‹ Histoire de Colbert et de son administrationChapitre 62 sur 110 · Jal, Dictionnaire critique : Protestants · texte numérisé non relu

Jal, Dictionnaire critique : Protestants

fin, en 1681, lorsque le vent tourna aux mesures de rigueur et que Colbert n'eut plus qu'à obéir, il pria l'intendant de chercher à convertir Van Robais, dans l'espoir que son exemple entraînerait ses ouvriers, huguenots comme lui, et qu'alors cette manufacture, objet de sa prédilection, n'aurait plus rien à craindre même après sa mort * .

Cependant, à mesure que Louis XIV avançait en âge, que sa fougue s'apaisait, que Mme de Maintenon gagnait le terrain perdu par Mme de Montespan, d'autres idées plus en rapport avec l'éducation religieuse que le roi avait reçue se faisaient jour dans son entourage et renouvelaient insensiblement l'atmosphère de la cour. C'est alors que furent sérieusement étudiés les projets, caressés depuis longtemps, de ramener la France à une religion unique. Jusqu'à la révocation de l'édit de Nantes, les évêques avaient, paraît-il, à leurs ordres, des gens de condition médiocre, instruits tant bien que mal à la controverse, qui allaient disputer dans les prêches. Un manuscrit contemporain contient à ce sujet le curieux fait qu'on va lire : «Le 9 juin 1666, Jean Moreau, controversiste de Nosseigneurs du clergé de France, traitant à présent la controverse en la ville de Poitiers, sous le bon plaisir et autorité de Monseigneur de Poitiers, fut reçu et agréé maître cordonnier, avec exemption de droits 2. » Ainsi, la prédication servait de marchepied à la maîtrise ! Mais ce

1. En 1684 (Colbert était mort), les ouvriers de Van Robais furent inquiétés pour leur religion et menacèrent de quitter la France. L'intendant de la province reçut l'ordre de se rendre auprès de Van Robais, pour l'assurer que les ordres relatifs à la religion ne regardaient ni lui, ni sa famille, ni ses ouvriers.

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