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la chose publique , reprend l'étemel reproche fait au parlement d'envahir toutes les places et tous les honneurs au préjudice de l'année, dont il peint le mécontentement et la ré- Âstance. Ce partage inégal, la corruption et l'iniquité du parlement, la vie scandaleuse de ses principaux membres, lui paraissent menacer fÉtat d'une ruine inévitable, à moins qu'il ne s'élève un pouvoir assez fort pour redresser tant d'abus. Whitelocke alléguant, que le parlement ne peut être redressé , puisqu'il est la suprême autorité (i), Cromwell laisse échapper toute son ambition dans ces mots:
et si quelqu'un se faisait Roi, Whitelocke qui cédait volontiers à la force, mais qui tenait beaucoup au maintien des formes de la liberté , prouve très-bien que Cromwell n'a pas besoin de ce titre. « Vous possédez déjà, djt-il , tout le ce pouvoir militaire comme général ; votre in- «c fluence détermine les nominations dans le « civil. Sans que vous ayez le privilège d'un « vote négatif, les lois que vous n'approuvez
(i) Whitelocke's memoriaU , p. 5a4-
3^0 HISTOIRE DE CROUWELL.
« p9LB sont taranent admises; les taxes une fois « établies vous dispoaeE de l'arg^it; quant aux « afiaires du dehors ^ si le cérémonial des am- Cl bassades s'adresse à la chambre^ c'est de vous « que dépend le suécès. C'est près de vous que « se font les démarches particulière des mi- « nistres étrangers. » Crorawell, dans sa réponse à cette objection qui n'avait pas du lui déplaire , parait croire , d'après d'an<îiéns exemples, qUé le titfe de Roi donnerait plus de stabilité k ses actes , et plus de sécurité à ses partisans. Mais Whiteloke ayant prouvé sans peine que ce titre ne serait pas une ^uraiitîe contre la victoire du parti conU'aire , ne craignit pas d'ail» plus loin, et de moiitner que cette âihbition di|i général changeait la question politique ^ et qu'au lieu de laisser le débat entre la ûiotiarchie et la liberté , elle 1^ transpoï*tait sur un terrain moins fevcNcable entre Cromwell et Stuart. Ce parallèle conduisit Whitelocke à unô révélation plus hardie.. Après •avoir exposé les périk de l'État , les jalousies , les inimitiés qui environnaient Cromwell, il lui conseilla de profiter de la mauvaise for-
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tune de Charies fl, pour lui rendre avec avantage un trône qu'il ne pouvait garder.
« Vous pouvea , lui dit*il , par un taraîté secret^ w assurer votre fortuqe et celle de vos amis.- <c Vous pouvez donner à vous et à votre pos-> « térité autant de grandeur et de consisUnce , « suivant les probabilités humaines^qu'un sujet « en a jamais obtenu. Vous pouvez donner au ce pouvoir monarchique des limites qui garante tiront nos libertés civiles et religieuses, et la c< cause dans laqt^le nous sommes tous en* fc gagés. 11 vous suffira, pour alteihdré ce but^ m de conserver dans vos mains le commande- « ment de la milice. » Cromwell , sans paraître oflfensé dTun semblable consul, rompit la cou'- Versation , et depuis lors il rechercha beauco«^ moins l'entretien de Whitelocke, et fut avec lui firoid et peu commumcatif , jusqu'au moment où il trouva l'oocasioci de Féloigner par une ambassade. Du reste, «on ne doit pas s'étonner qsie ce <x)nseil ak mal réussi , et l'on n'y reconiiak pas le grand sens de Whitelocke. Les garanties oiéme cfu'il voulait ménager dans une pareille transaction en prouvaient rabsur**
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dite. Cromwell ne se serait jamais fié au pardon , ni Charies au repentir. Le Roi aurait redouté les sauvegardes qu'il aurait accordées. La politique est plus sévère que la religion : il y a pour elle des crimes inexpiables^ et des conversions impossibles, parce qu^en doit les supposer telles.
Cromwell , qui ne voyait avec raison de sûreté personnelle que dans la grandeur de son pouvoir, et qui cherchait seulement quelle forme il donnerait à ce pouvoir, renouvela , dans d'autres occasions, l'épreuve qu'il avait Êtite sur l'esprit de Whitelocke. Quelques ministres puritains de Londres qu'il consulta sur son projet, le trouvèrent illégal et impraticable. Il discuta tranquillement le premier point, et leur demanda l'explication du second. « Votre projet , a lui répondirent les ministres, est opposé aux ce vœux de la nation ; vous aurez contre vous <c neuf personnes sur dix. » A la bonne heure y dit Cromwell, laûisant échappa son secret, qui est une des plus anciennes vérités du monde; « mais si je désarme les neuf premiers, et que « je mette une épée dans la main du dixième, « cela ne fera- 1 -il pas l'affaire? »
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La résistauce qu'il trouvait dans les idées républicaines des parlementaires et des ecclésiastiques les plus dévoués à sa cause , le déterminait à ne se plus servir que de l'armée i653 pour achever rétablissement de son pouvoir.
D'une autre part, le souvenir des Stuarts rappelé même devant lui par ceux qui songeaient au retour d'une forme monarchique, l'avertit d'éloigner d'Angleterre le plus jeune des fils de Charles, le duc de Glocester, retenu prisonnier dans l'île de Wight. Cet enfant fut renvoyé en Hollande, près de sa sœur douairière d'Orange. Cette précaution prise, Cromwell ne s'adressa plus qu'à l'armée pour y trouver l'appui de ses desseins. Il inspirait ouvertement à tous ses officiers un esprit de haine et de mépris contre le parlement. Il publiait par - tout ces mêmes accusations , qu'il avait confiées à l'oreille de Wbitelocke. Une réduction de mille livres sterling par mois sur la paie de l'armée, quoique opérée de l'avis même de Cromwell , augmenta cette animosité militaire qui s'exhalait par les termes les plus outrageux. Dans cet avilissement de
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^autorité législative , les flottes anglaises maintenaient au plus haut degré la gloire de TAn* gletetre. Une houvelle bataille , disputée trois jouré, coûta soixante "dix vaisseaux k la Hol« lande. Ses armées étaient humiliées, son com^ Qlerce détruit, ses pêcheries interrompues; et tout cela pour uti point d'honneur. Une république toa^chande ne pouvait soutenir plus Ibng ^ teifiips , pour un semblable motif, une guerre Si ruineuse. Le gouvernement hoUant dais se résblut à demander la paix, et consentit k t€C(mM\\!ve la suprématie des Anglais dans les meH britanniques ^ et même à leur payer trois cent mille livres sterling. Neuport et tjuelques autres négociateurs fmrent envoyés )0iVec ces instru^ons. Mais les affaires dki parlement' étaient trop mauvaises dans Vihtérieor po^ qu'i) abàildoiiuât volontien une gueire ^ q*ui seule lui donnait encâflre de Taction et de IHn^pottahôe. H y avait d'aïtteurs dans cette assemblée une àptieté de patlHotisme, un sentimetit de girandeur nationale difficile à satisfaire. Les négociateurs hoHaxidais voyant q[u'îl& 1%'obtiendtiaieiit rien de ce côté, tournèrent