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Lettres, t. Ier,*pièce n° 257, 2 paragraphe

bliothèques, notamment celle du savant Carcavy et une partie de celle de Fouquet, furent acquises au profit, de la Bibliothèque du roi.

De nombreuses lettres témoignent (on n'en sera pas étonné) des soins constants de Colbert pour augmenter et enrichir cet établissement. En 1662, averti qu'un amateur de Blois possède un recueil de pièces provenant des secrétaires d'État, il en demande un inventaire. L'année suivante, le premier président du parlement de Provence est invité à faire copier « les pièces les plus curieuses du trésor de la Cour des comptes et des archives du pays. » Quelques années après, un savant historiographe , Denis Godefroy, cherchait dans le trésor de la Chambre des comptes de Lille les titres intéressant la France, et Colbert voulait être tenu au courant de ses découvertes. Envoyé ensuite à Gand dans le même but, Godefroy reçut l'ordre, puisque la capitulation de la ville s'opposait à l'enlèvement des titres déposés dans la citadelle, « d'en faire sortir adroitement le plus grand nombre qu'il seroit possible. » Un membre de la Chambre des comptes de Navarre, le président Doat, ayant offert de faire dans les provinces du midi récemment annexées ce que Denis Godefroy faisait dans les Flandres, on l'autorisa à se présenter dans tous les trésors des chartes, aux archives des villes, archevêchés, évêchés, abbayes, prieurés, commanderies , avec pouvoir de se faire délivrer tous les titres conservatifs des droits de la couronne ou pouvant servir à l'histoire, pour en tirer copie. Exécutée avec ardeur, cette mission enrichit la Bibliothèque du roi d'un nombre considérable de pièces qui forment aujourd'hui, avec les fonds Dupuy, de Brienne, de Béthune, et ceux non moins importants de

Colbert el de Baluze, acquis postérieurement, les princi- I aies richesses du départemenl des manuscrits.

lue mine des plus fécondes, non encore épuisée malgré la persistance des recherches, celle des manuscrits orientaux, fui aussi exploitée. Le 1er avril L67i, Colberl recommanda à l'intendant des galères à Marseille le sieur Vansleb, qu'il envoyait dans le Levant, « particulièrement en Ethiopie, pour \ chercher des livres rares el autres curiosités quipouvoient servir à embellir la bibliothèque de sa majesté1. » Quelques mois plus tard, il donnait une mission analogue au consul français à Chypre. Le i juillet 1075, il reconnaissait que Vansleb avait acheté et envoyé un grand nombre de bons manuscrits. I ne autre lettre parle avec une satisfaction visible de quarante-trois livres hébreux et de vingt-deux en langue arabe provenant du mont Sinaï, sans compter diverses médailles et curiosités dont on annonçait l'envoi. Les manuscrits russes, indiens, persans, chinois, venaient en même temps, grâce à ses recommandations in-

ssanteSj enrichir la bibliothèque désormais célèbre du palais Ma/.aiïn 2.

1. On a le catalogue détaillé, dressé par Vansleb lui-même, des manuscrits qu'il envoya à Colbert pour la Bibliothèque du roi: ils s'élèvenl à 4.17. La mission de Vansleb fut, à ce qu'il semble, contrariée par le manque de fonds. Desservi auprès de Golbert, ai i mener une vie in il tomba en disgrâce, on ue sait

ji ste pour quels motifs, et mourut fort jeune, en 1679, à lïourron, près Fontainebleau. Des manuscrits laissés par lui ont été retrouvés el publiés par M. l'abbé Pougeois, curé de Bourron, qui s'est constitué son défenseur. J'igmore si M. l'abbé Pougeois a consulté les lettres adressées à Colbert qui se (ruinent à la Bibliothèque Nationale; il irest pas impossible qu'il y en ait de relatives a Vansleb.

2. On a vu que Colbert avait, en 1656, Fail nommer garde de la Bibliothèque du roi Nibolas Colbert, qui devint plus lard évèque de

Un des plus illustres érudits du dix-septième siècleT Baluze, qu'il avait attaché à sa propre bibliothèque, profitait, dans l'intérêt de ses travaux particuliers, de ces heureuses dispositions. Tantôt le ministre empruntait pour lui à l'abbaye de Saint-Gall des manuscrits qui devaient servir à son édition des Capitulaires ; tantôt il faisait faire des copies des principaux titres des abbayes situées dans les pays nouvellement conquis, « parce qu'il y avoit toujours, disait-il, beaucoup de choses curieuses pour l'histoire dans ces titres ; » tantôt il ordonnait de prendre aux archives de Nîmes des registres concernant les Templiers, le dernier schisme d'Avignon, et des privilèges royaux « pouvant être fort utiles à di-

Luçon, puis d'Auxerre. A sa morl (1676), il le remplaça par Louis Colbert, son fils. Mais le véritable garde de la précieuse bibliothèque fut un savant très-estimé, Pierre de Carcavy, assisté de Nicolas Clément, de Toul, qui a mérité d'un de ses successeurs les plus compétents, M. Léopold Delisle, ce bel éloge: « Nicolas Clément, l'un de ces hommes modestes et désintéressés dont les services, imparfaitement récompensés, méritent la reconnaissance de la postérité. » {Le Cabinet des m 'musants, etc., t. Ier, p. 264.)

A propos de Carcavy, M. Léopold Delisle cite ces lignes écrites par Colbert en marge d'un mémoire des manuscrits que le laborieux bibliothécaire avait copiés pour lui de 1063 à 1666 : « 11 ne se peut rien de plus satisfaisant pour moi que de voir ce prodigieux travail fait par du Carcavy. » [Catalogue des actes de Philippe- Auguste; introduction, p. xlvv Quelles bonnes paroles de la part d'un tel chef, et comment Carcavy et Nicolas Clément n'eussent-ils pas servi avec zèle un ministre qui se passionnait de la sorte pour leurs travaux?

Pour avoir une juste idée des accroissements et acquisitions de la Bibliothèque du roi en livres, en manuscrits grecs, latins, orientaux et en collections de toutes sortes, pendant l'administration de Colbert, il faut lire les excellents chapitres que lui a consacrés M. Léopold Delisle dans le Cabinet des manuscrits de lu Bibliothèque Impériale, I- Ier. p. 264 à 289; Je ne fais ici qu'effleurer le sujet au moyen des documents fournis par la correspondance.

vers ouvrages qui se faisoienl à Paris. » Si le procédé était arbitraire, l'intention étail louable. Le i~ novembre 1679, un trésorier de France à Montpellier, le sienr Boudon, chargé de recueillir les livres et manuscrits précieux du pays, étail invité à « visiter 1rs archives des principales églises el (les hôtels de ville, pour y reclirrrlier les anciens titres, actes et instrumens pouvanl servir à divers traités historiques auxquels sa majesté faisoit travailler. » D'autres lettres montrent l'> Ion achetant à

Toulouse, à Narbonne, à Carcassonne, de nombreux manuscrits, à 40 livres la pièce. En même temps, le premier présidenl de la Chambre des comptes de Paris recevail l'ordre de faire faire l'inventaire de toul ce qui pouvait servir, tant pour la conservation des domaines du roi que pour l'histoire. Enfin, au mois de juin 1683, les archives de l'hôtel de Jacques Coeur attirent l'attention de Colbert, el il demande qu'avanl d'en dresser l'inventaire, on lui indique ce qui pourrait s'y trouver de plus intéressant '.

l. Veut-on savoir les effets de cette libéralité el de ces préoccupalions incessantes? « Tous ces savants , dil M. Léopold Delisle Du e Tillemont, Etienne Baluze, .Iran Bouhier, l'abbé Decamps, Adrien de Valois, Jean Le Laboureur, La Thaumassïère, le Père Lecointe, le Père Dubois, Honoré Caille du Fourny) furent puissamment - par Colbert, el c'est à bon droii que Mabil-

lon lui a dédie le De re diplomatica. Le grand ministre de LouisXIV ne se borna pas à protéger 1rs érudits : jaloux de réunii dans sa biblioles plu- riches collections qu'un particulier eùl jamais possé dées, ilacquitde tous côtés de précieux manuscrits, el ni copier les pièces d'>ni il ne pouvait avoir les originaux. Ces travaux de transcription, dont Colbert suivait attentivement 1rs progrès, furent dirigés par de Carcavy el Baluze. Du Fourny el Vion d'Hérouval y apportèrent une active coopération. Les mesures prises par Colbert onl produil tïc\- - résultats. Nous leur devons un bon choix >\r- actes insérés

François Ier, Henri II, Charles IX, Louis XII, avaient eu le goût des médailles ; mais c'est Louis XIV, ou plutôt Colbert, qui fonda ce cabinet célèbre que la munificence de l'État et les libéralités privées grossirent à l'envi. « Dans ce temps-là, dit le savant Iluet, non-seulement les érudits, mais les grands seigneurs étaient dévorés de la passion des médailles, dont ils faisaient des collections, et l'illustre Colbert, dans le but d'enrichir le cabinet du roi, et aussi de garnir son propre médaillier, envoyait de toutes parts des gens à la recherche de ces précieuses reliques, qu'ils achetaient quelquefois un prix fou ' . » Il mandait, le 31 août 1674, à l'intendant des galères, à Marseille : « Sur ce que vous m'avez écrit qu'il y a un curieux à Aix qui a quantité de belles médailles, je vous fais ce mot pour vous dire de m'en envoyer l'inventaire, afin que, s'il s'en trouve qui méritent d'avoir place dans le cabinet du roi, je puisse vous donner ordre de les acheter pour sa majesté. » Transféré du Louvre à la rue Yivienne, près de la Bibliothèque, le cabinet des Médailles

dans les registres du Trésor des chartes, la copie des principales pièces conservées dans différentes archives du royaume et le texte complet de plusieurs cartulaires qui n'existent plus ...» Après avoir mentionné les collections Dont, de Flandre, des Cinq Cents de Colbert, des Mélanges de Colbert, M. Léopold Delisle ajoute : « En outre, beaucoup de recueils copiés pour Colhert sont disséminés dans l'ancien fonds de la Bibliothèque Impériale. Un grand nombre figurent encore dans le fonds de Sérilly. Plusieurs ne sont pas connus : tel est le complément de la collection Doat, dont Boudon avait été chargé; tels sont encore les travaux d'André de Saint-Nicolas, à qui Colbert, en 1678, donna « commission de rechercher, dans la généralité de Moulins, les titres et autres documents qui pourraient servir aux annales ecclésiastiques de la France... » [Catalogue et loe. cit.; Introduction} p. XLV.) 1. Mémoires de Huet, p. 168, traduction de M. C. Nisard.

s'accrut bientôt d'un grand nombre de pièces rares achetées à divers amateurs, ou rapportées du Levant par Vaillant, Vansleb, l'étisde La Croix, l'orientaliste Galland et l'ambassadeur Nointel. La création du cabinet des Estampes, collection unique au monde, date de la même époque. Le recueil d'un célèbre collectionneur, l'abbé de Marolles, en fut le premier uoyau, qui ne tarda pas à s'enrichir, outre les acquisitions nouvelles, des planches d'Edelinck, de Gérard Audran, de Nanteuil, de Sébastien Leclerc, d'Israël Silvestre et autres graveurs auxquels les victoires, les fêtes, les événements dé tout genre fournirent, jusqu'au momenl ou la guerre absorba tonl. d'inépuisables sujets de travaux '.

Les galeries de tableaux et de statues du Louvre doivent à l'universel ministre la plupart des chefs-d'œuvre qui les décorent, et c'est lui encore qui, en 1673, présida à la première exposition d'œuvres de peintres vivants, idée l'eeoiide à laquelle la France est en partie redevable de sa supériorité artistique. A l'avènement de Louis XIV, snii cabinet ne renfermait (tas deux cents tableaux; il y en avait deux mille cinq cents à sa mort3. Les

1. Essai historique sur la Bibliothèque du roi, pai Le Prince, ni niv. édit. par M. Louis Paris, p. jnT el suiv. puni- 1rs médailles, »iii el suiv. pour les estampes. — On trouve dans l'Histoire des plus cèltbres amateurs français, t. II : Jean-Baptiste Colbert, par M. Dumesnil, p. 252, l'indication des oeuvres gravées ayanl pour objet les fêtes el les principaux événements do règne de Louis XIV.

J. Sept salles du Louvre , dans le corps de bâtiment du bord de

l'eau, el quatre autres salles dans l'hôtel de Grammont, avoisinant, lurent disposées magniflquemept pour recevoir environ 2,500 tableaux, dont m de Léonard de Vinci, 16 de Raphaël, 5 de Jules Romain , 8 du Giorgione,23 du Titien, 18 de Paul Véronèse, 11 de Poussin. (M. le comte deLaborde, Exposition universelle de 1851; Beaux?

trésors amassés par Charles Ier, Mazarin, Jabach, le plus illustre curieux de sou temps et peut-être de tous les temps, avaient afflué, grâce à Colbert, dans ces galeries formées de la veille. Cependant l'Italie possédait encore des Corrége, des Raphaël, des Léonard de Vinci, qu'il convoitait pour le Louvre, et les consuls, les ambassadeurs à Venise, à Florence et à Home, avaient ordre de lui indiquer tout ce qui était à vendre. Comme il en enrichirait volontiers la France, si la guerre, la marine, les manufactures, mille charges diverses, ne l'obligeaient à calculer! « J'ai rendu compte au roi, écrit-il le Jo juin 1663 à l'ambassadeur à Venise, de Ions les tableaux de Paul Véronèse et du Titien que l'on pourroit acheter. Mais, comme le prix en est fort grand et que nous sommes à présent accablés d'une infinité de dépenses pressantes, si vous pouviez couler le temps pendant cinq ou six mois, en entretenant les particuliers dans l'espérance que l'on s'en accommodera, je vous ferois remettre alors l'argent nécessaire pour les acheter. » Ces tableaux lui échappèrent, à son grand regret; mais l'ambassadeur lui en signala d'autres qui donnèrent lieu aux mêmes recommandations. Un de ses agents particuliers, l'abbé Benedetti, faisait mouler à Rome les vases, les statues les plus célèbres, et lui écrivait (20 mai 1664) : « Je suis toujours en attendant quelque remise d'argent, ayant dépensé 338 doubles d'Espagne pour les quatre statues d'argent de la place Navone. » Plus tard, le directeur de l'Académie de Home, Cliarles Errard, fut chargé, conjointement avec l'abbé de Bourlemont, au-

Arts, p. 111.) Voir de plus amples et intéressants détails dans la No$ tice des tableaux du Louvre de M. Frédéric Villot, 1852, lre partie, Introduction.

diteur de rôle, de faire faire la copie de ce qu'il y avait de beau dans tous les genres. La villa Ludovisi aurait bien faitenvieau ministre, soil pour \ installer l'Académie, soil pour l'ambassade; mais on en demandail 748,000 livres, y compris les statues qui la décoraient, el H recula. Deux paysages du Dominiquiri, une toile du Pérugin, d'autres raretés qu'Errard acheta vers ce tempslà, le cniisnlèit'i]! un peu. Par ses ordres, la colonne Trajaneful moulée en son entier, opération immense à celte époque, et qui ne dura pas moins de cinq ans : malheureusement, les plâtres en furenl ensuite dispersés. I n célèbre buste de Jupiter el le fameux taureau Farnèse, nu des ornements actuels du musée de Naples, l'avaient aussi tenté; on y renonça, sans doute à cause (In prix. Sa recommandation la plus fréquente étail de « faire en sorte d'avoir en France tout ce qu'il > avoit de beau en Italie, » et c'est dans ce sens qu'il écrivait sans cesse à Charles Krrard, aux abbés Benedetti et de Bourlemont, aux ambassadeurs. En 1670, le comte d'Avaux lui avait proposé nu Titien; maison en avait déjà un assez grand nombre, et le prix de 12, 000 cens environ ISO. 000 livres d'à présent qu'on

en demandail. paraissait exorbitant. « Prenez bien garde, disait-il un joui' an directeur t\>' l'Académie de Rome, en lui ordonnant quelques achats, de ne vous en déclarer à personne et d'exécuter avec secrel l'ordre «pie je vous donne en cela, n'étant pas à propos d'en l'aire aucun celai et ne voulant pas même > mettre beaucoup d'argent, u Une autre fois, il envoie à Madrid deux peintres pour acheter une collection dont il voulail bien donner 250,000 livres. .Mais ce prix ne fut pas accepté. 11 fallut, bon gré mal cré, s'arrêter dans la voie de ces achats dispendieux, et, faute des originaux qu'on ne pouvait avoir, se contenter

de copies. Après avoir fait construire ces grands palais où les marbres précieux étaient prodigués, le moment était venu de les orner, d'y multiplier les statues et les tableaux, de décorer les jardins. Les richesses artistiques de l'Italie n'y suffisant pas, les tapis du Caire, les oiseaux de l'Inde et des colonies, les cygnes de Copenhague furent mis en réquisition. Soins minutieux de chaque jour, que Colbert ne laissait à personne, et qui le reposaient sans doute destracasseries de Louvois et du tumulte des affaires ! S'étourdissait-il en même temps sur les lointains murmures des populations auxquelles il fallait demander tant de sacrifices à la fois ?

Un recueil littéraire qui compte aujourd'hui plus de deux siècles d'existence dut le jour à son patronage, et fut fondé le 1er janvier 1665, par Denis de Sallo, conseiller au parlement. L'année d'avant, Colbert avait accordé à Mézeray un privilège pour un Journal littéraire général qui ne parut jamais. Le but du Journal des Savants était, suivant l'avertissement, d'informer le public « de ce qui se passoit de nouveau dans la république des lettres. » Ce cadre trop modeste ne tarda pas à être élargi : on critiqua les livres nouveaux ; Ménage et Gui Patin se plaignirent, et le bruit courut bientôt qu'à la suite d'un article contre la congrégation de l'Index, à propos d'un ouvrage sur les libertés de l'Église gallicane, la cour de Rome avait demandé la suppression de l'audacieux journal. Une lettre de Denis de Sallo à Colbert (mars 16G5) avoue d'autres embarras. « Je n'ai pas voulu différer plus longtemps à vous assurer qu'il ne se fera plus de journal. J'en avois donné le dessein, qui a été approuvé de tout le monde ; mais il a été si mal exécuté par les personnes que j'y

emploie, que j'ai été le premier à y trouver à redire. I»»' plus, j'ai toujours cm regret au peu de temps que j'y employois, puisque j'étois obligé de le dérober à l'histoire que j'ai entrepris de taire. Je prétends faire mon unique occupation de ce travail et vous en aller rendre compte dès que je pourrai sortir. » De son côté, le frondeur par excellence, Gui Patin, écrivit le Ier mai suivant à un ami : a Pour le Journal des Savans, on s'en moque ici, et les écrivains mercenaires se voient punis de leurs téméraires jugemens par leur propre faute.... Turdm sibi cacao/ un, /m, i. i) La suspension du journal fut d'ailleurs de courte durée. Colbert, qui en comprenait l'utilité, le rétablit au commencement de 1666 et en confia la rédaction à l'abbé Gallois, toul k la lois mathématicien, astronome, physicien, jurisconsulte, linguiste, qui lui enseignait, disaiton, le latin et le grec dans son carrosse, et que l'abbé de Choisy appelail pour cela le docteur à gages du ministre. Les marchands français des Échelles du Levant se plaignaient depuis longtemps de l'insuffisance des interprètes. Pour y remédier, le ministre lit décider lévrier 1670) que les drogmans seraient à l'avenir désignés par les marchands assemblés. Comme les sujets manquaient, l'édit portait qu'on enverrait tous les trois ans, aux frais de la ville de Marseille, six jeunes -eus chez les Pères capucins de l'.onstantinople et de Smyrne, qui leur apprendraient les langues du Levant. Quelques mois après, l'ambassadeur à Constantinople était informé que. l'intervalle de trois ans ayant paru trop considérable, les envois auraient lieu tous les ans: sollicitude louable, dont les résultats ne tardèrent pas sans doute à justifier les espérances de Colbert. Obérés de vieille date, les commerçants de Marseille se seraient volontiers passés d'une charge de 300 livres

par élève que leur imposait l'institution des Jeunes de langue; car, le 28 octobre 1672, il fut obligé de les inviter à envoyer aux capucins de Constantinople ce qui, leur était dû ; il les pria même de leur avancer, vu la pauvreté manifeste de ces religieux, la pension des élèves de six mois en six mois.

Une question d'attributions où le privilège de l'Université était en cause lui fournit l'occasion de préciser ses idées sur un point important. D'anciens édits réservaient exclusivement à l'Université l'enseignement supérieur du latin, du grec et de la rhétorique. Les maîtres d'école ne devaient montrer que la lecture, l'écriture, les éléments de la langue latine, sans pouvoir garder aucun élève audessus de neuf ans. On conçoit qu'une règle aussi contraire à la nature des choses était éludée, et par suite les privilégiés réclamaient. Au mois de mai 1675, l'Université députa à Saint-Germain son recteur, son syndic et son greffier. Chargé de les recevoir, Colbert répondit que l'affaire intéressait le roi plus que personne, l'avenir de l'État dépendant de la bonne éducation de la jeunesse; il approuvait donc (le monopole était la loi du temps) la requête de l'Université, et aviserait au moyen de lui rendre son antique splendeur. Cela dit, il émit l'avis qu'elle devait, de son côté, chercher à se réformer, que l'instruction donnée dans les collèges laissait fort à désirer, que les écoliers y apprenaient tout au plus un peu de latin, mais qu'ils ignoraient la géographie, l'histoire et la plupart des sciences qui servent dans le commerce de la vie. Or, ces connaissances fort utiles à la jeunesse contribuaient ensuite à la gloire et à la puissance de l'État. Il importait, par conséquent, que l'Université de Paris examinât si les plaintes formées contre elle étaient fondées, et eora-

m&oA on \ pourrail faire droit : plus tard, quand la paix

.ni conclue, il s'occuperait sérieusement des réformes

g( es nécessaires '. On a là L'esquisse d'un plan rationnel

iules, tracé parColberl lui-même. Commenl n'être pas

trappe de «t*t te part faite aux connaissance! usuelles, el

du !t'in|>s qui s'est écoulé avanl d'entrer résolument dans

la voie indiquée il > a deux >iècles?

L'intendant de Provence, saisi d'un beau zèle, avait fait fermer l'imprimerie arménienne de Marseille, pour un livre suspect sorti de ses presses. • Vous auriez pu attendre, lui écrivit Colberl 22 lévrier 1080), les ordres du roi, parce qu'il n'est pas bon, sous prétexte d'un abus, d'ôter ces sortes d'étabUssemens, n'j en ayant aucun, de quelque nature que ce suit, qui ne soit susceptible de beaucoup d'abus. » Toujours à l'affût de ce qui présentait un caractère d'utilité, il avait eu l'idée d'une sorte de manuel pour l'Usage des eaux minérales, et s'était l'ait envoyer par Riquet des échantillons de Baréges, de Balaruc.et des autres sources de la province, « pour coinioitre, disait-il, leurs différentes qualités et savoir à quoi elles étoient propres. » Celait devancer le temps, car à peine aujourd'hui, malgré les progrès de la science, cette louable pensée coinmence-t-elle à recevoir une exécution sérieuse. Un Collège anglais fondé vers la lin du seizième siècle, à Saînt-Omer, allait succomber; Cplbert le releva au moyen d'une subvention de 0.000 livres, promise depuis près

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