‹ Histoire de Colbert et de son administrationChapitre 43 sur 110 · Dcppiiii, Correspondance administrative, I. II, p · texte numérisé non relu

Dcppiiii, Correspondance administrative, I. II, p

JUSTICE ET POLICE

pable d'un meurtre, L'excuse « sur la nécessité de son emploi, » el demande ce qu'il doil faire en pareil cas '. Un mémoire au chancelier constate qu'à la date du it> oc- , quatre-vingts individus étaienl déjà enfermés dans les prisons de la ville. Enfin, un maître des requêtes annonce que les seigneurs du pays se faisaienl payer les corvées .h argent, qu'ils multipliaienl les péages sur li s routes el rivières, mais qu'on y a mis bon ordre -'. On a aussi te procès-verbal de ces assises extraordinaires, el l'on j trouve les mêmes désordres, le même mépris des justices locales, la même lutte engagée contre leurs représentants ;.

Parmi les intendances particulièremenl exposées à la tyrannie el aux déprédations des gentilshommes, figuraienl en première ligne celles de Bourges, de Limoges el de Poitiers. En Ki"2. l'intendanl de Bourges signale ane bande de dix-huit à vingl des plus mal famés, qui s'attroupenl en armes, assiégenl les châteaux, assassinenl les curés, détroussenl les passants. En était-il de même dans la Guienne, en 1679? <in le croirait, en lisant cette lettre de Colberl à l'intendanl : « Il n'y a rien de si importanl que de mettre partoul les peuples en repos e1 de punir sévèremenl les crimes qui seronl commis par les petits tyrans de province. » Enfin, le ministre écrit encore,

1. liil.l. Nat., ans., Mélanges Colbert, vol. L40, toi. t08 el lil bis,

2. Bibl. Mat., in>-.. Correspondance de Séguier, t. LXI, toi. 92 et 93; cité par M. Chéruel dans Saint-Simon, historien de Louis XIV, p. 149.

3. Un secrétaire du roi, Baudoin, Ql le recueil des arrêts de la

ire des Grands Jours de Puy-en-Velay. Le volume est dédié à Colbert, véritable chancelier en ce moment. (Bibliothèque de l'Insti . lut, oiss.j fonds Godefroy, 123.

le 9 janvier 1681, à l'intendant de Bourges, à l'occasion de condamnations prononcées contre des gentilshommes qui a\ aient volé sur les grands chemins : « Vous savez comhien ces exemples sont utiles et avantageux aux peuples. Ainsi, vous devez prendre tous les moyens nécessaires pour être averti ponctuellement des vols de cette qualité. Sur quoi vous devez même tenir correspondance avec les provinces circonvoisines. » Ni Bourges ni Bordeaux n'eurent de Grands Jours sous Louis XIV ; mais il semble qu'en 1665 l'influence de ceux d'Auvergne s'était étendue dans le Poitou, car l'intendant écrivait à Colbert : « L'épouvante est si grande, que tous les garnemens ont quitté leurs maisons et battent la campagne, ce pendant que les peuples respirent et donnent au roi mille bénédictions. » Sans doute, cette situation n'avait pas duré ; les méfaits, les crimes, les abus d'autorité avaient recommencé. L'intendant Foucault constate en effet qu'il y eut à Poitiers, en 1688, une chambre des Grands Jours, et que, contrairement à l'usage, elle fut entièrement composée de conseillers et de maîtres des requêtes 1 . Qui sait ? Les magistrats de la province étaient peut-être suspects ou même compromis, et le gouvernement craignit qu'ils ne fussent pour le moins des juges trop indulgents.

Si, dans le rayon de la capitale, les gentilshommes ruinés et besoigneux étaient tenus en respect parla royauté, il s'en fallait que les routes y fussent d'une, sécurité complète. En 1668, une bande d'assassins avoua quarante meurtres commis dans les forêts de Compiègne, Villers- Cotterets, Claye et Bondy. Quatre ans après, il est vrai, Colbert invitait le prévôt des maréchaux de Montfort-

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