M. Gérin, loc. cit., p. 53; mss. de Saint-Sulpice
lier Le Tellier, de son fils Louvois, du secrétaire d'Étal Châteauneuf, chargé des affaires religieuses. On va dorénavant le voir à l'œuvre. La lettre des évêques au pape il été fort mal reçue à Rome. Il y répondu indirectement, le 1er janvier 1681 , par un bref adressé au chapitre de Pamiers, le siège vacant, bref attentatoire au concordat, et dont les dispositions violentes durent causer à la cour une vivo colère. Non-seulement le pape j excommuniail 1rs grands vicaires de Pamiers établis par le métropolitain (l'archevêque de Toulouse) elle métropolitain lui-même, mais il déclarait encore que toutes les confessions à des prêtres tenant leur mission de ci grands vicaires étaient nulles; que les mariages contractés devant les prêtres ou curés qui n'exerceraient leur ministère qu'en vertu des pouvoirs accordés par ces grands vicaires, étaient, nuls, et que ceux qui auraient contracté cette manière, ne seraient point véritablement mûries, et vivraient dans le concubinage * .
Il eût fallu moins que cela pour faire perdre patience à
un roi 1. plus endurant que Louis XIV. Aucun
iment officiel ne constate l'effet produit par ce bref,
véritable brandon de discorde lancé en pleine civilisation,
pour de mesquines querelles, au milieu d'un royaumi
ntiellemenl catholique, au i tenl même où l'on j
prenait les mesures les plus arbitraires, les plus coupabl pour détruire l'hérésie; niais les actes suivirent de près. Dans les premiers jours du mois de mai 1681, une réunion de dix archevêques et de quarante évêques eut lieu à Paris. On l'appela la petite assemblée, et elle ne tint que
1. Histoire de Bossuei, par M. de Beausset, I. II, liv. vi, p. 118.
quatre séances. Dans la première , elle décida, après avoir entendu plusieurs discours sur la situation, et tout en protestant de son respect pour le saint-siége, qu'il fallait maintenir avec une fermeté inébranlable les droits et la liberté de l'Eglise gallicane. Les discussions sur la régale et sur l'affaire de Charonne furent suivies de votes analogues. Enhardie par des adhésions aussi explicites, la cour prit le parti de convoquer une assemblée spéciale, qualifiée de concile national dans quelques documents officiels, avec le projet d'y poser la question de principe, de tracer une fois pour toutes la ligne de démarcation des deux pouvoirs, et d'en finir, si c'était possible, avec ces menaces d'excommunication , épouvantait d'un autre temps, qui troublait encore les peuples. Cette assemblée ayant à prononcer sur des matières d'une telle gravité, le gouvernement donna aux élections des soins particuliers, où perce une préoccupation excessive des résultats. L'archevêque d'Aix, opposé aux projets de la cour, ayant refusé de réunir l'assemblée provinciale qui devait élire les députés, Colbert écrivit à l'intendant (23 août 1681) de s'entendre avec le prélat et de se passer de lui au besoin. Cet ordre était accompagné de la copie d'une lettre du roi à l'archevêque, portant que, maître de réunir le clergé toutes les fois qu'il le jugeait convenable pour le bien de l'Église ou de l'État, il l'invitait à convoquer immédiatement l'assemblée provinciale. Le 16 septembre suivant, Louis XIV prévint les agents généraux du clergé, par une lettre contre-signée Colbert. que, sur la demande des archevêques et évêques désireux « d'aviser aux moyens de maintenir les libertés de l'Église gallicane et la juridiction contre diverses entreprises de la cour de Rome, » il avait autorisé la réunion pour le 1er octobre d'un concile natio-
nal, composé de quatre députés par province1. S'il y eut des sollicitations, cène putêtre que il»' la pari d'un petil nombre de prélats; on aimerait donc à voir dans ces communications plus de franchise. Une lettre de Colbert a l'archevêque de Rouen nous initie aux manœuvres qui furent employées pour avoir de lions députés : « Le roi étant persuadé que M. l'évêque de Lisieux peut convenir davantage, dans la prochaine assemblée générale du clergé, qu'aucun autre de vos évêques suffragans, sa majesté m'a ordonné de vous écrire que vous lui ferez plaisir de faire en sorte qu'il soit nommé pour député dans l'assemblée provinciale que vous devez incessamment tenir. » L'évoque de Lisieux étanl tondit' malade, c'est encore Colbert qui désigne à l'archevêque de Rouen celui qui devra être élu à sa place. On a la preuve que les mêmes instructions furent données à Aix, à Toulouse, à Valence, et il est permis de croire qu'il en lui ainsi dans tous les diocèses. Réunie le 9 novembre 1681, l'assemblée fut saisie, le 24, du projel de déclaration sur la puissance ecclésiastique et i\c^ difficultés sur la régale; deux jours après, elle nommait une commission pour examiner les poiids en litige; le 3 lévrier, elle donnail son avis sur la régale; le 19 mars suivant, elle volait les quatre articles se réduisant à deux principaux, résuméscomme il suit par l'abbé Fleiiry : « La puissance temporelle est indépendante de spirituelle; quant à la puissance du pape, elle n'est pas tellement souveraine dans l'Eglise, qu'il ne doive observer les canons, que ses décisions ne puissent être examinées,