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long- temps retardé, on est disposé à croire que le génie des révolutions serait plus traitable, sHl était arrêté, dès Forigine, par une judicieuse condescendance, et que la sagesse pourrait accomplir un changement politique qui ne fut pas souillé de sang. Ce sont là les espérances que les moteurs des révolutions doivent se figurer, pour ne pas frémir de l'ouvrage qu'ils entreprennent Mais comment supposer qu'un roi abandonne , avec indifSé* rence , ce qui est vivement attaqué , et qu'il n y ait pas autour de lui une résistance me* surée sur les usurpations qui le menacent ?
Dans ce premier mouvement qui agite les peuples, les novateurs ne sont pas appaisés, même parleur succès. A dé&ut de résistance, ils s^irritent contre le regret qu'ils soupçonnent. L'esprit de révolution est un esprit de conquête; il avancerait toujours sar le terrain qu'on lui aiuait cédé; il avancerait par défiance et pao* ambition, et il atteindrait, de proche en proche, un dernier point où la guerre éclaterait. On doit long-temps hésiter, avant de reprocher à l'inflexibilité de Charles
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des malheurs que sa faiblesse même n'a pas détournés. Mais , pour la justification des premiers hommes qui s'élevèrent contre la prérogative royale , on ne peut nier que l'esprit de changement ne fut, à cette époque, r^andu dans toute la nation. La faculté de dissoudre les parlements est un appel au peuple , une seconde expérience sur la volonté nationale. Si le peuple renvoie toujours les mêmes hommes, ou des hommes animés des mêmes sentiments, il est manifeste que le principe de la résistance est en lui. Ainsi, quoique les révolutions ne s'achèvent que par 1640. |çg mains d'une faction, elles commencent sous le nom de réforme, avec le suffrage public; et c'est pour cela qu'elles commencent
Un écrivain royaliste (i) n'a point hésité à dire , en parlant de la formation du long parlement : « Aucune époqiie n'a produit de plus tf grands hommes que ceux qui siégeaient dans « cette assemblée ; ils avaient les talents et les « intentions nécessaires pour rendre la patrie
(i) WeUwood*5 memoin, p. 4a.
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« heureuse , si , par un £ital enchaînement de ^ ce circonstances, l'Angleterre n'eut pas été mûre c pour sa ruine, t» Les premières démarches de ce parlement parurent en effet légitimes et sages. On réclama contre les taxes arbitraires et les sentences des cours spéciales. On peignit yivement les nombreux abus du pouvoir absolu, et, ce qui était une grande mais juste punition de l'arbitraire , le même langage se retrouva dans la bouche des bons citoyens et dans celle des factieux. Parmi les antagonistes les plus ardents du pouvoir absolu , parurent d'abord des hommes qui s'associèrent depuis à l'infortune de Charles. Tel était sir Edward Clarendon , historien de cette guerre , qu'il a flétrie du nom de rébellion , attaché à la cou^ ronne par naissance et par devoir , ami fidèle de Charles, mais qui se souvenait alors, avant tout, que son père mourant lui avait recom-> mandé les libertés de la nation.
Tel était lordFalkland(i), ce sévère adorateur de la vérité , duquel on a dit qu'il ne croyait
(i) Clarendon'» hislory, p. m.
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pas la dissimulation plus permise que le vol ; Falkland, ennemi de la Cour, sujet fidèle par 4 obéissance ài la loi , mais aussi ne pouvant pardonner ni au roi ni à personne la violation de la justice, et pénétré d'un respect naturel pour tous ceux qu'il en croyait les soutiens; zélateur empressé des droits du paiiement, incapable de persévérer dans cette cause , du moment où il y soupçoanenôt moins de franchise et de candeur qn'il n'en svait lui-même. Parmi ces généreux (i) contradieteurs du. pou voir , on eomptail encore lord Capel j qui , lorsque l'opposition 9'avança trc^ loin, IcM'sque les droits légitimes da tràne pararent ai péril, se range» près de Charlei oppnnié , et s'arra* chant à tous les engagements dfmie opulente fortune et d'une heureuse £xmille y jeta ses richesse» et sa vie au milieu de cette affirense guerre , défeciditl Cotcke»ter avec tant de courage; et, conduit à t'écha&ifid , mourut en recommandant aux Anglais de pleurerCharlesr'.
(1) A crîtical revfew of iBe poTitical lîfe of Cromivctt, by John Banks, p. xo.
et de rappeler Charles II. Enfin presque tous les membres du parlemept qui prirent les armes pour Charles, avaient, dans ces premiers moments, manifesté la résistance, qui était alors le vœu de l'Angleterre.
Mais il se trouvait aussi dans la chambra des communes d'autres hommes, qui, souf l'apparente unanimité d'une oppo3itiQn vrajt* ment qationale, cachaient de plus profond;!
desseins. Le sentiment secret de ces hopimes était l'horreur de toute primauté politique et religieuse. Ils ne savaient pas, ils ne c£|lcu-* laient pas jusqu'où irait leur puissance de dé-*, traire; mais Us avai^it une volonté i|ifle:vil>l9 et une haine inexorable. Quelque ->un£i n^ reconnaissaient d'autre religion que Iç d^ûioe^ Ce parti, le moins nombreux de tous, se dia^ tinguait par la supériorité des caractères. Il comptait quelques âmes stoîque& épiM^ às^ la liberté à la maniève des héros de Plut^M^e, et profondément ixfedigpéqs de ce qju'dles. apr pelaient l'esdavagç et la superstition de lews concitoyens. Le chef de ce parti était Sidn^; républicain violent et iqcoiruptibje plein, dix /. 3
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génie de rancienne Rome , il fit la guerre k Charles V^j comme il eût conspiré coûtre César.
Des hommes non moins redoutables pour le trône, c'étaient les sectaires, qui croyaient, en sapant le pouvoir de Charles, accomplir Une œuvre pieuse, et portaient dans cette lutte l'autorité de leurs mœurs, la persévérance de leur conviction, et la chaleur de leur enthousiasme. Le plus dangereux de tou^ était Pym , long-temps exercé dans les affaire^ et dans les parlements, et mêlant toujours leâ formes modérées de la dialectique à Tachar-f nement le plus opiniâtre. Les Anglais vénèrent encore la mémoire de Hampden : mort trop jeune pour avoir eu le temps de se démentir, il laisse douter s'il entra dans la guerre civile par ambition ou par vertu.
Henri Vanes, d'un esprit supérieur, d'une dissimulation profonde, d'une éloquence forte et vive , avait de bonne heure agité et gouverné les hommes par l'enthousiasme religieux. Mécontent de l'église nationale , il était passé à la Nouvelle-Angleterre, le refuge de toutes Jbs croyances. Ses talents le firent nommer