LIVRE PREMIEA. 7I
pour un temps. Le Roi ayait envoyé à rassemblée de Westminster une ambassade de plusieurs lords attachés à sa fortune. Malgré Im rigueur des conditions que voulait le parlement , quoique Ton prescrivit à Charles le sacrifice d'une partie de ses droits et l'abandon de ses plus fidèles amis (i), il pouvait se laisser tenter par sa mauvaise fortune* Il n'y avait qu'une voie assurée pour prévenir la paix : c'était d'ôter la guerre des mains de la noblesse parlementaire , qui , tout en corn* battant le roi, ne voulait pas le détruire, et gardait un vieux respect pour les institutions monarchiques, dont elle formait une honorable partie; tandis que les hommes nouveaux ne concevaient pas de traité possible entre le peuple et le trône ( a ) , et firémissaient pour eux*- mêmes à la seule idée d'une paix qui aurait conservé , sous quelque forme que ce fut, un souverain si cruellement offensé, et
(i) Memoin of Denzil lord Holles , p. 29.
(a) Memoirs of Ludlow, ▼. I, p. 148. — Memoirs of the life of colonel Hutohinson , y. I , p. 347-
na HISTOIRE DE CROKWELL«
toujours trop puissant contre des sujets sans crédit personnel, et que la guerre civile ne soutiench^it plus.
Ce futilà le point décisif de la révolution.
En vain IVanchester s'était justifié sur une accusation^ particulière ; l'attaque remontait plus haut, et s'étendait à tous les chefs de l'armée. Essex , Manchester , Waller , Denbigh, étaient nobles et membres de la chambre des lords; ils n'avaient pas une haine irréconciliable , ils ne faisaient pas une guerre mor* telle. Contents d'avoir défendu les droits du peuple , ils auraient pu , ils auraient souhaité rentrer en grâce avec le souverain. Essex, d'une illustre maison et d'une grande élégance de mœurs, paraissait un partisan (i) nécessaire de la monarchie; et tout ce qu'il avait fait pour la cause du pariement ne pouvait, aux yeux des Indépendants , effacer la tache de sa noblesse. Il était suspect de vouloir la paix. Sans ambition personnelle, sa vanité , qui
(i) WhiteIocke*fi memorials of the eiiglish afiairs » p. ii5.