Mémoin ' nir la cour de Louis XV, publiés par
MM. Dussieux et Soulié, t. II, p. 333.
charge de ruiner le royaume, et qui veut encore le ruiner parce que je le veux sauver.
J'avois vu, clans la guerre dernière, que toutes les fois qu'il étoit question de faire marcher des corps de troupes et des recrues, celui qui avoit l'autorité de votre majesté en main et le secrétaire d'État de la guerre cherchoient avec celui qui avoit soin des finances, tous les moyens possibles pour ne le pas faire; et, quand cela ne se pouvoit éviter, on cherchait tous les expédions pour en faire le moins et pour éviter la trop grande charge des peuples.
On croyoit faire quelque chose de considérable de sauver de logemens et de passages une province, et aussi l'on écoutoit favorablement les habitans des villes quand ils venoient se plaindre, et on rendoit justice sévère sur les officiers et sur les troupes; au lieu qu'à présent aucun habitant des villes n'ose plus se plaindre, parce que tous ceux qui sont venus ont été traités de coquins et de séditieux, et les peuples ont appris ces mauvais traitemens qui ont été prononcés par celui qui parle au nom de votre majesté.
Ainsi, dès I6GG, la lutte était déjà ardente et bien engagée. Ajoutons que, les situations et les caractères étant donnés, les causes de conflit abondaient, fatales, inévitables. Comme contrôleur général, Golbert était chargé de passer les marchés pour le logement des troupes, les étapes, les vivres, les hôpitaux, et, tout naturellement, il le faisait avec une économie qui devait souvent paraître excessive au secrétaire d'État de la guerre '. On ne comprend plus aujourd'hui une pareille confusion d'attributions ; elle n'était pas la seule. Je citerai notamment la répartition des places fortes du royaume entre Louvois et Colbert, qui, par suite, avaient chacun leur corps d'ingénieurs. L'histoire n'apprend rien de nouveau quand