‹ Histoire de Colbert et de son administrationChapitre 52 sur 110 · Mémoires, t. III, p · texte numérisé non relu

Mémoires, t. III, p

2. M. Chéruel, SaintrStmon historien, p. 430. — M. Chéruel ne cite pas son autorité : mais il a dû certainement remonter à des sources officielles.

eux à vingt-cinq ans, s'il si peut : Examiner toul ce qui s'c-t fait par le passé sur cette matière dans toute 11 s'il est nécessaire de recourir ou non à l'autorité du pape, ou si celle du roi suffit. El voir sur ce sujet toul ce qui s'esl passé dans le royaume depuis cinq ou six cents ans. — Examiner tout ce qui se peut faire pour réduire les dots de toutes les religieuses, qui sonl excessives. — Examiner si tons les couvens de filles onl pouvoir de pren Ire des pensionnaires en bas âge et avant l'aimée de la probation, pour défendre à tous ceux qui n'ont pas ce pouvoir, et le restreindre le plus qu'il se pourra à l'égard des autres.

Mais, comme l'envie de mettre îles filles en religion vienl des pères, faute de pouvoir donner des dots convenables à leurs Plies, il faut examiner soigneusement tous les moyens que l'on pourra pratiquer pour régler les dots des filles, en s.ute que les pères y puissent satisfaire, quelque nombre qu'ils en aient: étant certain qu'il n'y a que la comparaison desdots le> unes aux autres qui produise ce mauvais effet et que, si l'on peut parvenir à établir une règle générale, tout le monde s'y conformera sans peine.

Quelques-unes des mesures indiquées par Colberl avaient indirectement pour objet de relever l'industrie, le commerce, l'agriculture. Que ce plan dûl rencontrer dans certaines régions une vive opposition, il le prévoyait et s'y préparait; mais l'honnêteté, la moralité du but sérail son point d'appui, et d'ailleurs nul doute que le roi, plein de projets grandioses et, dans ce moment, peu accessible aux considérations mesquines, ne lui eût promis de le soutenir. Bientôt les idées se fixèrent, le système prit corps. Au mois de décembre 1666, en même temps qu'on s'occupait de favoriser les mariages ei d'augmenter la population, il lui question île reculer l'ordination des prêtres ù vingt-sept ans. les vieux des religieuses a vingt ans et ceux des religieux à vingt-cinq.

On se figure l'émotion que des projets de celte nature devaient causer dans le parti. D'après d'Ormesson, on avait allégué l'exemple de l'Angleterre et de la Hollande, où il n'y avait pas de couvents. Et il ajoute : « Cela étonne quelques gens. » Peu de temps auparavant, Colbert avai! écrit au cardinal d'Estrées que les nonces « cherchoient bien souvent à se faire valoir sur des bagatelles. » Or, il ne s'agissait pas ici de bagatelles , mais de choses sérieuses, importantes, qui touchaient à la liberté de conscience, et qui, à une époque où le clergé était considéré comme le premier corps de l'État, ne semblaient pas devoir relever de l'autorité civile. Il ne tarda pas à avoir la preuve que l'ancienne cabale s'agitait, et que les esprits s'échauffaient de nouveau. Cependant il persista, et l'avocat général Talon eut ordre de préparer l'édit. D'Ormesson, qui en avait vu le projet, dit qu'il établissait d'abord l'autorité du roi sur la police spirituelle, et qu'il traitait les religieux de gens oisifs et inutiles à l'État; que, reprenant les termes de l'ordonnance d'Orléans et dérogeant à celle de Blois, il défendait aux communautés de recevoir des pensionnaires, d'accepter des dots ou des pensions à moins d'une nécessité bien établie (et en ce cas la pension ne devrait pas excéder 300 livres), enfin de prendre <\v> religieuses plus que les maisons n'en pourraient nourrir ; à cet etlét, les supérieures donneraient un état de leurs biens, afin que le roi réglât le nombre des filles qui y seraient admises. « L'on dit, observe d'Ormesson, que le nonce a parlé au roi et que toutes les maisons religieuses sont fort alarmées '. » Les Jésuites, et à leur tète le père Annat, confesseur du roi, le père Rapin, le père

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