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avantages passagers qu'il obtint lui donnèrent à cet égard une grande autorité sur les conseils du Roi. « Je frémis d'horreur, écrivaitff il au Roi, à la pensée de la paix, tant que c Tarmée de votre majesté et celle de vos re- «c belles sujets sont en présence. Il n'y a point c de traité possible , à moins qu'ils ne se sec parent, et ne se^soumettent entièrement à la c clémence de votre majesté, j» Cette illusion du dévouement trompa Montross sur le succès de ses armes; il se crut maître de l'Ecosse. Dans la même lettre où il s'opposait si vivement à la paix , il disait à Charles , avec l'enthousiasme religieux du temps : <k Sire , perce mette2>moi seulement , dès que j'aurai ramçné a ce pays à l'obéissance de votre majesté , de « vous dire , comme le général de David dia sait à son msdtre : O tnonRoi! venez, venez a vous-même , de peur que cette contrée ne « prenne le nom de son vainqueur. » (i) Malgré de si hautes espérances et tant de courage, Montross fut vaincu. Le général Lesley ,
(1) A letter of the marquis of Montrosa, feb. 3, 164S.
rappelé d'Angleterre par le gouvernement d'Ecosse, détruisit l'armée peii disciplinée de Montross, qui fiit lui-même réduit à fiiir après des prodiges de valeur. Moins d'héroïsme et plus de politique aurait mieux servi la cause de Charles. Avant l'expédition brillante et infortunée de JVIontross, un autre seigneur écossais, le duc Hamilton^^ avait voulu concilier les libertés religieuses de l'Ecosse , et les droits du monarque.* Opposé par conscience et par sagesse aux principes du pouvoir absolu , il donnait à Charles de plus salutaires conseils; et, s'il eût conservé son cré* dit en Ecosse , et la confiance du Roi , peutêtre eût-il prévenu la chute du trône* Mais sa prudence le Qt soupçonner. L^s courtisans qui restaient encore auprès de Charles calomnièrent un homme plus raisonnable qu'eux.
Aigri par iant de malheurs,. Charries prit la modération d'Hamilton pour unç complicité dans la révolte; et à peine cet excellent citoyen put -il forcer les Royalistes de croire à sa fidélité , en mourant plus tard pour les défendre.
Livitx SEcoirD. m
Cependant Fairfax , avec le secours de Cromwell , avait achevé la réduction des provinces de roHest. Les soldats parlementaires, enflammés d'un &natisme chaque jour plus ardent I avaient trop de supériorité sur les troupes opposées ; leur piété rendait leur discipline plus sévière. Il n'y avait dans leurs rangs ni désertion ni pillage; les intervalles du service étaient remplis par Texaltation religieuse. l£s ofiSciers se chargeaient de tous les soins du sacerdoce ; beaucoup de soldats éprouvaient des extases; ils allaient au combat, en «hantant des psaumes et des hymnes saints ; et la mort était le martyre. Les troupes da Charles , fiaJiguées et corrompues par leur mauvaise fortune , se débandaient et commettaient beaucoup de désordre dans le pays.
La nûoduite de leops principaux chefs , braves, mais firivoles, hautainis, débauchés (i), con*
(x) Wilmot loTed debancheiy , bat he never drank when he was vithin distance of 9» enntmv •* fiorinir was npt able lo resist the temptation , when he was in the midle of 'them, not wonld décline it to obtain a victory. Clarendon's history, book yui, p. 4x0.
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Irastait pea Civorablement avec l'austère régularité et la siknplicité démocratique des généraux parlementaires; et ces vices brillants des Cours, qui choquaient Tesprit religieux du siècle, nuisaient encore plus à la bonne administration de la gueire.
1645. Le parlement, qui, par le succès de ses généraux, voyait son pouvoir établi dans la plupart des comtés, choisit ce moment pour ordonner quelques élections à des places vacantes dans son sein par la mort ou la proscription. Ces renouvellements partiels eurent lieu plusieurs fois pendant la longue durée du parlement, et presque toujours fortifièrent le parti déjà dominant. L'élection de cette année porta dans la chambre le colonel Ludlow, homme que son caractère fiait remarquer au mUieu d'une révolution si féconde en caractères singuliers. Un autre choix non moins important fut celui du colonel Blake, si célèbre depuis dans la marine anglaise , et dont la grande ame, préservée des crimes de la révolution, ne servit qu'à la défense et à la gloire de son pays.