Ni uscules, p. J i
tés et des suites, et que Colbert la fit prévaloir malgré eux1. Un troisième témoin, non moins bien placé pour voir et savoir, l'ambassadeur vénitien Foscarini, écrivit à son gouvernement que l'assemblée du clergé avait été convoquée, dirigée et dissoute suivant les convenances et les inspirations du ministère 2.
La déclaration de 1682 avait donc été une affaire purement politique, et il faut bien se résigner à reconnaître, puisque c'est la vérité, que le clergé, Bossuet en tête, bien qu'en principe il approuvât les quatre articles, ne fit que céder à la pression de la cour. Les actes qui suivirent prouvent qu'une fois les articles votés, rassemblée fut tenue pour rien. La déclaration, envoyée le lendemain au parlement, y fut enregistrée le 24, sur la proposition formelle du procureur général. Mais un bref du pape du 11 avril cassa la délibération du clergé du 3 février, qui approuvait les dernières déclarations du roi concernant la régale. On a prétendu que c'est ce bref qui provoqua les quatre articles : erreur flagrante, puisqu'il est postérieur de vingt-deux jours. Conçu en termes sévères, imprimé aussitôt et vendu clandestinement dans Paris, le bref fut signalé par Colbert à La Reynie, avec ordre de rechercher et de châtier l'imprimeur. L'enregistrement de la déclaration du 19 mars à la Sorbonne suscita bien d'autres ennuis. Elle était accompagnée d'un édit dont les prescriptions parurent avec raison excessives à la Faculté. Outre qu'il faisait défense d'enseigner ou d'écrire rien de contraire aux quatre articles, il stipulait
1. Ceci n'est pas tout à fuit conforme à ce que raconte l'abbé Fleury; mais les différences ne portent que sur des détails.