‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 118 sur 160 · LIVRE CINQUIÈME. sgS · texte numérisé non relu

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ne pas donner un tel découragement à la Kpiiblique et à ses amis. Lambert etHarrisson se répandirent en regrets et en expressions honorables. « Que voulez -vous que je fasse, . « répondait Fairfax ; tant que ma conscience « me le permet, je veux me joindre à^ vous « dans le service du parlement ; mais personne «r de vous ne voudrait s'engager à un devoir ff qui ne satisfait plus la conscience. Telle est « ma situation. » U est facile de présumer que Fairfax, après une trop longue patience, se lassait enfin d'une autorité précaire et dépendante. Les hommes faibles, lorsque , poussés. k Textrême, ils prennent enfin une résolution décisive , craignent encore d'en avouer ouvertement le motif.

Ludlow convient (i) que cette fois il se laissa prendre à l'air naturel que Cromwell.

mit )dans son rôle , et qu'il l'engagea beaucoup à ne pas manquer au service de la nation, en refusant aussi le commandement, par politesse et par humilité. Du reste , Ludk).w vit bientôt Iq

(i) LudloVs memoirs, t. i, p. 3x5.

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dénouement de cette comédie. La chambre ^ après avoir entendu un rapport sur la répugnance du général pour Texpédition d'Ecosse,

fit de nouveaux efforts .près de lui. Faîr&x i65o, . .

renvoya sa commission. Il fallait un général,

et l'on ne pouvait choisir que Gromwell ; il fut nommé sans contradiction et sans délai.

Il n'eut pas cette fois un seul scrupule d'humilité, et pressa tout pour la guerre.

Il paraît qu'avant son départ il crut nécessaire de gagner et d'éloigner ce même Ludlow^ facilement trompé parce qu'il était de bonne foi, mais toujours redoutable par son talent et sa fermeté. Il se plaignit d'apercevoir en lui quelques signes de froideur, et le pria de s'expliquer ( i ) dans un libre entretien. S'étant rencontrés au sortir du conseil-d'état, ils passèrent ensemble dans la salle des gardes de la Reine, pour s'entretenir sans témoins. Ladiow ne déguisa pas les craintes et les griefs des repu* blicains ; l'ancienne disposition de Gromwell à traiter avec le Roi ; la punition de quelques

(1) Ladlow*s memoirs, v. x ^ p. 317.

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agitateurs qui réclamaient les droits du peuple , ajoutant que, « malgré d'autres faits qui lui a avaient déplu , il avait toujours espéré que c Cromwell et ses amis seraient conduits par « la force des principes à faire ce qui s'accor- « dait avec rétablissement d'une république , ce et le bien du genre humain, i» Cromwell justifia par la politique certaines mesures qui paraissaient extraordinaires à ceux qui , pour le traverser, s'exposaient à se perdre euxxnémes avec la cause publique. « Il n'avait rien « de plus à cœur que de voir l'institution de « la république, seule barrière contre la fa- « mille royale. Il ne doutait pas que Dieu ne «( voulût délivrer son peuple de tout fardeau ; <c la prophétie du psaume 1 1 o allait s'accomplir. <K Dans cette espérance , il consacrait une heure « chaque jour à la méditation de ce psaume, d Ensuite, pour flatter la manie de l'indépendance adoptée par Ludlow , il déclara « qu'il « voulait travailler à l'entière réforme de l'église a et des lois. Mais les fils de Zerviah sont trop « forts pour nous. Nous ne pouvons parler de la « réforme des lois , qu'ils ne s'écrient aussitôt

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« que nous voulons détruire la propriété ^ « tandis que la législation actuelle est utile « seulement pour maintenir les jurisconsultes, « et pour encourager le ridie à opprimer Je «c pauvre. » Cette plainte le conduisit à parier de rirlande et du mode de justice qu il venait dy introduire. « L'Irlande , dit-il , était un pa* « pier blanc, il était facile de lui donner des « lois nouvelles conformes à la justice. » S'at^ tachant alors à Tidée de l'Irlande, il consulta Ludlow sur le choix d'un nouveau commissaire à envoyer dans cette ile,pour seconder Ireton. Le lendemain (i) il désigna Ludlow pour cette* mission. C'est ainsi que ce zélé républicain fut écarté du parlement

Après avoir réglé l'administration de llrlande , et l'éloignement de Ludlow , le 19 juin ^ Cromwell partit pour l'armée destinée contre l'Ecosse. Il destitua (2) quelques officiers qui, hésitaient à servir contre leurs frères d'Ecosse, et se mit en marche. Les déclarations et les

(i) The Parlîamentary history, ▼. xix, p. ffoô. (ï) Whitelocke*8 memorialsy p. (So.

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plaintes mutuelles annonçaient Fouverture de la campagne. Les Écossais publiaient que €fomweIl venait pour conquérir et partager '' l'Ecosse à ses soldats, et que les Anglais deyaient passer les hommes au fil de l'épée , et brûler le sein des femmes avec un fer chaud.

Arrivé sur la frontière , après avoir fait un discours à ses soldats, pour leur promettre les, bénédictions du Seigneur, Cromwell entra en Ecosse aux acclamations de l'armée. Tout avait fui, tout était désert par la terreur que les ministres avaient répandue siu* les cruautés des Anglais. L'armée écossaise, forte de treatesix mille hommes, était sous les ordres de Lesley, général expérimenté, qui avait résolu d'éviter un combat décisif.

Un monument singulier de cette époque (i), c'est une déclaration de l'armée de Cromvrell, adressée à tous les saints de l'Ecosse, à tous ceux qui partagent la foi du Seigneur. Elle fut bientôt suivie d'une proclamation au nom seul de Cromwell. Deux jours après, Cromwell

te

(i) The Parliamentary history, v. xzx, p. 298.

igS HISTOIRE DE CROMWELI.

fit publier une réponse à 1 église d'Ecosse.

Tous ces manifestes sont de petits traités de théologie mystique. L'armée anglaise arriva sans combattre jusqu à Edimbourg. Les hauteurs de cette yille étaient occupées par les troupes écossaises. Cromwell ne réusât pas à les tirer de leurs retranchements et à les engager dans une bataille générale ; il obtint seulement Tavantage dans quelques charges de cavalerie. Dans une lettre (i) au parlement ^ Cromwell suppose que les ennemis se refusaient au combat par Tespérance d'affamer soo armée. Il parait que Charles était alors à l'armée d'Ecosse, a Nous savons, dit Cromwell dans « sa lettre, que leur jeune Roi regardait ce mou- « vement, et qu'il était très-mécontent de voir « que leurs soldats ne se battaient pas mieux. » Les ministres presbytériens fatiguaient leur armée de prières et de révélations divines»

Mais tout le zèle de ces prêtres n'avait pas la puissance de l'enthousiasme et de l'épée de Cromwell. Us avaient beau faire; leurs

(i) The Parliamentary history, y. xix, p. 319.

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