‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 144 sur 160 · LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIÈME

Cependant la chambre des communes , attaquée de toutes parts, s'occupait le plus lentement possible d'un bill sur les prochaines élections et sur la forme de Ta^emblée qui ^^^^' devait lui succéder. Mais Cromvrell, après quatre mois d'intrigues et d'attente , désespérant d'amener la chambre à se dessaisir volontairement du pouvoir, résolut d'aviser luimême à sa dissolution.

Le 1 9 avril , il réunit dans son logement de White-Hall ses principaux amis du parlement et de l'armée , pour discuter cette grande question. Quelques députés , dociles à l'ascendant de Cromv^ell sur tout autre point, s'opposèrent à la dissolution , comme à une mesure illégale , que ni la conscience ni la politique ne sauraient approuver. Personne ne s'expliqua si librement que Whitelocke et sir Widdrington. Mais le jurisconsulte St.-John, parent de Cromwell, insista sur la nécessité de dissoudre , sans délai , le parlement. Ce fut le vœu de tous les officiers présents. Ils dirent clairement que la chose était indispensable , et qu*il fallait la faire d'une manière ou

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d*une autre. Cromwell parut désapprouver la violence, ou plutôt rindiscrétion de ces dernières paroles.

Le lendemain on se réunit encore che£ le général , et on discuta la formation d'un cons^ provisoire de quarante personnes , offiôers f t députés , pour faciliter la dissolution immédiate de la chambre , et assurer le gouvernement jusqu'aux nouvelles élections. Whitelocke nous raconte qu'il combattit le projet par la crainte d*étre personnellement appelé à ce conseil ; mais pour beaucoup d'autres cette chance devait être un motif ^ambition et de complicité. Cromwell , informé durant ce débat, que la chambre était assemblée et qu'elle allait se dissoudre, rompit la conférence. Les députés qu'il renvoyait se rendirent à la séance et la trouvèrent occupée par Texamen d'un acte indifférent , qui devait entraîner d'autres débats et prolongep encore la session. Ludlow, qui était alon éloigné du théâtre des événements, et qui, par un sentiment naturel ,, aimait k <!karger de tous ^es tort» le destructeur de la liberté, prér

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tend que Gromwell ne voulut pas laisser à la chambre la popularité d'une démission volontaire, et qu'il eut la mauvaise foi de la chasser k Tinstant où elle allait se dissoudre. i^43* Mais d'après le récit de Whitelocke , Gromwell ne choisit la violence qu'à la dernière extrémité. Cette supposition, plus vraisemblable, s'accorde mieux avec l'intérêt manifeste de Gromwell, et l'ambitieuse fermeté du par*, lemeot.

Tanffis que Gromwdl, resté à White-Hall, après avoir congédié ses amis , attendait d'heure pa heure la dissolution volontaire de la chambre , le colonel Ingolsby accourt lui annoncer que la chambre s'avise de délibérer sur un autre sujet, et qu'elle chencbe à retarder ce dénouement. C^omwell , dans un trasâport de colère , fait: commander quelques conapaguies de grenadiers, marche à leur tête à Wesl^ minster, distribue les soldats dans le v^atir bnle,près de la porte, et ^atre brusquement dans ia salle. Gependaflut il s'asseoit, il lécouAe, et de sa place fait jîgDC au ua^r UariMOO de s'af^rodier. Le temps est vtfm, dit «il 9 /^

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parlement est assez mûr pour être dissous. Le major racontait lui-même à Ludlow qu'il répondit ; Monsieur^ c'est une grande et dangereuse entreprise y et je vous prie dy/àire une sérieuse attention , avant de vous y engager. Cromwell parut se calmer : quelques minutes après, il se lève : Cest le temps \ dit-il à Harisson, il faut le faire; et interrompant la discussion , il commence une invective contre le parlement , l^i reproche , dans les termes les plus outrageants, « de n'avoir pas de cœur « au bien public , d'embrasser les sales intérêts « des Presbytériens , de soutenir la tyrannie « des légistes, de s'éterniser dans le pouvoir, «r et d'être un instrument indigne, que le k Seigneur a rejeté. » Il semblait, en pariant, tout hors de lui et tout agité de fureur. Dans le trouble de cette scène , le chevalier Went* worth prend la parole , pour s'étonner qu'un discours si peu convenable soit adressé au parlement, et , ce qui est plus extraordinaire , sorte de la bouche d'un homme que le parlement avait comblé d'estime et d'honneur. Mais Cromwell s'élançant au miUeu de la salle;

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