particulièrement de la santé de M. Picard '. » Enfin, le 17 décembre 1679, il recommande encore à La Hire « de prendre bien garde de ne rien oublier pour rendre son travail le plus ample et le plus parfait qu'il sera possible. » Fontenelle raconte, de son -côté, que Colbert avait conçu le dessein d'une carte générale du royaume, plus exacte que les précédentes. Pour ce travail, Picard et La Hire auraient visité la Bretagne, la Guienne et la Provence -\ Trois ans plus tard

\ . Celui-ci s'étant cassé la jambe prés deQuimper-Corentin, CulLcil se tourmentait, selon une lettre à l'intendant, de le savoir incommodai et peut-être sans secours.

2. Eloge de Ln Hire. Voir, sur le projet de cette carte . un article 'le M. J. Bertrand dans le Journal îles Savantsdu mois de février 1 8GS : Les Académie^ d'autrefois.

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