‹ Histoire de Colbert et de son administrationChapitre 70 sur 110 · Mémoire daté de 1G · texte numérisé non relu

Mémoire daté de 1G

se donner d'une épée au travers du corps. » Il ajoutait que ces résolutions étaient exécutéesà l'improviste, pour engager el contraindre le mi à les soutenir. Il s'élevail ensuite contre L'augmentation sans mesure du porl des lettres, augmentation toul entière du fait de Louvois, < i u i , en sa qualité de surintendanl des postes, élevail les tarifs à son gré. 11 parlait aussi des plaintes secrètes des marchands, et prétendait que les plus riches quittaient le royaume pour éviter une ruine complète.

Une scène d'une vivacité singulière eut lieu deux ans après, en plein conseil; elle es! déjà connue, mais il est indispensable de la rappeler. Le :2i avril 1671, Louis XIV écrivit à Colbert : « Je fus assez maître de moi, avanthier, pour vous cacher la peine d'entendre un homme que j'ai comblé de bienfaits comme vous, me parler de la manière que vous faisiez... » 11 s'agissait évidemment d'une lutte nouvelle entre les deux ministres prépondérant, car, le surlendemain, en réponse à une lettre de Colbert, malheureusement perdue, le roi lui écrivit encore . « La préférence que vous craignez que je donne aux autres ne doit vous faire aucune peine: je veux seulement ne pas faire d'injustice et travailler au bien de mon service...» Un an plus tard, à la mort du chancelier Le Tellier aurait voulu le remplacer, et Ton crut qu'il allait y réussir; mais Colbérl dit au roi que. s'il en était ainsi, il ne pourrait plus le servir, attendu que Le Tellier seraii contraire a toutes ses propositions '. Lu 1077 pourtant, les sceaux, redevenus vacants, furent donnes à Le Tellier. C'était un échec pour Colbert ; il ne larda pas Lever. Prévoyant la disgrâce du ministre

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