LIVRE PREMIEK
lés leurs il n'y a que des enfants de famille et de jeunes gentilshommes. Croyez -vous que des misérables , sans cœur , seront jamais capables de tenir tête à des nobles qui ont de l'honneur, du courage et de la résolution? Il faut trouver des hommes animés d'un esprit qui puisse les conduire aussi loin que l'hon* neur des gentilshommes ; autrement , vous serez battus. j> Hampden trouva l'idée bonne, mais l'exécution impraticable, a Je lui répondis, racontait lui-même Cromwell , que j'y ferais '^**' quelque chose ; et en effet , je choisis des honmies qui avaient devant eux la crainte du Seigneur, et qui mettaient de la conscience dans leurs actions ; et depuis lors , nous ne fâmes plus battus. »
Il y avait un grand sens à opposer ainsi le fanatisme au point-d'honneur; et la rapide élévation de Cromwell fiit le prix de cette pensée heureusement exécutée. Le parlement avait d'ailleurs pour lui son opiniâtreté, les vœux du peuple, et les revenus de l'Angleterre, qui lui permettaient de récompenser magnifiquement les services rendus à sa cause.
Dès rouverture de la campagne, Cromwell s'étant jeté dans la ville de HuU , avait reçu , des communes, un don de aoo liv, sterling; il se saisit soudainement de Cambridge , au moment où le collège de cette ville envoyait toute sa vaisselle d'argent au roi , retiré dans Oxford. Il enleva le haut scherif de Hertfordshire, qui allait tenir les assises de Saint- Albans , pour y faire déclarer traîtres à la patrie tous les généraux pariementaires. La chambre lui vota des remerciements, et le désigna pour 1643. le rang de colonel. Avec ce titre , et par sa propre influence, il leva mille cavaliers et mit plus que jamais en usage ses principes de discipline militaire (i) et religieuse. Il accoutumait ses soldats à Tentretien le plus soigtieux de leurs chevaux et de leurs armes, à l'ordre, à la vigilance, à la prière. Cette règle les rendit bientôt supérieurs au reste des troupes. Le régiment de Cromwell devint un séminaire d'où sortirent , dans la suite ,
(i) Reliquice baxterianœ , pag. 58. Elenchus motuum nupemrum , p. aao. — AVarwick's memoirs, p. aSa.
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presque tous les officiers de Tannée. Cromwell remplissait les places yacantes par des aventuriers robustes , qu'il dressait à la même discipline, et qui se trouvaient en peu de temps aguerris et convertis. On calculera sans peine le prodigieux crédit que devait donner à un colonel ce prosélytisme guerrier, et Finfluence qu'exerçait en sa faveur cette foule d'hommes ^ ses soldats et ses disciples répandus dans tous les rangs de l'armée , qu'ils animaient de leur valeur et de leur fanatisme.
Il serait inutile d'indiquer la multitude de petits xx>mbats qui marquèrent les deux premières campagnes, et qui, sans cesse mêlés de négociations et d'armistices, n'étaient que l'essai de la guerre entre deux partis peu sûrs de leurs forces, et qui ne s'étaient pas rendu compte de leurs derniers projets. la majorité de la chambre des pairs, et beaucoup de membres des communes, distingués par le talent et la firanchise d'une opposition légale, étaient passés du côté de Charles; et, quoique poursuivis par les condamnations de
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kurs collègues y ce partage apportait ()aii$ la cause royale l'autoritié du grand nom de parlement. Une autre circonstance remarquable agissait en faveur de Charles.
L'a£faiblissemept d^ raristocr2^;ie, ce résultat du prqgrès et de la durée des sociétés^ n'était pas sensible dan^ une révolulion dont l'époque ayaîji; Ité, ppw ain^i dire, hâtée par le fanatisme religieux. La nQ|)le^e avait eii« core toute sa puissaxu^; el}^ pouvait entreprendre la guerre pççsque à fovo^ égales» Elle eût pi^ut-étre yaipcu, si elle iievt pas été divisée : Qt le secours partiel, qu'elle^ donnait au Roi s^t pour suppléer à toiites les refir sources nationales envahies par la chambre des coiBmunes, et balança, long-temps, la fortune.
Le Eoi parut dans ces commencements près de triompher ; ses troupes se fortifiaient Dans \me première bataille à Edge Hill, les deux armées, après un rud^ combat, se retirèrent san^ avantage marqué; ce qui était une véritable défaite pour le parlement, obligé de justifier, par de rapides succès, la harc^esse