‹ Histoire de Cromwell (volume 2)Chapitre 33 sur 160 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Favait eiïtrainé dans la guerre civile ^ s'était flattée d'un crédit que Ton accorda quelque temps k son nom et à Féclat d'une si grande désertion, mais qui fut bientôt remplacé par la défiance, et par les humiliantes comparaisons que faisaient naître le talent et le courage des officiers de fortune. Le comte de Manchester était recommandable par la vertu la plus rare dans les guerres civiles , l'humanité. Mais cette douceur, qui ne se démentit jamais, convenait . mal à la sanguinaire austérité de l'esprit de secte ; et les talents guerriers de Manchester étaient d'ailleurs trop écrasés par la concurrence de Cromwell.

Ces deux généraux étaient presbytériens modérés, et ne souhaitaient qu'une réforme dans l'église ; et la secte des Indépendants , sortie du milieu des Presbytériens rigides, commençait à prédominer. Cette secte, amenée par le plus haut degré de fanatisme à l'entière liberté de croyance , n'avait ni dogme fixe, ni cérémonies, ni prêtres. Elle supprimait l'ordre sacerdotal comme un privilège, et réduisait le culte à la communica*

•^4 HISTOIRE DE GROMWELL.

tion de TEsprit - Saint , que tout le inonde pouvait également obtenir par la prière.

Il y avait dans cette secte quelque chose de la simplicité du christianisme naissant, et quelque chose de l'exaltation raffinée des Quié* tistes, mêlée d'une humeur farouche qu'inspiraient la sédition et la guerre. On remarquera que , dans les divisions religieuses de l'Angle* terre , une secte pareille autorisant , par son instabilité même, une sorte de tolérance, pouvait être singulièrement favorable à un ambi* tieux qui tenterait de réunir les esprits.

Cette secte avait pour chefs dans le parlement Henri Yanes, Fiennes, jurisconsulte habile, St- John, non moins versé dans les lois, et parent de Cromwell; enfin Cromwell lui-même qui propageait leurs doctrines dans ses troupes.

Les principes des Indépendants, appliqués à la politique , entraînaient le changement de la société et la chute du trône. Mais, par cela même, dans les débats avec les Presbytériens, ils avaient sur eux le grand avantage de vouloir une chose absolue et décisive , tandis qu'il y avait une sorte d'embarras et d'inconsé-

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