LIVRE SEGOITD. Ia
les oiBciers attachés à V indépendance. Débarrassés de ce dangereux izistrument ^ les Presbytériens auraient indiiié à conserver \ak resté de monaorcbie. Croiadwell ^ que la fin de la giieite avait Ramené aux séance» du parlement ^ regardait se former cette eonspiration Oontr0 Faoïnée. U savait bien qt» l'armée attùt elk^méme donner au parlement de plicsr sérieuses in<|iiiétudes ; ou plutôt il était ^ quoique absent , l'âme du mouvemenl qu'on y vit bientôt édatar. Les principaux colonel» 1646. mêlés à ce mouvement, Rainsboroug, Ham-.
mond , Lambert, étaient ses élèves et ses créatui^s. Sans parler du fanatisme de Ylndé-^ pendance religieuse, répandu dans un grand nombre d'offîders (i), tous ces honmies, que plusieurs années de guerre civile avaient en*levés aux habitudes de la vie sociale ,. et queli* quefois à d'obscurs métiers , prévoyaient avec dépit l'époque du licenciement C'était comme une nouvelle secte qui voulait la guerre et des grades, et qui n'était pas moins animée
(i) Lndlow's metkioIvS) v. i,p« iSo.
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que les autres contre le parlement Ce qui se passait à Londres et dans le parlement, servit de prétexte ou d'occasion à ces mouvements préparés par la disposition des esprits. Les autorités civiles de Londres, presbytériennes comme la majorité de la chambre des communes, demandaient la répression des sectaires. Un de leurs griefe contre beaucoup d'officiers de l'armée, c'était la liberté qu'ils prenaient de prêcher et d'expliquer l'écriture sans avoir été instruits ni ordonnés (i). Le lord maire et le conseil commun, dans une pétition aux chambres , expritnèrent leurs craintes sur les approches de l'armée, et demandèrent qu'elle fut éloignée et licenciée* Les habitants de Sussex, par une autre pétî* tion \ se plaignaient du séjour de l'armée sur leurs terres. Le parlement paraissait accueillir toutes ces demandes avec faveur. Ulndépen^
(i) The pulpits of divers godly ministers are often usurped by preaching soldiers who infect their flock with strange and dangerous errors. The Parliamentary history» V; XT, p. ai2.
Memoirs of Denzil lord HoUes, p. 71^
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dance était yisiblement menacée. Ludlow, qui appartenait de bonne foi à ce parti, nous raconte que Cromwell (i), se promenant un jour avec lui , après beaucoup dlnvectives contre le parlement , lui dit familièrement : € Si ton père était vivant, il dirait leur fait a à ces gens-là. Puis il ajouta, Que c'était une « chose misérable de servir un parlement; te on a beau lui être fidèle; si quelque mau-^ a vais légiste s'élève contre vous , et vous ca- « lomnie, vous ne vous en laverez jamais; mais, « lorsqu'on sert sous un général , quelque ser- « vice que l'on rende , on est à l'abri du blâme « et de l'envie. » Ludlow comprit plus tard, en voyant agir Cromwell , que dès l'époque de cette conversation il méditait la tyrannie, et qu'il avait cherché, suivant son expression, à lui tâter le pouls (a); mais alors il n.e l'entendit pas ; et , se bornant à lui répondre qu'il fallait se confier à Dieu (3) et mépriser la *
(i) The Parliamentary history, v. xv, p. 337. (1) Ludlow's memoirs, v. i, p. i85.
(3) Ludlow'ft memoirs, v. i , p. i85.
ÏSl6 HISTOlà» 0B ÉRÔMTWELL.
persécutiofi , il continua de soutenir avec fervetBr la secte de» Indépendants , et , travaillant ainsi à mettre la force militaire an- dessus du pouvoir civil , il servit CromweH par son fanatisme, tout aussi -bien qu'il aurait pu le servir par sa complicité.
Cependant Farmée retentissait de murmures et de plaintes: l'expédition dlrlande paraissait un exil pour se délivrer des soldats. Fairfax, sincèrement attaché à la cause presbytérienne, mais lié comme général à Fmtérét de Tarmée , cherchait à calmer les esprits. Dans une réunion avec les commissaires du parlement, il promit de faire passer douze mille hommes en Irlande , si le parlement avait égard à une demande des officiers de Farmée sur les subsistances, la solde et le choix des généraux. Les soldats , à leur tour , adressèrent une pétition à leurs officiers : entre autres demandes , lis formaient celle d'un bill dHndemnité pour tout ce qu'ils avaient fait durant la guerre. IjCS chefs persuadaient aux soldats , que la paix allait les livrer à la poursuite des tribunaux et des particuliers. Le parlement vota
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plusîeur» diftpoaîliQns favorabibes aux intérêts de Tarmée ; mais respril: d'indbcipUne n'en devenait que plus violent. Une réunion d'offî> ciers décida que les résolutions du parlement ne répondaient pas à la pétition de Farmée.
Alors le parlement dédara cetie pétition in-^ spirée par un esprit diabolique , pour exciter le trouble et la mutinerie. L'armée récrimina bientôt y et se plaignit qn'^n laissât circuler la pétition des habitants de Sussex. Le parlement supprima cette pétition , qu'il avait d'abord accueillie. La conduite du pai*lement, mêlée de rigueur et de faiblesse, devenait chaque jour plus incertaine. Fairfax n'était pas ambitieux, mais son orgueU militaire dédaignait le parlement, et il aimait à s'attirer les acclamations des soldats. Dans une revue où il les invitait à obéir et à s'eng^iger pour l'expéfUtion d'Iriande, le lieutenant -colonel Lambert ayant demandé si on avait assuré à l'armée ce qu'elle réclamât pour la solde, la subsistance , et le diotx des généraux ; les 8<4dats s'écrièrent alors : Qu'on nous donne et Cromwell; nous irons tous. Les
laS HISTOIRK BE CROMWELL.
commissaires, qui n'avaient pas prévu cet in cident, se retirèrent, et Tesprit d'indiscipline s'accrut chaque jour. Une nouvelle pétition de l'armée fut présentée par Fair&x, et paraissait plutôt une déclaration de droit qu'une requête. L'armée voulait moins obtenir ses demandes, que trouver dans le refus une cause de sédition.
Inquiète de ces dispositions séditieuses, la chambre des communes ordonna la dissolution de l'armée ; mais ou avait déjà trop négocié avec elle pour être en droit de la punir. Il est certain que tous les officiers du parti de Cromwell favorisaient les prétentions des soldats. La chambre des communes , effrayée pour ainsi dire de la forte décision qu'elle avait prise, cherchait à l'atténuer eu satis* faisant à plusieurs demandes, comme s'il se fut agi d'autre chose que* d'un combat de pouvoirs. La chambre, pour transmettre aux troupes ses nouvelles résolutions en leur faveur, choisit des commissaires qui leur étaient a^éables , Cromwell , Iretdn , Skippon. S'il