Le Parfait négociant, p
pour leur donner le moyen de rendre la justice gratuitement, aucun d'eux ne pourrai! prendre plus que les épices réglées par le président; que tous procès, laiii civils que criminels, seraientjugés par les juges ordinaires; que les jugements par commissaires seraient limides cas strictemenl déterminés, el qu'ils seraienl même interdits dans les cours où cel usage n'existai! pas: que les officiers du grand conseil pourraienl néanmoins juger par commissaires dans des cas égalemenl déterminés; enfin, que les avocats seraienl tenus de donner reçu de leurs salaires, sous peine de restitution el de rejel de la taxe des dépens. Un autre grand ministre, qui détestail la chicane el les chicaneurs au moins autant que Colbert, Sully, avail jadis voulu imposer celle dernière obligation au barreau de son temps; mais elle souleva, dit-il, une vive opposition de la part de trois ou quatre cents avocats, el Henri IV jugea prudent de céder1. Les temps étant changés, el le roi ayanl restreint jusqu'à l'excès peut-être, el au-delà des limites nécessaires, le pouvoir des parlements, on ne crut pas devoir se gêner davantage avec les avocats. Ajoutons que l'obligation à laquelle on les so citait était parfaitement juste,
et qu'une susceptibilité exagérée avail pu seule les ameuter contre une mesure aussi naturelle que celle qui avait été décrétée sur la proposition de Sully.
Mais quelle que lui la portée de cet édit, celui du mois de février l»'>7'( en eut, à ui\ point de vue différent, une plus grande encore, si les frais abusifs el les lenteurs de la justice, si les jugements par commissaires, au caprice des juges, étaient choses fâcheuses, l'incroyable multipli-